vendredi 23 décembre 2011

Remplissez le blanc



Pour le temps des Fêtes, faites vos vœux !

Voici une carte de vœux en blanc, ou plutôt une carte de vœux suspendus à trois points de suspension. 

Remplacez les «...» de la carte par ce qui vous plaira : biens matériels ou spirituels, êtres ou voyages. (On peut cumuler.)

Et, dans le pire des cas, avec elle, au moins vous aurez eu votre Noël blanc*!...

* Ce blanc (et noir) est quand même, notez-le bien, en RGB...

jeudi 22 décembre 2011

Marmite : bilan d'avant la dinde (de Noël)

Marmite des Allumettières, Gatineau, Québec, 13 juillet 2007.

Même marmite, en trois volets, 13 juillet 2007.

Bilan de fin d'année concernant la marmite des Allumettières (voir mon post qui la décrit ; suivre ce lien vers l'ensemble des posts qui lui sont consacrés).

Les travaux du Rapibus (lien, lien) se poursuivent près de la marmite sans devoir l'affecter, semble-t-il. Tout ça au conditionnel, je ne suis pas dans le secret des dieux.

Travaux du Rapibus, dynamitage et excavation, 22 décembre 2011.
Le
X indique la position de la marmite.

Même site en juillet 2007 : boulevard des Allumettières
et bretelle de sortie de l'autoroute 50.

Par contre, ces travaux ont détruit quelques affleurements auxquels j'ai consacré un billet (faille des Allumettières). Ceux qui voudront les étudier devront consulter mes archives.

Bon, le plus important est quand même de conserver la marmite.

jeudi 15 décembre 2011

Fossiles divers

Ces quelques photos ne révolutionneront pas l'idée que l'on se fait de la géologie de la région, elles n'ont pour unique but que de satisfaire la curiosité d'un ami.

Elles ont été prises à Ottawa, le long de la rivière des Outaouais, entre la plage Westboro et le pont Champlain. Les roches près de la rive sont des shales et des grès interlités de la formation de Rockcliffe (Ordovicien moyen, 472-461 Ma).


Céphalopode et traces de terriers(?) dans un grès de la formation de Rockcliffe. La pièce de 2 dollars canadiens vaut 200 cents (valeur faciale) ou 28 mm (diamètre). La photo, tout comme les autres de ce post, à l'exception de la dernière, a été prise le 29 octobre 2011. Quand je suis retourné sur les lieux deux semaines plus tard, la pièce (je veux bien dire la pierre...) avait disparue. Puisque je ne fait pas la collecte d'échantillon, j'espère que celui-ci fera la joie de son propriétaire. Sur les céphalopodes, suivre ce lien (voir «Nautiloïdes») : Centre thématique fossilifère du lac Témiscamingue  

Roches locales : shales et grès interlités de la formation de Rockcliffe.

Roches locales (bis) : les shales se délitent en milliers d'éclats.

Graptolites. Si l'ont se fie à la règle qui veut que la disposition des restes de ces organismes indique la direction du courant au fond des eaux où ils se sont déposés, cet éparpillement témoigne, pour sa part, de l'absence de tout courant appréciable... ( Wikipedia, l'encyclopédie de ceux qui ne cherchent pas plus loin, nous sort encore une fois d'embarras.)

Graptolite (gros plan). Largeur du spécimen : env. 65 mm. 

En tournant le dos aux «roches locales» : la rivière des Outaouais et la rive québécoise, à Gatineau (10 déc. 2011).

dimanche 27 novembre 2011

Hors sujet : les escargots se cachent pour mourir

Relique d'un escargot contemporain (au centre) ayant tenté, sans grand succès, de se faire passer pour un gastéropode fossile de l'Ordovicien (488-444 Ma).

Détail.

  Photo (complète et détail) : calcaire gris et shale noir, Ottawa, 26 nov. 2011.

dimanche 20 novembre 2011

Ordovicien, etc. : pense-bête (révisé)



Calcaire de l'Ordovicien, niveau... du trottoir (hauteur de l'œil, pour être plus précis), à Gatineau, boul. Maisonneuve. Stratifications entrecroisées. Photo 13 nov. 2011.


Comme je suis un peu fatigué de me mêler les pinceaux dans les subdivisions de l'Ordovicien, je me concocte ce petit pense-bête facilement accessible (valeurs arrondies) :

Ordovicien
  • Supérieur : 458-444 Ma
  • Moyen : 470-458 Ma
  • Inférieur : 485-470 Ma

Les valeurs ont été révisées en déc. 2015. Cependant, ailleurs dans le blogue, les anciennes dates, pas tellement différentes, sont encore visibles. Les datations géologiques étant en perpétuelles révisions, nul ne se soucie de corriger tous les textes déjà publiés !



Détail de la photo qui ouvre le billet.

samedi 19 novembre 2011

Stromatolites : une faille dans l'explication

Carte : Williams et al., 1984. (Commission géologique de l'Ontario (CGO).)
Failles qui découpent le socle rocheux de la région d'Ottawa. (Si le territoire québécois semble vierge de toute fracture, c'est qu'il s'agit d'une carte publiée par le gouvernement de l'Ontario. Malheureusement, les données disponibles pour la portion du Québec représentée ici datent considérablement. Mais, qu'on ne s'illusionne pas, le Québec n'est pas moins craquelé !...) 

J'ai déjà écrit que le socle rocheux de notre région est parcouru de failles nombreuses (voir mon billet sur la Faille des Allumetières). Le sujet à lui seul mériterait qu'un billet lui soit consacré, mais, pour l'instant, j'aimerais compléter ma série de posts sur les stromatolites de Gatineau (lien) et d'Ottawa (lien, lien) en tentant de répondre à une question tout simple : pourquoi apparaissent-ils brusquement et pourquoi disparaissent-ils de même ? (J'ignore en vérité si ça fait deux questions, mais disons tout de suite qu'il n'y aura qu'une unique réponse pour satisfaire toutes les interrogations.)

Sans détailler la carte ou sa légende (ce qui nous mènerait trop loin), on peut remarquer (détail de la carte, plus bas) que la section du Transitway où affleurent des stromatolites est comprise entre, grosso modo la rivière des Outaouais (à l'W), et une faille (à l'E).

Carte : modifiée de Williams et al., 1984 
Légende (adaptée) 
A : stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (voir ce billet) ; 
B et trait orangé : station Dominion du Transitway ; section du Transitway, à Ottawa, où des stromatolites sont visibles ; 
X : faille, Transitway, à l'W de l'ave Parkdale (indiquée par la flèche, voir photos plus bas). 
(Note : l'élaboration de cette carte a précédé de peu la construction du Transitway. J'ai surimposé au document le tracé de la section actuelle du Transitway entre la station Dominion (B) et la faille.)

Ordovicien moyen (472-461 millions d'années)* 
7 : formation de Bobcaygeon ; calcarénite, calcaire 
6 : formation de Gull River ; dolomie, calcaire, shale, grès 

* Les stromatolites se trouvent donc dans la formation 6 (Ordovicien moyen) ; d'autres sources placent ceux de Gatineau (A) dans la formation de Pamelia (Groupe d'Ottawa), de l'Ordovicien inférieur (488-472 millions d'années). Ne me demandez pas de trancher un débat entre stratigraphistes diplômés...


À l'E de la faille rehaussée en rouge (celle de gauche), le compartiment de l'écorce terrestre s'est affaissé** ; les stromatolites existent, mais sont sans doute encore plusieurs m sous le niveau de la surface du socle rocheux. À l'W de la station Dominion du Transitway (B), l'érosion a réduit le roc de plusieurs m sous le niveau des stromatolites. Entre ces deux bornes (station et faille), la surface du socle coïncide avec le niveau des stromatolites. De quel beau hasard nous bénéficions !

** Ce qu'indique les petite flèches rehaussées en rouge : elles pointes vers le compartiment affaissé.

Si on prolonge les failles vers le NW, vers Gatineau (Québec), on remarque que les stromatolites du pont Champlain (A), quoique affleurant plus ou moins au niveau de l'eau, appartiennent au compartiment abaissé. L'effondrement de ce compartiment s'est fait de guingois : la pointe SE est plus enfoncée*** que sa partie NW. À cet endroit (A), l'érosion a effectué juste le travail qu'il fallait pour rejoindre les stromatolites. (Une autre hypothèse serait qu'il existe deux couches de stromatolites distinctes...) D'après la carte topographique, les points A et B sont près de la ligne des 60 m d'altitude, le B un peu plus haut, le A un peu plus bas.

*** D'ailleurs, sans élaborer, on remarque que la pointe SE de compartiment conserve un reste de la formation no 7, plus récente que la 6 qu'elle recouvre. Plus au N, on atteint les niveau plus profonds de la formation 6.

L'apparition et la disparition soudaine des stromatolites s'expliquent donc par un jeu conjugué de la tectonique et de l'érosion. Bref, il y a une faille et une lacune dans l'explication !...

Resterait à délimiter l'extension exact de la surface primitivement colonisée par les stromatolites...

Faille indiquée par le X orangé sur le détail de la carte de Williams et al. (1984), 
Transitway, à l'W de l'avenue Parkdale. 
À gauche (W) : formation de Gull River ; dolomie, calcaire, shale, grès ; 
à droite (E) : formation de Bobcaygeon ; calcarénite, calcaire.
Le «pli» de l'autobus articulé épouse la cassure de l'écorce terrestre : pure coïncidence ! 
Photo 22 octobre 2011.

Détail de la faille. Le compartiment de droite (à l'E) s'est affaissé par rapport à celui de gauche, ainsi que l'indique le retroussement des lits.
Photo 22 octobre 2011.

Référence (au singulier, puisqu'il n'y en a qu'une)
Williams, D.A., Rae, A.M., and Wolf, R.R. 1984; Paleozoic Geology of the Ottawa Area, Southern Ontario, Ontario Geological Survey, Map P.2716, Geological Series-Preliminary Map, scale 1:50 000. Geology 1982.


Ajout, 28 septembre 2012
Voir le billet du 27 septembre 2012 à propos d'un article qui traite des stromatolites de l'est de l'Ontario en général et de ceux du Transitway et du pont Champlain en particulier. Il apparaît, entre autres, que deux niveaux de stromatolites sont visibles au Transitway.

mardi 1 novembre 2011

Stromatolites du Transitway, à Ottawa : suite

Examinant l’ensemble des photos des affleurements calcaires que j’ai rapportées de ma sortie de samedile long d’une section du Transitway (route réservée aux autobus) à Ottawa, je me suis rendu compte que les stromatolites, loin de se limiter aux affleurements de la station Dominion, abondaient dans le secteur. Simplement, ces autres stromatolites sont inaccessibles, le Transitway étant interdit d’accès (sauf aux stations, of course.)

Transitway, à Ottawa, à l'ouest de la passerelle de l'avenue Churchill (voir carte, plus bas). 
Les «coussins» clairs des stromatolites surmontent les strates de calcaire gris. 
(Photo 29 oct. 2011.)

Détail de la photo précédente. À gauche, la structure feuilletée du dôme d'un stromatolite 
est bien visible.

À mon crédit, s’il faut excuser ou expliquer ma cécité sélective de samedi, tenons compte du fait que les roches sédimentaires m’intéressent peu ; je cherchais, sur les parois rocheuses de la tranchée occupée par le Transitway, des failles ou des plissements, des évidences de tectonique qui aurait dérangé l’empilement monotone de couches horizontales de calcaire gris*. Ajoutez à cela que prendre des photos à travers les clôtures grillagées qui entourent le Transitway complique la tâche de l’intendance et accapare, même durant les heures pourtant sereines d'un samedi après-midi, une portion non négligeable de la patience et de la bonne volonté du géologue-photographe du dimanche...  

* J’ai trouvé ces évidences, mais je ne sais pas si elles valent la peine de rédiger un billet à leur propos.


Section du transitway entre la passerelle de l'avenue Roosevelt et celle de l'avenue Churchill, 
au loin. Vue vers le NE. Les dômes des stromatolites coiffent les murailles de la tranchée 
à la manière du glaçage ondulé d'un gâteau. L'égalité du niveau de base des stromatolites 
semble parfaite, tout comme l'horizontalité des strates de calcaire. (Photo 29 oct. 2011.)


Sur les présentes photos, les stromatolites forment une couche continue au sommet des murs de la tranchée du Transitway et s’étendent plus de 400 cents mètres à l’E de la station Dominion, jusqu’à la passerelle Churchill (voir cartes plus bas). Bien sûr, rien n’exclue que la surface recouverte de stromatolite soit plus étendue.

Outre l’horizontalité de la ligne de base des stromatolites, l’uniformité de la hauteur de ces dômes biominéraux est remarquable.

On peut évidemment se demander aussi si cette colonie de stromatolites n'est pas reliée à celle qui affleure de l'autre côté de la rivière des Outaouais, à Gatineau, immédiatement au N (stromatolites du pont Champlain, à Gatineau : suivre le lien pour plus de détails), de l'autre côté de la rivière des Outaouais (voir cartes.)

L’observation que j’avais reportée dans mon dernier billet, à savoir que les stromatolites avaient «poussé» sur un fond marin parfaitement plat, se confirme à la vision de ces photos. S’il existe une pente, elle est imperceptible, et si les stromatolites semblent plus bas (et donc accessibles) à la station Dominion, c'est l’effet de l’élévation du niveau de la chaussée à cet endroit.  


Transitway, station Dominion ( B sur la carte satellite Google, plus bas) : vue vers la passerelle 
Roosevelt et Churchill, au fond ; la chaussée se rehausse en s'approchant de la station, ce qui
place les stromatolites (visibles à gauche) au niveau des yeux et même plus bas... 
(Voir billet précédent ; photo 29 oct. 2011.)


© Google, 2011. En A, stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (voir ce billet) ; 
en B, station Dominion du Transitway, à Ottawa ; la ligne blanche indique la portion 
du Transitway où l'on trouve des stromatolites. L'extension de la zone couverte par 
les stromatolites reste à déterminer. (Cliquer sur la carte pour l'afficher à sa pleine grandeur.)


© Google, 2011. En rouge : section du Transitway où l'on trouve des stromatolites. 
Arrêts de la station Dominion au sud-ouest (B sur la carte satellite de Google) et 
passerelle de l'avenue Churchill au nord-est. (Cliquer sur la carte pour l'afficher 
à sa pleine grandeur et pour, peut-être, parvenir à lire quelque chose...)
Ajout 13 nov. 2011. – Une faille normale orientée NW-SE découpe le calcaire un peu à l'est 
de la ligne rouge ; le compartiment abaissé est à l'est de la faille. Ce jeu de la tectonique 
explique l'apparition (ou la disparition, selon le point de vue...) si soudaine des stromatolites. 
À l'ouest de la ligne rouge, vers la rivière, l'érosion a réduit de plusieurs m sous le niveau 
des stromatolites le socle calcaire. (Plus de détails dans un prochain billet.)


Station Dominion du Transitway, à Ottawa : 
l'accès du Transitway est interdite et les 
stromatolites, sauf ceux tout près de la station, 
sont inaccessibles.


Ajout, 28 septembre 2012
Voir le billet du 27 septembre 2012 à propos d'un article qui traite des stromatolites de l'est de l'Ontario en général et de ceux du Transitway et du pont Champlain en particulier. Il apparaît, entre autres, que deux niveaux de stromatolites sont visibles au Transitway.

samedi 29 octobre 2011

Stromatolites du Transitway, à Ottawa

Stromatolite vu en coupe. La structure en dôme, la succession des feuillets, sont bien visibles.
Ottawa (Transitway, jonction avec la prom. de l'Outaouais), 29 oct. 2011.


J'ai découvert* aujourd'hui à Ottawa un nouvel affleurement de stromatolites, plus de 2 km au sud des stromatolites du pont Champlain (Gatineau) dont j'ai déjà parlé (lien billet principal ; voir aussi ce texte, bien «sérieux», en anglais).

* La découverte en question est très relative, en tout cas très personnelle. Je ne suis sûrement pas le premier à les avoir aperçus.

Stromatolite, Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.


Localisation
Station d'autobus Dominion, jonction de la promenade de l'Outaouais et du Transitway. Noter qu'une partie des affleurements intéressants est située dans la partie interdite d'accès aux piétons du Transitway (voies pour autobus) et ne peuvent s'admirer que de loin. Utilisez le zoom de votre appareil photo, «ils» font respecter l'interdiction...

Succession de «coussins» de stromatolites ; sous la ligne blanche, 
les strates de calcaire sur lesquelles ils se sont édifiés. 
Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.

Pour comparaison, reprise d'une photo des stromatolites 
du pont Champlain, à Gatineau (oct. 2007).
Peu d'eau, mais que de dômes !

Toujours pour comparaison, quelques stromatolites 
du pont Champlain, à Gatineau (oct. 2007), encore. 
Vue en plan de la structure feuilletée.


Rappel
Les stromatolithes sont des édifices minéraux (calcaire) construits par des colonies bactériennes marines, telles les cyanobactéries. Ils prennent la forme d'une accumulation de minces feuillets biominéraux successifs. Ceux de la région se retrouvent dans une formation calcaire dite du groupe d'Ottawa, datant de l'Ordovicien inférieur (488-461 472 millions d'années). (Correction 19 nov. 2011.)

Un détail de cette photo ouvre le billet. Sous les stromatolites 
plus ou moins bien conservés, les strates de calcaire.
Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.


Plan, plat et coupe
Dans le cas du site du pont Champlain, à Gatineau, on voit les stromatolites en plan, sur une vaste surface plate ; ceux d'Ottawa se présentent en coupe de chaque côté d'une route (Tansitway) et la structure en mille-feuilles de ces dômes est nettement visible. On peut même voir le socle de calcaire sur lequel ils se sont édifiés.

Stromatolites. Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.

Vestiges du dôme de deux stromatolites. 
Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.
(Pièce de monnaie : 1 $ ; 27 mm.)


Ces stromatolites, ceux de Gatineau et leurs voisins d'Ottawa, se sont développés sur un plancher marin remarquablement plat. (D'après la carte topographique, ils sont près de la ligne des 60 m d'altitude.)

L'Outaouais coule entre les sites de Gatineau et d'Ottawa. Il serait intéressant de chercher à connaître leur extension et de voir s'ils faisaient partie de la même colonie. Malheureusement, dans le cas des stromatolites du Transitway, la couche de calcaire à laquelle ils appartiennent ne semble pas se prolonger au-delà du site, l'érosion ayant déjà accompli son travail. Ajout, 1er nov. 2011.Voir le billet suivant pour un petit bémol...
  

Dôme de gauche...,

... celui de droite...,

... et les voisins mitoyens réunis. 
Ottawa (Transitway), 29 oct. 2011.


Ajout, 28 septembre 2012
Voir le billet du 27 septembre 2012 à propos d'un article qui traite des stromatolites de l'est de l'Ontario en général et de ceux du Transitway et du pont Champlain en particulier. Il apparaît, entre autres, que deux niveaux de stromatolites sont visibles au Transitway.

lundi 24 octobre 2011

Billet intempestif

J'ignore ce que c'est : on dirait un bloc de calcaire lui-même pris dans un calcaire ordovicien (488-444 millions d'années). Les calcaires de la région sont parfois des tempestites, c'est à dire un mélange d'une fine boue carbonatée et de débris de roches plus ou moins grossiers déposé sous l'eau après une tempête.

Est-ce le cas ici ? Le bloc rectangulaire semble bien encastré dans la roche qui l'enclot. Voyez, sur la 3e photo, la perfection des contacts.

Photos : Ottawa, rivage de l'Outaouais, au N de l'avenue Parkdale (21 octobre 2011)



Est-ce l'érosion qui a surcreusé la roche autour de l'inclusion ?...

 ... Les contacts semblent pourtant bien naturels. 
La pièce de 2 dollars canadiens vaut deux dollars (of course) ou deux cents cents, 
et mesure 28 mm de diamètre.

 * * *

Toujours à propos des tempestites (j'adore ce nom), voir les pierres des murs de la cathédrale St. Brigid, rue Saint-Patrick, à Ottawa (actuel St Brigid's Centre for the Arts). On distingue de fines lamines et des tapis de débris plus grossiers accumulés pêle-mêle.

Photos : cathédrale St. Brigid, rue Saint-Patrick (14 septembre 2007)

Calcaire formé de débris hétérogènes. Plusieurs sont des coquilles de brachiopodes, intactes ou brisées. Des éléments arrachés à des coraux peuvent aussi être présents. Au centre, fragment d'un calcaire préexistant à la texture plus fine.

 Tempestite : débris grossiers et fines lamines dessinant des stratifications entrecroisées. La bande grossière est en contact flou (en haut) avec un calcaire fin, sans lamine apparente. 
 
Une tempête dans les murs d'une cathédrale !... lieu de paix et de méditation !...

 
Ajout 5 nov. 2011. – Détail de la photo précédente (contraste accentué) : la pierre a-t-elle été posée à l'endroit ou sens dessus dessous ? Ne manquerait qu'elle ait été posée à l'envers... On peut reconnaître, dans la moitié supérieure du cliché, plusieurs couches superposées, chacune ayant une granulométrie, de fine à grossière, bien distincte.

* * *

«The church [St. Brigid] walls are rough blocks of light grey limestone, many of which are laminated and contain abondant layers rich in white lime-mud grains (micrite intraclasts*) and fossil fragments such a coral**.»

*Mélange d'une boue carbonatée (micrite) et de fragments de roches préexistantes (clastes ; bioclastes s'il s'agit de fragments de parties minérales d'organismes vivants : coraux, coquilles, etc.).

** Tiré de : Quentin Gall, A Walking Guide. Ottawa's Building and Monuments Stones. Geological Association of Canada, Miscellaneoua Publication 7, 152 pages, 2009 (ISBN 978-1-897095-41-6), (reliure en spirale)

samedi 22 octobre 2011

Lac Beauchamp : nouvelle mise à jour

Décidément, c'est la saison des mises à jours pour le lac Beauchamp (voir le billet précédant). L'an dernier, j'écrivais les lignes que voici en légende de la photo suivante (voir ces billets, ici et ici, pour un exposé complet) :


Détail de la discordance entre le Précambrien (en bas, un milliard d'années) et le Paléozoïque (en haut, 500 millions d'années), lac Beauchamp, Gatineau. Entre les deux, une bande orangée, semée de galets : reliquat du sol meuble qui recouvraient notre continent il y a 500 millions d'années, avant le dépôt du grès. Photo : Henri Lessard, juillet 2007.

En haut (Paléozoïque) : grès de Nepean (sable consolidé), qui présente ici le caractère d'un conglomérat : il est truffé de galets qui lui donnent une apparence grêlée.
En bas (Précambrien) : granite gneissique, de teinte claire.
Entre les deux : bande d'une matière friable, couleur orangée, semée, elle aussi, de galets, et dont on se demande s'il faut la rattacher au grès ou au granite. Tout indique qu'il s'agirait d'un paléosol («ancien sol») qui remonterait à l’époque précédant immédiatement la déposition du sable (grès). Si cette hypothèse se vérifiait, la substance friable constituerait le reliquat du sol meuble qui recouvrait le continent il y a plus de 500 millions d'années.


Je m'étais contenté d'avancer une hypothèse concernant la nauture de la «bande orangée», sans pouvoir avancer de preuves ou de document à l'appui pour l'étayer. Plusieurs sources consultées mentionnaient la profonde altération du granite gneissique (météorisation), mais sans relier cette altération à la matière friable qui surmontait ce granite.

Mais voici que je tombe sur ces lignes que nous devons à Quentin Gall, géologue consultant et professeur, dans son ouvrage sur les buildings et les pierres de taille d'Ottawa :

The weathering of the Precambrian rocks led to the development of a paleosol (ancien soil). Perhaps the best local exposure of the paleosol is in Parc du Lac Beauchamp, Gatineau, where it can be seen developed on Precambrian gneiss and buried beneath Paleozoic sandstone (Nepean Formation) (p. 11).

Bref, j'avais vu juste. Avoir raison une fois rachète combien d'erreurs ?


Référence (au singulier, il n'y en a qu'une seule)
Quentin Gall, A Walking Guide. Ottawa's Building and Monuments Stones. Geological Association of Canada, Miscellaneoua Publication 7, 152 pages, 2009 (ISBN 978-1-897095-41-6), (reliure en spirale

Le live est disponible notamment World of Maps, à Ottawa, au prix de 19,50 $ (publicité bénévole et spontanée). On peut aussi le commander à l'Association géologique du Canada (AGC/GAC).

Ajout (2 juin 2018) : autre point de vue. - Selon Théberge (1986), au lac Beauchamp, le grès de la Formation de Nepean repose en discordance sur une syénite blanche. « La zone de contact est formée de roc de très mauvaise qualité. Sous un mince lit de grès de la Formation de Nepean contenant des galets sub-arrondis, on retrouve un niveau d'environ 2 m d'épaisseur de roc altéré. Au sommet de ce niveau apparaît un horizon meuble de 6-8 cm formé de minéraux d'altération gris et verdâtre (fragments de roche altérée, minéraux argileux) provenant de la désintégration par hydrolyse de la syénite. Sous cet horizon, la syénite est altérée et friable sur 1,5-2 m et l'intensité de l'altération diminue avec la profondeur. » (p. 22-23 ; c'est moi qui souligne.) Brandon (1961) souligne que les joints à la base et au sommet du grès de Nepean facilitent la circulation des eaux souterraines.
Sources
Brandon, L.V. 1961 - Rapport préliminaire sur l'hydrogéologie de la région d'Ottawa-Hull, Ontario et Québec. Commission géologique du Canada, Étude 60-23, 19 p. (carte 31-1960 et 4 fig.)
Théberge, J. 1986 - Cartographie géotechnique dans la région de Gatineau-Aylmer-Hull. MERQ, MB 86-43, 200 p. + cartes.

dimanche 9 octobre 2011

Hors sujet : p'tite tête

Le fait est ancien et dure depuis longtemps, mais il est si insidieux qu'il était passé inaperçu jusqu'à récemment : le cerveau humain, partout sur la planète, rétrécit !

L'intelligence, une faculté surévaluée ?

Not only did the growth in the size of our brains cease around 200,000 years ago, in the past 10,000 to 15,000 years the average size of the human brain compared with our body has shrunk by 3 or 4 per cent. (Source : David Robson, NewScientist

Les pessimistes craignent une érosion graduelle de nos capacités intellectuelles ; les optimistes prétendent que le cerveau des hommes actuels est mieux «câblé» et plus efficace que celui de nos ancêtres Cro-Magnon.

Ombre portée d'un Homo sapiens ayant perdu de 15 à 20 % 
de son cerveau au cours des dernier 30 000 ans 
(voir dernière citation, au bas de ce billet).



N'empêche que si la diminution de notre matière grise se poursuit au même rythme un autre 20 000 ans, nous aurons régressé, quoi qu'en disent les optimistes, au niveau qui était le nôtre il y a un demi million d'années.

Serons-nous encore capables d'inventer le feu ou le bouton à quatre trous !

He [John Hawks] rattles off some dismaying numbers: Over the past 20,000 years, the average volume of the human male brain has decreased from 1,500 cubic centimeters to 1,350 cc, losing a chunk the size of a tennis ball. The female brain has shrunk by about the same proportion. “I’d call that major downsizing in an evolutionary eyeblink,” he says. “This happened in China, Europe, Africa—everywhere we look.” If our brain keeps dwindling at that rate over the next 20,000 years, it will start to approach the size of that found in Homo erectus, a relative that lived half a million years ago and had a brain volume of only 1,100 cc. (Source : Kathleen McAuliffe, Discover Magazine)

Homo sapiens avait un cerveau de taille plus importante il y a 30 000 ans ! [...] Contrairement à ce que l'on pense intuitivement, le cerveau des hommes actuels est plus petit que celui de nos ancêtres ! Les données statistiques sont formelles, notre cerveau prend de moins en moins de place, il se rétracte... [...] «Le cerveau de l'homme moderne est de 15 à 20 % plus petit que celui de Cro-Magnon.» (Source : site hominides

Moi, je me demande, si la tendance se maintient, est-ce que ça me fera davantage de lecteurs pour mon blogue ?

dimanche 18 septembre 2011

L'Outaouais secoué

L'événement est passé inaperçu chez moi, mais l'Outaouais a été secoué par un séisme de magnitude 4,1, aujourd'hui, dimanche 18 septembre, à 15 h 19.

L'épicentre était situé près de Thurso, à l'Est de Gatineau.

Voir cet entrefilet pour en savoir (à peine) plus.

N'ayant pas d'image pour illustrer cette nouvelle, je remets en ligne celle-ci. Cliquer sur l'image pour obtenir une version plus grande. Tiré de : Baird D.M., 1968 — Guide to the Geology and Scenery of the National Capital Area. Commission géologique du Canada, rapports divers no 15, 188 p.

Thurso, c'est pas le village natal de Guy Lafleur ?

AJOUT (18 sept. 2011, 19 h 10). – J'ai remplacé l'image qui s'affichait mal en grand format. Est-ce mieux ?
Voir aussi, à la page «Séismes Canada», Ressources naturelles Canada». (Ce lien, si le premier ne fonctionne plus : http://earthquakescanada.nrcan.gc.ca/index-fra.php.)
(Les séismes sont-ils une ressource naturelle ?)

lundi 5 septembre 2011

Patrimoine, calcaire et houblon

Photo empruntée au site Internet des Brasseurs du Temps.

Dans un billet récent ma fois un peu inutile et même tout à fait gratuit, j'ai évoqué, à l'occasion des travaux de canalisation en cours le long du ruisseau de la Brasserie, la solidité du socle calcaire sur lequel est bâti une partie de la ville de Hull (Gatineau).

Parmi toute les caractéristiques de notre bon vieux calcaire ordovicien vieux de plus de 440 millions d'années, on peut désormais y ajouter l'«houblonophilie». Le calcaire est en effet l'ami de la bière. Je l'ignorais ; je vous l'apprends.

La suppression d'un pan du socle, lors de ces travaux, a en effet mis en péril la brasserie des Brasseurs du Temps, sise dans le plus que centenaire édifice de l'ancien chateau d'eau du ruisseau de la Brasserie.

Voir cet article de Mathieu Bélanger sur le sujet dans Le Droit du 3 septembre 2011.

Alors, patrimoine, calcaire et houblon, même combat ?

Quelques liens sur le château d'eau du ruisseau de la Brasserie.
Site de la Ville de Gatineau ; le chateau d'eau est le no 18 de la liste ;
Site Patrimoine Outaouais (faire une recherche avec «château d'eau» et «Écomusée de Hull») ;
Site Lieux patrimoniaux du Canada ;
Site des Brasseurs du Temps (déjà donné plus haut).

Arrière de l'ancien chateau d'eau, ruisseau de la Brasserie, à Gatineau (14 août 2011). 
Il était couplé à une station hydro-électrique qui, comme le château, n'est plus utilisée depuis 1968. 
Le niveau très bas de l'eau permet de faire affleurer le socle calcaire sur la rive en face de nous (couches horizontales grises).

Les Brasseurs du Temps (14 août 2011). Les travaux de canalisation font un peu désordre, l'endroit présente un aspect un peu plus pimpant de coutume (voir la photo qui ouvre ce billet)...

dimanche 28 août 2011

Blocs erratiques : le sujet n'est pas épuisé

Évidence par absence
Un bloc erratique s'est reposé ici un bon moment. Gneiss poli par les glaciers, 
parc du ruisseau Watts, Ottawa, 12 juillet 2008. 
(Aucun lien direct, si ce n'est le sujet, avec les deux documents présentés ici.)


Pour faire suite à mes récents billets sur les blocs erratiques de la région de Gatineau : le hasard m'a fait dénicher ce petit texte : «Le fabuleux voyage du bloc erratique», par Pauline Gravel (Le Devoir, 14 juin 2003).

L'exemple donné dans le texte est très montréalocentré, mais à peu près tout ce qu'il contient peut s'appliquer tel quel à l'Outaouais. La géologie, dans ses grande lignes, est identique dans les deux régions, sauf l'absence de l'épisode magmatique, absent de l'Outaouais, qui a donné naissance aux (futures) montérégiennes.

Quoique, même si nous n'avons pas le mont Royal, nous avons quand même le mont King, au nord de Gatineau. De ce point de vue, Gatineau pourrait très bien revendiquer, elle aussi, le nom de «Montréal*»...

Autre document sur les blocs erratiques et leur dispersion : Jean J. Veillette, «Ice-Flow Chronology and Palimpsest, Long-Distance Dispersal of Indicator Clasts, North of the St. Lawrence River Valley, Quebec», Géographie physique et Quaternaire, vol. 58, n° 2-3, 2004, p. 187-216.

* Il n'y a aucun lien géologique entre le mont King (un milliard d'années) et le mont Royal (125 millions d'années).