jeudi 28 janvier 2016

L'Île-de-Hull contaminée


L'Île-de-Hull en 1935. 
Carte topographique (détail), «Original survey 1923. Revised 1935», 1/63 360, courbes de niveau en pieds. (Photo à main levée, distorsions possibles.)


Il y a deux ans, j'avais fait écho à la carte interactive des sites contaminés du Québec mise en ligne par L'actualité. C'était un travail signé Hugo Joncas.

Or, je viens de découvrir une compilation des sites contaminés, ou potentiellement contaminés, du Vieux-Hull par l'historien Raymond Ouimet.

De quoi avoir peur, notamment, de quelques pelouses vertes...


«Des secteurs spécifiques, comme le parc Jacques-Cartier et le parc linéaire, sont davantage contaminés que d’autres. En fait, plus d’une quarantaine de terrains de l’île le sont.» Source : Raymond Ouimet dans : «Les terrains contaminés du Vieux-Hull expliqués par Raymond Ouimet», par Michel Moyneur, Info07, 5 févr. 2014.

vendredi 15 janvier 2016

La prochaine ère glaciaire retardée (et «vieil» ajout + nouvel ajout)


Bloc erratique dans le parc de la Gatineau, près de Chelsae (Québec) : souvenir de la dernière glaciation (dernière dans tous les sens du terme ?). Le sac à dos à gauche donne l'échelle. Voir ces anciens billets. Photo août 2011.


«La prochaine ère glaciaire, qui aurait pu intervenir dans 50 000 ans, pourrait être retardée d'autant du fait du réchauffement climatique généré par l'homme, indique jeudi une étude publiée dans la revue Nature(Source : Agence France-Presse, dans La Presse, 14 janv. 2016.)

Le résumé de l'article de la revue Nature est disponible ; pour l'article complet : faut payer. Extraits (c'est moi qui souligne, ou plutôt, qui engraisse) :

«The past rapid growth of Northern Hemisphere continental ice sheets, which terminated warm and stable climate periods, is generally attributed to reduced summer insolation in boreal latitudes. Yet such summer insolation is near to its minimum at present, and there are no signs of a new ice age. This challenges our understanding of the mechanisms driving glacial cycles and our ability to predict the next glacial inception. Here we propose a critical functional relationship between boreal summer insolation and global carbon dioxide (CO2) concentration, which explains the beginning of the past eight glacial cycles and might anticipate future periods of glacial inception. [...] Additionally, our analysis suggests that even in the absence of human perturbations no substantial build-up of ice sheets would occur within the next several thousand years and that the current interglacial would probably last for another 50,000 years. However, moderate anthropogenic cumulative CO2 emissions of 1,000 to 1,500 gigatonnes of carbon will postpone the next glacial inception by at least 100,000 years.»

C'est ce qui s'appelle un super effet anthropocène ! Les anciennes civilisations laissaient des ruines qu'il a fallu remettre au jour ; nous, nous chamboulons les jours, les saisons et même les ères ! (Voir billet récent sur l'Anthropocène.)



Ajout (16 janv. 2016)

Voir aussi ce vieux texte sur le même sujet : «Notre CO2 reporte la prochaine glaciation», par Pierre Barthélémy, blogue «Passeur de sciences», Le Monde, 11 janvier 2012. Il traite d'une étude publiée en 2012 dans Nature Geoscience. Voici deux extraits du texte de Pierre Barthélémy (ces extraits contiennent des liens que vous retrouverez dans le blogue original). C'est encore moi qui engraisse des passages :
«Car pour que la glaciation s'enclenche, les chercheurs estiment que le taux atmosphérique de CO2 ne doit pas dépasser les 240 ppm. Nous sommes loin du compte et il faut aussi noter que la valeur pré-industrielle est également supérieure à cette barre, ce qui pourrait indiquer que, même avant le début de l'utilisation massive des combustibles fossiles au XIXe siècle, les activités humaines (agriculture, élevage, déforestation) avaient déjà modifié la composition de l'atmosphère et la machine climatique. Quoi qu'il en soit, avec nos 390 ppm de CO2 actuelles, nous avons une bonne assurance contre le retour de l'âge de glace : même en coupant net (et définitivement) toute émission de dioxyde de carbone, il faudrait probablement des siècles voire davantage pour que la nature absorbe ce surplus de carbone et que l'on revienne ne serait-ce qu'à la valeur pré-industrielle.»

«Pour Luke Skinner, de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) et un des auteurs de l'étude, qui est interrogé par la BBC, "c'est un intéressant débat philosophique – "serions-nous mieux dans un monde chaud [de type interglaciaire, précise la BBC] que dans une glaciation ?" et il est probable que oui. Mais c'est ne pas comprendre l'enjeu, parce que ce vers quoi nous nous dirigeons, ce n'est pas vers le maintien de notre climat actuellement chaud, c'est vers un climat qui se réchauffe encore plus, et ajouter du CO2 à un climat chaud est très différent que d'en ajouter à un climat froid." »
Évidemment, chauffer quand il fait chaud n'est pas une très bonne idée !...

Ajout (20 janv. 2016)

«Pas d’âge glaciaire avant 100.000 ans !», Loïc Chauveau, Sciences et Avenir, 19 janv. 2015. Extraits :

«Il y a 800 000 ans, notre planète était exactement à la même position [qu'aujourd'hui], et il y a bien eu extension de la calotte du pôle. La différence, c’est qu’alors la teneur en CO2 dans l’atmosphère était de 240 ppm (parties par million). Or, la Terre a retrouvé la même position favorable [à une nouvelle glaciation] juste avant la révolution industrielle alors que la teneur était de 280ppm. Un écart suffisant ? Les modèles ont bien confirmé qu’une telle différence de concentration suffisait à repousser le début de la prochaine glaciation de… 50 000 ans !

280 ppm, c’était avant que l’homme ne se mette à brûler de grandes quantités de charbon, de gaz et de pétrole. En 2015, les teneurs en CO2 ont atteint les 400 ppm. Le retour d’un âge glaciaire, disent les chercheurs, est donc encore moins pour demain [...]

"Aujourd’hui, c’est l’Humanité avec ses émissions de combustion des énergies fossiles qui détermine le futur développement de la planète, philosophe Hans Joachim Schellnhuber*. Cela montre clairement que nous sommes entrés dans une nouvelle ère et que l’Humanité elle-même est devenue une force géologique. En fait, nous entrons dans une époque que nous pourrions surnommer le ‘déglacial’"»

Avec ces mots, on comprend que l'article se termine sur la question de l'Anthropocène : y sommes-nous entrés ou pas ? (voir billet du 9 janv. 2016.)


* Fondateur et directeur actuel Institut de Potsdam pour la recherche sur le climat .


jeudi 14 janvier 2016

Gaz de schistes près d'Ottawa : chiche ! (suite)


Bande gris foncé (52b) traversant la carte d'Ottawa à Vankleek Hill : shales (ou schistes, si vous persistez à malmener la terminologie...) de la formation de Billings, formation gazifère continue la plus importante de l'est de l'Ontario. Détail de : Bedrock Geology of Ontario, Southern Sheet, Commission géologique de l'Ontario, 1991, carte 2544, échelle 1:1 000 000


«Le maire d'une petite municipalité de l'Alberta se sent abandonné par le gouvernement provincial dans le dossier de la fracturation hydraulique, à la suite du 367e phénomène sismique à survenir depuis un an dans les environs. [...] Les activités sismiques à Fox Creek ont commencé à inquiéter les résidants en décembre 2014, après 18 tremblements de terre d'une magnitude variant entre 2,7 et 3,7. En janvier 2015, plusieurs autres secousses, atteignant jusqu'à 4,4 sur l'échelle de Richter, ont été enregistrées.» (Source : La Presse Canadienne, dans La Presse, 13 janv. 2016.)

367 séismes en un an. Comme nous sommes dans une année bissextile, le bilan en 2016 risque d'être encore plus lourd !

Sommes-nous à l'abri de semblables secousses ? Rappelons qu'il existe du gaz de shales (et non de schistes !, voir légende sous l'illustration) à Ottawa et dans l'est de l'Ontario.

Vérifiez vos fondations !

Autres billets sur le même sujet



mardi 12 janvier 2016

Hors sujet : brise sur le lac Érié


Photo : © Dave Sandford
.


«À cause de sa faible profondeur de 19 mètres en moyenne sur son étendue de 25 700 km², le lac Érié reste imprévisible. ''En un clin d'œil, des montagnes s'élèvent et s'effondrent depuis les sombres tréfonds du lac Érié'' légende [Dave Sandford]. Un spectacle aussi violent qu'évanescent qu'il a su saisir et qui fait connaître son nom à l'international aujourd'hui.»

Dans Le Figaro du 31 déc. 2015.



samedi 9 janvier 2016

Bienvenue dans l'Anthropocène

Paysage d'avant l'Anthropocène. Ruisseau de la Brasserie, Gatineau (Québec). Photo © Henri Lessard, 23 déc. 2015.


Extraits de 

«Allons-nous entrer dans l’[A]nthropocène en 2016 ?»

Stéphane Foucart, Le Monde, 2 janv. 2016.

«Un nouveau chapitre de l’histoire de la Terre s’est-il vraiment ouvert ? On ne commencera à le savoir qu’au printemps 2016, avec la réunion-clé, à Oslo, en Norvège, d’une quarantaine de chercheurs qui rendront les conclusions de leurs travaux sur l’anthropocène : sa caractérisation, son début, etc. Bref, sa réalité.

Pour une majorité de scientifiques, mais aussi dans la presse, la cause est pourtant déjà entendue : la planète est bel et bien entrée dans l’anthropocène. Imaginé en 2000 par le chimiste et Prix Nobel néerlandais Paul Crutzen pour définir l’«ère de l’homme» – devenu la principale force géologique qui s’exerce désormais sur la Terre –, l’anthropocène s’est rapidement imposé dans le débat public.

[...]

[P]our que l’anthropocène soit officiellement reconnu, il faut lui trouver une réalité géologique, déterminer la signature permettant de l’identifier dans les strates géologiques qui se forment aujourd’hui.»

Reste aussi à décider si l'Anthropocène (avec majuscule s.v.p.) est une ère ou une période. Un autre article du Monde signé aussi par Stéphane Foucart précise qu'il s'agirait d'une période. Wikipedia est plus réservée et parle d'une époque, ce qui est l'échelon immédiatement plus bas dans l'échelle stratigraphique (voir encore Wikiki).

Voir les autres billets (2) du blogue sur le même sujet.
Voir aussi le billet sur le tableau des temps géologiques (5 déc. 2015). 

En avril prochain, la Commission internationale de Stratigraphie doit décider sur le statut de l’Anthropocène.


Le même paysage pendant l'Anthropocène. Buildings et rejets de neige de l'autoroute sur la glace. Photo © Henri Lessard, 30 déc. 2015.

mardi 5 janvier 2016

Hors sujet : les monts Otish (suite vers la fin)





Les monts Otish (Québec), au sens strict, d'après Rousseau (1959), le premier géographe moderne à les avoir cartographiés. Peu de ses suggestions de toponymes perdure cependant encore aujourd'hui. Référence et plus de détails dans l'«Ajout» du 5 janv. 2016 à la fin du billet précédent.


vendredi 1 janvier 2016

Hors sujet : les monts Otish/Watshish (suite et ajouts)


Bref retour sur les monts Watshish/Otish ou complément au billet précédent, prière de vous y reporter, je ne voudrais pas devoir tout répéter. Quand même, voici en gros de quoi il est question : pendant longtemps, les très localisés monts Watshish (aujourd'hui Otish), au NE du lac Mistassini, ont été étirés par les cartographes aux proportions d'une chaîne coupant le Québec en deux pour rehausser (c'est le mot qui convient) la ligne de partage des eaux entre le versant de la baie James et celui du Saint-Laurent. 

Les monts Watshish n'apparaissent pas sur la carte des Régions de colonisation (carte 1a,b,c, 1911) reproduite plus bas. La «Ligne de partage des eaux» entre les versants du Saint-Laurent, de la baie James et de la mer du Labrador y est par contre reportée (carte 1b). Le cartographe n'a pas cru nécessaire de souligner ou d'engraisser cette mince ligne par une chaine de montagnes imaginaire. (Il serait préférable d'aller examiner le document original au lieu des versions réduites affichées dans le billet ; le lien figure dans la légende.)

Pour comparaison, des cartes mises en ligne dans le billet précédent et datant de 1926 sont reprises ici. On y fera connaissance avec les monts Watshish à l'apogée de leur extension cartographique (cartes 2 et 3).

Ce billet n'est pas «composé», en ce sens qu'il s'agit d'informations mises l'une à la suite de l'autre pour compléter le dossier, mais sans synthèse ou conclusion.

Le point essentiel de tout ceci est que les monts Otish constituent le «pivot hydrographique du Québec» et que des rivières qui s'écoulent dans la baie James et dans le Saint-Laurent trouvent leur source dans le même coin du territoire. (Voir passages en gras dans le texte.)


Carte 1a (Québec, 1911). Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
L'élément intéressant pour notre sujet est la ligne de partage des eaux qui serpente de l'Abitibi (au nord du lac Témiscamingue) au Labrador (près du détroit de Belle-Isle) (voir détails plus bas). Carte de la province de Québec indiquant ses principales régions de colonisation, 1911, Québec, 1: 3 168 000. BnQ, Cote : G/3451/J1/1911/C37 DCA, G/3451/J1/1911/C37 CAR. Numéro catalogue Iris : 0000077951


Carte 1b (Québec, 1911, détail retouché). Le W indique la position approx. des monts Watshish (Otish). Pas de quoi en faire une chaîne d'envergure continentale ! (Voir billet précédent.) La mince Ligne de partage des eaux passe au sud du lac Mistassini et des monts Watshish. (Mais voir carte 4 !) À gauche : le lac Mistassini ; à droite, les contours du futur réservoir Manicouagan (voir carte 4).



Carte 2 (Frères maristes, 1926, détail). Cette carte, plus récente que la carte 1 (1911), a suivi néanmoins une tradition beaucoup plus imaginative ! Les monts Watshish (Otish), qui s'étendent de l'Abitibi jusqu'au Labrador coïncident avec la ligne de partage des eaux (pointillé), déjà reportée sur la carte de 1911. Photo à main levée, pardonnez les distorsions.


Carte 1c (Québec, 1911, autre détail : le lac Témiscamingue apparaît dans le coin SW). Comparez la ligne de partage des eaux (mince ligne rouge pointillée) avec les monts Watshish de la carte des Frères maristes, plus bas.



Carte 3 (Frères maristes, 1926, détail). De très sinueux monts Watshish ondulent en Abitibi. La chaîne (en fait, la ligne de partage des eaux, ces monts n'existent pas) déborde même en Ontario - ou, de l'Ontario, déborde au Québec, selon le point du vue que l'on préfère. Photo à main levée, pardonnez les distorsions.


Références

  • Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Carte de la province de Québec indiquant ses principales régions de colonisation, 1911, Québec, 1: 3 168 000.
  • Frères maristes (1926), Atlas-Géographie de la province de Québec et du Canada avec des notions générales sur les cinq parties du monde : cours supérieur, 5ème et 6ème année, Montréal, Librairie Granger Frères Limitée, 114 pages.



Ajout (4 janv. 2016)


Carte 4. Les Editions Brault & Bouthillier, Carte du Québec et du Labrador (détail retouché ; saisie d'écran). Carré noir : mont Yapeisto. À gauche, le lac Mistassini ; à droite, le réservoir Manicouagan.

Cette carte aux qualités pédagogiques indéniables (elle montre approx. le même secteur que la carte 1b) permet de voir clairement les monts Otish (augmentés des reliefs environnants) coupés en deux par la ligne de partage des eaux. Le plus haut sommet du massif au sens strict, le mont mont Yapeitso (1130 m ; voir billet précédent), culmine au sud de la ligne. À m'intéresser aux «erreurs» des cartographes anciens, j'aurais donc commis moi-même une bourde en plaçant les monts Otish au nord de la ligne de partage des eaux ?

À propos de la ligne de séparation des eaux


J'ai eu beaucoup de mal à situer les monts Otish par rapport à la ligne de partage des eaux. Je les ai d'abord naïvement placés du côté du versant de la baie d'Hudson avant de me rendre compte de mon erreur. Les Monts Otish sont partagés entre le versant de la baie James (qu'on peut rattacher au grand versant de la baie d'Hudson) et celui du Saint-Laurent. Pour une compréhension plus aboutie des choses, la documentation disponible n'est pas toujours d'une grande utilité. Les cartes à petites échelles fournissent un fouillis de lacs, de ruisseaux et de rivières qu'il est difficile d'intégrer dans un paysage plus vaste ; les cartes à grandes échelles offrent une vue trop simplifiée. Entre les deux, se trouve ce qu'on aimerait savoir. Rousseau a eu beau dire que les monts Otish (Watshish) constituaient le «pivot hydrographique de la péninsule Québec-Labrador» (1959, p. 457, réf. à la fin du texte), ce pivot a un caractère pour le moins insaisissable
.

«La région [des monts Otish] est caractérisée par un relief de cuestas orientés d'est en ouest et dont les fronts, les versants raides, font face au nord. Elle constitue un plateau tabulaire d'altitude moyenne de 750 m. Plusieurs rivières importantes prennent leur source à cet endroit. Elles coulent principalement vers l'ouest (rivière Eastmain*) ou vers le sud (rivières Témiscamie*, Péribonka**, aux Outardes**).»
* versant de la baie James (riv. Témiscamie, via le lac Albanel) ;
** versant du Saint-Laurent.

(Modifié de Wikipedia.)


Autres réf.
Suivi hydrologique de différentes stations hydrométriques, Centre d’expertise hydrique du Québec, Les régions hydrographiques
https://www.cehq.gouv.qc.ca/suivihydro/default.asp

Portrait régional de l’eau, Gouvernement du Québec
http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/regions/region10/10-nord-du-qc.htm




Ajout (5 janv. 2016)

Ce qui suit devait faire l'objet d'un billet séparé, mais comme il s'agit de données en vrac qui s'ajoutent tout naturellement aux données très partielles du présent billet, je préfère les placer ici plutôt que d'éparpiller l'information.



Carte 5a. Détail de la carte géologique interactive du Québec, Système d'information géominière du Québec. Le repère indique la position des monts Otish et du mont Yapeitso (voir cartes suivantes).
Mauve : bassin de Mistassini (à l'ouest) et bassin d'Otish (à l'est) ; teintes de rose (au nord et à l'ouest) : province du Supérieur ; teintes orangées (au SE) : province du Grenville. On reconnaît le réservoir Manicouagan dans le 22N.
Les monts Otish, stricto sensu, ne mesurent que 50 km x 80 km (voir carte 2 ainsi que le billet précédent). Le bassin d'Otish et le Supergroupe d'Otish (entités géologiques) et les monts Otish (toponyme) n'ont pas la même extension.


Pour ceux qui seraient déçus de n'avoir trouvé dans les billets sur les monts Otish aucune donnée sur des choses intéressantes (cf. géologiques), voici quelques consolations, livrées en vrac. (Voir le billet du 28 déc. 2015.)



En bref

Les roches sédimentaires du Protérozoïque inférieur des bassins de Mistassini et d'Otish reposent en discordance d'érosion sur les roches archéennes de la Province du Supérieur, au N du Front de Grenville (Protérozoïque moyen).



Élaborons un peu

«Autour et au nord du lac Mistassini, les sédiments protérozoïques du Groupe de Mistassini (arénites, dolomies à stromatolites, shales et formation de fer à jaspilite) et ceux du Groupe d'Otish (conglomérat quartzitique ; arénites, dolomies et shales) forment les restes d'une plate-forme sédimentaire recoupée par des filons et des sills de diabase (˜ 1,85 Ga ?). Les séquences sont transgressives et la source des roches détritiques pourrait avoir été située au N ou au NE. Les sédiments protérozoïques et les volcanites qu'ils renferment ne sont pas métamorphisés : ils ont été déformés, plissés et faillés à proximité du Front de Grenville sous des conditions épizonales, peut-être au cours de l'orogenèse hudsonnienne dans laquelle aurait déjà été impliqué le Parautochtone du Grenville, ou encore uniquement au cours d'une phase de l'orogenèse grenvillienne.» (Hocq (dir.), 1994, p. 19.)



Quelques précisions encore

«Le socle [archéen du Supérieur] et les formations le recouvrant [Supergroupes de Mistassini et d'Otish] ont été recoupées par les dykes et sills de gabbro à olivine de Conflans qui ont été datés à 1 730 +/-30 Ma. Les dykes s’alignent principalement à N010, 070 et 130 et semblent exploiter et envahir des failles qui précèdent la déformation du Grenville.

Les roches sédimentaires du Supergroupe d’Otish présentent peu de déformation et sont généralement sub-horizontales. L’orogène du Grenville (1 100 à 900 Ma) a plissé le bassin en forme synclinale évasée et a généré des failles de chevauchement qui sont évidentes sur le côté sud de la bordure nord-est du bassin. Les failles se présentent en décrochement N060 (dextre) et N010 (senestre) preuves de failles profondes recoupant la discordance [entre le socle archéen] et les roches sédimentaires sus-jacentes. Le grade métamorphique est faible dans la région, de schiste vert inférieur à schiste vert, sauf dans le secteur sud du bassin où les roches ont été affectées par le grade métamorphique lié aux évènements grenvilliens (jusqu’au grade amphibolite).» (Ressources ABE)

On trouve des diamants près des monts Otish...
https://www.mern.gouv.qc.ca/mines/industrie/gemmes/gemmes-diamant-exploration-gites-otish.jsp

... et de l'uranium

Crevier, Michel. (1981). Pétrographie et géochimie de granitoïdes du socle du bassin Otish et estimation de leur préconcentration en uranium. Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi. http://constellation.uqac.ca/1819/

Voir aussi :

https://www.mern.gouv.qc.ca/mines/quebec-mines/2009-02/uranium.asp


Références

  • Commission de toponymie du Québec, «Monts Otish».
  • Commission de toponymie du Québec, «Mont Yapeitso».
  • Hocq, M, coord., Géologie du Québec. Min. de l'Énergie et des Ressources du Québec, MM 94-01, 1994, 166 pages, p. 19.
  • Jacques Rousseau, 1959, «Grandeur et décadence des monts Watshish», Cahiers de géographie du Québec, vol. 3, n° 6, 1959, p. 457-468. DOI: 10.7202/020196ar http://id.erudit.org/iderudit/020196ar
  • Système d'information géominière du Québec



Carte 5b. Zoom sur la carte 5a ; même code de couleur. La position du mont Yapeitso est indiquée par le repère bleu. Le lac Conflans, à gauche, permet de se repérer sur la carte 6.



Carte 6 (sensiblement même zone que la carte 5b : voyez le lac Conflans, à gauche, identifié sur les deux cartes pour comparer). Ce document montre les monts Otish, au sens strict, d'après Rousseau (1959), premier géographe moderne à les avoir cartographiés. Peu de ses suggestions de toponymes perdure cependant encore aujourd'hui. Le mont Bignell, au sud du lac Yapeitso (no 10), par exemple, correspond au mont Yapeisto d'aujourd'hui, point culminant (1128 m) du massif. Les >>>>>>> sont des eskers.



Carte 7. Tirée de Commission de toponymie du Québec, «Mont Yapeitso» : une partie du secteur des cartes 5b et 6, avec les toponymes actuels. Suivre le lien pour plus de détails.