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mardi 5 janvier 2021

Hors sujet : l’Île-de-Hull et le Vieux-Hull




Hull est née sur une île avant de la déborder. Ici, carte montrant son étendue en 1863 ; jusqu'à son incorporation en 1875, on parlait plutôt de Wrightstown ou du village de Hull. L'île est entourée par l'Outaouais et le ruisseau de la Brasserie (un bras de l'Outaouais en réalité). Je n'ai pas résisté à la tentation de retoucher la frontière Québec-Ontario (pointillé rouge) pour inclure l'île Russell (R rouge), ou les îles Russell, selon la hauteur des eaux, au Québec, comme il se doit ((voir mon billet du 4 mai 2013, « Gatineau-Ottawa : courbe immotivée ? »).
La carte, dressée par Jacques Delisle, c.a., provient d'une publication de la Ville de Hull pour le centième anniversaire de son incorporation.


Naïvement, je croyais être né dans l'île de Hull. Je me trompais, je suis né dans le Vieux Hull (ce qui ne me rajeunit pas). L'île de Hull est ma cadette, ma petite sœur (ça ne me rajeunit pas davantage).

Pour les Hullois, l'expression île de Hull (ou Île de Hull, ou Île-de-Hull, selon les sources, dont je respecte l'orthographe dans les citations) décrit une réalité si incontestable et si évidente qu'elle se formule d'elle-même. Hull est née dans l'île du canton de Hull et a été longtemps confinée à ce morceau de terre entouré par l'Outaouais et le ruisseau de la Brasserie - lequel n'est en réalité qu'un bras de l'Outaouais (voir carte).

Loin de remonter aux premiers chapitres de l'histoire de Hull, cette dénomination semble être née dans les années 1960, à la suite des bouleversements de la Révolution tranquille et des mouvements de revendications et de contestation populaires, notamment contre les expropriations qui ont reconfiguré (ou défiguré...) l'ancien centre-ville commercial et industriel de la ville et son quartier ouvrier. Pour rappel, voir mon billet du 31 janvier 2020 sur Les Dépossédés du Vieux-Hull, de Pierre Raphaël Pelletier. Pelletier relate l’histoire d’un quartier populaire, d’un quartier ouvrier. Entre 1969 et 1975, 1600 1500 maisons sont démolies, 6000 familles personnes sont expulsées de façon cavalière pour faire place aux édifices fédéraux et provinciaux. Les Dépossédés du Vieux-Hull remémorent le drame des gagne-petit arrachés à leur cadre de vie, aux liens familiaux et sociaux qui tissaient la trame de leur existence. L'île de Hull - ou le Vieux-Hull - a été saccagée, ce qu'on ne pouvait exproprier - l'église Notre-Dame, l'hôtel de ville - a opportunément disparu en fumée. Magouilles financières et tripotages politiques l’ont emporté ; l'omerta clouait les lèvres. Protestations et contestations n’ont rien changé à l’affaire.

Chronologie


L’ouvrage Le Nord de l'Outaouais (1938) ignore l'expression île de Hull. Ses auteurs (pour la majorité des ecclésiastiques) préfèrent la découpe du territoire en paroisses, les deux premières fondatrices, Notre-Dame-de-Grâce et Très-Saint-Rédempteur, étant situées dans l'île. On chercherait aussi en vain dans ses pages l'expression vieux Hull. Bilan identique pour le livre de l'historien Brault (1950). On parle de Wrightstown ou du village de Hull avant l'incorporation de 1875, de Hull, de la cité de Hull, de la ville de Hull pour l’époque suivante, jamais de l'île ou du vieux Hull.

Quand a-t-on commencé à parler de l’île de Hull ?

Poirier (1986, p. 317) nous apprend dans Qui a volé la rue Principale ? que l'A.G.I.H. (Assemblée générale de l'Île de Hull) a été fondée en août 1968. C'est la plus ancienne attestation du nom que j'ai pu trouver. Dans un texte postérieur, le même auteur écrit :

L'évêque fondateur [du diocèse de Gatineau-Hull] avait déjà installé [en 1963] la cathédrale et l'évêché du diocèse dans ce qu'on appelait alors le « Vieux Hull » et qui est devenu par la suite l'« Île de Hull » (Poirier, 1995).


Le survol de l'ouvrage de Poirier (1986) ne permet de repérer que de rares occurrences de la dénomination vieux Hull, dont l'une pour rappeler la déclaration de l'ancien député libéral à Québec Oswald Parent selon laquelle il comptait parmi ses regrets celui de « n'avoir pas réussi à faire disparaître le vieux Hull (Le Droit, 17 mai 1985, p. 13 ; cité par Poirier, 1986, p. 18). »

Rapidement, le nouveau toponyme s’ancre dans l'usage et trouve place dans les textes administratifs et officiels. On peut trouver un exemple de son emploi dans les résolutions du conseil municipal en parcourant la thèse de Legris-Dumontier (2014, p. 98). Dans l'Histoire de l'Outaouais (Gaffield, dir., 1975), l'île de Hull apparaît à la page 472, lorsqu'il s'agit de citer le rapport de la CCN intitulé Hull 1969-1995 (1969). Jusque-là, l'ouvrage ne parlait que du centre-ville, centre de Hull - mais aussi du vieux Hull, précisons-le
.

L'île de Hull serait donc née dans les milieux communautaires entre 1963 et 1968 ; en 1969, elle fréquentait le grand et vaste monde. 

Mon avis très humblement soumis à votre sagacité est que l'expression île de Hull serait l'enfant de la Révolution tranquille et de l’émancipation du Québec de la tutelle de l'Église catholique ; se référer aux paroisses, comme cela avait toujours été fait, était sans doute devenu obsolète, voir dérangeant. Le nouveau nom de baptême (façon de parler), île de Hull, aurait consacré la laïcisation de la géographie urbaine et sociale*. La dénomination permettait en plus de rassembler en un tout l’ensemble de la population de l'île, répartie en plusieurs paroisses et affiliations religieuses. Elle est peut-être venue à point pour remplacer l'expression Vieux-Hull, sentie comme péjorative. Mais ceci est une autre hypothèse de ma part... L'historien Raymond Ouimet, conseillé du quartier Frontenac en 1982, m'a confié comme pour confirmer mon intuition que plusieurs de ses concitoyens de l'époque détestaient l'expression Vieux-Hull. « Et je n'ai jamais compris pourquoi. Pourtant nous aimons bien Vieux-Québec ! » ajoute-t-il. Mais ces gens qui s’étaient fait dire qu’ils habitaient des taudis, que leur quartier était un bidonville ont sans doute eu un sursaut de fierté et susceptibilité bien compréhensible.
* Laïcisation qui s’est faite avec le concours et la bénédiction, pourrait-on dire, de l’Église de Gatineau-Hull. Voir Poirier (1986, 1995). Petite note supplémentaire. - En 1972, les quatre paroisses de l'île de Hull (Notre-Dame-de-Grâce, Très-Saint-Rédempteur, Sainte-Bernadette, Sacré-Coeur) sont regroupées dans la la Zone de l'Île de Hull ; enfin, en 1982, la paroisse Notre-Dame de l'Île est officiellement érigée par l'archevêché. (Source : Boucher, 1988, p. 26.) Il est ironique de voir que l'Église catholique, qui a déterminé l'espace civique avec ses paroisses et ses toponymes s'est d'abord effacée, laissant cet espace se définir et se nommer lui-même (Île-de-Hull) pour, à la fin, dans un mouvement inverse, couler ses paroisses dans ce même espace civique et lui emprunter ses toponymes...

Ainsi, la polyvalente de l'Île, située à l'angle de la rue St-Rédempteur et du boulevard Sacré-Cœur, aurait, si on avait suivi les façons anciennes, porté le nom de polyvalente St-Rédempteur ou du Sacré-Cœur lorsqu'elle a ouvert ses portes en 1976.

Selon la Commission de toponymie du Québec, le toponyme Île de Hull aurait été officiellement adopté le 24 avril 1992, longtemps après sa banalisation, donc. 

Conclusion


Le toponyme Île de Hull, on l’a vu, serait apparu entre 1963 et 1968 dans les milieux communautaires pour remplacer celui de Vieux Hull et se superposer aux découpage municipal et paroissial. Bizarre comme l'expression, si courante aujourd'hui, semble dater de toujours. Elle s'est imposée tout naturellement et on peut se demander pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour qu'elle apparaisse tant elle décrivait une évidence. Bien des auteurs utilisent ce toponyme de façon anachronique, comme s’il datait des débuts de la ville.

Mais le vieux Hull ne s'est pas effacé pour autant. 

En 1975, encore, Pierre Gaudet a fait paraître un sombre pamphlet sur l'état d'aliénation de l'île sans jamais employer une autre expression que « le Vieux Hull ». L'expression Vieux-Hull ou vieux Hull est toujours en usage, cf. Les Dépossédés du Vieux-Hull, de Pierre Raphaël Pelletier, évoqué plus haut. Les vieux toponymes ne disparaissent pas comme ça - témoin l'obstination de plusieurs à parler de Hull plutôt que Gatineau.

À partir de quand le Vieux Hull a-t-il été assez vieux pour mériter de s'appeler ainsi ? Cinq-Mars, dans Hull, son origine, ses progrès, son avenir (1908), ne connaît pas de vieux Hull. Mais il faut dire qu'à l'époque, il ne restait guère de vieux bâtiments à Hull puisque le feu de 1900 avait rasé 40% de la ville. (Voir « Le grand feu de Hull », blogue de Raymond Ouimet.)

Comme Brault semble ignorer l'expression vieux Hull encore en 1950 (sous réserve d’une relecture plus attentive de son ouvrage), il faut supposer que le vieux Hull est relativement jeune, toponomyquement parlant. Pourtant, Pierre Raphaël Pelletier assure que, dans les années 1950, la population était fière de son Vieux-Hull.

Autre question : qui est le génie qui a trouvé la dénomination île de Hull ? Avait-il prévu le succès de sa trouvaille ? Et celle du vieux Hull ?

Je termine piteusement ce texte en vous implorant de me communiquer ce que vous savez sur ces questions de toponymie hulloise, moi, j’ai dit tout ce que je sais.

Sources

  • BOUCHER, Romuald, « La paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Hull », dans : VILLEMAIRE, Luc (coord.), Outaouais : le Hull disparu, Institut d'histoire et de recherches sur l'Outaouais Inc. (IHRO), 1988, p. 23-28.
  • BRAULT, Lucien. Hull 1800-1950. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1950, 262p.
  • CINQ-MARS, Ernest E., Hull, son origine, ses progrès, son avenir. Éditeurs Bérubé frères, 1908.
  • COLLECTIF, Le nord de l’Outaouais : Manuel-Répertoire d’Histoire et de Géographie régionales, Le Droit, Ottawa, 1938, 396 p.
  • GAFFIELD, Chad, dir., Histoire de l'Outaouais, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, coll. «Les régions du Québec», n° 6, 1994, 876 p.
  • GAUDET, Pierre, « Le Vieux Hull », Co-incidences, vol. 5, nos 2-3, mars-avril, oct.-nov., p. 5-25, 1975, revue des étudiants en lettres françaises de l'université d'Ottawa.
  • LEGRIS-DUMONTIER, Sophie-Hélène, La Commission de la capitale nationale et l’Île de Hull : entre identité nationale et conscience régionale (1959-1979), thèse présentée à la Faculté des études supérieures et postdoctorales à titre d’exigence partielle en vue de l’obtention de la maîtrise ès arts en histoire, Université d’Ottawa, 2014.
  • OUIMET, Raymond, Une ville en flammes, Hull, éd. Vents d'Ouest, 1997.
  • PELLETIER, Pierre Raphaël, Les Dépossédés du Vieux-Hull : récit poétique, Ottawa, Les Éditions David, coll. « Indociles », 2020, 144 p. http://geo-outaouais.blogspot.com/2020/01/les-depossedes-du-vieux-hull-recit.html
  • POIRIER, Roger, Qui a volé la rue principale ?, Montréal, éditions Départ, 1986, 331 p.
  • POIRIER, Roger, « Engagement social du diocèse Gatineau-Hull (1963-1987). » Nouvelles pratiques sociales, 8 (1), 173–183, 1995.

mercredi 30 décembre 2020

L'île Hull à Ottawa ?

 

L'île Hull, à Hull (Gatineau), le 7 juillet 2014, en face de l'Île-de-Hull (ne pas confondre !). Le saule n'a pas résisté à la crue historique de 2017 (voir billet du 11 sept. 2019, « Désolation sur l'île Hull ».)
La photo a été prise depuis le belvédère derrière la Cour suprême, à Ottawa. 
Les mouettes manquent à l'appel (lire l'article pour saisir l'allusion.)










L'habitude d'agir avec désinvolture lorsqu'il s'agit de créer ou de manipuler les cartes semble décidément bien implantée. 

Dans un billet publié le 31 mai 2020 (« Frontière Gatineau-Ottawa déplacée ? »), je dénonçais cette manie qu'avaient prise les éditeurs et diffuseurs de cartes (Google et autres) de faire flotter la frontière Québec-Ontario dans la rivière des Outaouais sans égards aux conventions reconnues et acceptées. Il leur arrive de la faire dériver au point que des îles changent de province - toujours à l'avantage de l'Ontario. Leur sens de l'initiative (ou leur sans-gêne) va jusqu'à débaptiser d'autorité des îles qui ont pourtant des toponymes reconnus (voir billet du 6 juin 2020, « Comment Isaac est devenu Kate sans cesser d'être île »). 

Pour tout cette discussion, prière de vous référez aux cartes reproduites plus bas.

On peut ajouter à ces annexions sournoises et à ces changements de noms intempestifs le cas de l'île Hull, île québécoise entre l'Île-de-Hull (ne pas confondre !), à Gatineau, et le promontoire de la Cour suprême, à Ottawa. Anciennement nommée Lone Pine Island (voir billet du 19 avril 2014), elle est depuis longtemps identifié sous le toponyme île Hull sur les cartes topographiques officielles. (Notez que si ce toponyme n'est pas reconnu par la Commission de toponymie du Québec ni inclus dans la base de données toponymiques du Canada, le fait qu'il apparaisse sur les cartes éditées par le gouvernement du Canada lui donne une légitimité certaine.)

Des éditeurs de cartes modernes l'ont renommée Île aux Mouettes - ce qui est descriptif, sans conteste, et tout à fait juste, du moins une partie de l'année, mais néanmoins abusif puisqu'elle a déjà un nom - ; dans certains cas, la frontière est déplacée vers le nord ce qui annexe l'île Hull à l'Ontario. 

Un morceau de Hull dans Ottawa ?... Et combien d'îles dans l'Outaouais pourraient se décrire comme « île aux Mouettes » ?... Presque toutes.

Une certaine légèreté semble décidément présider à l'édition des cartes privées (Google et autres, pour ne pas les nommer), souvent reprises par les autorités publiques. Je pourrais multiplier les démonstrations pour illustrer mon propos. Je me suis limité ici qu'à un nombre restreint d'exemples. 

Lors de la parution de mon billet du 31 mai 2020 (lien plus haut), Luc Villemaire m'a transmis un document rédigé sous la direction de l’arpenteur géomètre Marie Boutin, Intégrité du territoire Québécois. (J'en ai fait mention par un ajout dans le billet.) Selon ce document, la question de la frontière Québec-Ontario entre Hull et Ottawa est bien réglée :

« Le segment [de la frontière Québec-Ontario] de l'Outaouais est une frontière bien délimitée que les provinces n'ont pas mis en doute. En effet, les textes sont clairs, valides et précis (aussi bien les textes de lois que les levés d'arpentages); la limite est '' le milieu du chenal principal de la rivière des Outaouais ''. Il reste cependant que cette limite interprovinciale devrait être démarquée de façon définitive. »

Il reste aussi aux éditeurs de cartes à se mettre au courant de cette « frontière bien délimitée que les provinces n'ont pas mis en doute »... 

Je renonce à contacter Google, l'ayant déjà fait sans obtenir la moindre réponse (voir le billet du 4 mai 2013, intitulé « Courbe immotivée »).


Carte bathymétrique de l'Outaouais (détail) : carte « officielle » s'il en est. L'île Hull, au centre, est bel et bien du côté québécois de la frontière (ligne tiretée noire). 
Service hydrographique du Canada, ministère des Pêches et des Océans, Rivière des Outaouais : Papineauville à Ottawa, Québec-Ontario. Carte marine no 1515, 1/20 000, 1998, corrigée 2005-12-02.


Détail de l'Ottawa Topographic Map (OTM) de l'Université Carleton d'Ottawa, saisie d'écran, juin 2020. Aucun reproche à formuler à l'encontre de ce travail. La frontière Québec-Ontario est correctement reportée. IH (blanc) : île Hull, en partie noyée sous les eaux en crue de la rivière ; elle est bien au Québec.


Détail de la même Ottawa Topographic Map (OTM) de l'Université Carleton d'Ottawa, sans la couche de la photo satellite, saisie d'écran, juin 2020. L'île Hull est débaptisée « Île aux Mouettes » (à droite) et le tracé abusivement rectiligne de la frontière la place en Ontario. Ironiquement, l'île est nommée mais non représentée...
Comme si ce n'était pas assez, tout le secteur des Chaudières passe en Ontario : comparez avec le détail précédant et avec la carte de Google plus bas. (Voir billet du 31 mai 2020, « Frontière Gatineau-Ottawa déplacée ? ».)
La légende de la carte contient ce passage : « CAD and GIS files are available for direct download. Files were originally downloaded in April 2016 from the City of Ottawa Open Data Website. »


Carte provenant de l'application Topo Maps Canada de David Crawshay (détail, saisie d'écran juin 2020.) Frontière Québc-Ontario incorrecte au milieu de la rivière des Outaouais. 
Elle utilise le même fond que la carte de l'OTM, plus haut. Les erreurs se perpétuent et se répandent ainsi...


Carte : 1913. - Version en couleur d'une carte de 1902. Lone Pine Id (détail encadré à droite) : actuelle ile Hull. Qu'importe son nom, l'île est située du côté québécois de la frontière, à Hull. 
Carte photographiée à main levée, distorsions possibles. Twentheth Century Map City of Ottawa and Vicinity. 600 f./inch. A.S. Woodburn, Ottawa, 1913 (détail).


Carte topographique du gouvernement du Canada : 1923-1925. - J'ai identifié l'île Hull par IH en rouge ; toujours en rouge, j'ai souligné des segments de la frontière Québec-Ontario : l'ìle Hull est bien au Québec. 
Carte topographique : 1971. - Hull I(sland), du côté québécois de la frontière.


Carte topographique : 1976. - Île Hull (francisée), du côté québécois de la frontière. Même secteur que la carte de 1971.


Atlas de la Ville de Gatineau, saisie d'écran, juin 2020. La frontière Québec-Ontario passe au sud de l'île Hull (à droite, anonyme sur la carte).


Carte Google (2013). - J'ai corrigé la frontière en rouge (au centre). (Voir le billet du 4 mai 2013, intitulé « Courbe immotivée »). L'île Hull, à droite (sans nom), est au Québec. Google est exact sur ce point...



L'île Hull a longtemps porté le nom de Lone Pine Island. Et pourquoi pas Two Pines Island ? Elle est au milieu de la rivière, à droite. Ottawa (Byrown) avant le Parlement : Edmund Willoughby Sewell (1800-1890), (titre original :) View of Barrack Hill and the Ottawa River at Bytown (Ottawa), ca. 1843-1859, huile sur toile. Bibliothèque et Archives Canada, C-011047, no MIKAN 2837003


Vue de l'Outaouais depuis la Colline du Parlement (vers 1922). - L'île Hull, à droite, plus verte qu'aujourd'hui, mais quand même privée de son (ses) pin(s) solitaire(s). Le pont de la Chaudière, à la droite du centre de la photo.
Anonyme, vers 1922, plaque sèche à la gélatine, MP-0000.25.176, © Musée McCord.


samedi 22 août 2020

Îles du pont Champlain à Ottawa (ajouts)


Ce billet est une réponse à une requête formulée dans un commentaire de James Milks publié le 22 août 2020 dans mon billet du 6 juin 2020, « Comment Isaac est devenu Kate sans cesser d'être une île ».

La question portait sur les îles à l'ouest du pont Champlain dans l'Outaouais, entre Gatineau et Ottawa. Je n'ai malheureusement que peu d'informations à leur sujet, le secteur étant hors de ma zone de prédilection (l'Île-de-Hull et les environs). Ce billet présente ce que j'ai, en vrac, avec mise en forme minimale.


 Carte de 1827 montrant que les rapides Remic du pont Champlain avaient déjà leur nom (Remmox(?) Rapids) de même que les rapides Deschênes (Du Chene Rapid) : voir détail plus bas.
ATTENTION : le nord est en bas !
Alexander Sherriff, Rough draft of the Ground between Dows Swamp on the Rideau Canal & the Chaudiere Lake, 1827, Bibliothèque et Archives Canada, F/440/Ottawa/1827, NMC 79951.
Source : BAC, via PAssages Historiques : http://passageshistoriques-heritagepassages.ca/fra-fre/recherche_et_archives-research_and_archives/bytown.

Détail : Remmox(?) Rapids (Rapides Remic) et Du Chene Rapid (Rapides Deschênes). Rappel: attention, le nord est en bas ! Voir la notice de la Commission de toponymie du Québec à la fin du billet. 
Le pont Champlain actuel passe par les Bate, Cunningham et Riopelle Islands (du N au S). On reconnait (?) aux Remmox Rapids de la carte la Bate Island (la plus grande). Les Cunningham Island et Riopelle Island n'y apparaissent pas. La petite île allongée plus près de la rive n'existe plus ou constitue un haut fond semé d'îlots isolés.
Tout ça dans la mesure où l'on peut se fier aux plus menus détails de cette carte.


J'ai consulté quelques cartes topographiques du gouvernement du Canada. On peut les télécharger depuis le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
https://www.banq.qc.ca/accueil/


Carte topo de 1918 ; 1/63 360


  • Remic Rapids à l'emplacement du futur pont Champlain ; les îles ne sont pas nommées.
  • Aylmer Island face à Queens Park au Québec.



Carte topo de 1923 ; 1/63 360 


  • Remic Rapids à l'emplacement du futur pont Champlain.
  • Îles du futur pont Champlain, toutes en Ontario (du N au S) : Bate Island, Cunningham Island, Riopale (sic) Island.
  • Les îlots immédiatement à l'ouest du pont sont anonymes (et le sont encore).
  • Beaucoup plus à l'ouest, il y a Aylmer Island (en Ontario), face à Queens Park et The Cedars, au Québec.



Carte de 1935 ; 1/63 360 


  • Elle corrige Riopale pour Riopelle.
  • Pas de changements jusqu'à nos jours, sauf celui noté immédiatement plus bas.



Cartes 1975 et 1984 ; 1/50 000


  • L'appellation Les Cèdres (au lieu de The Cedars) a été adoptée entre la publication de la carte de 1975 et celle de 1984. Queens Park n'a pas été dépabtisé.


Notez qu'Aylmer Island est localement connue sous le nom d'Île-aux-Fesses, allez savoir pourquoi.


Commission de toponymie du Québec 

« Le pont Champlain, reliant les villes de Hull et d'Ottawa, enjambe la rivière des Outaouais à la hauteur des rapides Remic. [...] Les rapides ont été nommés en mémoire d'Isaac Remic, concessionnaire, en 1806, d'un terrain dans ce secteur, rattaché au canton de Hull. Remic était l'associé de sept autres colons dont le chef du canton, Philemon Wright, propriétaire d'une bonne partie des terres de la concession de Hull. Tous avaient pour ambition le développement de ce qui est devenu aujourd'hui Hull et ses environs. » (CTQ, consultée le 22 août 2020.)

AJOUT 1 (23 août 2020)

Il existe une île Isaac plus à lest dans la rivière, ainsi que l'indique le billet objet du commentaire prétexte au présent billet. Doit-elle son toponyme à cet Isaac Remic ? (Voir billet du 6 juin 2020.)

AJOUT 2 (23 août 2020)


© Google. Le pont Champlain, entre Gatineau (autrefois Hull, au nord) et Ottawa (au sud). Notez que la carte est correctement orientée, le nord est en haut !
Les noms des Bate, Cunningham et Riopelle Islands sont visibles.
Les rapides Remic sont visibles à l'est du pont, mais ne sont pas identifiés (sinon en petits caractères entre les îles Bate et Cunningham, dans un chenal plutôt calme de la rivière).
Le site des Stromatolites du pont Champlain, inscrit aux Sites géologique exceptionnel du Québec a été localisé (à Gatineau, à gauche du pont, sur la rive).
J'ignorais, avant de recevoir le commentaire de James Milks (voir premier paragraphe) que Google permettait à ses usagers d'ajouter des noms à ses cartes. Ça explique certains désordre dans la toponymie... Bel outil pour foutre le bordel. Chelsea Leigh Island m'en semble un exemple. Cette île est anonyme sur toutes les cartes consultées et j'ai vérifié auprès de la Commission de toponymie du Québec : aucune île Chelsea Leigh n'existe officiellement. 
Qu'il existe des noms populaires auprès des noms officiels ne me dérange pas (témoin l'Île-aux-Fesses évoquée plus haut), mais que n'importe qui impose des noms à sa fantaisie, ou pire, dépabtise des entités déjà nommées, c'est autre chose. 
J'y reviendrai.

samedi 6 juin 2020

Comment Isaac est devenu Kate sans cesser d'être île


Lire le commentaire de James Milks publié à la suite de ce billet le 22 août 2020. Voir également ma réponse à ce commentaire dans le billet du 22 août 2020.

Ce billet a une suite : billet du 30 déc. 2020, « L'île Hull à Ottawa ? »


Photo 2013 (nov.) - Lazy Bay, à Ottawa. Bay Island, à droite, Clements Island à gauche (morcelée en plusieurs îlots) ; à l'arrière plan, la section du pont qui relie Bell Island, à droite, à Lemieux Island (au fond, à gauche). Notez que je laisse les toponymes dans la langue où ils sont sur les cartes officielles. 


.
Il y a un moment déjà que je pense jeter un coup d'oeil sur le chapelet d'îles jeté entre la baie Squaw (Gatineau) et Lazy Bay (Ottawa) dans la rivière des Outaouais. Les deux baies, étroites et allongées, et l'archipel qui les relie coïncident avec le passage de la faille Hull-Gloucester, accident qui traverse la région du NW vers le SE. C'est une vieille faille, inactive depuis au moins 100 millions d'années. Elle est... Je sens que je pourrais en dire encore beaucoup, mais ce n'est pas le sujet. Voyez ce que j'en ai déjà écrit ailleurs dans ce blogue.

Chacun de ces îlots ou presque a son toponyme consacré par la tradition. La carte la plus ancienne utilisable à cet égard date de 1895 (voir carte de cette année), du moins à ma connaissance. Une carte extraite du Rapport Holt (1915) est la première, toujours à ma connaissance, à nommer la Squaw Bay (terme que la rectitude politique nous ferait rejeter aujourd'hui ; la Commission de toponyme du Québec mentionne que ce terme est péjoratif ou injurieux). Quand j'étais petit, ayant grandi dans le quartier tout près, cette appellation n'était jamais utilisée ; on parlait de la Baie des tout nus. Dieu seul sait pourquoi !

(Notez pour la suite que je respecte ici l'usage qui laisse les toponymes dans la langue où ils sont sur les cartes officielles modernes.)

Ces îles sont malheureusement difficiles à photographier. Des îles plates, vues depuis une rive tout aussi plate, n'offrent à l'objectif qu'une mince tranche. C'est comme photographier des crêpes depuis le dessus de la plaque chauffante (photos 2013).

La frontière Québec-Ontario passe au sud de l'île Young (Commission toponymie du Québec (CTQ)), Boom (CTQ) et Cape (CTQ). Google (2013, 2020A,B) remonte la frontière vers le nord, annexant ces îles à l'Ontario. Ce n'est d'ailleurs pas sa seule erreur en la matière, voir le billet « Courbe immotivée », daté du 4 mai 2013.

Les atlas en ligne des Villes de Gatineau et d'Ottawa (voir détails de ces cartes) rectifient l'erreur de Google. -- Pour ce qui est du tracé dans ces atlas de la frontière plus à l'est, aux Chaudières, voyez le billet du 31 mai 2020.

Mais tout est sujet à l'érosion, la toponymie comme les îles. Certaines ont disparues (élévation du niveau de la rivière ou travaux de régulation du lit de la rivière ? : voir billet du 8 juin 2014, « Disparitions aux Chaudières »), d'autres ont changé de nom, d'autres, enfin, ont perdu le leur et sont devenues des îles anonymes.

Clement (1895) ou Clements Island (1902, etc.), par exemple, n' est plus qu'un trio d`îlots minuscules et anonymes tandis que Nicholas (1895)/Nicholis (1902)/Nichols Island (Google 2013, etc.) semble s'être élargie ; comparez les photos satellites de Google 2020A,B avec les plus anciennes cartes affichées.

Je n'ai pas trouvé de renseignements sur l'origine des toponymes des îles québécoises, sauf sur celui de l'île Yvette-Naubert (autrice, 1918-1982 ; CTQ). Son toponyme original, North Island (1895), s'explique de lui même, étant l'île la plus au nord de l'archipel à travers la rivière. L'île Boom, au Québec, a dû servir de point d'ancrage aux estacades ou booms pour le flottage du bois.

Les choses ne sont pas plus avancées pour ce qui est des îles ontariennes. Fury Id. doit peut être son nom à sa proximité des rapides de la Petite Chaudière, immédiatement en amont des îles (1913, 1915, etc.). Bay Id., dans Lazy Bay, n'a pas cherché son nom bien loin, non plus que Rock Id. Avais-je besoin de vous débiter ces évidences ? Mais qui sont les Mary, Isaac et Nicholis (ou Nicholas, ou Nichols) immortalisés (?) par des toponymes ?

J'ignore ce qui a pu motiver le débaptisement d'Isaac Id., devenue Isabelle Island sur l'Ottawa Topographique Map de l'Université Carleton (OTM, 2020) ; elle forme ainsi un trio avec les tout aussi inexplicables Boyd et Kate Islands, îlots laissés jusque-là anonymes.


Google 2020A. - Rivière des Outaouais entre la baie Squaw, au nord (Gatineau, Québec) et Lazy Bay au sud (Ottawa, Ontario). Google fait passer la frontière Québec-Ontario trop au nord, annexant trois îles québécoises à l'Ontario (voir aussi la carte Google 2013) ; l'une d'elles, l'île Young, est en plus rebaptisée Lumpy Denommee's Island (!?) (voir Google 2020B).
Noter les rapides de la Petite Chaudière, à gauche ; le pont Noir, ou Prince-de-Galles, à droite, qui longe Lemieux Island où est construite l'usine de traitement des eaux de la Ville d'Ottawa. En haut à droite, le barrage en hémicycle de la Grande Chaudière.



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Liste de toponymes des îles entre la baie Squaw (Québec) et la Lazy Bay (Ontario) : 1895-2020

Sauf indication contraire, l'arrêt de l'usage d'un toponyme signifie qu'une île est devenue anonyme sur les cartes et non une disparition physique. Les toponymes Squaw Bay (Québec) et Lazy Bay (Ontario) apparaissent une première fois à ma connaissance sur la carte de 1915. Sur les cartes moderne, on francise le premier toponyme en baie Squaw.

Îles québécoises (nord au sud) 

  • North Id. (Island) : ce nom n'apparaît que sur la carte de 1895 ; île anonyme en 1902, 1913 et 1915* ; aujourd'hui île Yvette-Naubert.
  • Young Id. : dès 1895 et sur toutes les cartes suivantes ; sur les cartes modernes, francisée en Île Young (CTQ). Inexplicablement nommée Lumpy Denommee's Island par Google (2020A,B) qui la place en Ontario (aussi, Google 2013).
  • Cape Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. Google (2013, 2020A,B) l'annexe à l'Ontario sans lui donner de nom. La CTQ reconnaît l'île Cape.
  • Shoal (haut-fond) : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. Disparu des cartes.
  • Boom Id. : sur les carte de 1895, 1902 et 1915*. La carte de l'OTM (2020) nomme Boom Island la partie nord de Nichols Island en Ontario et place une Île Lemieux à l'endroit de l'île Boom au Québec. D'autres cartes récentes (non montrées ici), font de même sur ce dernier point, créant ainsi un doublon avec Lemieux Island, en Ontario. Google (2013 et 2020A) place l'île Boom (anonyme) en Ontario. La CTQ reconnaît le toponyme île Boom.
  • Note de dernière minute. - Pour compliquer d'avantage les choses, en plus de transformer l'île Young en Lumpy Denommee's Island, Google 2020B a rebaptisé l'île Boom qui est devenue Île Young. Il faut zoomer la carte de Google pour que tous ces éléments s'affichent.

Vers l'est

  • Amanda Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. L'île n'existe plus depuis une date à déterminer.
  • Mary Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. Devenue un îlot anonyme.
  • Plus loin vers l'est, en amont des Chaudières, l'île Russell. Le shoal (1902, 1913) émerge parfois pour former une seconde île qui se joint ou non à l'île principale. L'île Russell est disparue à une date indéterminée. Elle est située au Québec, malgré Google (2013, 2020A) et d'autres éditeurs de cartes. (Billet du 8 juin 2014, « Disparitions aux Chaudières »)

Îles ontariennes (nord au sud) 

  • Merrill Id. : sur toutes les cartes dès 1895.
  • Nicholis Id. (1895) ou Nicholas id (1902) ; Nichols Island sur les cartes récentes.
  • Fury Id. : sur toutes les cartes dès 1895.
  • Bell Id. : sur toutes les cartes dès 1895.
  • Rock Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*.
  • Clement Id. (1895) ou Clements Id. (1902, 1913 et 1915*). Devenue un trio d'îlots anonymes.
  • Isaac Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. Selon l'OTM (2020), est devenue Kate Island** ; au nord, un îlot anonyme jusque-là est devenu Boyd Island et un îlot invisible (!), au fond de la Lazy Bay, Isabelle Island. 
  • AJOUT (23 août 2020) Cet Isaac serait-il Isaac Remic, celui qui a donné son nom aux rapides qui passent sous l'actuel pont Champlain ? Voir le billet du 22 août 2020.

Vers l'est

  • Lemieux Island : la plus grande île ; sur toutes les cartes dès 1895, sauf celle de l'OTM (2020) : celle-ci place une Île Lemieux à l'endroit de l'île Boom, au Québec. D'autres cartes récentes (non montrées ici), font de même, créant ainsi un doublon dans le secteur. La CTQ ne connaît aucune île Lemieux dans la rivière.
  • Lyon Id. : sur les cartes de 1895, 1902 et 1915*. Elle a été annexée à Lemieux Island à une date à déterminer.
*1915 : le fichier de la carte de cette année en ma possession étant d'une faible résolution, il est difficile de bien lire les toponymes. On peut les deviner en se référant aux cartes précédentes. 
** Ou Isabelle Island, la chose n'est pas très claire.

Une frontière et un « Plouf ! »

Peut-être faudrait-il parler aux cartographes et aux éditeurs de cartes pour qu'ils cessent de déplacer les frontières et s'abstiennent de débaptiser les îles au gré de leur fantaisie ? (Voyez le billet du 31 mai 2020. et celui du 4 mai 2013, intitulé « Courbe immotivée »). Je parlerai dans un billet prochain d'une autre île victime d'une annexion par distraction du cartographe et aussitôt débaptisée... 

Une anecdote pour terminer. Un ami qui a travaillé dans un ministère près de la Lazy Bay m'a assuré que l'eau était profonde à cet endroit et qu'on venait y précipiter des voitures volées. Ça serait intéressant de faire de la plongée dans le secteur. (J'ai d'ailleurs déjà vu l'été 2019 des plongeurs s'exercer à Bell et Lemieux Islands.)


Carte de 1895. - Détail autour de Lemieux Island ; Lazy Bay (sans nom) en bas à gauche, à Ottawa ; la baie Squaw (sans nom), en haut, au centre, à Hull (Gatineau). L'île immédiatement au sud de la baie Squaw est la North Id. , aujourd'hui île Yvette-Naubert. Le nom des autres îles sont plus lisibles sur la carte 1902. 
Carte photographiée à main levée, distorsions possibles. 
Notez que le quadrillage de rues du côté québécois n'a jamais existé. Plan of the City of Ottawa and Vicinity. Compiled by J.B. Brophy, C.E., 1895. 800 f./inch.


Carte de 1902. - Détail similaire à celui de la carte 1895. Little Chaudière Rapids, à l'ouest. Nicholis Id (1895) est devenue Nicholas Id. Elle est aujourd'hui Nichols Island (Google 2013, etc.). Les rapides de la Petite Chaudière à gauche (autre effet de la faille Hull-Gloucester) sous le nom de Little Chaudière Rapids.
Carte photographiée à main levée, distorsions possibles. Twentheth Century Map City of Ottawa and Vicinity. 600 f./inch. A.S. Woodburn, Ottawa, 1902.


Carte de 1913. - Version en couleur de la carte de 1902. J'en montre ici une section plus étendue. Les baies Squaw et Lazy (anonymes) à gauche, les Chaudières (Chaudière Falls) au centre. Carte photographiée à main levée, distorsions possibles. Twentheth Century Map City of Ottawa and Vicinity. 600 f./inch. A.S. Woodburn, Ottawa, 1913.


Carte de 1915. - Détail retouché (en rouge) d'une carte du Rapport Holt (1915). 
Rivière des Outaouais, entre Hull (aujourd'hui Gatineau), au nord, et Ottawa, au sud.
Edward H. Bennett (consult.), Report of the Federal Plan Commission a General Plan for the Cities of Ottawa and the Hull, 1915.
Image tirée du billet intitulé « Courbe immotivée », du 4 mai 2013.
Première apparition de Squaw Bay. La frontière Québec-Ontario (partiellement surlignée en rouge) passe au sud des îles Young et Boom. Vers l'est, elle s'incurve pour passer au sud de l'île Russell (j'ai ajouté le R et les hachures rouges) et couper le barrage en hémicycle (surligné en rouge vif) aux chutes de la Grande Chaudière (Chaudière Falls). (L'île Russell n'existe plus, ce qui fait paraître aujourd'hui la courbe de la frontière comme le résultat d'un inexplicable caprice du cartographe. Voir billet du 8 juin 2014, « Disparitions aux Chaudières ».)


Carte topographique de 1998 (1:50 000). - « Renseignements à jour en 1994. Publiée en 1998. » En bon accord avec la carte de 1915. Les écritures la rendent presque illisible, laissant juste assez d'espace pour inscrire les noms de l'île Yvette-Naubert, de l'île Young (au Québec), de Bell I. et de Lemieux I. (en Ontario). Baie Squaw et Lazy B. (Québec et Ontario). 


Google 2013. - J'ai corrigé le tracé de la frontière Québec-Ontario en rouge (voir carte 1915 pour la position de l'île Russell qui explique le détour de la frontière au centre). Google, pour ce qui nous intéresse ici, la place au nord du groupe d'îles dominé par l'île Young. (Carte tirée du billet « Courbe immotivée », daté du 4 mai 2013.). Pour la question de la frontière aux Chaudières (à droite), voir le billet précédent (31 mai 2020).


Atlas de la Ville de Gatineau, saisie d'écran, juin 2020. - La frontière Québec-Ontario passe au bon endroit.


Atlas de la Ville d'Ottawa, saisie d'écran, juin 2020. - La frontière Québec-Ontario (ligne grise pâle) passe au bon endroit.


OTM, 2020. - Détails de l'Ottawa Topographic Map (OTM) de l'Université Carleton d'Ottawa, saisie d'écran, juin 2020. De nouveaux noms apparaissent, d'autres sont déplacés de façon inexplicable. Du nord au sud : Baie Squaw, Île Lemieux (sic) au lieu d'Île Boom, Île Young, Merrill Island, Île Boom (sic) au mauvais endroit, Fury Island, Nichols Island, Bell Island, Lazy Bay, Boyd Island (nouveau nom), Kate Island (au lieu d'Isaac Island) et Isabelle Island (nouveau nom). La frontière Québec-Ontario passe au bon endroit.


OTM, 2020 (détail agrandi). 


Google 2020B. - Découverte de dernière minute. Google mêle les cartes. L'île Young est renommée Lumpy Denommee's Island et l'île Boom devient l'île Young. L'île Cape est devenue un îlot anonyme. Ajoutons que la frontière Québec-Ontario devrait passer au sud des ces îles qui sont toutes au Québec (voir carte 1915, etc.).


Photo 2013 (nov.) - Îles dans Lazy Bay, vues depuis le pont de Lemieux Island, à Ottawa. À droite, l'île Young et l'île Boom, au Québec ; à droite, Merrill et Nichols Islands.