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lundi 10 octobre 2016

Cantley sous la glace


 
La suite (deux vidéos) à la fin du billet.


Geodoxa est un excellent site consacré à la géologie glaciaire. Si vous désirez tout savoir sur les processus d'érosion glaciaire et les formes qui résultent du passage des glaces ou du travail par des torrents sous-glaciaires, je vous conseille les vidéos créés et mis en ligne par Guy Leduc, ingénieur-géologue.

Raison supplémentaire de visionner ces vidéos. Le site des marbres sculptés de Cantley (voir mon billet du 11 nov. 2009) est décrit en détail. Ces marbres rassemblent en un seul endroit une variété de S forms (formes sculptées) spectaculaires. Selon M. Leduc, le site de Cantley est de calibre mondial.

Voyez en particulier les vidéos de la série «Les débâcles de l'ère glaciaire» (ces vidéos ont été intégrées au billet le 20 nov. 2016) :


«Vers la fin de l'époque glacière l'eau de fonte des glaciers a joué un rôle plus important que l'on ne croyait. Ces eaux auraient été la cause de plusieurs catastrophes à l'échelle régionale sur plusieurs continents. Depuis ces dernières décennies, les glaciologues reconnaissent l'existence de ces catastrophes. Dans les années 80, des géologues canadiens lancent une controverse qui persiste encore aujourd'hui, à savoir que les immenses champs de drumlins se sont formés par des débâcles des eaux sous glacières. Ces catastrophes seraient d'envergure presque continentales. Le seul obstacle d'une telle théorie est de démontrer comment de telles quantités d'eau auraient pu émerger de la base du glacier Laurentien.»


Marbre sculpté de Cantley, QC, au nord de Gatineau. Vidéo Geodoxa (saisie d'écran).



Marbre sculpté de Cantley, photo © Lise Massicotte, 1999. Voir mon billet du 11 nov. 2009.





dimanche 8 novembre 2015

Ponts de pierre dans la vallée de la Gatineau


1.  Perte de la Kazabazua, route 105, au nord de Gatineau (Québec) ; la rivière s'engouffre dans un pont naturel sculpté dans le marbre. Photo 7 nov. 2015.
.


Résumé

Phénomène karstique : ponts de pierre dans le marbre de la vallée de la Gatineau.
Localisation
  • Kazabazua, route 105, env. 1,5 km au sud de la jonction avec la route 301 (Québec). 31F/16 ; 45.942499, -76.006031
  • Lac du Pont-de-Pierre et la Baie Noire du Lac-des-Trente-et-Un-Milles, Déléage (Québec). 31J/ 5 ; 46.317514, -75.787520


Tournée des ponts de pierre dans la vallée de la Gatineau en Outaouais, résultat de l'érosion du marbre par l'eau courante.

Le marbre, âgé d'un milliard d'années et plus, appartient à la province de Grenville (voir le billet du 20 nov. 2009 sur l'histoire géologique de l'Outaouais). L'eau courante dissout peu à peu la roche, y sculpte des cannelures et creuse des conduits sous la surface en exploitant les joints et les failles.

Voir le billet du 2 juillet 2014, «Kazabazua sous le marbre» pour plus de détail. Voir également le complément daté du 4 juillet 2014.

Photos : 7 novembre 2015.


2. L'un des ponts de pierre du Lac-des-Trente-et-un-Milles. Au loin, le lac du Pont-de-Pierre où le ruisseau prend sa source. Les ponts constitueraient les restes de la toiture effondrée d'une caverne.



3. L'eau passe vraiment sous la roche.



4. Autre pont, en descendant le courant.


5. Voyez les cannelure creusées dans le marbre par la cascade, en aval des ponts de pierre.


6. Un chaos de blocs obstrue presque la cascade.


7. Autres cannelures dans le marbre.


8. Ça bouillonne.


9. La cascade tombe dans le «bain tourbillon», selon l’appellation locale. Il s'agit d'une marmite dont la profondeur dépasse les 3 m. À l'avant-plan, inclusions sombres dans le marbre surgissant par dissolution de la roche.
(Ajout, 8 nov. 2015). Sur des photos prises alors que l'eau est plus basse, on se rend mieux compte que la cascade se déverse dans le bain par deux gouttières séparées par une paroi de pierre. L'histoire ne dit pas si c'est pour permettre de doser l'eau froide et l'eau chaude dans la baignoire. Voir les photos dans le site de la Municipalité de Déléage et de la Municipalité régionale de comté (MRC) de La Vallée-de-la-Gatineau.

mardi 16 septembre 2014

Hors sujet, mais pas tout à fait



Utiliser une petite marmite naturelle comme cendrier...

Minables !


Marmites dans un marbre rubané, rive de l'Outaouais, parc Bell, Arnprior (Ontario) ; photos 14 sept. 2014.

vendredi 4 juillet 2014

Kazabazua revue et corrigée


Photoshoper n'est pas «maquiller*». La photo qui ouvrait mon dernier billet, celui du 2 juillet, gagnait vraiment à être retouchée :



Perte de la rivière Kazabazua dans le marbre. Photo 29 juin 2014, photoshopée le 4 juillet 2014. Voir billet précédent (lien plus haut).


Ajout

Idem pour la seconde, tirée elle aussi de mon billet du 2 juillet, qui gagne tout à coup un brin de lisibilité : restes d'une marmite (?) dans la falaise de marbre, après la résurgence de la rivière.





* Maquiller. «Modifier (quelque chose) de façon à tromper, falsifier. Maquiller un testament. Maquiller un scandale politique.» (Antidote Ardoise 2)

mercredi 2 juillet 2014

Kazabazua sous le marbre


Perte de la Kazabazua, route 105, au nord de Gatineau (Québec) ; la rivière s'engouffre dans une galerie naturelle creusée dans le marbre. Photo : visée vers l'est, 29 juin 2014.
«Kazabazua provient du mot algonquin kachibadjiwan de kach, caché et djiwan, courant, d'où la signification cours d'eau souterrain ou rivière qui coule par en dessous. Le toponyme est à l'image de la topographie locale car sur le pont qui enjambe la rivière, il est possible à l'observateur averti de voir le cours d'eau disparaître sous terre.» (Commission de toponymie du Québec.)


Résumé

Phénomène karstique : perte et résurgence de la rivière Kazabazua dans un marbre («pont de pierre»). La Kazabazua est un affluent de la Gatineau.
Localisation et description du site
Village de Kazabazua, route 105, env. 1,5 km au sud de la jonction avec la route 301. Kazabazua est situé à 60 km au nord de Gatineau.
31F/16 ; 45.942499, -76.006031


Pour une fois, je me contente de contribuer à mon blogue par mes seules photos. Le texte qui suit est extrait du CIGG (2003).

«La rivière Kazabazua, qui disparaît sous une couche de marbre, a subjugué l’imaginaire des Amérindiens et continue de nous fasciner. Voir cette eau surgir en torrent continu de l’intérieur de la terre donne une impression de magie. Ce phénomène doit être mis en valeur car il est le cœur et les racines patrimoniales de la municipalité*. [...]

Le socle rocheux de la région de Kazabazua est composé majoritairement de marbre du Supergroupe de Grenville. Ces roches datent du Précambrien et représentent des roches sédimentaires métamorphisées lors de la formation de l’orogène grenvillienne, il y a un milliard d’années.

Au site de la rivière Kazabazua, le marbre est calcitique et contient des cristaux de graphite et de grossulaire. Le marbre a été érodé chimiquement et mécaniquement par l’eau de la rivière pour former le phénomène karstique du pont de pierre. Des inclusions de gneiss dans le marbre illustrent bien les phénomènes d’érosion différentielle**.»

* On attend toujours la mise en valeur.
* Érosion différentielle : voir, par exemple, mes billets sur le marbre de l'île Marguerite, à Gatineau :
12 octobre 2010, «Dissolution à Gatineau»
20 juin 2010, «Rideau pétrifié»
12 juillet 2012, «Déchaussement et herbe à la puce»


Référence

CIGG, Centre d'Interprétation de la géologie du Grenville, Plan de développement intégré : sites et circuits du patrimoine naturel de la région de l'Outaouais, 2003.


Toutes les photos : 29 juin 2014.


La Kazabazua disparait («perte», en langage spéléologique) dans un marbre rubané.

Sortie ou résurgence de la rivière sous un toit de marbre gris, env. 30 m en aval de la perte.


Marbre rubané, toit de la rivière souterraine.


Une ancienne marmite (?) dans la tranchée de marbre qui encaisse la Kazabazua, quelques m en aval de la résurgence.


Boudins de quartzite ou de granite gris dans un marbre rose, en aval de la résurgence.


Cannelures creusées par l'eau sur le toit de marbre au dessus de la rivière souterraine. Visée vers l'amont.


Étalement de la Kazabazua en aval de la résurgence.


Sur le bord de la route 105 : marbre (blanc) à graphite (noir).

mardi 9 juillet 2013

Marmites on the rocks


Fig. 1. Hunter (1855). Légende originale :
Natural curiosity, Ottawa River, Canada. Two miles above Chaudière Falls, on the Hull side.
Trois marmites côte à côte dans des strates horizontales de calcaire ordovicien, à Hull (Québec)
(Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books.)
...


Le 10 mars dernier, je publiais ici une gravure de Hunter (fig. 1) datant de 1855 montrant un groupe de marmites dans le calcaire quelque part à Hull (Gatineau). Hunter, avare en précisions, s'était contenté d'indiquer qu'elles se trouvaient two miles (3,2 km) en amont des chutes des Chaudières, sur la rive hulloise de l'Ottawa (de l'Outaouais).


Fig. 2. Ottawa Citizen (Google).
...



J'avoue avoir entretenu de sérieux doutes sur l'existence de ces marmites. Or, voici que, cherchant tout à fait autre chose, je tombe sur un article daté de 1925 qui semble décrire un phénomène semblable, sinon la même chose (fig. 2). À un endroit nommé Pot Hole Point, sur la rive de l'Outaouais, à l'est de Tétreauville (Val-Tétreau), on trouvait, selon W.M.J., des marmites larges de cinq pieds (1,5 m) ou moins, profondes de 16 (5 m). Non loin de là, un anticlinal (pli en avec charnière vers le haut, comme un V tourné à 180 degrés) soulève les strates du calcaire.

Avec les indications de W.M.J. et de Hunter réunies, devient-il possible de circonscrire la zone où les marmites pourraient se trouver ? Hunter les situe en amont des Chaudières, W.M.J. en aval de Val-Tétreau, sur la rive de l'Outaouais, près d'un synclinal.

Or, les roches de la rive, ainsi que celles d'îles environnantes, partout horizontales, ne sont plissées dans le secteur de la baie Squaw, à la limite est de Val-Tétreau (fig. 3 et 4). Les marmites doivent donc se trouver entre la baie et les chutes des Chaudières. Tout est simple !

Sauf que W.M.J. et Hunter se contredisent : two miles ou 3,2 km en amont des Chaudières (Hunter) nous conduisent à l'ouest de Val-Tétreau, en amont de ce quartier. Parlent-ils des mêmes marmites ou l'un d'entre eux a-t-il confondu les points cardinaux ou mal estimé les distances ? (fig. 3). Reste que les seules roches visiblement – je dirais ostensiblement – plissées se trouvent près de la baie Squaw, se qui accrédite le témoignage de W.M.J.

Notons que la gravure de Hunter, autre indice, montre les marmites creusées dans des strates horizontales de calcaire : indication qui pourra être utile sur le terrain.


Fig. 3. L'Outaouais, entre Ottawa, au sud, et Hull (Gatineau), au nord. La baie Squaw est à gauche, à l'extrémité de la flèche rouge qui délimite le secteur où pourrait se trouver les marmites ; les chutes des Chaudières sont à l'autre extrémité. Cette carte ne parlera qu'aux gens du cru, mais c'est à eux que je m'adresse. Quadrillage bleu : 1 km de côté ; la ligne rouge mesure donc moins de 1,5 km, ce qui va à l'encontre des 3,2 km de Hunter (voir texte)...
Ottawa, Ontario - Quebec / Ottawa, Ontario - Québec. Centre for Topographic Information / Centre d'information topographique; Cartes topographiques de Ressources naturelles Canada 31G/5, (éd. 11) 1998; 1 feuille.
...


Avant de se lancer à la recherche des marmites, faudrait peut-être se demander à quelle distance du rivage on est toujours on the shore, envisager la possibilité que la végétation ait recouvert les marmites ou, pire, que le niveau de la rivière ait été modifié au point qu'elles soient toujours submergées.

Parce que quelque chose me dit que si elles étaient encore visibles, ça se saurait...

À suivre ?


Fig. 4. Pointe rocheuse, rive est de la baie Squaw. Les couches de calcaire, horizontales ailleurs, sont plissées et retroussées : l'anticlinal de W.M.J. ? Les marmites devraient se trouver à l'est de cet endroit, sur la rive. Arrière-plan : l'UQO. (Photo déc. 2012.)
...

dimanche 10 mars 2013

Hunter et la chasse aux marmites à Hull (Ajouts)


Voir la suite, publiée le 9 juillet 2013.


Hunter (1855). Légende originale :
Natural curiosity, Ottawa River, Canada.
Two miles above Chaudière Falls, on the Hull side.
Trois marmites côte à côte dans des strates de calcaire ordovicien, à Hull (Québec)

Si ce n'était de la légende sous la gravure («Natural curiosity, Ottawa river, Canada. Two miles 
above Chaudière Falls, on the Hull side»), on croirait qu'il s'agit des «three of these extraordinary 
wells close to one another» du Témiscamingue décrit par Hunter (cité plus bas).
(Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books.)


Hunter (1855) décrit des marmites creusées dans la roche près du bord de la rivière des Outaouais, à Hull, deux milles (3,2 km) en amont des chutes des Chaudières. Il ne précise pas d'avantage leur emplacement, mais indique bien qu'il s'agit d'un phénomène commun. On aurait aimé en savoir plus !...

Il attribue la formation de ces marmites à l'usure répétée de la roche en place (calcaire) par des blocs erratiques («boulders of a far harder rock»). Chaque années, les eaux des crues printanières auraient «animé» ces pierres, prises dans des dépressions naturelles. Ainsi se seraient creusés peu à peu ces puits cylindriques. Le plus large, à droite de la lithographie, doit bien atteindre les 4 m de diamètre (version «texte» ajoutée à la fin du billet) :


Hunter (1855), p. 19. 
Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books (lien plus haut).


«The geological formation in the neighborhood of Ottawa is the tertiary, and the rock known as ''Trenton limestone''.» Aujourd'hui, on dirait plutôt que ces roches datent du Paléozoïque (et non du Tertiaire !). Le Trenton, lui, peut encore tenir. Notez que l'on trouve aussi dans les mêmes parages des shales et du grès.

Si j'interprète bien le texte de Hunter, les blocs erratiques étaient toujours au fond des puits qu'ils ont eux-mêmes creusés. 

Pour autant que je sache, c'est la seule mention de la présence de cette batterie de trois marmites à Hull (aujourd'hui Gatineau). Que leur est-il arrivé après le passage de Hunter ?  

Trois virgule deux km en amont des chutes des Chaudières, ça nous amène tout près sinon exactement à l'endroit des stromatolites du pont Champlain dont j'ai déjà parlés. La zone est moité sauvage, moitié urbanisée, ces trois marmites peuvent très bien se retrouver sous l'asphalte du boulevard Lucerne ou avoir servi de pots de fleurs à des arbres qui les auraient démantelées en étendant leurs racines. Voyez sur la lithographie le bouleau qui poussait déjà dans celle de gauche. La biosphère prend vraiment ses aises au dépend de la lithosphère. Quel sans-gêne ! 

Avis aux amateurs, avec le départ de la neige, la chasse aux marmites va bientôt s'ouvrir...

Ces marmites «riveraines» ont probablement une origine glaciaire (billet sur la Marmite des Allumettières, à Gatineau, plus à l'intérieur des terres) ou même pré-glaciaire (voir ce billet sur les marmites de Guelph – lesquelles semblent d'ailleurs ressembler davantage à celle de Hunter), contrairement à ce que supposait Hunter qui mentionne encore les marmites bien connues du Témiscamingue.  


Ajout (1)

11 mars 2013. – Les marmites du Témiscamingue ont «été créées par le passage torrentiel de cours d'eau sous-glaciaires chargés de sédiments fins et de particules grossières.» (Source : Sites géologiques exceptionnels du Québec ; lien et lien.) Ceci met à mal l'hypothèse de l'origine post-glaciaire des marmites hulloises.

Ajout (2)

13 mars 2013. – Version texte du passage cité de Hunter :

«As a curiosity, and particularly so to a geologist, we have given a plate representing a curious natural phenomenon, which is not uncommon on the Ottawa. The geological formation in the neighborhood of Ottawa is the tertiary, and the rock known as "Trenton limestone." But the river brings down, or at least in years gone by, has brought down, most probably imbedded in ice, huge boulders of a far harder rock; the current has carried these boulders towards the shore, and the waters receding have left them deposited on the softer rocks of the river side; it would appear that wherever these hard boulders have rested in a slight natural hollow, the high waters of succeeding spring, throughout a long period of years, have converted them into gigantic borers, grinding and grinding, until they have buried themselves fathoms deep in the solid rock. On the Upper Ottawa, near Lake Temiscaming, the writer of these pages found three of these extraordinary wells close to one another, at a considerable distance from the highest level to which the Ottawa now rises, the deepest of which was at least sixty feet, and about five feet in diameter, the "borer" or boulder still lying in the bottom. There were no means of descending the "well" to ascertain the character of the intrusive boulder (Hunter, 1855, p. 19).» 



Référence

  • William S. Hunter (Jr.), Hunter's Ottawa scenery, in the Vicinity of Ottawa City, Canada. Ottawa, Wm. S. Hunter Jr., 1855. (Lithographies J.H. Bufford, Boston.)

dimanche 26 juin 2011

Marmite : mise à jour

La marmite des Allumettières, négligée, ignorée, qui a adopté la couleur même de son environnement pour mieux se fondre dans le décor, se porte toujours bien.

Marmite des Allumettières, Gatineau, QC (26 juin 2011).

La croissance d'herbes folles lui confère même un cachet négligé et sauvage tout à fait seyant.

Marmite des Allumettières, Gatineau, QC (26 juin 2011).

Ces quelques lignes et ces photos n'étaient destinées qu'à vous rassurer après un silence de plusieurs mois à au sujet de la marmite.

Voir ces liens (dans ce blogue) :
Billet principal
Tous les billets

Marmite des Allumettières, Gatineau, QC (26 juin 2011).

Gatineau, QC (2 mai 2011).

D'autre part, la photo, déjà un peu datée, de cet escargot semble avoir été prise par exprès pour symboliser le nouveau rythme qu'a adopté ce blogue.

mercredi 5 janvier 2011

Dissolution à Gatineau : fin

Photo 1135. «Marmite abritée» ou caverne dans un marbre chargé d'enclaves. 
Je sais, j'ai déjà affiché cette photo, mais elle est mieux mise en valeur ici. (Gatineau, juin 2010)


LOCALISATION ET CONTEXTE
Histoire de clore ce feuilleton consacré au secteur de l'île Marguerite, quelques photos disparates qui n'épuisent cependant pas les ressources du site. Voir les trois autres billets de la série.

En bref, pour vous donner l'essentiel : marbre chargé d'enclaves (granite et quartzite rouillés, gneiss sombres) «dissous» par les eaux de la Gatineau.

Pour en savoir plus, ou suffisamment, consulter, comme il est indiqué plus haut, les premiers billets.



PHOTOS
Juin et juillet 2010


Photos 1032 et 1117. Encoches horizontales dans le marbre (rose, photo du haut ; gris clair et rose, photo du bas) semé d'enclaves variées : j'ai déjà évoqué ces entailles dans ce récent post. Sauf l'érosion, je ne vois pas d'autres manières d'expliquer leur existence. Mais pourquoi des effets à la fois si nets, si intenses et si circonscrits ?


Photos 1076 et 1124. Marmites.

Photo1078. Mince lit plissé dans le marbre. Comment a-t-il fait pour subsister sans être disloqué alors que d'autres inclusions plus robustes ont été réduites à l'état de débris dispersés ? Voir un autre exemple de lit plissé ici.

Photo 1168. Dyke(?) rectiligne. Sa direction est conforme au rubanement du marbre (NE), mais, au lieu d'accompagner ce dernier en plongeant comme lui vers le SE, il le recoupe verticalement. Grand frère costaud du mince lit de la photo 1078 ?


Photos 1084 et 1091. Lits de gneiss dans le marbre : on dirait de vieilles guenilles tordues...


Photos 1110, 1112. Enclaves rouillées dispersées et plissées (granite et quartzite) dans le marbre.


AJOUT. – 26 février 2012
Dans les années 1940 et 1950, le géologue français Aubert de la Rüe a mené plusieurs campagnes de cartographie au nord de l'Outaouais dans un vaste secteur autour de Mont-Laurier et de Bouchette-Maniwaki. Les rapports qu'il a publiés (voir «Bibliographie») contiennent des descriptions de phénomènes de dissolution observés dans les marbres le long des rives des cours d'eau et des lacs qui rappellent ceux que j'ai relevés dans l'île Marguerite, à Gatineau.

Voici donc quelques photos...


Dyke de granite étiré et fragmenté dans un marbre. Rive ouest de la Lièvre en aval de Mont-Laurier. (Aubert de la Rüe, 1948) Voir ma photo 1168, plus haut.


«Nids» de minéraux silicatés en saillie à la surface d'un affleurement de marbre. La photo est imprécise, j'aurais aimé voir ce phénomène de près. Vallée de la Lièvre, canton de Campbell, à l’est de Mont-Laurier. (Aubert de la Rüe, 1948)

... entrecoupées de quelques notes de lecture
Dans la région de Kensington (à l’est de Maniwaki), «[d]es lapiez s'observent assez souvent dans les zones calcaires ; ces fissures et ces trous, cachés par la végétation, peuvent être assez dangereux par endroits.» (Aubert de la Rüe, 1953, p. 12)

Entre le lac des Pins et la Lièvre (canton de Bigelow), des dolines, dépressions circulaires en forme d'entonnoir, se sont creusées dans la plaine de marbre recouverte de sable. Elles atteignent 30 m de diamètre pour une profondeur de 6 m à 9 m.

Sujets à creuser, sans jeu de mots...


Alternances de marbre et de pyroxénite. Rive d'une île du lac des Trente et Un Milles. (Aubert de la Rüe, 1953) Voir ma photo 1084, plus haut.


Inclusions de pyroxénite dans des marbres, canton de Dudley, à l’est du lac des Trente et Un Milles. En noir et blanc, l'aspect «vielles guenilles» est encore plus probant (cf. plus haut, photos 1084 et 1091). (Aubert de la Rüe, 1953)


BIBLIOGRAPHIE (POUR CETTE SECTION)
  • Aubert de la Rüe, E., 1956, Rapport géologique 68 : région de Mcgill, districts électoraux de Papineau, de Labelle et de Gatineau. Québec, ministère des Mines, 30 pages, carte 922 (/63 360).
  • Aubert de la Rüe, E., 1956b, Rapport géologique 67 : région du lac Trente-et-un-Milles, districts électoraux de Papineau, de Labelle et de Gatineau. Québec, ministère des Mines, 1956, 42 pages, carte 921 (1/63 360).
  • Aubert de la Rüe, E., 1953, Rapport géologique 50 : région de Kensington, comtés de Gatineau et de Labelle. Québec, ministère des Mines, 1953, 50 pages, cartes 919 et 920 (1/63 360).
  • Aubert de la Rüe, E., 1948, Rapport géologique 23 : régions de Nominingue et de Sicotte, comtés de Labelle et de Gatineau. Québec, ministère des Mines, 84 pages, cartes 544 et 545 (1/63 360).