jeudi 27 décembre 2018

Low et chutes Paugan, Qc : archives vs archives



1948. - Photo Pierre Mauffette (le contraste de la photo a été accentué). Légende originale : « Contact entre les paragneiss et le calcaire [marbre] en aval du barrage des chutes Paugan, low [sic], comté Gatineau, noter les plis dans le calcaire au premier plan, Comté Gatineau. » Visée vers le sud ; la rivière qui serpente en bas est la Gatineau.
E6,S7,SS1,P71671, fonds ministère de la Culture et des Communications, Office du film du Québec, BAnQ Québec. http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3470386.



1999. - Même endroit, photo votre serviteur.



2010. - Amusant de voir que le bloc de marbre blanc isolé sur le gneiss noir, à gauche, était déjà là en 1948 et n'a apparemment jamais bougé. En tout cas, jusqu'en 2010.

Voir le billet du 3 août 2012, « Laves à Low ? » pour en savoir plus. Pour l'ensemble des billets consacrés au barrage Paugan, suivre ce  LIEN.

mardi 27 novembre 2018

Marbre et formations plissées au fond du lac Marie-Lefranc


Photos : Jean-Louis Courteau.


Formation rocheuse au fond du lac Marie-Lefranc dans le parc Papineau-Labelle, au Québec. La lente dissolution du marbre laisse en relief strates et couches plissées résistantes contenues dans la masse rocheuse.


J'ai déjà parlé des découvertes de Jean-Louis Courteau au fond des lacs des Laurentides : de magnifiques draperies rocheuses contenues dans le marbre que la dissolution lente de ce dernier fait peu à peu émerger en relief. Voyez cet ancien billet pour l'explication du mécanisme : 




Les autres billets qui traitent du sujet sont accessibles par un clic :




Leurs récentes expéditions ont conduit Jean-Louis Courteau et Richard Lahaie au lac Marie-Lefranc, dans le parc Papineau-Labelle.

Rien qu'un petit mot avant de laisser parler les photos : les roches au fond des lacs des Laurentides ne sont pas différentes de celles qui affleurent à l'air libre. Le marbre est très répandu dans cette région et en Outaouais. Cette roche est fréquemment semée d'inclusions tenaces qui opposent une forte résistance à l'érosion. Ce qui est exceptionnel, c'est que l'érosion lente du marbre par l'acidité naturelle des eaux s'est produite dans le calme du fond des lacs, permettant du même coup à ces inclusions de conserver leur intégrité à mesure que le marbre « reculait » en se dissolvant. Le résultat : des plaques, des rouleaux et des draperies aux plis complexes.

Voyez les photos, ici ou avec d'autres dans le site Aquadelic de Jean-Louis. (Tant qu'à : voyez aussi le site de peinture de Jean-Louis : http://jeanlouiscourteau.blogspot.com/)

Au risque de me répéter : les draperies photographiées ici sont en pierre : elles n'ondulent pas au vent (ou plutôt au courant), elles sont telles que les forces tectoniques les ont façonnées il y a un milliard d'années. L'érosion a attendu tout ce temps pour les dégager.

























mardi 6 novembre 2018

Anthropocène : époque ou crise ?


Article révisé le 4 janv. 2020.



Évolution de l'empreinte de l'Anthropocène sur un marbre précambrien saisie en trois étapes, à Low, au nord de Gatineau, QC. Première photo : 22 août 1998. Photos Henri Lessard (les deux autres sont visibles plus bas.)


Autres billets du blogue sur l'Anthropocène : lien.


L'Anthropocène, crise ou époque ? 

Je suis récemment tombé sur un article très intéressant qui traite de cette question. La conclusion des auteurs est que notre mode de vie et d'exploitation de la planète imposera une durée de vie trop brève à notre civilisation pour qu'elle se mériter un nom en « -cène » (nom d'une époque géologique). Les géologues du futur, ceux qui viendront dans 66 millions d'années, parlerons sans doute d'une crise pour qualifier notre temps, mais pas de l'Anthropocène (ou de ce qui en tiendra lieu dans leur vocabulaire). Le recul de 66 millions d'années n'a pas été choisie au hasard. Il correspond au laps de temps qui nous sépare d'une autre crise, fameuse entre toutes, la crise KT [Crétacé-Tertiaire] qui a vu la disparition des dinosaures. Dans 66 millions d'années, la crise de l'Anthropocène (qu'importe le nom qu'on lui donne ou qu'on lui donnera) sera-t-elle perceptible dans les archives géologique de la Terre ?

La réponse des auteurs (je ne vous fait pas languir, mais lisez quand même les extraits qui suivent) est oui. Nos dégâts, qui se seront étalés sur des temps extrêmement brefs, on en verra encore les traces dans 66 millions d'années, mais le bouleversement que nous auront apporté paraîtra un événement aussi intense que ponctuel (ce qui est bien la définition d'une crise...)

Quelques extraits de l'article :


L'Anthropocène, le regard et les réflexions d'un géologue

Pierre Thomas, Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon
Olivier Dequincey


« Le mot « Anthropocène » a été introduit à la fin du XXème pour nommer une “époque” géologique où l'homme serait un facteur géologiquement dominant, au moins aussi important que les autres facteurs géologiques “naturels”. L'époque que nous commençons a-t-elle une réalité géologique et correspond-elle à ces critères pour “mériter” le nom d'Anthropocène ?
[...]
Notre civilisation changera profondément ou disparaitra. Sa durée totale se comptera donc en siècles ou en millénaires, et non pas en millions d'années. Depuis quelques milliers d'années, et pour encore combien d'autres, l'humanité modifie son environnement. Cette modification se marque dans l'enregistrement géologique. Un géologue du futur qui ignorerait l'existence de notre civilisation verra certainement, enregistrés dans les sédiments (surtout marins) correspondant à notre époque et mis à l'affleurement par l'histoire géologique (1) des variations rapides et inhabituelles dans la nature et la granulométrie des sédiments, conséquences de variations rapides d'environnements sur les continents, (2) des roches bizarres, difficiles à expliquer autrement que par des artéfacts “industriels”, (3) des niveaux avec des anomalies chimiques et isotopiques, (4) les manifestations de variations climatiques plus rapides qu'ordinairement, et non corrélées à des paramètres astronomiques, (5) un très rapide bouleversement des fossiles, surtout sous forme de disparition-raréfaction d'espèces et d'homogénéisation des survivants. Un géologue du futur en conclura qu'il s'est passé à cette époque [sic !] quelque chose de très inhabituel.
[...]
Notre civilisation changera profondément ou disparaitra. Sa durée totale se comptera donc en siècles ou en millénaires, et non pas en millions d'années. [...] c'est bien plus court que les 12 Ma [Ma = million d'années] de durée de vie moyenne d'une époque géologique se terminant en ”-cène”. L'Anthropocène n'existera pas en tant qu'époque géologique avec la définition actuelle d'époque géologique !
Mais en plus des époques géologiques, les géologues ont défini les crises géologiques, dont la fameuse crise KT (= Crétacé-Tertiaire, il y a 66 Ma), dont la plus terrible des crises, la crise PT (= Permo-Trias, il y a 252 Ma)… Ces crises sont géologiquement très brèves (de quelques mois pour la crise KT, si la chute de la météorite en est bien le facteur prépondérant) à quelques centaines de milliers d'années pour les autres. Ce que nous faisons à notre planète s'apparente bien plus à une crise qu'à une époque. Si l'Anthropocène n'aura sans doute pas de réalité géologique en tant qu'époque, la crise anthropique en aura (hélas) sans doute une. »



Photo 19 juillet 2010.



Photo 14 juillet 2013.

Meghalayen et Anthropocène


Article révisé le 4 janv. 2020 (sans images).

Nous venons à peine de passer à l'heure normale que je découvre que nous avons changé d'âge géologique. Et ceci depuis juillet dernier. La nouvelle m'avait échappé. Voici ce court billet pour que vous aussi soyez au courant.

Bienvenue dans le Meghalayen, notre nouvel âge géologique


Par Benjamin Robert, Sciences et Avenir, 23 juillet 2018

Note : j'ai ajouté les liens dans le texte et mis quelques termes en gras. (H.L.)

« La Commission internationale de stratigraphie a divisé l'holocène, notre époque géologique actuelle, en trois sous-parties. Nous voici donc dans un nouveau chapitre géologique, le Meghalayen, depuis environ... 4200 ans. Une décision qui ne fait pas véritablement consensus au sein de la communauté scientifique. [...]


Pour déterminer de nouvelles périodes dans les échelles géologiques, les scientifiques doivent identifier des événements précis qui ont impacté l'ensemble du globe. [...]

L'holocène, notre époque géologique actuel [sic], dure depuis 11 700 ans, ce qui marque la fin de la dernière grande glaciation, et le début d'une époque au climat plus doux. Ce 12 juillet 2018, la Commission internationale de stratigraphie (ICS) a publié sur son site internet le nouveau découpage en trois parties de l'holocène, qui n'était jusqu'alors pas divisé. L'âge greenlandien constitue le premier étage de l'holocène, jusqu'à 8300 ans avant aujourd'hui, date qui marque le début de l'ère du Nordgrippien. [...]

La période du Nordgrippien laisse la place au Meghalayen, l'âge géologique actuel, 4200 ans avant aujourd'hui. À cette date, un épisode de sécheresse intense a éradiqué un certain nombre de civilisations dans le monde entier. Pour témoigner de cette époque, les scientifiques se sont basés sur une modification des atomes d'oxygène présents dans les couches d'une stalagmite de la caverne de Mawmluh dans l'état de... Meghalaya, au nord de l'Inde. [...]

L'holocène vient d'être divisé en trois parties alors même qu'une partie des scientifiques parle d'ores et déjà de la fin de cette époque géologique, qui serait remplacée par l'Antropocène [sic] : un nouvel âge géologique marqué par l'impact de l'humain sur l'ensemble de l'écosystème terrestre (même si sa définition précise fait l'objet de recherches en cours).

Une équipe de l'Union Internationale des Sciences Géologiques (IUGS) travaille actuellement sur la question, mais à ce jour, elle n'a toujours pas remis de rapport officiel à la Commission. Le terme n'a donc pas de signification officielle d'un point de vue géologique. Pour l'IUGS, "le terme "Anthropocène" a plus de sens d'un point de vue sociologique que d'un point de vue géologique et stratification des roches sédimentaires". »

Note. - Si vous consultez les documents sources (liens plus haut), vous verrez que la Commission internationale de stratigraphie ne date les subdivisions de l'Holocène en années « avant aujourd'hui », ou AA (ou BP, pour Before Present, le « présent » ayant été arbitrairement fixé par convention à 1950) mais en « yr b2k » (years before AD 2000), soit en « années avant l'an 2000, Anno Domini.) Les subdivisions de l'Holocène selon sont, en yr b2k :
  • Greenlandien : 11 700 ans
  • Northgrippien : 8326 ans
  • Meghalayen : 4250 ans.

lundi 15 octobre 2018

L'automne à Gatineau



Panorama depuis le belvédère Ramparts, parc de la Gatineau. Les ombres des nuages soulignent la succession des chaînes de collines, révélées ou masquées tour à tour par l'éclairage changeant. Visée vers l'ENE. Photo Henri Lessard, 13 oct. 2018.

Le point blanc à gauche sous l'horizon est la soucoupe de la station satellite Gatineau de Ressources naturelles Canada, chemin McClelland, à Cantley, Qc, distante de 10 km. Depuis l'orbite d'un satellite, elle doit être plus difficile à localiser...

Plus près, sous le belvédère, l'extrémité SE du lac Meech ; la Gatineau, cachée par les reliefs, coule entre le lac et Cantley.

La photo a été réalisée samedi dernier un peu grâce au service de navette gratuit offert par la Commission de la capitale nationale et la Société de transport de l'Outaouais dans le cadre du « Coloris automnal de la CCN ». (Je me rends bien compte que je leur fais de la publicité gratuite.)

La navette ne vous mènera cependant pas jusqu'au belvédère Ramparts. Un peu d'effort est nécessaire. Il faut descendre de l'autobus sur la promenade, au belvédère Étienne-Brûlé (qui n'est pas mal lui non plus), et prendre le sentier pédestre no 3 qui grimpe vers le nord, à travers les collines, puis le 28, pour l'atteindre. Distance : 2,5 km à vol d'oiseau, un peu plus avec les détours et les dénivelés.

Jusqu'où porte la vue ? Jusqu'à Buckingham sur la Blanche ? Au-delà ? Compter les chaînes de collines permet-il de l'évaluer ?

Ma photo vaut ce qu'elle vaut. Sur une échelle des chefs-d'oeuvre qui irait de 1 à 10, elle se mérite un 2. Sur place cependant, la scène était magnifique. Les ombres des nuages glissaient sur les chaînes de collines, masquant l'une, laissant l'autre dans la lumière.

dimanche 9 septembre 2018

Régolithe (encore) inédit en Outaouais


« [R]egolith [from the Precambrian-Paleozoic interface] has been observed at several places north of the Ottawa River (D.D.H., unpublished). » (Hogarth et al., 1988, p. 388)

On aimerait en savoir plus sur ces « several places», quarante ans après !


Source :
Donald D. Hogarth, Peter Rushforth, Robert H. McCorkell, 1988 - « The Blackburn Carbonatites, Near Ottawa, Ontario: Dykes With Fluidized Emplacement. » Canadian Mineralogist, vol.26, pp. 377-390. http://rruff.info/doclib/cm/vol26/CM26_377.pdf


Se contenter en attendant le billet du 23 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un milliard d'années inscrites dans la roche », photo 3/3 :



Discordance Protérozoïque (bas)/Paléozoïque Haut), lac Beauchamp, Gatineau QC.
Texte et photo : Henri Lessard, juillet 2007, revu septembre 2018.

En haut : le grès de Nepean, de couleur grise, présente le caractère d'un conglomérat : il est truffé de galets qui lui donnent une apparence grêlée. 
En bas : le granite (province de Grenville, Bouclier canadien), de teinte claire. 
Entre les deux, une bande de matière friable, couleur orangée, semée, elle aussi, de galets. Il s'agit d'un paléosol qui remonte à l’époque précédant la déposition du grès il y a 500 millions d'années. On peut aussi parler d'un régolithe, résultat de l'altération aérienne. ou météorisation, du Bouclier canadien.


lundi 3 septembre 2018

« Clôture » du dossier de la mine Back-Wallingford ?


Le dernier accès à l’ancienne mine Wallingford-Back sera bientôt bloqué (voir anciens billets du blogue).

« La dernière ouverture menant à l’intérieur des murs de l’ancienne mine Wallingord-Back, à Mulgrave-et-Derry, sera bloquée d’ici la fin septembre. [...] Les deux accès les plus utilisés par les visiteurs de l’ancienne carrière avaient déjà été obstrués l’été passé dans le cadre d’une première phase de travaux.  [...] Exploitée de 1925 à 1972 pour son quartz et son feldspath, la mine Wallingford-Back a été abandonnée en 1995. [...] Exaspérés par le va-et-vient de milliers de touristes clandestins et par la pollution causés par ceux-ci, les habitants du chemin de la Mine, à Mulgrave-et-Derry, avaient notamment réclamé une intervention gouvernementale pour mettre fin à la situation. La MRC de Papineau a finalement demandé la sécurisation des lieux au MERN en avril 2017. » Benoît Sabourin, Le Droit, 20 août 2018.


Mine Back-Wallingford. Photo Le Droit.

mercredi 22 août 2018

La grenouille et le gneiss à grenat



Banal spécimen de paragneiss à grenat (le grenat est rouge). La photo a été prise dans un champ à Kanata (ouest d'Ottawa), à l'est de la promenade Terry-Fox et au nord du croissant de l'Escarpment (pas d'erreur, le nom est anglais). (Toutes les photos : 22 août 2018.)

L'intérêt de la paroi n'est pas seulement géologique. Une intruse s'est installée dans le cadre de mes prises de vue. Saurez-vous la repérer ? Voyez la photo suivante (le défi est plus facile que le jeu des 7 erreurs) :





Si vous ne voyez toujours pas, peut-être que vu sous cet angle :




Une petite grenouille impassible se confondait parfaitement avec la paroi rocheuse. Elle avait eu l'intelligence de se placer sur un fond blanc, là où elle passerait le plus facilement inaperçue. Elle a conservé son immobilité tout le temps de ma présence au point où j'ai été obligé de la bousculer un peu avec une brindille pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une esquille rocheuse prête à se détacher de la paroi. Madame (ou Monsieur) n'a pas daigner remuer un doigt ou un orteil. J'ai préféré ne plus l'importuner. 

La question est évidemment celle-ci : existe-t-il une espèce de grenouille adaptée à chaque type de roche ? (Et si quelqu'un sait à quelle espèce elle appartient, me le dire.)

AJOUT (26 août 2018)

« La grenouille est une rainette versicolore, disponible dans toutes les couleurs. » (Voir commentaire de Roger Latour.) S'il existe des rainettes de toutes les couleurs, choisissent-elles les surfaces où elles se posent en fonction de leur couleur ? (Se posent-elles où elles s'exposent le moins, quoi.)



L'affleurement entier.


Champ promis au développement immobilier. Ce paysage ne sera bientôt plus qu'un souvenir. L'affleurement à la grenouille est tout au fond, à droite de la colline, à l'aplomb du plus grand des sapins.



Détail. Une fois que sa présence a été relevée, la grenouille est bien visible, même à cette distance.

lundi 30 juillet 2018

Site glaciaire de Cantley


Version française.

Version anglaise.


Geodoxa, dont j'ai déjà parlé dans ce blogue (billet du 10 oct. 2016), a mis en ligne un nouveau vidéo sur le site glaciaire de Cantley, au nord de Gatineau (versions française et anglaise ; voir aussi mon billet du 11 nov. 2009).

La vidéo est la plus complète de celles de Geodoxa sur ces marbres sculptés par des courants d'eau sous le glacier. Elle a été réalisée en vue d’une excursion menée par Dave Sharpe et Hazen Russell qui aura lieu le 9 août dans le cadre du 

CANQUA/AMQUA 2018Joint meeting of the Canadian and American Quaternary Associations​Crossing borders in the Quaternary7-11 août 2018, Ottawa


J'ai souvent cité les noms des glaciologues Dave Sharpe et de John Shaw dans mon blogue. Ont peut retrouver les billets concernés en suivant ces liens Sharpe et Shaw. (Les deux liens conduisent grosso modo aux mêmes articles ; la recherche par patronyme a pu mener à des homonymes.)

J'ai été peiné d'apprendre récemment par le site Geodoxa le décès du glaciologue J. Shaw (en anglais) :



samedi 28 juillet 2018

La forme du lac Beauchamp à Gatineau



Figure 1. - Carte bathymétrique du lac Beauchamp. Tirée de J.-F. Sabourin et associés (JFSA), Plan de gestion environnementale — Lac Beauchamp : Ville de Gatineau. Rapport final, 29 février 2016, préparé pour le Service de l’environnement de la Ville de Gatineau, i-x, 96 p. + annexes.
Profondeur du lac
Bleu foncé : 4,5 - 6 m ; bleu le plus clair (près de la rive) : 0 - 1,5 m.
À gauche, le ruisseau Wabassee qui prend sa source dans le lac et qui se déverse dans l'Outaouais. Le lac, autrefois (avant 1927) ne se prolongeait pas au sud du ruisseau. La baie, au sud du lac, de même que le chenal qui suit son axe, seraient artificiels. (Hypothèse de l'auteur du blogue qui n'implique pas les auteurs de la carte et du document qui la contenait.)
Cliquer sur l'image pour la voir à sa pleine grandeur.


La question de la forme originelle du lac Beauchamp à Gatineau demeure en suspend.

Les cartes de 1901 à 1920 (fig. 2 et 3) montrent un lac Beauchamp différent de celui que nous connaissons (réf. de ces cartes dans le billet du 26 juillet 2018). De forme allongée selon un axe SW-NE, le plan d'eau ne montrait pas la baie d'orientation N-S qui apparaît aujourd'hui à son extrémité sud. D'autres cartes anciennes confirment ce point de vue, mais elles sont d'un caractère si sommaire que je préfère ne pas les prendre en compte.

Le point commun à toutes ces cartes est de montrer que le lac se terminait autrefois à l'endroit où le ruisseau Wabassee, par lequel les eaux du lac se déversent dans l'Outaouais, prenait sa source. Lac et ruisseau suivaient la même orientation SW-NE.

Le lac Beauchamp est à cheval sur la jonction du Bouclier canadien (collines au NW du lac) et de la plate-forme du Saint-Laurent (plateau de grès au SE) (voir fig. 3). La frontière Bouclier - plate-forme a, comme par hasard, une orientation SW-NE. 

La baie au sud du lac existe au moins depuis 1927 (une photo aérienne en fait foi). Les rives du lac n'ont pas sensiblement changées depuis cette époque (J.-F. Sabourin et associés, 2016, Plan 1, p. 8.).

La topographie du lac semble dictée par la logique : un sillon naturel SW-NE (contact Bouclier - plate-forme) a favorisé l'accumulation et la circulation des eaux. Le lac est peu profond (6 m ; J.-F. Sabourin et associés, 2016.)

La baie au sud calque le trajet d'une fosse (ou chenal) se terminant brusquement avant d'atteindre l'extrémité sud du lac (figure 1 et 5). À considérer la carte bathymétrique, la fosse constitue une anomalie, une excroissance qui s'écarte de la logique des courbes de niveau, d'orientation SW-NE. Tout cela évoque d'avantage un ouvrage artificiel qu'un accident topographique naturel.

De 1927 à 1949, le grès a été exploité par une carrière au sud du lac (C sur la carte retouchée, figure 5). La roche était réduite en sable qui était vendu pour servir au sablage au jet ou pour la fabrication de moules dans les fonderies. Le grès se caractérisait par sa haute teneur en silice (of course...), mais aurait gagné à être nettoyé des sulfures de fer qui le contaminaient. (Source : Maurice, 1973. Voir aussi le billet de mon blogue du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire ».)

Est-ce qu'on a creusé la baie pour rapprocher le lac de la carrière ?

J'ai tenté de reconstituer l'aspect original du lac sans la baie (figure 6). J'ai gommé cette dernière et retouché le bord du lac en conséquence. Ces retouches sont arbitraires, mais l'aspect général du lac apparaît plus satisfaisant, plus cohérent sans la baie au sud.

Jusqu'à preuve du contraire, je considère cette baie hautement suspecte.

La couche de sédiments qui s'accumulent au fond du lac depuis des milliers d'années atteint 4 m d'épaisseur (0,4 - 0,5 m de matières organiques). Connaître l'épaisseur et la nature des sédiments dans la baie aurait pu nous éclairer sur l'âge de celle-ci. Malheureusement, aucun des 4 échantillons étudiés dans Sabourin et associés (2016) n'a été collecté dans la baie. Le lac Beauchamp n'est alimenté par aucun affluent et dépend d'un bassin réduit à ses abords immédiats. La circulation et le renouvellement de l'eau sont donc limités. Ceci explique que le lac soit menacé d'une eutrophisation accélérée. Un ensemble de marécages riverains entoure le lac - à moins de considérer le tout comme un complexe marécageux autour d'un bassin important. (Résumé très partiel du rapport de Sabourin et associés (2016) ; pour plus de détails et meilleures quantification des phénomènes, reportez-vous au document.)

Sources

  • Maurice, O.D., 1973 — Annotated list of occurences of Industrial Minerals and Building Materials in Quebec. MER, DP 184, 580 pages
  • J.-F. Sabourin et associés, Plan de gestion environnementale — Lac Beauchamp : Ville de Gatineau. Rapport final, 29 février 2016, préparé pour le Service de l’environnement de la Ville de Gatineau, i-x, 96 p. + annexes.




Figure 2. Le lac Beauchamp en 1901. Le lac Beauchamp (anonyme) prolongé vers le SW par le ruisseau Wabassee qui portait déjà son nom actuel (voir billet du 26 juillet 2018). Le lac et le ruisseau suivent la même orientation. Détail de : Ells R.W., Ami H.M., 1901 — Geological map of the city of Ottawa and vicinity, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 714, échelle : 1:63 360.



Figure 3. - La forme du lac Beauchamp en 1920.
Détail modifié de : Wilson, M. E., 1920 — Geology of Buckingham, Hull and Labelle Counties, Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1691.
Le grès est en brun ; le Bouclier canadien est représenté par les autres couleurs au nord du lac, bleu pâle et vert olive principalement. Le vert plus sombre au sud est le calcaire qui recouvre le grès. Jaunes : Quaternaire.
Le nom du lac sur la carte est Wabassi L. - noter aussi le Wabassi Brook. (J'ai ajouté les inscriptions Lac Beauchamp, Rivière des Outaouais et Baie McCLaurin).



Figure 4. - La forme du lac Beauchamp en 1932 (publiée en 1934) : le lac s'est agrandi vers le sud, en bas du point de jonction avec le Wabassee Creek.
La carrière de grès (« QUARRY ») était au SW du lac.
Détail de : L.H. Cole et R.K. Carnochan, « Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec. » Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.



Figure 5. - Détail de la figure 1. Le chenal qui se prolonge dans la baie se termine brusquement, de façon peu naturelle.



Figure 6. - Tentative de retrouver la forme primitive du lac Beauchamp (fig. 1 retouchée). J'ai gommé la baie au sud du lac et reconstitué la rive en supprimant la fosse qui se prolonge dans la baie. Ces retouches sont arbitraires, mais l'aspect général du lac et sa jonction avec le ruisseau Wabassee, à gauche, apparaissent plus satisfaisants, plus cohérents sans la baie au sud.
C : ancienne carrière de grès utilisé comme terrain de stationnement.


Figure 7. - Carte du lac Beauchamp diffusée par la Ville de Gatineau (pdf téléchargeable). (J'ai rapproché les écritures du lac pour réduire la surface de l'image.) Elle est moins détaillée que celle de Sabourin et associés (2016) (fig. 1).
19 pieds = 5,8 m ; 17 pi. = 5,2 m ; 16 pi. = 4,9 m ; 15 pi. = 4,6 m ; 10 pi. = 3 m ; 5 pi. = 1,5 m.
La flèche à gauche indique le ruisseau Wabassee et le sens du courant.

jeudi 26 juillet 2018

Les noms du lac Beauchamp


Il y a une suite (billet du 28 juillet 2018).


Fig. 1. - Le lac Beauchamp (à droite) et la Ottawa Silica and Sandstone Co. en 1934.
L.H. Cole et R.K. Carnochan, Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec, Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.


Quelqu'un me demande si je connais l'origine du nom du lac Beauchamp à Gatineau. Tout ce que je sais, tout ce que je peux apporter comme réponse, c'est la succession des noms que le lac a porté au long du XXe s : lac anonyme, Wabassi Lake, lac Beauchamp (voir la liste par années plus bas). Le toponyme du ruisseau qui prend sa source au lac pour se jeter dans l'Outaouais a varié de Wabassee à Wabassi (comme le lac) avant de revenir à Wabassee pour s'y fixer.

Si la Commission de toponymie du Québec ignore l'origine du nom du lac Beauchamp, elle est plus prolixe sur celui du ruisseau Wabassee : « Ce nom de lieu d'origine amérindienne de la nation algonquine signifie cygne blanc. Ce nom paraît sur une carte datant de 1944. » Selon mes recherches, le toponyme apparaît cependant dès 1901 (voir plus bas à l'entrée « 1901 »). (Je viens d'envoyer un courriel à la Commission, inutile de la contacter pour la mettre au courant.) (Ajout, 1er août 2018 : la Commission de toponymie, très rapide, a modifié sa notice sur le ruisseau.)

À consulter pour plus de détails sur le choix du toponyme Beauchamp : Jean-Guy Ouimet, « L'origine du nom du lac Beauchamp », Hier encore, no 10, 2018, p. 27-32. (Numéro présentement en kiosque.) 
Je résume ici très succinctement l’article de Ouimet. - Le lac pourrait devoir son nom à Hormidas Beauchamp (1851-1927) qui fut secrétaire-trésorier de la municipalité du canton de Templeton, de Templeton-Est et de Templeton-Ouest en plus d’avoir été marguiller de la paroisse Ste-Rose-de-Lima (où est situé le lac). Son frère Nephtalie (1852-1929) a été conseiller puis maire de Templeton-Est.
Une carte de 1836 porte les noms des familles Beauchamp et Sanscartier sur le lot 14 du Rang I du canton. (Précisons que le lac est situé moitié dans le lot 15 (partie ouest) et moitié dans le lot 14 (partie est).)
Michel Beauchamp puis Jean-Baptiste, son frère cadet, ont été propriétaires de la partie ouest du lot 14 (14B). Jean-Baptiste a été inspecteur des fossés et des clôtures, des chemins puis de l’eau.
En 1867, le compte rendu d’une séance du conseil de la municipalité du canton de Templeton mentionne une « Beauchamp Hill ».)

Voir aussi le billet de mon blogue du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire »

À propos de la géologie du lac Beauchamp, consulter mon billet du 23 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un milliard d'années inscrites dans la roche »



Lac Beauchamp et ruisseau Wabassee, Gatineau : évolution des toponymes

(Pour obtenir les cartes dont la date est suivie d'un astérisque*, se rendre au site GEOSCAN et effectuer une recherche simple à partir du numéro de la carte, 714 ou 1506A par exemple.)

1901*
Lac anonyme et Wabassee Brook
Ells R.W., Ami H.M., 1901 — Geological map of the city of Ottawa and vicinity, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 714, échelle : 1:63 360.
(Étrange que le ruisseau ait été baptisé mais pas le lac où il prend sa source.)

1915*
Lac et ruisseau anonymes
W.A. Johnston, 1915 — Ottawa, Carleton and Ottawa Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1662, 1 feuille (1/63 360).

1920*
Wabassi L(ake) et Wabassi Brook
Wilson, M. E., 1920   Geology of Buckingham, Hull and Labelle Counties, Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1691, 1 feuille (1/63 360).

1934 (voir figure 1) ; la carte date en fait de 1932
Beauchamp Lake et Wabassee Creek
L.H. Cole et R.K. Carnochan, 1934   « Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec. » Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.

1935
Beauchamp Lake
Carte topographique, 31G/5, 1/63 360, 1935, un mille au pouce (détail).

1938*
Beauchamp Lake
A.E. Wilson, 1938 — Ottawa Sheet, East Half, Carleton and Hull Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 413A, 1 feuille (1/,63 360).

1982*
Lac Beauchamp
Richard, S H, 1982 — Surficial geology, Ottawa, Ontario-Québec / Géologie de surface, Ottawa, Ontario-Québec. Commission géologique du Canada, cartes 1506A, 1 feuille. [1/50 000]


Autres éléments à verser au dossier
Lac de la Mine (de mica)
Le lac est parfois désigné par « les anciens » sous le nom de lac de la Mine. À ce que je sache, il s'agit d'une appellation informelle que je n'ai rencontrée dans aucun document, textes ou cartes. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de mine au lac Beauchamp, seulement une carrière de grès (silice), ce qui est différent. On m'a souvent parlé de la présence d'une mine de mica au lac. Là encore, je dois contredire la rumeur populaire : il n'y a jamais eu de mine de mica au lac ou près du lac. Il a existé une carrière de feldspath vers 1900, au nord du lac, dans une colline au sud du boul. St-René. Mais, encore une fois, une carrière n'est pas une mine (et le feldspath n'est pas du mica).
Voir mon billet du 4 août 2017, « Carrière de feldspath perdue et retrouvée à Gatineau ». Voir aussi mon billet du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire »



Forme du lac
Les cartes de 1901 à 1920 montrent un lac Beauchamp différent de celui que nous connaissons. Il affiche affecte la forme d'une amande et ne se prolonge pas au sud de sa jonction avec le ruisseau Wabassee. En 1932, le lac a pris sa forme actuelle, coudée par une excroissance au sud de la jonction avec le ruisseau. Je n'ai pas de données sur les années 1921-1933.
Voir les détails de deux cartes dans mon billet du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire ».
Voir plus bas figures 2 et 3.
Ajout (27 juillet 2018)
Selon une photo aérienne, le lac avait déjà sa forme actuelle en 1927. Source : J.-F. Sabourin et associés, Plan de gestion environnementale — Lac Beauchamp : Ville de Gatineau. Rapport final, 29 février 2016, préparé pour le Service de l’environnement de la Ville de Gatineau, Plan 1, p. 8.
Voir la suite dans le billet du 28 juillet 2018.


Seconde carrière à l'est du lac Beauchamp ?
Voir mon billet du 6 octobre 2013, « Grès de Nepean à Gatineau : inexcusable »


Source d'eau au lac
Voir mon billet du 23 novembre 2014, « Discordance du lac Beauchamp : source négligée »


Le moulin du lac Beauchamp
Voir mon billet du 20 février 2011, « Lac Beauchamp : le moulin »




Figure 2. - La forme du lac Beauchamp en 1920.
Détail modifié de : Wilson, M. E., 1920, Geology of Buckingham, Hull and Labelle Counties, Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1691.
Le nom originel du lac sur la carte est Wabassi Lake - noter aussi le Wabassi Brook. (J'ai ajouté les inscriptions Lac Beauchamp, Rivière des Outaouais et Baie McCLaurin).



Figure 3. - La forme du lac Beauchamp en 1932 (publiée en 1934) : le lac s'est agrandi vers le sud, en bas du point de jonction avec le Wabassee Creek.
Détail de : L.H. Cole et R.K. Carnochan, « Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec. » Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.

vendredi 29 juin 2018

Hors sujet : pots de fleurs




On a les pots de fleurs qu'on peut : plantes poussant dans des trous forés dans une diorite à Kanata, ON.

La vie est une grande opportuniste, on ne le dira jamais assez.

Elle dévore la roche par les racines. Place aux jeunes pousses.



Sinon, on peut apprécier le fini du poli glaciaire de la roche.

jeudi 28 juin 2018

Hors sujet : nuages au cordeau



Bandes nuageuses rectilignes s'étirant d'ouest en ouest (ou l'inverse) au dessus de Kanata (Ottawa, ON), le 23 juin 2018. Des barbules cisaillent la mince bande sombre supérieure (contraste accentué).


Drôles de nuages étirés d'un horizon à l'autre au dessus d'Eaglesons Corners (Kanata, banlieue d'Ottawa), le 23 juin dernier.

Je les ai aperçus en descendant de l'autobus, vers 14 h 20. Ils ont persisté au moins pendant une demi heure (voir dernière photo).

Trop étroits pour des être stratus, trop minces pour des cumulus, trop bas et trop opaques pour des cirrus : c'étaient quoi ? La formation se composait de bandes parallèles plus ou moins diffuses et plus ou moins sombres, sous le plafond des stratus. Des barbules faisaient comme des dents de scie sur l'une des bandes (cisaillements ?). 

Une traînée d'avion ? Non plus. D'autres bandes semblables, moins marquées, étaient visibles plus au nord.

Si vous savez comment on aligne les nuages au cordeau, communiquez avec moi...



Le chemin March, sur lequel circule les autos, orienté N-S (N à droite), donne l'orientation de la bande nuageuse, grosso modo perpendiculaire à la route. Elle s'étirait d'un horizon...



... à...



... l'autre.



Gros plan sur les barbules (contraste accentué).



Une demi heure plus tard, vers 14 h 50, le nuage persistait dans sa forme (vue vers le nord, chemin Coulbourn Forced). Peu après, il s'est dissipé comme le ciel s'éclaircissait.

mardi 12 juin 2018

Roche intrusive (pyroxénite) dans le calcaire ordovicien, à Hull ?


Calcaire ordovicien de la formation Black River (Trenton), promenade du Lac-des-Fées, Hull (Gatineau), QC. Un calcaire grossier (à clastes et bioclastes) contient un élément flottant d'un lit plus fin. Photo 8 déc. 2013.


Résumé

On aurait trouvé une pyroxénite intrusive dans un calcaire ordovicien de la plate-forme du Saint-Laurent, à Hull, QC. La présence de cette pyroxénite dans cet horizon stratigraphique est étonnante (si confirmée).


Le sol et le sous-sol de l’Outaouais sont bien connus. 

On peut comparer la région à un gâteau. Découpez-en un morceau, vous verrez de bas en haut, sur la tranche (MA = millions d'années) :


  • Le gâteau lui-même (partie la plus substantielle) figure ici le Bouclier canadien, formé de roches métamorphiques et plutoniques âgées de plus d’un milliard d’années ;
  • Le glaçage, en surface, incomplet ou entamé, correspond aux sédiments de la plate-forme du Saint-Laurent (grès, calcaires et schistes) datant du Cambrien tardif (515 -485 Ma) et de l'Ordovicien (485-444 Ma) ;
  • Le tout est saupoudré de sucre en poudre pour tenir lieu de la mince couverture de sédiments meubles glaciaires et d’argile de la mer de Champlain qui recouvre le gâteau et la glaçage.


Voilà de quoi notre gâteau est fait.

Pour être complet, il faudrait compter avec les dykes d'une carbonatite liée aux Montérégiennes qui recoupent le calcaire ordovicien, à Ottawa (carrière Blackburn), datant de 110-120 Ma (Hogarth et al., 1988). (Intrusion minuscule.) Toutes les autres roches intrusives de l'Outaouais et au-delà sont antérieures au dépôt du calcaire : dykes de diabase qui recoupent le Bouclier (600 Ma) ; pluton de Grenville-Chatham (530 ma), toujours dans le Bouclier, etc.

Pour les dates, voir mon billet du 5 déc. 2015, « Tableau des temps géologiques : Gatineau et ses environs ».

Tout enrichissement de la stratigraphie, toute irruption d'un nouvel ingrédient dans le gâteau serait une révolution.

Or, voilà que je tombe par hasard sur un rapport de forage vieux de vingt ans qui fait état d’une roche intrusive (une pyroxénite, roche plutonique mafique) dans le calcaire ordovicien, à Hull (Les laboratoires Gatineau, 1998).

Qu’est-ce que fait une pyroxénite à cet endroit ? Comment a-t-elle pris place dans le calcaire ? À quelle suite ou série plutonique l'assimiler ?

Selon le rapport, une étude des sols et du roc entre la rue Demontigny et la promenade du Lac-des-Fées rédigée en vue de la réalisation du futur boulevard des Allumettières (axe McConnell-Laramée), le socle rocheux du secteur est constitué de calcaire à grain fin de la formation Black River (Trenton), interlité de calcaire argileux et de shale argileux. Rien que du banal, rien que de l'attendu. Rien pour faire sursauter. Sauf cette roche dure, cet « intrusif verdâtre » rencontré dans la partie partie supérieure d'un forage (forage F4), entre 1,25 m à 1,50 m de profondeur. Le contact intrusif-calcaire est bien défini, cependant, l'orientation du contact n'est pas définie.

Le forage F4 a été réalisé à l'angle des rues Demontigny et Laramée (cette dernière absorbée depuis par le boulevard des Allumettières). En lame mince, l'intrusif se révèle équigranulaire (grains 0,5-1,0 mm), et est constitué à 75 % d'orthopyroxène (hypersthène) et de clinopyroxène (augite) en proportions égales. Le 25 % restant est composé de quartz, de calcite et de minéraux argileux [altérés ?] « Nous sommes donc en présence d'une pyroxénite. » (p. 13)

Le rapport de forage, rédigé avant l'examen de lame mince, est moins affirmatif. Il signale, à la profondeur de 1,25 m à 1,50 m sous la surface : « Calcaire vert grenu, minces horizons dolomitique (sic) (présence de cristaux). » La nature de la roche verte n'avait donc pas d'emblée été reconnue. Mais une identification sur le terrain est toujours sujette à caution et peut être revue après plus ample examen en laboratoire.

Si cette roche est bien ce qu'en disent les Laboratoires Gatineau, il est étonnant que sa découverte n'ait pas fait plus de bruit.  

Quelle est cette pyroxénite ? À quelle suite magmatique l'assimiler ?

La présence de cette pyroxénite dans notre calcaire ordovicien n'est pas une impossibilité ; simplement, telle chose n'a jamais été observée. Comme pour faciliter les choses, les Laboratoires Gatineau ne semblent plus exister. Je doute que des échantillons aient été conservés.


Références

  • Donald D. Hogarth, Peter Rushforth, Robert H. McCorkell, 1988 - « The Blackburn Carbonatites, Near Ottawa, Ontario: Dykes With Fluidized Emplacement. » Canadian Mineralogist, vol.26, pp. 377-390. http://rruff.info/doclib/cm/vol26/CM26_377.pdf
  • Les Laboratoires Gatineau, 1998. Étude de caractérisation des sols et du roc : boulevard St-Laurent - Laramée, Hull - secteur DeMontigny au Lac-des-Fées. Projet 20-6672-8385-A - Rapport final. Gouvernement du Québec, Ministère des Transports.


vendredi 1 juin 2018

Dépôts meubles de l'Île-de-Hull (suite)


Tentatives de « clarifier » les cartes du rapport de Théberge sur les dépôts meubles du Quaternaire dans l'Île-de-Hull (1986) : voir le billet du 27 mai 2018, « Pas de «A» pour la 1506A ». Les documents utilisés ici sont des bleus qui accompagnent la version papier du rapport.

La superposition de lignes (contours, courbes de niveau, isobathes, formations géologiques, etc.) et de masses de même couleur rend ces cartes difficiles à déchiffrer. Je m'étais contenté jusqu'ici de la version numérique du rapport, accompagné de cartes haut contraste en noir et blanc, encore moins lisibles que les bleus (billet du 27 mai). J'ai repassé en rouge du mieux que j'ai pu les contours des formations géologiques ; ainsi, certaines courbes ne sont pas fermées.

Les deux cartes (géologie et aptitudes des sols) se complètent mutuellement. Je n'ai pas repassé les isobathes des dépôts meubles, ni les escarpement dans la roche en place (Carte 1). L'entreprise aurait été aussi longue qu'hasardeuse. Voir la carte de Bélanger (billet du 27 mai), pour les dépôts meubles et la mienne (5 févr. 2016, « Qui a façonné l'Île-de-Hull ? »), pour les escarpements.

Le but de tout ça est d'obtenir une carte lisible des sédiments meubles dans l'Île-de-Hull et de bien établir que, contrairement à ce q'affirme la carte 1506A de la Commission géologique du Canada, l'Île n'est pas dépourvue de couches significatives des sédiments quaternaires (voir billet précédent).


Référence
Théberge, J. 1986 – Cartographie géotechnique dans la région de Gatineau-Aylmer-Hull. Ministère de l’énergie et des ressources du Québec, MB 86-43. [Avec cartes au 1/20 000.]




1986 : Théberge (détail) : Carte 1. Géomorphologie, géologie et épaisseur des dépôts meubles. Gatineau-Hull-Aylmer.) 
(Photo prise à main levée, distorsions possibles.)
Légende (adaptée)
Récent
10. Dépôts organiques. - Humus et tourbe des régions mal drainés, marécageuses et tourbières.
9. Dépôts fluviatiles. - Gravier sable, silt, silt argileux, matière organique sur la plaine inondable.
Dépôts du proto-Outaouais
Dépôts fluviatiles de chenaux abandonnés. - 8. Silt argileux, silt et lentilles de sable recouvrant le faciès d'eau profonde de l'argile de la mer de Champlain. - 7. Sables lités moyens jaune clair, remaniés localement en dunes de petite taille.
Dépôts glaciaires
1. - Till de fond, mélange hétérogène de matériaux allant de l'argile à de gros blocs, généralement sableux.
Roche en place
R. - Calcaire, dolomie, grès et shale du Paléozoïque : affleurements tabulaires dénudés, recouverts localement d'au plus 2 m de dépôts meubles.

1986 : Théberge (détail) : Carte 5. Aptitude des sols - Gatineau-Hull-Aylmer.
(Photo prise à main levée, distorsions possibles.)
Comme il s'agit d'une carte des caractéristiques mécaniques des sols, plusieurs couches stratigraphiques peuvent se retrouver dans une même unité. J'ai transformé le bleu en sépia, espérant gagner en lisibilité.
Légende (adaptée)
1C. - Till ; roc à moins de 3 m sous la surface.
2B. - Till ; roc à plus de 6 m de profondeur.
3A. - Dépôts meubles variés, moins de 3 m ; till, sable, gravier, argile desséchée.
3B. - Roc affleurant ou sous des dépôts meubles de moins d'un m.
4B. - Sable fin à grossier, 6 m et plus, reposant sur l'argile.
5A. - Argile consolidée ; roc, till ou dépôt granulaire à 3-6 m. L'argile peut-être couverte par moins de 2 m de sable.
5B. - Comme 5A, roc à plus de 6 m de profondeur.
6A. - Remblai hétérogène [artificiel] de plus de 3 m.

dimanche 27 mai 2018

Pas de «A» pour la 1506A (suite)



Détail de la carte 1506A (Richard, 1982) : l'Île-de-Hull est nue.
Légende (adaptée)
Dépôts alluviaux. – 6a (jaune) : dépôts récents ; sable silteux, silt, sable et argile ; 6b (orangé) : dépôts alluviaux anciens ; sable moyen, silt.
Sédiments de la mer de Champlain. – 3a (bleu) : argile et silt (dépôts amincis par érosion fluviatile).
Dépôts glaciaires. – 1a (vert) : till.
Paléozoïque. – R (rose) : roche en place ; calcaire et shale, surfaces rocheuses tabulaires souvent dénudées ; mince placage de dépôts meubles quaternaires ne dépassant pas 1 m.
Référence
Richard, S H, 1982 – Surficial geology, Ottawa, Ontario-Québec / Géologie de surface, Ottawa, Ontario-Québec. Commission géologique du Canada, Cartes série «A» 1506A, 1 feuille. [1/50 000]
Disponible en ligne.



J'essaie de faire avancer un projet qui concerne l’Île-de-Hull. Au cours des derniers jours, ma vieille exaspération à l’égard de la carte des matériaux meubles de la région d’Ottawa-Hull n’a fait que croître (Richard, carte 1506 A, 1982 ; voir mon billet du 7 sept. 2013, « Pas de «A» pour la 1506A ».)

Il me manque des renseignements que je ne trouve pas ailleurs et que cette carte devrait donner. La 1506A, publiée par la Commission géologique du Canada, est quand même la carte que tout le monde pense à consulter quand il s’agit de la répartition des dépôts du Quaternaire dans la région. 

À croire la 1506A - mais justement il ne faut pas la croire - la surface entière de l’Île-de-Hull aurait été libérée des sédiments accumulés durant le Quaternaire. Till glaciaire, argile marine, alluvions du proto-Outaouais ou récents : tout a été balayé (par le proto-Outaouais, justement ; voir billet du 8 févr. 2014). À l'exception d'une couche discontinue ne dépassant pas 1 mètre, c'est le roc nu presque partout (voir détail de la carte au début du billet). Or, sur le terrain, l’évidence crie le contraire. D’autres cartes, d’autres travaux clament la même évidence. 

Mais il y a d’autres travaux, ai-je dit. Pourquoi ne pas les consulter et oublier la 1506A ? Certains des ces travaux sont partiels, qu'ils ont été rédigés par des ingénieurs et que leur interprétation géologique est délicate. Il peut être hasardeux d'établir des corrélations entre des publications aux méthodologies différentes. La seule carte qui pourrait (qui devrait !) répondre à mes questions est la 1506A.

Il aurait été plus honnête de sa part de laisser l’Île-de-Hull en blanc : au moins il n’y aurait eu aucun risque d’équivoque. C'est ce à quoi s'est résolue la carte 1662 (1915 ; voir détail plus bas) qui ignore les zones urbanisées de l'Île. Avec ce genre de configuration, on sait à quoi s'en tenir.

J'attends toujours la synthèse qui répondra à mes questions...


Quelques travaux sur les sédiments du Quaternaire dans l'Île-de-Hull





1915 : carte 1662 de Johnston (détail). L'Île-de-Hull est laissée en blanc.
La carte laisse l’Île-de-Hull en blanc, sauf la rive du ruisseau de la Brasserie au nord de Montcam. Affleurent le socle rocheux (en rose) et des graviers (en vert).
Légende (adaptée)
Dépôts récents. S10 (violet) : Alluvial sand and silt (flood plain deposit of present stream) ; soil : fine sand.
Dépôts post-Champlain. S9 (vert) : River gravel ; soil : stony sand.
Dépôts glaciaires. S3 (gris) : Glacial till and boulder clay ; soil : stony loam.
Roche en place (calcaire Paléozoïque). (Rose) : Bedrock outcrop ; little or no soil covering.
Référence
W.A. Johnston, 1915 – Ottawa, Carleton and Ottawa Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, Carte géologique polychrome 1662, 1 feuille (1/63 360).
Disponible en ligne.



1962 : coupe de Beauchemin-Beaton-Lapointe inc. 
Photo prise à main levée avec inévitables distorsions. Coupe ouest-est (gauche-droite) de l’Outaouais à l’endroit du futur pont Cartier-Macdonald. Sur la rive hulloise, env. 19 m de sédiments quaternaires recouvrent le socle calcaire, dont env. 9 d’argile marine (« Glaise limoneuse ») recouverte d'un « Remblai granulé ». On est loin des dépôts meubles ne dépassant pas 1 m de la 1506A...
Référence
Beauchemin-Beaton-Lapointe inc., 1962  – Pont MacDonald-Cartier : rapport sur les études techniques préliminaires. Conseil de Liaison, 144 p.




1965 : L'Atelier de l'Urbanisme (1 de 2). Coupe de l'Île-de-Hull (modifiée).
Photo prise à main levée avec inévitables distorsions. 
Coupe N-S de l’Île passant par le parc Fontaine : un tapis de sédiments quaternaires épais de 10 m recouvre le socle calcaire au nord du parc Fontaine.
L'échelle verticale est 20 fois exagérée (d'après mes calculs). La photocopie du rapport d'où cette reproduction est tirée n'est pas fameuse, comme on le constate. J'ai refait la typographie en ajoutant quelques détails, notamment la ligne horizontale qui traverse la coupe (« N.d.l.r.? ») pour indiquer le niveau (minimum) de la rivière, laquelle se tient approx. entre 135 et 147 pieds (41 et 45 m). Les altitudes sont en pieds : 220 pi. = 67 m ; 200 pi. = 61 m ; 180 pi. = 55 m ; 160 pi. = 49 m ; 140 pi. = 43 m ; 120 pi. = 37 m.
Le calcaire du groupe de Trenton (Ordovicien moyen et supérieur, 458 - 444 Ma) forme le socle de l'Île. L'argile silteuse a été déposée par la mer de Champlain ; le till glaciaire qui devrait se trouver entre le socle calcaire et l'argile n'apparaît pas. Le sable et gravier sont des sédiments laissés par le proto-Outaouais. Le parc Fontaine est sur le site d'un ancien lac (le lac Flora), comblé vers 1911 (« Remblayage »). (La page définissant la terre noire manque au rapport : ailleurs, on précise que les terres noires du SW du Québec se sont développées sur le site d'anciens lacs peux profonds qui ont succédé à la mer de Champlain (ou au proto-Outaouais, dans notre cas) par accumulation de résidus végétaux année après année. Les terres noires sont riches en matières organiques.) Voir la carte (figure suivante).
Référence
L'Atelier de l'Urbanisme Georges Robert, 1965 – Reconnaissance et appréciation des conditions urbaines, Hull, 1965 : Rapport numéro 1. Trois-Rivières, 27 pages + plans.


1965 : L'Atelier de l'Urbanisme (2 de 2). Carte des sols de l'Île-de-Hull (modifiée).
Cliquer sur l'image pour la voir à sa pleine grandeur. 
J'ai orienté la carte nord vers le haut pour une meilleure comparaison avec les autres et j''ai repris la légende dans le bon sens, en bas à gauche. La coupe ci-haut passe par le parc Fontaine. Ce dernier est dans la structure horizontale allongée, au sud, à l'intérieur de la zone délimitée par la ligne tiretée grasse. Autre repère : l'Imprimerie nationale, en haut, à gauche, hors des limites de la ligne tiretée. 
Je ne suis pas sûr que les unités de la légende soient classées dans l'ordre chronologique. Je corrige (?) ici la chose (en m'aidant de la coupe ci-haut) :
Légende (adaptée)
MO/R. - Matières organiques, tourbières, résidus. (Sols récents.)
SG. - Sable et gravier. (Alluvions post-Champlain ?)
TN. - Terre noire. 
AS. - Argile silteuse. (Argile de la mer de Champlain ?)
RBG. - Roche-mère, boulders et graviers.
(socle calcaire recouvert de till ?)
Référence.
Voir ci-haut.



1970 : Buckley. L'Île-de-Hull laissée en blanc (pas d'image).
Le document ne cartographie que la pointe NW de l’Île-de-Hull, rive du ruisseau de la Brasserie. Il donne des marécages pour cet endroit.
Référence
Buckley, J.T., 1970  – Surficial deposit and landform map of the Gatineau Park and vicinity. Commission géologique du Canada, Dossier public 36, 1 feuille.
Disponible en ligne.




1980 : carte de Bélanger et Harrison : Fig. 4. Drift Thickness Trend, Ottawa-Hull, Ontario and Québec (détail).
Un épais manteau pour l’Île-de-Hull.
L'Île-de-Hull est recouverte de sédiments non différenciés du Quaternaire de plus de 3 m d'épaisseur (10 pieds), à l’est de St-Rédempteur et au nord de Papineau. L’épaisseur maximale (15 m, ou 50 pi) est atteinte au NE de l’Île.
Intervalle des courbes de niveau : 10 pieds (3 m).
Référence
Bélanger, J. R.; Harrison, J. E., 1980 – Regional Geoscience Information : Ottawa-Hull. Commission géologique du Canada, étude 77-11, 18 p., avec 8 cartes [dont Fig. 4. Drift Thickness Trend, Ottawa-Hull, Ontario and Québec. 1 : 50 000].
Disponible en ligne.




1986 : Théberge (détail) : Carte 1. Géomorphologie, géologie et épaisseur des dépôts meubles. Gatineau-Hull-Aylmer.) On voit très mal mais ça semble très intéressant. 
** Version plus lisible à venir. ** C'est fait, voir billet du 1er juin 2018 : https://geo-outaouais.blogspot.com/2018/06/depots-meubles-de-lile-de-hull-suite.html.
Roche en place (calcaire), till, sédiments marins (argile de la mer de Champlain), alluvions du proto-Outaouais et alluvions récents : il y a de tout dans l’Île-de-Hull !
Légende (adaptée)
(Nous avouons que cette carte n'est pas très lisible. C'est la version disponible en ligne. Si quelqu'un a quelque chose de mieux...)
Récent. – 10 : dépôts organiques ; 9 : dépôts fluviatiles ; gravier, sable, silt, matière organique
Dépôts du proto-Outaouais. – 8-7 : dépôts de chenaux abandonnés ; silt, sable.
Dépôts de la mer de Champlain. – 3 : faciès d'eau profonde ; argile, argile silteuse, silt, lentilles de sable. Dépôts glaciaires. – 1 : till de fond.
Paléozoïque. – R : roche en place ; calcaire et shale.
Les nombres sur des courbes de niveau (10, 20) indiquent la profondeur en m des dépôts quaternaires.
Référence
Théberge, J., 1986 – Cartographie géotechnique dans la région de Gatineau-Aylmer-Hull. Ministère de l’énergie et des ressources du Québec, MB 86-43. [Avec cartes au 1/20 000.]



Détail du MB 2015-02 (Daigneault et al., 2015) : retour à la 1506A ?
Légende (adaptée)
Postglaciaire
Sédiments organiques. - O (gris) : sédiments organiques non différenciés.
Sédiments alluviaux (incluent alluvions des chenaux du proto-Outaouais). - Ax (jaune) : alluvions des terrasses anciennes ; silt sableux, sable et gravier. Matière organique.
Sédiments glaciomarins (mer de Champlain). - MGa (bleu) : Sédiments fins d'eau profonde. Silt argileux et argile silteuse.
Pré-Quaternaire
Substrat rocheux. - Rs (rouge) : roches sédimentaires paléozoïques, calcaires, shales et dolomies.
Référence
Daigneault, R A, Roy, M, et al., 2015 - Rapport sur les travaux de cartographie des formations superficielles réalisés dans la portion est du territoire municipalisé de l'Outaouais en 2011-2012. MERN, MB 2015-02, 55 p. (8 cartes au 1/50 000).
Disponible en ligne.



Pour terminer, un témoignage au raz du sol de l'Île-de-Hull datant de 1952.
« Stony sandy soil formed on Pleistocene river gravel at the corner of Carillon and St. [sic] Streets about a quarter mile east of Brewery Creek in Ward 2. » Tirée de Brown (1952, p. 7, fig. 10). La seule rue St-... qu'aurait pu croiser la rue de Carillon à l'époque est l'ancienne rue Saint-Laurent, actuel boul. des Allumettières : l'affleurement est donc détruit.
Référence
Brown, Roger J. E., 1952 – An Urban Geographic Study of the City of Hull. A thesis presented in accordance with the accordance with the requirements of the degree bachelor of arts in the University of Toronto, 1952, 88 p..