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mardi 19 novembre 2019

La menace d’un possible «boom minier» en Outaouais


Carte MiningWatch Canada


« Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation craint ce qu’il qualifie de « véritable ruée vers l’or » qui se prépare au Québec dans le milieu de l’industrie minière, alors que le graphite et le lithium font saliver les prospecteurs qui multiplient leurs explorations depuis les dernières années, notamment en Outaouais ainsi que dans les Laurentides et Lanaudière. » (Benoît Sabourin, Le Droit, 17 nov. 2019.)

Voir l'article au complet. Voir aussi mon texte (en trois parties) sur les mines en Outaouais.

dimanche 9 septembre 2018

Régolithe (encore) inédit en Outaouais


« [R]egolith [from the Precambrian-Paleozoic interface] has been observed at several places north of the Ottawa River (D.D.H., unpublished). » (Hogarth et al., 1988, p. 388)

On aimerait en savoir plus sur ces « several places», quarante ans après !


Source :
Donald D. Hogarth, Peter Rushforth, Robert H. McCorkell, 1988 - « The Blackburn Carbonatites, Near Ottawa, Ontario: Dykes With Fluidized Emplacement. » Canadian Mineralogist, vol.26, pp. 377-390. http://rruff.info/doclib/cm/vol26/CM26_377.pdf


Se contenter en attendant le billet du 23 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un milliard d'années inscrites dans la roche », photo 3/3 :



Discordance Protérozoïque (bas)/Paléozoïque Haut), lac Beauchamp, Gatineau QC.
Texte et photo : Henri Lessard, juillet 2007, revu septembre 2018.

En haut : le grès de Nepean, de couleur grise, présente le caractère d'un conglomérat : il est truffé de galets qui lui donnent une apparence grêlée. 
En bas : le granite (province de Grenville, Bouclier canadien), de teinte claire. 
Entre les deux, une bande de matière friable, couleur orangée, semée, elle aussi, de galets. Il s'agit d'un paléosol qui remonte à l’époque précédant la déposition du grès il y a 500 millions d'années. On peut aussi parler d'un régolithe, résultat de l'altération aérienne. ou météorisation, du Bouclier canadien.


jeudi 26 juillet 2018

Les noms du lac Beauchamp


Il y a une suite (billet du 28 juillet 2018).


Fig. 1. - Le lac Beauchamp (à droite) et la Ottawa Silica and Sandstone Co. en 1934.
L.H. Cole et R.K. Carnochan, Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec, Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.


Quelqu'un me demande si je connais l'origine du nom du lac Beauchamp à Gatineau. Tout ce que je sais, tout ce que je peux apporter comme réponse, c'est la succession des noms que le lac a porté au long du XXe s : lac anonyme, Wabassi Lake, lac Beauchamp (voir la liste par années plus bas). Le toponyme du ruisseau qui prend sa source au lac pour se jeter dans l'Outaouais a varié de Wabassee à Wabassi (comme le lac) avant de revenir à Wabassee pour s'y fixer.

Si la Commission de toponymie du Québec ignore l'origine du nom du lac Beauchamp, elle est plus prolixe sur celui du ruisseau Wabassee : « Ce nom de lieu d'origine amérindienne de la nation algonquine signifie cygne blanc. Ce nom paraît sur une carte datant de 1944. » Selon mes recherches, le toponyme apparaît cependant dès 1901 (voir plus bas à l'entrée « 1901 »). (Je viens d'envoyer un courriel à la Commission, inutile de la contacter pour la mettre au courant.) (Ajout, 1er août 2018 : la Commission de toponymie, très rapide, a modifié sa notice sur le ruisseau.)

À consulter pour plus de détails sur le choix du toponyme Beauchamp : Jean-Guy Ouimet, « L'origine du nom du lac Beauchamp », Hier encore, no 10, 2018, p. 27-32. (Numéro présentement en kiosque.) 
Je résume ici très succinctement l’article de Ouimet. - Le lac pourrait devoir son nom à Hormidas Beauchamp (1851-1927) qui fut secrétaire-trésorier de la municipalité du canton de Templeton, de Templeton-Est et de Templeton-Ouest en plus d’avoir été marguiller de la paroisse Ste-Rose-de-Lima (où est situé le lac). Son frère Nephtalie (1852-1929) a été conseiller puis maire de Templeton-Est.
Une carte de 1836 porte les noms des familles Beauchamp et Sanscartier sur le lot 14 du Rang I du canton. (Précisons que le lac est situé moitié dans le lot 15 (partie ouest) et moitié dans le lot 14 (partie est).)
Michel Beauchamp puis Jean-Baptiste, son frère cadet, ont été propriétaires de la partie ouest du lot 14 (14B). Jean-Baptiste a été inspecteur des fossés et des clôtures, des chemins puis de l’eau.
En 1867, le compte rendu d’une séance du conseil de la municipalité du canton de Templeton mentionne une « Beauchamp Hill ».)

Voir aussi le billet de mon blogue du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire »

À propos de la géologie du lac Beauchamp, consulter mon billet du 23 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un milliard d'années inscrites dans la roche »



Lac Beauchamp et ruisseau Wabassee, Gatineau : évolution des toponymes

(Pour obtenir les cartes dont la date est suivie d'un astérisque*, se rendre au site GEOSCAN et effectuer une recherche simple à partir du numéro de la carte, 714 ou 1506A par exemple.)

1901*
Lac anonyme et Wabassee Brook
Ells R.W., Ami H.M., 1901 — Geological map of the city of Ottawa and vicinity, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 714, échelle : 1:63 360.
(Étrange que le ruisseau ait été baptisé mais pas le lac où il prend sa source.)

1915*
Lac et ruisseau anonymes
W.A. Johnston, 1915 — Ottawa, Carleton and Ottawa Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1662, 1 feuille (1/63 360).

1920*
Wabassi L(ake) et Wabassi Brook
Wilson, M. E., 1920 —  Geology of Buckingham, Hull and Labelle Counties, Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1691, 1 feuille (1/63 360).

1934 (voir figure 1) ; la carte date en fait de 1932
Beauchamp Lake et Wabassee Creek
L.H. Cole et R.K. Carnochan, 1934 —  « Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec. » Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.

1935
Beauchamp Lake
Carte topographique, 31G/5, 1/63 360, 1935, un mille au pouce (détail).

1938*
Beauchamp Lake
A.E. Wilson, 1938 — Ottawa Sheet, East Half, Carleton and Hull Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 413A, 1 feuille (1/,63 360).

1982*
Lac Beauchamp
Richard, S H, 1982 — Surficial geology, Ottawa, Ontario-Québec / Géologie de surface, Ottawa, Ontario-Québec. Commission géologique du Canada, cartes 1506A, 1 feuille. [1/50 000]


Autres éléments à verser au dossier
Lac de la Mine (de mica)
Le lac est parfois désigné par « les anciens » sous le nom de lac de la Mine. À ce que je sache, il s'agit d'une appellation informelle que je n'ai rencontrée dans aucun document, textes ou cartes. D'ailleurs, il n'y a jamais eu de mine au lac Beauchamp, seulement une carrière de grès (silice), ce qui est différent. On m'a souvent parlé de la présence d'une mine de mica au lac. Là encore, je dois contredire la rumeur populaire : il n'y a jamais eu de mine de mica au lac ou près du lac. Il a existé une carrière de feldspath vers 1900, au nord du lac, dans une colline au sud du boul. St-René. Mais, encore une fois, une carrière n'est pas une mine (et le feldspath n'est pas du mica).
Voir mon billet du 4 août 2017, « Carrière de feldspath perdue et retrouvée à Gatineau ». Voir aussi mon billet du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire »



Forme du lac
Les cartes de 1901 à 1920 montrent un lac Beauchamp différent de celui que nous connaissons. Il affiche affecte la forme d'une amande et ne se prolonge pas au sud de sa jonction avec le ruisseau Wabassee. En 1932, le lac a pris sa forme actuelle, coudée par une excroissance au sud de la jonction avec le ruisseau. Je n'ai pas de données sur les années 1921-1933.
Voir les détails de deux cartes dans mon billet du 8 janvier 2011, « Lac Beauchamp : un peu d'histoire ».
Voir plus bas figures 2 et 3.
Ajout (27 juillet 2018)
Selon une photo aérienne, le lac avait déjà sa forme actuelle en 1927. Source : J.-F. Sabourin et associés, Plan de gestion environnementale — Lac Beauchamp : Ville de Gatineau. Rapport final, 29 février 2016, préparé pour le Service de l’environnement de la Ville de Gatineau, Plan 1, p. 8.
Voir la suite dans le billet du 28 juillet 2018.


Seconde carrière à l'est du lac Beauchamp ?
Voir mon billet du 6 octobre 2013, « Grès de Nepean à Gatineau : inexcusable »


Source d'eau au lac
Voir mon billet du 23 novembre 2014, « Discordance du lac Beauchamp : source négligée »


Le moulin du lac Beauchamp
Voir mon billet du 20 février 2011, « Lac Beauchamp : le moulin »




Figure 2. - La forme du lac Beauchamp en 1920.
Détail modifié de : Wilson, M. E., 1920, Geology of Buckingham, Hull and Labelle Counties, Quebec. Commission géologique du Canada, carte 1691.
Le nom originel du lac sur la carte est Wabassi Lake - noter aussi le Wabassi Brook. (J'ai ajouté les inscriptions Lac Beauchamp, Rivière des Outaouais et Baie McCLaurin).



Figure 3. - La forme du lac Beauchamp en 1932 (publiée en 1934) : le lac s'est agrandi vers le sud, en bas du point de jonction avec le Wabassee Creek.
Détail de : L.H. Cole et R.K. Carnochan, « Mines Branch Investigations of Mineral Resources and the Mining Industry, 1932 : Silica Deposit Near Gatineau Point, Quebec. » Depart. of Mines, Canada Mines Branch, Report No. 735, 1934, Fig. 1.

jeudi 15 février 2018

Deux parutions sur l'histoire de la région.


Saviez-vous qu'avant Gatineau, il y avait eu... Gatineau ? Que pourriez-vous nous dire sur l'homme au nœud papillon qui aimait trop papillonner ? Deux parutions sur l'histoire de la région arrivent en librairie pour vous en apprendre plus sur ces questions. (Liens vers les maisons d'édition à la fin de la description de chaque titre.)



À l'ombre du moulin : une enfance à Gatineau (1934-1948)

Bernard Lacroix


Natif de Hull, Bernard Lacroix arrive à Gatineau en 1934 à l'âge d'un an et grandit dans le secteur de la rue Saint-André, alors surnommé « la cour du moulin », dans une des maisons de la Canadian International Paper (C.I.P.). Il y coule une enfance heureuse et se considère privilégié comme jeune garçon de pouvoir s'épanouir dans un environnement encore à l'état sauvage, à proximité de la belle et grande rivière des Outaouais, située à quelques centaines de pas de la maison.

L'usine de papier de la C.I.P. était omniprésente. « C'était comme une toile de fond. On savait qu'elle était là, mais on l'oubliait, on vivait avec elle, on fonctionnait avec elle. On avait la sensation qu'on lui appartenait, mais aussi qu'elle nous appartenait. Comme si on en avait possédé des parts. Virtuelles, bien sûr! »

Retraité de l'Université d'Ottawa depuis 1994, Bernard Lacroix a voulu raconter à sa façon son vécu dans une minuscule partie de la grande ville qu'est devenue Gatineau, et faire revivre un quartier disparu.

Société Pièce sur pièce, 2018, illustré, 132 pages, 14 $
ISBN 978-2-9813528-1-1





Tuxedo Kid : la beauté du diable

Raymond Ouimet


Voleur de moutons, coureur de jupons, avorteur amateur, voleur de banque… Léo-Rhéal Bertrand est un individu peu fréquentable. Il a pourtant tout pour réussir dans la vie: beauté, charisme, débrouillardise et sens de la musique. Depuis son adolescence, il fait résonner les cordes de son violon et le cœur des jeunes femmes dans les soirées dansantes.

Lorsque sa première épouse meurt noyée dans un étrange accident d'automobile, il réussit à semer le doute sur sa ­culpabilité. Pourra-t-il s'en sortir lorsqu'il sera accusé du meurtre de sa seconde femme, décédée dans l'incendie du chalet où le couple se trouvait pour un séjour de chasse ? Tuxedo Kid, cet homme qui se présente tiré à quatre épingles lors de son procès, a plus d'un tour dans son sac.

Raymond Ouimet fait revivre, avec sa plume vivante et efficace, le rythme endiablé du Québec des années 1930 aux années 1950, tout en se livrant à une enquête détaillée de ce qui fut l'une des affaires criminelles les plus médiatisées de l'époque.

Septentrion, 2018, illustré, 168 pages, 19,95 $
ISBN 9782894489178

Raymond Ouimet a travaillé dans de nombreux domaines : il a été conseiller municipal, président d'un centre d'archives et chroniqueur en histoire. Fondateur de la revue d'archives, d'histoire et de patrimoine Hier encore, il a publié au Septentrion L'Affaire des Crucifiés et Catherine de Baillon.

mardi 5 décembre 2017

Au-delà du paysage : Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent



Au-delà du paysage : Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent.


Un très bon livre, un très beau livre, signé Bernard Lauriol, professeur de géologie du Quaternaire à l'Université d'Ottawa. Un ouvrage qui va devenir indispensable à qui s'intéresse à la géologie et à l'histoire du paysage des Laurentides et des basses-terres du Saint-Laurent (deux entités dont l'Outaouais fait partie).

Les photos, signées Pierre Bertrand, sont magnifiques. Avec le texte de Bernard Lauriol, elles concourent à faire de cet album un livre complet que l'on conservera dans sa bibliothèque.

L'enchaînement de courts chapitres rend la lecture agréable. L'esprit de synthèse qui a présidé à leur rédaction plaira tant aux pros qu'aux amateurs, sans compter les nombreux curieux qui se posent des tas de questions sur le paysage. Pourquoi des collines ici, une vallée là-bas, du sable à cet endroit, de l'argile à un autre, du granite un peu plus loin, puis du calcaire ?...

L'histoire de l'Outaouais, l'histoire profonde, à commencé il y a plus d'un milliard d'années avec la chaîne de montagnes de Grenville (les collines de la Gatineau et des Laurentides actuelles en sont les racines révélées par l'érosion) et se continue de nos jours alors que nous vivons pour la plupart dans les plaines d'argile laissées par la mer de Champlain il y a 10 600 ans. Suivez les étapes de cette histoire à travers les roches, les minéraux, les fossiles, les mines et les glissements de terrain...

Au-delà du paysage : Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent est publié par les Éditions Vents d'Ouest, de Gatineau.

Les mêmes auteurs avaient publié Eaux, glaces et cavernes en 2014.



4e de couverture

« La beauté se cache dans les détails. C'est ce que permet de découvrir AU-DELA DU PAYSAGE. Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent.

Bernard Lauriol et Pierre Bertrand, qui nous avaient donné il y a quelques années Eaux, glaces et cavernes, nous proposent aujourd'hui de regarder ce qui se cache dans un paysage. Leur terrain de prédilection s'étend, en Outaouais, du Pontiac à la Petite-Nation. Mais, plus qu'un parcours régional, c'est, en mots et en images, l'histoire géologique des Laurentides et des basses-terres du Saint-Laurent qu'ils nous brossent, en moins de deux cents pages.


Avec les auteurs, vous visiterez les lieux occupés il y a 6500 ans par des peuples venus des grandes plaines nord-américaines, puis cartographiés au début du XVIIe siècle par les explorateurs français. Vous découvrirez les vestiges du passé minier de l'Outaouais. Et surtout, au-delà de l'histoire, au-delà des paysages, les auteurs vous convieront à admirer affleurements de marbre et de gneiss, cristaux de rutile et d'apatite, blocs erratiques et fresques rupestres, marmites de géant et pierres de fée, vestiges préhistoriques et fossiles d'animaux ayant fréquenté nos forêts et nos rivières.


Un texte riche d'images qui vous enchanteront et vous permettront de saisir l'histoire et la beauté d'un paysage. »



Métadonnées

TITRE : Au-delà du paysage : Des Laurentides aux basses-terres du Saint-Laurent
Éditeur : VENTS D'OUEST
Auteurs : Bertrand, Pierre - Lauriol, Bernard
Collection : Asticou
Type : Souple
Date de publication : 2017/11/21
Nombre de pages : 163
PAPIER : 39,95 $
PDF NUMÉRIQUE : 24,95 $
ISBN : 9782895376057

mercredi 1 novembre 2017

Marqueterie de marbre et d'amphibolite à Calumet, Qc (ajout)



Fig. 1. Marbre blanc et amphibolite noire. Autoroute 50, à Calumet, QC, à l'ouest du chemein Whinfield. Photo 23 août 2015.

Article remis en circulation le 25 sept. 2026 pour répondre à une demande. Je l'avais retiré parce qu'il me semblait que j'interprétais les choses au-delà de mes compétences. C'est toujours mon impression, et je le remets en circulation sans rien en changer. À vous de faire la part des choses (et d'être indulgent) !

Résumé

Contact « en marqueterie » entre un marbre blanc et une amphibolite. Province de Grenville ; entre 1 et 1,2 milliards d'années.
Localisation
Autoroute 50, à l'ouest chemin Whinfield, à Calumet
45.655874, -74.625840
Photos
23 août 2015


Un marbre et une amphibolite présentent un étrange contact en « marqueterie » près de Calumet, QC, le long de l'autouroute 50. Les roches du secteur appartiennent à la province de Grenville (1 à 1,2 milliards d'années).

Selon Bourdeau (2009), qui a étudié les affleurements pendant la construction de l'autoroute, nous sommes en présence d'une amphibolite à hornblende-albite et d'un marbre à diopside-grossulaire (fig. 1). Belley et al. (2017) décrivent en détail la minéralogie du site. Les amphibolites de la région sont considérées, en tout ou partie, comme des dykes ou des filons de gabbro métamorphisés après leur mise en place dans les marbres et gneiss encaissants. L'amphibolite serait donc, à l'origine, un magma ayant envahi le marbre.

Une foliation est-ouest à pendage abrupt imprègne l'amphibolite. Cette foliation a été reprise par des contraintes tectoniques qui lui ont imposé une allure ondulée (wavy). « Most rocks cleave along this foliation into large parallelogram-shaped blocks. » (Bourdeau, p. 6) (Fig. 4.)

La carte de Philpotts (1976) montre une courte faille est-ouest, parallèle à l'autoroute, à l'endroit étudié. L'amphibolite n'apparaît toutefois pas sur sa carte, le marbre formant une bande nord-sud côtoyée, à l'ouest, par une monzonite-mangérite et un gneiss à grenat et, à l'est, par une syénite. Un dyke de diabase massive du faisceau de Grenville (600 millions d'années) affleure dans le prolongement de la faille, à l'est, dans la syénite, et touche le marbre sans y pénétrer.

La carte de Philpotts a toutefois été réalisée avant la construction de l'autoroute 50 qui a révélé de nombreux affleurements nouveaux. L'amphibolite nous apparaît comme un corps assez discret qui n'affleure que sur le côté nord de l'autoroute ; en face, au sud, seul le marbre est visible (Bourdeau, 2009 ; mes observations, 2015).


Origine de la « marqueterie » (fig. 2-3)

On peut se demander si la « marqueterie » au contact du marbre blanc et l'amphibolite noire, c.-à-d. le motif créé par une alternance de blocs blancs et noirs, ne résulte pas du jeu des parallélogrammes le long des lignes de clivage, tel que décrits par Bourdeau. Il s'agit d'une empreinte cassante tardive (failles ou joints), alors que les roches étaient refroidies, surimposée à une empreinte ductile sur des roches encore malléables (foliation et ondulations).

Un moment, j'ai pensé que l'amphibolite correspondait au prolongement dans le marbre du dyke de diabase évoqué plus haut. Le faisceau de Grenville auquel il appartient n'a subi aucune déformation et ne présente aucune foliation et encore moins d'ondulations. Cette hypothèse est donc à rejeter tout à fait. (La composition de l'amphibole ne correspond pas non plus à celle de la diabase.)


Références
  • Philippe M. Belley, Michel Picard, Ralph Rowe et Glenn Poirier, 2017 — Minerals of Highway-50, Grenville to Pointe-Au-Chêne, Québec. Lien : https://www.mindat.org/a/hwy50grenville
  • Bourdeau, J.E. — 2009. A mineralogical investigation of a blue-calcite-bearing calc-silicate assemblage from Grenville, QC. B.Sc. Thesis, University of Ottawa.
  • Philpotts A.R., 1976 — Canton de Grenville (partie sud-est). MRNQ, RG 156, avec carte 1803 au 1/12 000.



Fig. 2. - Aspect « en marqueterie » du contact marbre blanc - amphibolite noire par juxtaposition de parallélépipèdes blancs et noirs délimités par des cassures dans la roche.



Fig. 3. - Détail de la fig. 2.



Fig. 4. - Jeu de fractures découpant l'amphibolite en blocs ou parallélépipèdes.


Fig. 5. - Filon mélanocrate massif dans le marbre.


AJOUT (2 nov. 2017)


Fig. 1 (reprise). - Il faudrait retourner sur les lieux pour vérifier, mais y aurait-il dans l'amphibolite une ondulation d'une amplitude de plusieurs mètres ? (Outre, à une échelle plus discrète, celle de la foliation relevée par Bourdeau (2009). La « grande » ondulation ferait apparaître et disparaître l'amphibolite le long d'un plan vertical matérialisé par la tranchée (photo). Les coïncidences à cet endroit sont nombreuses : le tracé E-W de la tranchée, la foliation verticale à ondulation E-W dans l'amphibolite et la faille E-W relevée par Philpotts (1976)...

jeudi 28 janvier 2016

L'Île-de-Hull contaminée


L'Île-de-Hull en 1935. 
Carte topographique (détail), «Original survey 1923. Revised 1935», 1/63 360, courbes de niveau en pieds. (Photo à main levée, distorsions possibles.)


Il y a deux ans, j'avais fait écho à la carte interactive des sites contaminés du Québec mise en ligne par L'actualité. C'était un travail signé Hugo Joncas.

Or, je viens de découvrir une compilation des sites contaminés, ou potentiellement contaminés, du Vieux-Hull par l'historien Raymond Ouimet.

De quoi avoir peur, notamment, de quelques pelouses vertes...


«Des secteurs spécifiques, comme le parc Jacques-Cartier et le parc linéaire, sont davantage contaminés que d’autres. En fait, plus d’une quarantaine de terrains de l’île le sont.» Source : Raymond Ouimet dans : «Les terrains contaminés du Vieux-Hull expliqués par Raymond Ouimet», par Michel Moyneur, Info07, 5 févr. 2014.

jeudi 2 octobre 2014

Eaux, glaces et cavernes


Saisie d'écran, © Éditions MultiMondes
Eaux, glaces et cavernes
Bernard Lauriol* et Pierre Bertrand**
Éditions MultiMondes, Québec, 2014
* Professeur titulaire en géographie physique à l'Université d'Ottawa
** Photographe et graphiste


Eaux, glaces et cavernes ; un livre magnifique de Bernard Lauriol et Pierre Bertrand ; des photos exceptionnelles, un texte texte précis et accessible.

L'eau tantôt fluide, tantôt solide ; la calcite, soluble dans l'eau... Les auteurs se sont employés à étudier et répertorier les milles et une formes plus ou moins stables que prennent l'une et l'autre à l'entrée des cavernes de la vallée de l'Outaouais. Depuis l'écume gelée, les bulles d'air autogène et exogène, les draperies de glaces (éphémères) et les draperies de calcite (durables) en passant par le lait de lune et les pipkrakes, leurs divers avatars cristallins ou amorphes sont admirablement décrits et illustrés.

On se demande si certains scientifiques ne sont pas avant tout de grands poètes...

Pour ceux à qui une vison grosso modo du monde ne suffit pas et que quelques gros plans de merveilles remplissent d'aise.

Ce livre sublime (puisqu'il y est question de l'eau dans tous ses états...) s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la nature, de l'Outaouais en premier lieu, mais aussi d'ailleurs. Ils se précipiteront se le procurer, bien sûr...


Ce qui suit est tiré du site Internet des Éditions MultiMondes (LIEN).


Saisie d'écran, © Éditions MultiMondes

«Ce livre offre une extraordinaire description de l'eau et des glaces rencontrées à l'entrée des cavernes qui s'ouvrent dans les forêts de l'est du Canada. De remarquables photographies et des commentaires écrits dans un style clair et concis transmettent aux lecteurs une compréhension d'un univers qui fascine par sa beauté et sa diversité.»


Données techniques

Catégorie : Environnement
Parution : 2014-09-01
Format : 23 cm x 28 cm
Pages : 144
Reliure : souple
ISBN : 978-2-89544-476-3
Format papier : 34,95$
Format Pdf : 24,99$


Table des matières

Les cavernes de l'Outaouais
L'écoulement concentré
La condensation
La percolation
Remontées capillaires et mouvements pelliculaires
Conclusion

samedi 1 février 2014

Québec toxique


Terrains contaminés : la carte interactive du Québec toxique (saisie d'écran). Pour que le portrait régional soit complet, ne manque plus que la carte des sites contaminés de l'Ontario.


À voir, dans le site (Internet) de L'actualité, la carte interactive des sites (physiques) contaminés du Québec – et tout le dossier qui l'accompagne. C'est un travail signé Hugo Joncas*.

Pour savoir sur quoi vous habitez.

Et si vos terrains de détente et de déambulations régénératrices vous semblent tout à coup moins accueillants, ce n'est pas à moi qu'il faudra vous en prendre. C'est fou le nombre d'espaces verts qui ne sont verts qu'en surface. Sous la pelouse, le plomb, le cuivre et les hydrocarbures...


* Le dossier est en partie réservé aux abonnés – dont je ne fais pas partie.

jeudi 17 octobre 2013

RENCONTRES DU PATRIMOINE OUTAOUAIS


3-4 MAI 2014, à Gatineau


APPEL DE COMMUNICATIONS


La Société Pièce sur pièce, en collaboration avec la Ville de Gatineau, organise au printemps 2014 un événement autour de l’histoire et du patrimoine de l’Outaouais. Les Rencontres du patrimoine rassembleront les amoureux de l’histoire et du patrimoine de tout l’Outaouais, amateurs et professionnels, pour une durée de deux jours, à Gatineau.

SECTEURS D’ACTIVITÉS TOUCHÉS

Histoire locale et régionale ; patrimoine matériel (mobilier et immobilier) et immatériel ; muséologie ; archéologie ; archives ; généalogie ; urbanisme lié au patrimoine.

TYPES DE PRÉSENTATION

Les sujets proposés doivent avoir un lien direct avec l’histoire de l’Outaouais, ou indirect dans le cas d’un thème fort de l’histoire outaouaise (ex. : industrie forestière, commerce des fourrures, etc.).
Communication classique : Une présentation d’une durée de 20 à 30 minutes, suivie d’une période de questions. Il est suggéré, mais non obligatoire, d’avoir un volet visuel (Powerpoint ou autre) à la présentation.
Communication courte : Une présentation plus courte (10-20 minutes) et moins formelle qui vise à faire connaître un projet de recherche, de restauration, de mise en valeur en cours.
Panel : Une formule regroupant plusieurs intervenants autour d’un thème. Chaque intervenant fait une brève communication, après quoi les intervenants discutent sous la direction d’un animateur et répondent à ses questions et à celles du public. Certains panels seront formés par les organisateurs, d’autres peuvent être proposés par les participants.

DIRECTIVES POUR LES PROPOSITIONS

Pour soumettre une proposition de communication, vous devez faire parvenir à la Société Pièce sur pièce un résumé d’une page (250-500 mots) qui fournisse un bon aperçu du contenu et de la forme de votre présentation. La proposition devra nous parvenir par courriel ou par la poste. Les éléments suivants devraient y figurer :

  • Titre (même s’il est temporaire)
  • Plan sommaire
  • Portée géographique (village, MRC, région touchés)
  • Portée temporelle (période couverte)
  • Éléments visuels, le cas échéant
  • Matériel nécessaire (écran pour Powerpoint, projecteur, etc.)
  • Langue de la communication (français ou anglais)
  • Quelques lignes sur le présentateur
  • Coordonnées du présentateur

CRITÈRES D’ÉVALUATION

Les propositions de communications seront évaluées par un comité en janvier 2014. Les critères utilisés seront :
  • Nouveauté
  • Lien fort avec l’Outaouais, son identité, son passé
  • Qualité de la proposition
  • Pertinence du sujet pour un public large

Date limite de remise des propositions : 20 décembre 2013

Envoyer à : info@piecesurpiece.ca
ou
Société Pièce sur pièce
87, rue des Églantiers
Gatineau (Québec) J8Y 6K9

Pour en savoir plus, veuillez communiquer avec Manon Leroux à l’adresse info@piecesurpiece.ca, ou par téléphone au (438) 381-6264.






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Je ne fais que relayer l'information. Je ne fais pas partie des organisateurs de l'événement et je n'en sais pas plus que ce que la lecture de ce communiqué m'a appris. H.L.

mercredi 18 septembre 2013

Séismes et argile en Outaouais


Carte tirée de Ressources naturelles Canada. J'y ai ajouté la position de Quyon.


Un bon article sur un puissant séisme qui aurait causé des glissements de terrain considérables dans l’argile de la mer de Champlain (argile à Leda, argile sensible) il y a 1000 ans est paru aujourd'hui dans l’Ottawa Citizen :

«Ancient landslides offer clues powerful earthquake that rattled Ottawa», par Tom Spears, Ottawa Citizen, 17 sept. 2013, p. C2.

Évidemment, l’article soulève la question de la répétition dans le futur de pareils tremblements de terre :

«New evidence shows that an earthquake 1,000 years ago shook the Ottawa Valley with at least 10 times more strength than the quake we had in 2010*. Very close to 1000 AD, an earthquake estimated at a magnitude of 6.1 – or possibly stronger – shook this region enough to cause 10 major landslides. One of them, at Quyon, covered an area of 31 square kilometres stretching back from the Ottawa River along the Quyon River valley. And scientist Gregory Brooks, who studied the slides, says the same seismic conditions are present today.» (T. Spears)


* Séisme de Val-des-Bois, 23 juin 2010 ; voir ce billet. Voir également ce billet sur le séisme de Shawville, le 17 mai 2013.

Le village de Quyon, au Québec, est situé environ à 40 km à l’ouest de Gatineau, sur l’Outaouais.

D’autres géologues ont déjà établi que des séismes plus anciens avaient causé de volumineux glissements de terrain, toujours dans l’argile à Leda (argile marine sensible), entre Gatineau et Montréal, sur les deux rives de l’Outaouais. L'article de Spears touche un mot à leur sujet. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, un document qui fait le point sur cette question est disponible dans Internet (pdf) :

Earthquake-Induced Landsliding East Of Ottawa; A Contribution To The Ottawa Valley Landslide Project, J.M. Aylsworth and D.E. Lawrence, Geological Survey of Canada (2003).


Carte tirée de Aylswortht et Lawrence (2003). Comme indiqué dans la légende originale, Ottawa (et Gatineau) se trouvent immédiatement à l'ouest de la zone couverte par la carte.



Les cicatrices de ces anciens glissements de terrain sont connues depuis longtemps. On croyait qu’ils s’étaient produits très peu de temps après le départ de la mer de Champlain (il y a 10 000 ans à Gatineau), dans l’argile marine encore fraîche. De nouvelles datations ont montré que cette idée étaient fausse :

«Des résultats obtenus par datation radiométrique et par investigation in situ suggèrent que la région d'Ottawa a subi deux séismes géologiquement destructeurs. L'un, daté de 4550 [années] BP*, a provoqué à l'échelle régionale des glissements de terrain dans les dépôts marins d'argile sensible. L'autre, daté de 7060 [années] BP, a causé un affaissement irrégulier du sol, des étalement latéraux, et la déformation d’épais dépôts d'argiles marines et de sables remplissent une petite cuvette profonde dans la roche en place. La magnitude de ces séismes a probablement dépassé 6,5.» (Résumé tiré de l’article d’Aylsworth et Lawrence, lien plus haut.)

(*BP : Before Present, par convention l’an 1950 de notre ère, voir Wikiki.) Les deux séismes se sont donc produits 2600 et 5110 ans avant J.-C. Celui dont parle l’article du Citizen date de 1000 après J.-C. De pareils événements se produisent donc à de très larges intervalles de temps.

À quand le prochain ?

(Ajout, 19 sept. 2013). – Le prochain billet, lui, est ici.
 

dimanche 23 juin 2013

Hors sujet : message lapidaire


Lieu de la découverte
Piste cyclable à Gatineau (Québec), à l'ouest de la promenade du
lac des Fées, près du viaduc du boulevard des Allumettières (juillet 2009).


La découverte
L'objet photographié in situ, tel qu'il m'est apparu,
dans le gravier près de la piste.


Gros plan (flou et grossier)
L'objet déplacé pour être photographié dans de
meilleures conditions. Longueur approx. : 5 cm.


Message banal quant à son contenu, mais incongru quant à son support et son moyen de diffusion – une pierre anguleuse qui, visiblement, n'a pas beaucoup roulé.

Dans sa simplicité, le message ne laisse pas d'être énigmatique. «MDT» : est-ce le signataire ou le destinataire de cette missive ?

Est-ce que quelqu'un dans la région, Petit Poucet pervers, règle ses comptes en semant de tels messages lapidaires tout le long de son chemin ?

Si ce message est unique, comme je le crois – je n'en ai pas trouvé d'autres dans les environs –, il y avait si peu de chance d'être remarqué que j'ai presque l'impression de trahir un secret en diffusant ces images.

En effet, quelles étaient les probabilités que, passant par là, je m’arrête précisément à cet endroit, que j'examine le crushed stone au sol, que je remarque ce cailloux gris parmi d'autres cailloux gris et que je me donne la peine de me pencher pour le ramasser ?

Tout simplement infinitésimales.

J'ai remis le gravier à sa place en partant. Après tout, il ne m'était pas destiné.



Gros plan raffiné
(Accentuation et contraste retouchés pour meilleure lisibilité.)

samedi 20 avril 2013

Pétrole et forages en Outaouais


Les puits de forage sont représentés par les points de couleur (bleu, vert, jaune). Carte Jean-Hugues Roy.
...


Le Devoir publie aujourd'hui (20 avril 2013) une série d'articles signés Alexandre Shields et Fabien Deglise sur la «quête de l'or noir» au Québec.

«L’histoire de la recherche de pétrole et de gaz au Québec se résume depuis 150 ans à une série de rêves de grandeur portés par des promoteurs qui n’ont pour ainsi dire jamais vu leurs espoirs se réaliser. C’est le cas de l’or noir tant convoité de la Gaspésie. Maintes fois, ses partisans ont annoncé l’arrivée de millions de barils du précieux liquide, mais sans succès. Aux échecs du passé s’ajoutent maintenant les craintes quant aux risques environnementaux d’une éventuelle exploitation. [...] L'ampleur des gisements pétroliers qui se trouveraient en Gaspésie et sur l'île d'Anticosti n'a par ailleurs pas été démontrée. ''Nous n'en sommes pas à notre premier boom pétrolier'', résume l'historien Jean-Marie Fallu. Et cette fois, il ne faudra pas seulement démontrer la valeur commerciale de la ressource. Il faudra aussi tenir compte des impératifs environnementaux et de la contestation populaire (Alexandre Shields).»


Allez voir dans le site du Devoir (lien plus haut), je ne voudrais pas pomper leur lectorat, quand même !...

Les articles sont accompagnés d'une carte interactive, œuvre de Jean-Hugues Roy, qui situe les 960 forages creusés au Québec depuis 1860*. «Chaque puits est identifié par un point de couleur. En cliquant sur un point, on obtient des données sur chacun des puits, si ces données [sont] disponibles au ministère des Ressources naturelles.»

* On croit comprendre qu'il ne s'agit que des puits creusés pour le pétrole et le gaz naturel.

Dans notre outaouaisiano-centrisme esprit de clocher forcené, nous nous sommes tout de suite précipité vérifier la présence de puits en Outaouais.

Il y en a neuf, concentrés dans les anciennes villes de Hull et Aylmer (maintenant parties de Gatineau), plus un dans le parc de la Gatineau. Les recherches se sont confinées très logiquement sur les roches sédimentaires de la plate-forme du Saint-Laurent, même si celui du parc se trouve en plein dans les roches métamorphiques du Bouclier canadien, ce qui revient à chercher un peigne dans les poches d'un chauve...

Les puits ont été creusés entre 1908 et 1959, la date de plusieurs n'est cependant pas donnée. Aucun rapport n'accompagne les relevés très succincts disponibles. La profondeur maximale atteinte est de 930 pieds (283 m, puits Az59, île Philemon, aux Chaudières). La liste des roches traversées (calcaire, grès, dolomie), typique de la plate-forme, n'étonnera personne.

Pour l'Outaouais, les données paraissent donc maigres ou incomplètes. Connaître l'état des choses est quand même un résultat en soi, l’exercice n'aura pas été inutile.

On sait pourtant qu'il se trouve du gaz naturel à Ottawa ainsi qu'au sud de la rivière des Outaouais, en Ontario, plus loin du Bouclier canadien, là où la plate-forme du Saint-Laurent, qui recouvre le Bouclier, est plus épaisse. (Voir cet ancien billet.)

samedi 15 décembre 2012

Chaudières : les chutes et la caverne (ajouts + ajouts)


© Google Earth
Perle de la nature dans son écrin industriel. — Où ça, de l'ironie ?...
Chutes des Chaudières, à Gatineau (Québec). Le niveau de l'eau est très bas et les chutes n'ont rien
de spectaculaire. À droite, le pont des Chaudières, seul endroit d'où les chutes sont visibles, et encore,
du mauvais côté de la chaussée. (Voir billet précédent.)


Où mieux cacher une caverne que sous terre ? Ben, sous terre et sous l'eau, tout simplement.

Parce qu'il existe des cavernes dans l'Outaouais. Pas en Outaouais, mais bien dans l'Outaouais – la rivière, pas la région. (Ou dans ses affluents.)

Histoire d'être clair, je précise que je ne fais pas allusion ici à la bien famée (et en péril) caverne Laflèche, de toute façon loin à l'intérieur des terres, ni aux non moins fameuses cavernes de la rivière Bonnechère, affluent de l'Outaouais (Eganville, Ontario).

Commençons par les cavernes de l'île des Allumettes (lien, et lien), à l'ouest de Fort-Coulonge. [Voir également mon billet du 15 janvier 2013.]

Pensez, un treillis de couloirs creusé dans le lit calcaire de l'Outaouais, de multiples résurgences. Il y a la Three Island Cave (longueur : 6560 m) et la caverne Gervais (3910 m). Tout ça loge incognito, ou presque, sous notre nez. La documentation sur ce réseau souterrain existe, mais elle est difficile d'accès.

Notez que ces cavernes sont extrêmement dangereuses, même les plongeurs expérimentés sont invités à aller agiter leurs palmes ailleurs. Ça explique peut-être, dans ce cas, la discrétion de ceux qui savent. [Voir «Ajout», à la fin du billet.]

Autre exemple, les chutes des Chaudières à Gatineau (Hull), presque en face du Parlement d'Ottawa, dans un environnement urbanisé depuis le XIXe siècle. Plusieurs descriptions témoignent de la présence d'une caverne sous les chutes, qui absorberait une partie des eaux de la catatacte. (Voir mon billet «Pot-de-fleurs aux Chaudières».)

La meilleure description des chutes est celle de Joseph Bouchette (1832), le célèbre arpenteur. Son métier l'inclinait à la précision et à la juste mesure dans le choix des mots et dans l'expression («Ottawa» : rivière des Outaouais) :

«Above the falls the river is about 500 yards [455 m] wide, and its scenery is agreeably embellished by small grove-clad islets, rising here and there amidst the waters as they gently ripple by or rush on with more or less violence, to the vortex of the Great and Little Chaudière. The bed of the river is composed of horizontal strata of limestone, and the chute is produced by its deep and sudden subsidence, forming broken, irregular, and extraordinary chasms, one of which is called the Great, and the other, the Little Kettle or Chaudière. The former derives its name from its semicircular form and the volume of water it involves; but the latter bears no similitude to justify its appellation, the waters being precipitated into a broad, elongated, and straight fissure, extending in an oblique position north-west of the Great Kettle, and being thus strikingly contrasted with it.

The principal falls are 60 feet [18 m] high, and their width is measured by a chord of 212 feet [65 m]. They are situated near the centre of the river, and attract by their forcible indraught a considerable proportion of the waters, which, strongly compressed by the circular shape of the rock that forms the boiling recipient, descend in heavy torrents, struggling violently to escape, and rising in spay-clouds which constantly conceal the lower half of the falls, and ascend at irregular intervals in revolving columns much above the summit of the cataract.

The Little Chaudière may without much difficulty be approached from the Lower Canada shore, and the spectator, standing on a level with the top of the fall and on the brink of the yawning gap into which the floods are headlong plunged, surveys the whole length of chute and the depths of a cavern. A considerable portion of the waters of the falls necessarily escapes subterraneously after their precipitation, as much greater volume is impelled over the rock than finds a visible issue. Indeed this fact is not peculiar to the Little Chaudière, but is one of those curious characters of this part of the Ottawa of which other singular instances are observed; the waters in various places being swallowed by deep but narrow rents and fissures, leaving their natural bed almost dry, to dash on through some subterranean passage that defies the search of the explorer.» (Cité dans : Francine Brousseau, Historique du nouvel emplacement du Musée national de l'Homme à Hull*, Musée nationaux du  Canada, coll. Mercure, Histoire no 38, Ottawa, 1984, p. 11 et 15 ; c'est moi qui ai engraissé des passages.) [17 févr. 2013 : j'ai rétabli quelques coquilles d'après un pdf du texte original : J. Bouchette, The British Dominions in North America [...], p. 191-192.]
* Nom, à l'époque, du Musée canadien des civilisations (Musée canadien de l’histoire) ; Hull fait partie à présent de Gatineau.

Déjà que les chutes des Chaudières, qu'on a trouvé le moyen de rendre pratiquement invisibles depuis toutes les rives de l'Outaouais, sont des chutes occultées, sinon occultes (voir mon précédent billet), voici qu'on apprend qu'il y a un second secret, sous les eaux...

Bouchette affirme que l'eau, à plusieurs endroits de la rivière, disparaît, engloutie par des failles (ou diaclases), laissant le lit presque à sec. Est-ce que quelqu'un pourrait avoir l'amabilité de m'en apprendre sur ce phénomène, sans équivalent (?) aujourd'hui ? La construction de barrages a-t-elle modifié à ce point le caractère de l'Outaouais ?

Voir mon billet du 13 mars 2013 pour découvrir le témoignage de Hunter (1855) qui corrobore celui de Bouchette.


Oui, n'empêche qu'aujourd'hui, il ne reste plus rien à découvrir le long de l'Outaouais, me direz-vous.

Que penser alors du karst* du ruisseau Cardinal, à Orléans, quartier est d'Ottawa. On l'a découverte seulement en 1991.

* Karst, n.m. – «Région de formation calcaire caractérisée par la prépondérance du drainage souterrain et par le développement d'une topographie originale due à la corrosion de la roche (grottes, gouffres, résurgences, etc.).»

Toutes ces cavernes sont situées dans un calcaire datant du Paléozoïque (Ordovicien, 488-444 Ma) – ce doit être le cas aussi des «failles» de Bouchette, mais en l'absence de plus amples précisions, je ne peux rien affirmer – roche sujette aux phénomènes karstiques. (La caverne Laflèche est dans un marbre grenvillien ; un marbre étant un calcaire recristallisé, il est, comme cette roche, sujet à karstification.)

La naissance de la caverne Laflèche remonte à l'époque où les glaces occupaient encore le territoire et son développement se serait poursuivit après leur départ. Les cavernes de l'île aux Allumettes ont été creusées par les eaux sous glaciaires (Schroeder, 2004) tandis que celles de la rivière Bonnechère se seraient formées après les glaciations (Ford, 1961)


Les chutes des Chaudières à sec, ou presque (ca 1867*).
À l'arrière-plan, au nord, Hull (Gatineau).
William James Topley / Bibliothèque et Archives Canada, PA-027949.
* 1870, plutôt ? Voir la section «Les chutes à sec», plus bas.


AJOUT (16 décembre 2012). —  Il suffit de mettre en ligne un bilet à moitié cuit comme celui-ci pour se rendre compte le lendemain que la documentation ne manquait pas, qu'on l'avait sous la main, mais qu'on ne l'avait tout simplement pas lue.

Gordon (2005, p. 23-29) parle (brièvement) des cavernes de l'île des Allumettes, mais sans les situer ni les nommer. Leur découverte remonterait aux années 1970.

Je résume ici son déjà court texte :

Le réseau des couloirs s'étend sur plus de 11 km et certains passages atteignent 30 m de large. La boue obstrue peu ou prou beaucoup d'entre eux et il n'est jamais assuré que le passage que l'on se dégage en progressant ne se refermera pas derrière soi. Le courant, très fort par endroit, oblige les plongeurs, comme les alpinistes, à se lier en cordée. Les conséquence d'une rupture de câble sont fâcheuses. «To break free of this tether would have meant a cold and terrifying death in the inky blackness beneath the riverbed (p. 25).»

Tout pour rassurer les plongeurs timorés...

Cinquante tonnes de billes de bois qui bloquaient un accès furent retirées durant une fin de semaine.

En fait, plusieurs cavernes auraient déjà été repérées le long de l'Outaouais ; à Buckham's Bay (Ottawa), près d'Orléans (notre karst du ruisseau Cardinal ?), de Rockland et du canton de Plantagenet. Et le gros des découvertes serait à venir !

Les pages que consacre Gordon à ces cavernes ne sont signalée ni dans la table des matières ni dans l'index de son livre. Ce qui explique en partie qu'elles sont passées inaperçues, tout comme les cavernes qu'elles évoquent plus qu'elles ne les décrivent, d'ailleurs.

Un ami se demande s'il n'existe pas une «omerta de la spéléo». Je commence à le croire. Si c'est pas volonté de tenir les curieux loin de sites dangereux et/ou fragiles, on comprend.


AJOUTS (20-21 et 23 décembre 2012). — Je sens que la crédibilité de mon blogue va en prendre un coup. J'en suis à piocher dans les histoires de pêche :

«A few hundred feet east of the Great Chaudière, a portion of the waters of the Ottawa falls into a weird and mysterious chasm in the rock, known as the ''Devil's Hole.'' One marvel connected with the place is the popular belief that it is a bottomless pit, and another is the fact that anything thrown into the hole disappears, or only appears again two miles [3,2 km] down the river, where there is an intermittent upheaval of the waters near the mouth of the Gatineau. An old resident has told the writer that he remembers boys fishing in the hole with 180 feet [55 m] of line and sinkers two pounds [4,4 kg] in weight, and catching huge channel catfish. He also stated that when the mills were being built at this point, a horse and cart fell into the hole and disappeared. The cart was thrown up at the usual outlet down the river, but the poor horse was never seen again - the theory being that the catfish were too many for him. The mills have profanely crowded over the edge of the Devil's Hole, and the subterranean outlet has probably been almost closed by the broken fragments of rock and debris thrown in from the blasting out of artificial channels. Yet any passer-by can still look down from the roadway on the Hull side of the bridge [pont des Chaudières], and see the waters foaming far below in the mysterious depths where the Indians believed an evil spirit dwelt (J.D. Edgar, 1898, p. 6-8).»


Pour le «Devil's Hole», ou trou du Diable, voir plus bas, ainsi que mon billet du 27 décembre 2012 (dernière image).

Les chutes à sec
Selon Boutet (1971), il est arrivée plusieurs fois que le niveau de la rivière soit assez bas pour que les chutes se rerouvent à sec, ou presque (photo ci-haut). Le fait se serait produit en 1870 (voir photos de W.J. Topley) et 1882.

«Depuis le début du siècle [le XXe s.], on a pu traverser à pied sec sur la crête de la chute en quatre circonstances au moins, en 1900 [sic], en 1906, en 1908 et en 1909 (Boutet, p. 51).»

L'historien Pierre-Louis Lapointe a, en quelques lignes, très bien résumé les diverses descriptions qu'on nous a laissées des chutes des Chaudières. Il parle du «passage souterrain» comme d'une évidence avérée :

«Car il s'agit bien de trois chutes d'eau; la Grande Chaudière, la Petite Chaudière et le trou du Diable, surtout, dont les eaux, emprisonnées dans un repli escarpé de la rivière, tournent sans fin, tourbillonnant et entraînant comme dans un entonnoir tout ce qui a le malheur d'être aspiré par son siphon. Un passage souterrain évacue ces eaux, qui surgissent plus loin, en aval, au fond de la rivière (Lapointe, p. 38).»

Ce court texte m'a réconforté, moi qui avait l'impression de m'être lancé dans une version inédite de la chasse au monstre du Loch Ness. Lapointe et Bouchette n'étant pas des gens à prendre des Nessies pour des lanternes, je vais persévérer avec un peu plus d'espoir dans mes recherches.

À défaut d'une longue description, un simple plan avec, si c'est pas trop exiger, des vues en coupe et en plan, suffirait à mon bonheur. Il existe bien des cartes et des reproductions (aquarelles, gravures, etc.) des chutes datant du XIXe s., mais elles ne décrivent rien ; les descriptions de l'époque, quant à elles, ne sont jamais accompagnées d'illustrations, du moins bien légendées, de sorte qu'il subsiste toujours un soupçon de flou dans ces témoignages écrits et visuels. 

À suivre, donc.

(Tous ces ajouts, en plus de donner un aspect disparate à ce billet, l'ont étiré au delà du raisonnable. C'est l'inconvénient d'un blogue : multiplier les billets sur un sujet disperse les renseignements, gaver un billet déjà rédiger d'ajouts successifs oblige le lecteur à dérouler un papyrus virtuel de plusieurs mètres de long pour arriver au fin mot de l'histoire...)


Les chutes des Chaudières, par saison sèche (années 1870*). Les personnages sont 
sur l'une des îles qui forment une sorte de muraille au pied des chutes : voir ces îles 
à sec tandis que les chutes bouillonnent à gros bouillons n'a rien d'extraordinaire.
William James Topley / Bibliothèque et Archives Canada, PA-012523. 
* Ou plutôt 1870 exactement ? Voir texte plus haut.


RÉFÉRENCES
  • Edgar Boutet, Le bon vieux temps à Hull : Tome I. Éditions Gauvin (édité par la Société historique de l'Ouest du Québec), Hull, 1971, 170 p.
  • J.D. Edgar, The Story of... Canada & its Capital. Morang & Co. Limited, Toronto, 1898, 217 p.
  • Michael Gordon, Rock watching: Adventures above & below Ontario. The Boston Mills Press, 2005, 192 pages, ISBN 9781550464498
  • Derek C. Ford, «The Bonnechere Caves, Renfrew County, Ontario: A Note». Canadian Geographer, vol. 3, 1961, p. 22-25.
  • Pierre-Louis Lapointe, L'île de Hull : une promenade dans le temps. Coll. «100 ans noir sur blanc», Les Éditions GID, 2004, 206 p.
  • Jacques Schroeder, «Les cavernes : un patrimoine gravé par le temps», in : G. Prichonnet et M.A. Bouchard, Actes du premier colloque du Patrimoine géologique du Québec, Montréal, 8-9 septembre 2000, 2004, MB 2004-05, MRNFQ.
  • Schroeder Jacques et Desmarais Luc, «Morphologie et sédiments de la plus grande grotte du Bouclier canadien : la Caverne Laflèche, Québec», Ann. Soc. Geol. Belg., vol. 111 (1988), fascicule 1 (Sédimentologie karstique) : 173-182.

samedi 8 décembre 2012

L'AUTRE OUTAOUAIS - Lancement réussi


C'était le lancement jeudi dernier de L'Autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, de Manon Leroux.

J'en suis ressorti avec une brique de 608 pages entre les mains. Quand on parle de patrimoine, une brique n'est jamais de trop !


(Le site web de la Société Pièce sur pièce donne la liste des librairies où le livre est disponible.)


Couverture : La famille de Philemon Wright, guide amérindien en tête, 
en route vers Hull sur la rivière des Outaouais, hiver 1800, par Jacquie Jeanes.


On demeure ébahi quand on pense à la masse de documents et d'informations qu'il a fallu recueillir, assimiler et synthétiser pour rédiger cet ouvrage. C'est littéralement, l'Outaouais en détail et dans sa totalité.

«L'auteure Manon Leroux a parcouru l'Outaouais et rencontré de nombreux spécialistes de l'histoire locale, dont les témoignages sont venus s'ajouter aux sources existantes. Prenant la forme d'un guide touristique bien structuré, le livre est aussi une histoire de la région ancrée dans le territoire.» (Site web de la Société Pièce sur pièce.)

Un tel guide est réussi quand il ravi le grand public et réussit à surprendre le spécialiste. De ce point de vue, c'est réussi. Je me fonde sur les dires d'un spécialiste pour cette information. Déduisez-en que je fais partie de la cohorte des lecteurs ravis – ce qui ne m'a pas empêché d'être surpris à plusieurs reprises par ce que je découvrais !

Je n'en suis pas très loin dans ma lecture (je vais d'un chapitre à l'autre) et je viens tout juste de (re)découvrir le quartier où j'ai grandi (Val-Tétreau). Un bon livre est comme une bonne soupe ; une cuillerée suffit pour savoir que tout le chaudron est savoureux !

Bref, c'est un guide touristique avec de la profondeur : le territoire, le patrimoine bâti, l'histoire, les personnages... Des encadrés s'attardent sur des personnages, des événements, des faits de société.

On a pensé au bien-être et au confort du lecteur : un très pratique système d'annotations dans les marges facilite les sauts d'une section à l'autre pour suivre un thème et la description de chaque ville et village est précédée d'un «Qui ? Quand ? Pourquoi ?» qui cadre tout de suite l'information qui suivra.

«Aspiré par la capitale fédérale, l'Outaouais, au nord de la Grande Rivière, voit son passé s'estomper. Des traces en subsistent toutefois, plus nombreuses qu'on ne le croit, dans une contrée diverse et magnifique. L'autre Outaouais se veut une invitation à tourner le regard vers elles, à les débusquer, et à retisser le lien entre ville et campagne. Guide de voyage pratique mais aussi référence historique, il est un outil essentiel pour qui s'intéresse à l'histoire et à l'identité de la région, et offre des clés utiles pour la comprendre, la protéger et l'aimer.» (Site web de la Société Pièce sur pièce, lien plus bas.)

«Comprendre, protéger et aimer» : qui dit mieux ?


Le livre
Manon Leroux, L'autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, Société Pièce sur pièce et Société d'histoire de l'Outaouais, ISBN 978-2-9813528-0-4, 608 pages, 30 $

Le site web de la Société Pièce sur pièce donne la liste des librairies où le livre est disponible.

Voir cette entrevue avec Patrick Voyer dans La Revue (Info07) : «(Re)découvrir l'Outaouais de fond en clocher!».


samedi 1 décembre 2012

Le radon à Gatineau


Ça m'avait échappé, et j'ai d'autant moins d'excuse que c'est quelque chose de très intéressant, du moins important par ses implications.

En novembre 2011, la Gatineau Valley Historical Society (GVHS) présentait une conférence de Donald D. Hogarth sur le radon et la radioactivité (uranium et thorium) dans la vallée de la Gatineau :

Radon in the Gatineau (November 2011 GVHS Event) - pdf 1.9 MB
Handout from Dr. Don Hogarth, geology professor and author, who spoke to GVHS members and friends about radon and radioactivity in the Gatineau Valley. Includes detailed maps.


Donald D. Hogarth, professeur de géologie de l'Université d'Ottawa à la retraite, est l'auteur de nombreux travaux sur la région qui sont d'ailleurs souvent cités dans ce blogue.

Il est trop tard pour la assister à l'événement, mais il nous reste la possibilité de consulter le pdf de la conférence (lien plus haut). Il contient une carte de la région Gatineau - Wakefield où les terrains sont répartis en 4 catégories selon leur degré de radioactivité :

En gros, si je résume, les roches du Paléozoïque (calcaires, grès) le long de l'Outaouais sont «non radioactives» ; le Bouclier canadien (Protérozoïque) est partout «faiblement» à «modérément radioactif», ce qui ne surprendra personne. Les zones «très radioactives» sont éparses à travers le territoire.

Remarquez qu'il est au-delà de mes capacités d'appréhender avec exactitude ce que signifie exactement ici les adverbes«faiblement», «modérément» et «très»...

Les roches qui présentent les taux de radioactivité les plus élevés sont une trachyte, des lamprophyres, des fénites/carbonatites et certaines intrusions granitiques. Les gneiss, marbres et quartzites (la matière même du Bouclier canadien) appartiennent surtout aux roches faiblement radioactives.


À propos du radon

«Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. Il est sans couleur et sans odeur. Il provient de la désintégration de l’uranium, un élément chimique présent dans la croûte terrestre. Les concentrations de radon varient d’une région et d’une localité à l’autre.
Le radon se retrouve dans l’air tant à l’extérieur de bâtiments, qu’à l’intérieur. À l’extérieur, les concentrations de radon sont très faibles. Cependant, à l’intérieur, le radon peut s’accumuler et atteindre des concentrations pouvant, à long terme, être néfastes pour la santé.
Le radon peut s’infiltrer dans les bâtiments par les fissures dans la fondation, les vides sanitaires et les entrées de canalisations. Comme il est plus dense que l’air, ce gaz peut s’accumuler dans les parties les plus basses ou mal ventilées d’un bâtiment.»
(Santé Outaouais.)

«Un nouveau problème de radon dans les maisons fait surface à Chelsea, en Outaouais, où la présence de ce gaz dans l'eau inquiète les citoyens.» (Radio-Canada)