Affichage des articles dont le libellé est Mars. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mars. Afficher tous les articles

lundi 18 mars 2013

Hors sujet : les eaux de Mars


© NASA
Légende originale :
This set of images compares rocks seen by NASA's Opportunity rover and Curiosity rover at two
different parts of Mars. On the left is " Wopmay" rock, in Endurance Crater, Meridiani Planum, as studied
by the Opportunity rover. On the right are the rocks of the "Sheepbed" unit in Yellowknife Bay,
in Gale Crater, as seen by Curiosity. Image credit: NASA/JPL-Caltech/Cornell/MSSS


Depuis quelques années, il ne se passe pas un mois, sinon une semaine, sans qu'on ne nous annonce que l'eau liquide a déjà fait des clapotis à la surface de Mars ou que des conditions propices à l'apparition et au maintien de la vie ont autrefois régné sur cette planète. C'en est devenu tellement lassant que je préfère ignorer systématiquement ce genre de redites.

Pierre Barthélémy, dans Le Monde, analyse cette tendance au recyclage infini des eaux de Mars («Qui veut boire de l'eau martienne ?») :

«Au fil des ans et des missions, et le compte-rendu que j'en fait ici n'est pas exhaustif, tous ceux qui ont eu soif d'eau martienne comme condition sine qua non à une éventuelle présence de vie sur la planète rouge ont été servis. En août 2008, grâce à l'atterrisseur Phoenix, on analysait "pour la première fois" de l'eau en provenance de Mars. Sans doute pour s'apercevoir qu'elle était composée d'un atome d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène... Trois ans auparavant, en 2005, on apprenait, par l'entremise de la sonde européenne Mars Express, que l'on avait "pour la première fois", détecté de la glace d'eau dans les profondeurs de la planète. En mars 2004, le rover américain Opportunity confirme que de l'eau a bien coulé sur Mars avant de s'en aller explorer "le rivage d'une mer disparue". Plus tôt encore dans l'histoire de l'exploration spatiale, en 1997, le robot américain Sojourner se promenait dans le lit d'une ancienne rivière : pour les chercheurs, l'aspect du paysage suggérait le passage de "flots torrentiels". [...]

Cela fait donc des années, voire des décennies, que les chercheurs se disent que Mars a jadis présenté les conditions d'"un environnement habitable", pour reprendre les termes employés lors de la conférence de presse [de la NASA, lien sous la photo] du 12 mars dernier. Rien de plus normal à ce que, travaillant dans le lit d'une ancienne rivière, Curiosity ait découvert, dans la roche sédimentaire qu'il a analysée, "du soufre, de l'azote, de l'hydrogène, de l'oxygène, du phosphore et du carbone - certains des ingrédients chimiques clés pour la vie". Pour le coup, on pourrait ironiser en disant que c'est le contraire qui eût été une véritable information...»



Éternel retour

Autres sujets qui font inévitablement la couverture des magazines scientifiques chaque année : «Darwin s'est trompé» et «Einstein s'est trompé». Une revue actuellement en kiosque utilise justement un titre de la seconde catégorie.

Et c'est ainsi que certains sujets reviennent avec une régularité aussi implacable que la mécanique céleste. Qui s'étonne encore d'apprendre à l'approche de Noël que Jésus est né avant J.-C. ?

Il y a bien la température, sujet de tous les jours, toujours plus haute ou plus basse que la moyenne. Mais c'est précisément avec ces hauts et ces bas qu'on établit la moyenne...



Vie vivante, prérequis à la vie morte

Le texte d'introduction de la page Internet de la NASA d'où est tiré le montage photo qui ouvre ce billet précise (lien sous l'image) :

«An analysis of a rock sample collected by NASA's Curiosity rover shows ancient Mars could have supported living microbes.»

On suppose qu'une planète qui n'aurait jamais pu abriter de microbes «vivants» n'en aura tout simplement jamais abrités. Il y a comme une faute de logique dans cette annonce. Ne chipotons pas, on trouve quand même de quoi se mettre sous la dent :

«The data indicate the Yellowknife Bay area the rover is exploring was the end of an ancient river system or an intermittently wet lake bed that could have provided chemical energy and other favorable conditions for microbes. The rock is made up of a fine-grained mudstone containing clay minerals, sulfate minerals and other chemicals. This ancient wet environment, unlike some others on Mars, was not harshly oxidizing, acidic or extremely salty.»

Tout ceci prouve que les stratégies de communications de la NASA obéissent à une logique qui m'échappe. (Cf. mes anciens billets : «Mars, t'sé veux dire» et «Poudingue sur Mars».)

samedi 13 octobre 2012

Hors sujet : Mars, t'sé veux dire ?


«Jake Matijevic», rocher martien qui fait parler de lui. Source : © NASA. 
Pour les raisons qui justifient cet étrange surnom donné à une roche, voir l'inévitable Wikipedia.
Ajout après mise en ligne. –  Les vacuoles qui grêlent la surface de la roche sont peut-être les traces des bulles de gaz qui s'échappaient de la lave à l'état fluide. Il pourrait s'agir aussi d'alvéoles creusées par l'érosion éolienne. Le bloc repose sur une semelle amorphe (croûte vite refroidie ?) tandis que, sur son flanc droit, les vacuoles/alvéoles ont une structure allongée nettement orientée. Je n'ose pas trop en dire, de peur de gaffer, je suis en terrain inconnu...


Le journalisme scientifique atteint des apogées. Déjà qu'il avait été délesté d'une partie de son vocabulaire (voir mon billet du 29 septembre, «Poudingue sur Mars»), voici qu'il renonce à l'idée même de nommer les choses. Témoin cet extrait d'une dépêche de l'AFP reprise par Le Monde à propos de la mission Curiosity sur Mars :

«La première roche analysée sur Mars par deux des instruments du robot américain Curiosity a une composition inhabituelle comparativement à ce qui était connu jusqu'alors sur la planète rouge, ont indiqué, jeudi 11 octobre, des scientifiques de la mission. La composition de cette roche de la taille d'un ballon de football ressemble à celles – rares mais connues sur la Terre – qui proviennent de volcans.»

«"Cette roche est très similaire dans sa composition chimique d'un type de rocher trouvé dans de nombreuses régions volcaniques", a expliqué [...]»

Inutile de lire le reste de l'article, vous n'en saurez pas plus sur ces inhabituelles roches martiennes, similaires à des rares roches volcaniques que l'on retrouve dans de «nombreuses régions volcaniques» sur Terre». Des roches rares, mais néanmoins fréquentes, il y a là comme un paradoxe. C'est à y perdre son latin, pardon, son martien !

Ces roches «qui proviennent de volcans» doivent bien avoir un nom : carbonatite (un peu rare), trachyte (pas rare) ou basalte (très fréquent), etc.

Nous voilà malgré tout instruits de l'essentiel : on a trouvé sur Mars une roche ayant certaines carectéristiques qui la font ressembler à des roches sur Terre qui ont certaines caractéristiques, les mêmes, mais on ne saura pas lesquelles.

C't'une roche, t'sé veux dire ?

Supplément d'informations
Selon la NASA (c'est moi qui souligne).
«On Earth, rocks with composition like the Jake rock typically come from processes in the planet's mantle beneath the crust, from crystallization of relatively water-rich magma at elevated pressure.

"Jake is kind of an odd Martian rock," said APXS Principal Investigator Ralf Gellert of the University of Guelph in Ontario, Canada. "It's high in elements consistent with the mineral feldspar, and low in magnesium and iron."»

Selon SPACE.COM (c'est moi qui souligne).

«Jake appears to have higher concentrations of elements such as sodium, aluminum and potassium, and lower concentrations of magnesium, iron and nickel, than other igneous rocks studied on Mars.

While previously unknown on Mars, this type of chemical composition is seen in a rare but well-studied class of rocks on Earth. On Earth, such specimens are found on oceanic islands such as Hawaii and in other places. They are thought to form when interior rocks melt to form magma, which then rises toward the surface. As it rises, it cools, and parts of the material crystalize, preferentially selecting some elements while leaving a remainder of liquid magma that is enriched with the left-behind chemicals.»

C'est déjà mieux, on en sait un peu plus. On peut déjà exclure le terme mafique des roches ignées (riches en magnésium et en fer), tel le basalte, et aller vers les roches felsiques (riches en feldspath et en silice), bien dotées en potassium et en calcium, telle la rhyolite (forme effusive du granite). En fait, la composition de la roche martienne (passages en gras ci-haut) correspond exactement à la composition typique des roches felsiques. Ça ne correspond pas du tout à celles des laves mafiques d'Hawaï, mais il y a peut-être ici des nuances qui m'échappent.

Mais qu'est-ce qui les empêche de nommer cette foutue roche martienne dont ils connaissent la composition et des exemples terrestres ?

Celui qui conçoit bien s'exprime aisément et n'a pas besoin de se faire tirer un à un les vers du nez pour être compris. Et quand le message est clair, on a moins envie de s'en prendre au messager...

Zéro en communication.

samedi 29 septembre 2012

Hors sujet : poudingue sur Mars


À gauche, conglomérat martien (et non «roches conglomérées» comme le répètent les sources ! – je dirais même qu'il s'agit d'un poudingue, un peu moins de désinvolture avec la nomenclature, non mais !) et son semblable terrien, à droite, révélés par la sonde Curiosity. Source : Olivier Lascar, Sciences et Avenir.

À propos du cas martien, la question est : la nature des galets et sables, celle de la matrice qui tient tout ça ensemble. (Ça fait deux questions.)

Ce qui est fascinant, c'est l'absolue banalité de cette image transmise de puis Mars. À croire que la nature a horreur de l'exotisme.

Enfin, un peu d'aréographie en gros plan !