samedi 20 avril 2013

Pétrole et forages en Outaouais


Les puits de forage sont représentés par les points de couleur (bleu, vert, jaune). Carte Jean-Hugues Roy.
...


Le Devoir publie aujourd'hui (20 avril 2013) une série d'articles signés Alexandre Shields et Fabien Deglise sur la «quête de l'or noir» au Québec.

«L’histoire de la recherche de pétrole et de gaz au Québec se résume depuis 150 ans à une série de rêves de grandeur portés par des promoteurs qui n’ont pour ainsi dire jamais vu leurs espoirs se réaliser. C’est le cas de l’or noir tant convoité de la Gaspésie. Maintes fois, ses partisans ont annoncé l’arrivée de millions de barils du précieux liquide, mais sans succès. Aux échecs du passé s’ajoutent maintenant les craintes quant aux risques environnementaux d’une éventuelle exploitation. [...] L'ampleur des gisements pétroliers qui se trouveraient en Gaspésie et sur l'île d'Anticosti n'a par ailleurs pas été démontrée. ''Nous n'en sommes pas à notre premier boom pétrolier'', résume l'historien Jean-Marie Fallu. Et cette fois, il ne faudra pas seulement démontrer la valeur commerciale de la ressource. Il faudra aussi tenir compte des impératifs environnementaux et de la contestation populaire (Alexandre Shields)


Allez voir dans le site du Devoir (lien plus haut), je ne voudrais pas pomper leur lectorat, quand même !...

Les articles sont accompagnés d'une carte interactive, œuvre de Jean-Hugues Roy, qui situe les 960 forages creusés au Québec depuis 1860*. «Chaque puits est identifié par un point de couleur. En cliquant sur un point, on obtient des données sur chacun des puits, si ces données [sont] disponibles au ministère des Ressources naturelles.»

* On croit comprendre qu'il ne s'agit que des puits creusés pour le pétrole et le gaz naturel.

Dans notre outaouaisiano-centrisme esprit de clocher forcené, nous nous sommes tout de suite précipité vérifier la présence de puits en Outaouais.

Il y en a neuf, concentrés dans les anciennes villes de Hull et Aylmer (maintenant parties de Gatineau), plus un dans le parc de la Gatineau. Les recherches se sont confinées très logiquement sur les roches sédimentaires de la plate-forme du Saint-Laurent, même si celui du parc se trouve en plein dans les roches métamorphiques du Bouclier canadien, ce qui revient à chercher un peigne dans les poches d'un chauve...

Les puits ont été creusés entre 1908 et 1959, la date de plusieurs n'est cependant pas donnée. Aucun rapport n'accompagne les relevés très succincts disponibles. La profondeur maximale atteinte est de 930 pieds (283 m, puits Az59, île Philemon, aux Chaudières). La liste des roches traversées (calcaire, grès, dolomie), typique de la plate-forme, n'étonnera personne.

Pour l'Outaouais, les données paraissent donc maigres ou incomplètes. Connaître l'état des choses est quand même un résultat en soi, l’exercice n'aura pas été inutile.

On sait pourtant qu'il se trouve du gaz naturel à Ottawa ainsi qu'au sud de la rivière des Outaouais, en Ontario, plus loin du Bouclier canadien, là où la plate-forme du Saint-Laurent, qui recouvre le Bouclier, est plus épaisse. (Voir cet ancien billet.)

mercredi 17 avril 2013

Marbre, cavernes et dégonflage de ballounes


Fig. 1. – Marbre gris à Farrellton (Québec), percé d'étranges terriers (oct. 2010).
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J'ai secoué ces vieilles photos toutes couvertes de poussière de pixels afin de pouvoir les mettre en ligne.

On y voit un banc de marbre gris dégagé par la percée de la nouvelle jonction du chemin Woods avec la route 105, à Farrellton, sur le bord de la Gatineau. (Le site a souvent été mentionné dans ce blogue, notamment ici.)


Fig. 2. – Détail de la fig. 1. Naturelles ou artificielles, ces ouvertures ?
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D'étranges «terriers» trouent la roche. Naturels ou artificiels ? J'ai pas osé grimper pour aller jeter un coup d'œil. J'aurais pu descendre à partir du sommet (en grimpant par l'autre versant), mais les risques de passer tout droit en redescendant étaient trop grand.

On remarque une bande horizontale de marbre altéré au sommet (fig. 1) : la partie du roc qui affleurait avant la percée du chemin. Une bande verticale de marbre pareillement altéré descend jusqu'aux ouvertures, ce qui laisse supposer que l'eau ou les agents atmosphériques avaient accès au marbre jusqu'à cette profondeur. Ce brunissement uniforme du marbre plaiderait, il me semble, pour une altération aérienne (météorisation). Voyez les fig. 4 et 5 pour des exemples d'érosion d'un marbre par infiltrations d'eau.


Fig. 3. – Re-détail. Ah ! ben, bout de ciarge..., ou plutôt, bout de tuyau ! (Voir en haut, à droite.)
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L'aspect général de ces «cavernes» est celui d'ouvrages de nature artificielle.

L'examen d'un détail (fig. 3) montre qu'il s'agit sans doute de conduites pour le passage de tuyaux.

Là, je viens de péter la balloune de quelqu'un...

Désolé.

... son du criquet...


Fig. 4. – Même formation de marbre à Thurso (Québec), 55 km à l'est de Farrellton (jonction de la route 317 avec l'autoroute 50, juillet 2009).
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Fig. 5. – Même site que fig. 4.
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Fig. 4 et 5. – Même formation de marbre gris, à Thurso (Québec).
L'érosion par infiltration de l'eau courante est plus sélective et plus incisive. (Voir, pour le même site, la première photo de ce billet.)















Ajout (18 avril 2013)


Fig. 6. – Marbre de Farrellton, oct. 2010.
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Fig. 7. – Marbre de Thurso, juillet 2009.
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Fig. 6 et 7. – Marbres gris contenant des inclusions disloquées par fluage de la masse rocheuse. À 55 km de distance, même style de déformation (ou presque, il y a plus de souplesse dans l'étirement et le plissement des enclaves du marbre de Thurso).

mercredi 10 avril 2013

Hors sujet : le héron bleu et la sagesse de l'autruche


Détail. Un peu photogénique canard occupe le coin gauche de la photo.


Revanche

Le 26 février dernier, quand je vous ai parlé du site Inventaire du ruisseau de la Brasserie (site que je vous réinvite fortement à visiter), j'aurais aimé mettre en ligne par la même occasion des photos d'un héron bleu (j'ignore si c'est sous ce nom qu'il est habituellement désigné) que je me souvenais avoir prises à cet endroit.

Malheureusement, elles étaient introuvables. Le classement de mes photos ayant beaucoup évolué depuis, je viens de remettre (virtuellement) la main dessus.

En voici donc deux, plus des vues de détail, en dehors de toute actualité ou de toute nécessité autre que de prendre ma revanche sur une occasion manquée.


Ruisseau de la Brasserie, Gatineau (Québec), 13 juillet 2009.


Pour quelqu'un qui, comme moi, s'y connait peu (lire : pas du tout) en oiseaux et en science ornithologique, le héron est une aubaine : c'est rare, c'est beau et, surtout, c'est facile à identifier.


Détail. Dans le fond, il est gris, ce héron bleu !


«Le Héron au long bec emmanché d'un long cou» 

(Jean de la Fontaine)

Cet oiseau m'étonne. Comment réussir à faire voler si long de bec, de cou et de pattes ? C'est à peu près aussi aérodynamique qu'une fourchette ou, une fois les ailes déployées, qu'un rideau de douche.

Il me semble qu'on doit choisir : se déplacer sur échasses ou voler. Pas les deux ! 

C'est ce que l'autruche a compris depuis longtemps.

Mais, comme je viens de le dire, je n'y connais rien en oiseaux. (La preuve, je ne sais toujours pas s'il est bleu ou gris, ce héron.)


Ruisseau de la Brasserie, Gatineau (Québec), 13 juillet 2009.

mardi 9 avril 2013

Hors sujet : archivistes muselés


Ottawa impose le bâillon aux archivistes


«Après ses scientifiques, le gouvernement fédéral semble vouloir bâillonner ses archivistes et ses bibliothécaires. En tout cas, un nouveau Code d’éthique adopté en janvier par Bibliothèque et Archives Canada (BAC) identifie l’enseignement et les colloques savants comme des activités ''à haut risque'' éthique (Stéphane Baillargeon).»

Lire l'article dans Le Devoir du 3 avril 2013.



Cette image, qui provient de Bibliothèque et Archives Canada, est à haut risque éthique : elle représente la Colline du Parlement à Ottawa avant le Parlement.
Edmund Willoughby Sewell (1800-1890), (titre original :) View of Barrack Hill and the Ottawa River at Bytown (Ottawa), ca. 1843-1859, huile sur toile. Bibliothèque et Archives Canada, C-011047, no MIKAN 2837003

La Petite Chaudière : fêlée ? (Ajouts)


Secteur des chutes des Chaudières, rivière des Outaouais, major G.A. Eliot (1825)
Bibliothèque et Archives Canada



Petit à petit, touche après touche, et surtout retouche après retouche, le portrait dans leur aspect d'origine des chutes des Chaudières sur l'Outaouais se précise. (Voir, parmi mes billets qui leur sont consacrés, celui du premier janvier 2013).

La carte du major Eliot (1825), bien connue pour avoir été reproduite dans plusieurs ouvrages et travaux sur l'histoire de la région de Hull (aujourd'hui Gatineau) et d'Ottawa, est l'une des plus anciennes à décrire le site des chutes des Chaudières. Ne cherchons pas noise à son auteur à propos de l'aspect étonnant par endroits de sa carte, d'autant que le site a subi beaucoup de bouleversements tout au long des presque deux siècles qui nous séparent de la réalisation du document. Des baies ont été comblées, des chenaux ouverts puis enterrés, des îles ont disparu, l'urbanisation et l'industrialisation ont remué terre et roches, recouvert ou détruit bien des choses. (Voir le billet du premier avril 2013.)

La carte de major Eliot a déjà été utilisée dans ce blogue (billet du 23 mars 2013).



Fêlée ?

Cette carte a ceci de particulier qu'elle montre une échancrure dans l'escarpement de la Petite Chaudière. Pendant un temps, j'ai cru que notre major était le seul à rapporter l'existence de cette entaille coupant le front de la cataracte.

(Sur les cartes qui suivent, l'échancrure est identifiée par un I rouge, en référence à la version annotée de la carte d'Austin (1882) que j'ai mise en ligne dans mon billet du premier janvier 2013 – lien donné plus haut. (Note. – Cet élément a cependant été retiré de la carte d'Austin entre la rédaction du présent billet et sa mise en ligne.))

Le réexamen d'une brochure qui dormait depuis longtemps sur les rayons d'une étagère m'a fait réaliser que je possédais depuis longtemps un second témoignage appuyant celui d'Eliot. La carte de P.H. Smith, datée de 1826, en mauvais état et dont je n'ai qu'une version imprimée en noir et blanc d'une lisibilité médiocre, rapporte aussi la présence de cette échancrure.



Carte du major Eliot (1825) : version annotée
Lettres et chiffres en rouge : voir cartes d'Austin (1882) et de Wilson (1938) dans mon billet  du 1er janvier 2013 (lien plus haut). GC. Chute de la Grande Chaudière ; PC. Chute de la Petite Chaudière ; I. Échancrure* ; J. Pot-de-fleurs ; M et 6. Péninsule de la faille Montcalm** ; 3. «Grand Chenal»**. CS et P : collines de la Cour suprême et du Parlement, Ottawa ; MC : Musée canadien descivilisations, Gatineau (approx., la carte me semble bien insuffisante à cet endroit).
* L'élément I a été supprimé de la version de la carte d'Austin présentement en ligne.
** Faille Montcalm et Grand Chenal : Lessard, 1er janv. 2013 (lien plus haut).


Carte du major Eliot (1825) : transcription des inscriptions originales
Au nord, le canton de Hull ; au sud, pratiquement désert, un site surnommé à l'époque Richmond Landing ; à partir de 1827, on parlera de Bytown et, de 1855, d'Ottawa.

Transcription (de gauche à droite, par secteur) :
HULL (rive gauche) : P[hilemon] Wright ; Wright's Town ; Forge & Mill ; Inn & store ; Church ; Gun Shed.
RIVIÈRE DES OUTAOUAIS : Ottawa River ; Chaudière Falls ; Steam Boat ; Sleigh Bay* ;
RIVE DROITE : Lot 29 – Clergy Reserve ; Road to Richmond ; Govt. Stores ; Lot 40 – Le Breton & Sherwood ; Collins ; Richmond Landing ; Sparks ; Government Purchase ; Lot C ; Lot B.
Entre les escarpements CS et P, ce texte, difficilement lisible (voir à la fin du billet) :

A Boom** would be
useful at one of these
places, to keep the 
Sleigh Bay free
from strong(?) timber.

* «Sleigh Bay» est traduit par «Baie des Radeaux» dans le document auquel conduit le lien que je donne ; l'autre terme aussi proposé, «cages», conviendrait mieux. Voir cet autre document sur les cageux. C'est à cet endroit que débouche le canal Rideau. La colline boisée à gauche (ouest) de cette baie est la Colline du Parlement.
** Boom : chaine de poutres reliées fixée ou ancrée servant à intercepter les objets flottants à la dérive.


Détail.


Carte de Smith (1826) : détail
Annotations : mêmes significations que pour la carte d'Eliot : PC. Petite Chaudière ;   
GC. Grande Chaudière* ; I. Échancrure ; J. Pot-de-fleurs. Le rivage et la jetée, au nord de l'échancrure, sont soulignés pour être plus visibles.
* Sur la version non annotée, on peu lire «Big Kettle» au lieu du «Great Kettle» habituel.




Insaisissables Chaudières

Tant que je ne disposais que de la carte d'Eliot, je ne savais pas quelle créance accorder à ce témoignage isolé alors ses contemporains et successeurs semblaient avoir ignoré l'existence de l'échancrure.

Si la carte de Smith ne permet pas de trancher quand à l'importance du phénomène (simple joint travaillé par l'érosion que les hautes eaux submergent et qui n'apparaît qu'aux périodes d'étiage ?), du moins elle confirme sa réalité.

Je serais porté à croire qu'il s'agit d'un élément de la topographie sensible à de subtiles variations du niveau des eaux. Est-ce qui expliquerait la disparition (pour autant que je sache) de cette faille dans les cartes publiées après 1826 ?

C'est l'un des aspects frustrants de mes recherches sur les chutes des Chaudières, l'impossibilité de trouver deux cartes qui en donnent un portrait semblable et (on l'espère) exact.

Le site a beaucoup changé tout au long des presque deux siècles qui nous séparent de la réalisation de ces cartes, levées à une époque où l'empreinte humaine était encore minime. Les cartes n'ont pas toujours été réalisées dans un même esprit, mais, surtout, je me demande si ce n'est pas dans la nature du site d'être un peu insaisissable...



Références

  • Carte d'Eliot, reproduction tirée de : Robert W. Passfield, Construction du canal Rideau : histoire illustrée. Parcs Canada, 1982, 184 p. ISBN 0-660-90857-3.
  • Carte de Smith, tirée de : Francine Brousseau, Historique du nouvel emplacement du Musée national de l'Homme à Hull. Musée nationaux du Canada, coll. Mercure, Histoire no 38, Ottawa, 1984.


Henry DuVernet (1823) : chute de la Petite Chaudière, avec «Forge & Mill»  de Philemon Wrigth, à Hull, Bas-Canada (Québec). Voir la carte d'Eliot pour leur emplacement.
Bibliothèque et Archives Canada, 1989-402-1


Ajout (12 avril 2013)




John Burrows (1824), Plan d'une partie du village de Hull (détail).
«Sur ce plan d'une partie du village de Hull figurent l'église, la taverne, le moulin à farine, le moulin à scie, le barrage, la forge, la boulangerie, les jardins, les bâtiments, la végétation, les chemins, la digue et la place publique (BANQ).»
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, CN301,S49,D3441.


Nous voyons ici une partie de la plus ancienne carte détaillée de la future ville de Hull (1824). À elle seule, cette carte mériterait de longs développements. Je m’en tiendrai aujourd’hui à ce qui touche l’objet de ce billet.

On se repérera facilement d’après les cartes précédentes, aidé de la jetée qui fournit un bon élément de référence. On distingue la chute de la Petite Chaudière, où l’eau se déverse dans un couloir étroit (que j’ai appelée «tranchée de la Chaudière» dans mon billet du 1er janv. 2013) entre l’escarpement de la chute proprement dite et la rive, immédiatement en aval.

Puis, enfin, l’élément qui justifie l'ajout de la carte au billet, l’entaille qui s’élance vers le NW à partir de la Petite Chaudière (face à la presqu’île, au sud). C’est le plus ancien témoignage de cette faille dont l’existence m’avait encore parue il y a peu très incertaine.

Sa nature superficielle est manifeste, si l’on en juge par le rendu du dessin. L’eau passe par-dessus sans être déviée ou dérangée.

Je remercie Louise Nathalie Boucher, de l’Université d’Ottawa, et auteure d’une thèse sur le site des Chaudières (Interculturalité et esprit du lieu : les paysages artialisés des chutes des Chaudières, Univ. d'Ottawa, 2012), de m’avoir donné la référence de cette carte. (Comme c'est la découverte de sa thèse qui a déclenché mon intérêt pour le site des Chaudières, je en peux faire moins que de la remercier de cette information !)

Le paysage de DuVernet (plus haut) a été peint à partir de la presqu’île, au sud, en regardant vers le nord, dans l'axe de la «tranchée». Là encore, de longs développements seraient tout à fait justifiés…


Ajout (10 avril 2013)


Détail, tourné à 90°, de la carte du major Eliot (1825). Ce que je parviens à lire :

A Boom would be
useful at one of these
places, to keep the 
Sleigh Bay free
from strong timber.

Ces deux îles correspondent aux nos 5 (à gauche, au sud) et 6 (à droite, au nord) dans le billet du 1er avril 2013. La 5 n'existe plus, rattachée en partie à la rive et en partie submergée – difficile d'évaluer dans quelles proportions.

Ajout (25 juin 2014)

La plus ancienne carte des Chaudières (1819), à ce que je sache, mais comment être catégorique ? À comparer avec celle de John Burrows (1824), plus haut.


Fonds John Jeremiah Bigsby, Kettle, or Chaudiere Falls, Hull, Ottawa River, vers 1819.
L'échancrure irrégulière : la Grande Chaudière ; la falaise rectiligne S-N qui y est rattachée : la Petite Chaudière. Une partie de la digue qui figure sur les cartes d'Eliot, de Burrows et de Smith est apparente à droite (au nord).  Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3028520.
Précisions offertes par BAC :
«The image is from a grangerized volume of Bigsby's 1850 publication The Shoe and Canoe, to which Bigsby added or inserted drawings, maps, and prints as well as many annotations.This work is a diagram by Lieut.-Col. Robe, a member of the Royal Staff Corps. There are inscriptions on p. 145 of the first volume which mention a sketch made by Robe of Hull and its vicinity[.] Removed from: Publication: In Bigsby, John J., "The shoe and canoe, or, Pictures of travel in the Canadas..., London: Chapman and Hall, 1850, vol. 1, glued down to folio inserted between pp. 150-151[.]»

mardi 2 avril 2013

Les Chaudières et le colonel (Erratum + Ajout)





Une des plus anciennes représentations des chutes des Chaudières, sur la rivière des Outaouais, de la
main même du colonel By (1826). La Petite Chaudière à l'avant-plan ; l'amphitéâtre de la Grande Chaudière,
se devine à droite, au milieu de l'Outaouais. Image tirée du Rapport Gréber (1950). (Ce rapport et les deux
autres grands projets d'urbanisme à long terme de la ville Ottawa, le Plan Todd (1903),  le Rapport Holt
(1915), sont disponibles par cette page du site de la Commission de la capitale nationale (CCN).)

Je reviendrai une autre fois parler du Rapport Gréber. Pour l'instant, je tenais à mettre en ligne cette représentation des chutes des Chaudières, l'une des plus anciennes que je connaisse. (Voir celle de Woolford, datant de 1821, dans mon billet du 5 déc. 2012).

By pratique le genre expressionniste. Notre doux calcaire ordovicien se présente ici sous la forme de roc sombre et acéré. L'auteur a mieux rendu les diaclases verticales que les strates horizontales, comme pour accentuer l'aspect craquelé du site dont la petitesse des personnages (et du chien) accentue les proportions.

Bon, je pinaille à propos de vétilles. J'aime bien ce dessin, et les représentations des Chaudières dans leur état original ne sont pas si nombreuses, j'aurais tort de faire le difficile.

Erratum

Nous ne sommes pas à l'abri de l'erreur. Il arrive que nous prêtions à autrui une infaillibilité que nous n'oserions pas réclamer pour nous-même et qu'une parole qui nous semble autorisée fasse taire nos doutes. Ce paysage n'est pas du colonel By, Gréber s'est trompé en le lui attribuant. Des soupçons s'étaient pourtant levés dans notre esprit, mais qui sommes-nous pour contredire Gréber ?

Au dire d'une personne qui s'y connait et qui confirme notre premier mouvement d'incrédulité, ce n'est pas le colonel qui aurait commis cette œuvre. Alors, qui en est l'auteur ? Mystère. La date, 1826, me semble crédible. Peut-être un des membres de l'entourage du colonel ou de son état-major ?...

Une recherche par image dans Google n'a rien donné. Cette image non signée demeure donc anonyme.

Que Gréber ait publié son fameux Rapport en 1950 rien que pour me poser un poisson d'avril en 2013 semble à peine croyable. C'est pourtant bien le cas.

(Le titre du dessin, dans le Rapport Gréber, est : «11. The Chaudiere Falls-Original drawing by Colonel John By, 1826».)



Ajout (30 avril 2013)

D'autres, utilisant la même image, ont précisé dans la légende :

«This drawing is attributed to the multi-talented John By, who soon built a bridge* here (Fischer, p. 2)

* L'Union Bridge, ancêtre du pont de la Chaudière.

Source

Doug Fischer (ed.), Our Times: A Pictorial Memoir of Ottawa's Past, Ottawa Citizen, 2000, 254 p.

lundi 1 avril 2013

Chaudières : disparitions durables (Ajouts et retouches)


Fig. 1. – Carte publiée par le District fédéral (1957) : détail ; secteur des chutes des Chaudières, rivière des Outaouais.
Au nord, Hull (Québec), aujourd'hui Gatineau ; au sud, Ottawa (Ontario).
Voir la fig. 4 pour les chiffres manquants et voir la «Liste des îles disparues», plus bas, pour identification de ces îles. De celles numérotées ici, seule la no 6 subsiste encore aujourd'hui (c'est à vérifier pour la 5). La frontière Québec-Ontario contourne toujours l'emplacement de l'île Russell (no 2), disparue. Du coup, le détour qu'elle faisait pour passer au sud de cette île apparaît totalement immotivé. Les lignes tiretées de couleur rouge et jaune correspondent à des artères projetées jamais réalisées.


Dans la série de billets consacrés au site des Chaudières sur la rivière des Outaouais (voir billet du premier janvier 2013 en particulier), voici le dernier-né, destiné à croître et s'enrichir, sur les...


... îles disparues du secteur des Chaudières

En 1982, Louise Leclerc écrivait, à propos du secteur des Chaudières de la rivière des Outaouais, à Gatineau et Ottawa :

«The island contours have changed through the years and the island area has increased due to the lowering of the water level with the dam and to the building of cribbed wharves.

Also many small islands have disappeared. Some were submerged when the water rose up-river from the dam when the latter was built, and at least one was destroyed so as to to better the flow of water (Coffin Island) (Leclerc, 1982 ; p.4-5)


Histoire d'eau et de bois

Encore intact au début du XIXe siècle, le site des Chaudières s'est transformé profondément. Canaux, scieries, usines et barrages (fig. 2 et 3) ont façonné une rivière très différente du cours d'eau originel.

Au début du XIXe siècle, le bois équarri, destiné principalement à l'Angleterre, prend la place majeure dans l'économie de la région. 

«Les principaux centres d'abattages étaient situés dans le bassin de l'Outaouais qui renfermait les plus belles pinières du Québec (Hamelin et Roby, p. 214).» 

Le Traité de Réciprocité de 1854 ouvre les portes du marché américain, grand demandeur de bois de sciage. Des entrepreneurs américains trouvent profitable de construire des scieries aux Chaudières, où l'énergie hydraulique est abondante et bon marché. Les entrepreneurs locaux suivent le mouvement.

«On estime que les six scieries de la Chaudière emploient en 1870 4000 hommes (Hamelin et Roby, p. 220)[...]»

«Après 1885, les chutes servirent également à la production d'électrité [...] Le vaste barrage en fer à cheval qui contrôle le débit des Chutes Chaudière fut érigé en 1908, haussant le niveau de la rivière de dix pieds [3 m] en amont des chutes (Aldred, p. 65)

Déjà, en 1868, la construction d'un batardeau devant les chutes avait réduit la puissance des petits rapides des Chaudières, en amont, par hausse du niveau de la rivière (cf. Aldred, p. 87 ; voir billet du 10 janv. 2013).

À partir de 1890, l'industrie se réoriente vers la production des pâtes et papiers. 

«[...] l'Outaouais a été la région la plus rapidement déboisée du Québec (Blanchette, p. 74)


(Le but de ce qui précède n’est pas de rédiger un chapitre d'une nouvelle histoire économique de la région, mais de montrer les principales étapes qui ont mené à l’industrialisation du site des Chaudières. Et ce blogue me sert avant tout de cahier de notes. Pardonnez le fréquent décousu.)


Fig. 2. – Lithographie de Hunter, 1855. Titre original : View from Barrack Hill*: Ottawa City, Canada
Le site des Chaudières, vue vers l'ouest, en 1855. L'arc de la chute de la Grande Chaudière est à droite, derrière la silhouette du pont. Au centre, fusionnées par la perspective, l'île Victoria (à gauche) et l'île Chaudière (à droite). À l'avant-plan, à droite : l'«île anonyme» (no 6) l'île Hull, voir no 6 de la section «Liste des îles...», plus bas.
Saisie d'écran à partir d'un exemplaire disponible par Google Books.
* Barrack Hill : Colline du Parlement fédéral.

Fig. ajoutée (16 avr. 2013). – La rivière des Outaouais vue depuis la Colline du Parlement, 6 avril 2013 (montage).
Même point de vue que la gravure de Hunter (fig. 2). Le pont Cartier-Macdonald du Portage (oups...) masque en partie le pont de la Chaudière, en aval des chutes. Hunter, malgré tout son mérite, a triché. Il a gauchit l'axe de l'île Victoria et sa perspective est fausse. Depuis la Colline du Parlement, il est impossible de voir aussi loin sur la rivière. En amont des chutes, sur sa gravure, l'Outaouais semble étaler ses eaux dans de multiples et profondes baies qu'on aurait du mal à repérer sur les cartes, anciennes ou modernes. Sur la photo, l'horizon est plus bas et la vue porte moins loin. Quant au nombre, à la disposition et aux dimensions des îles, ça ferait l'objet de tout un billet... Hunter ne réussit pas non plus à nous convaincre qu'il possède un juste sens des proportions. La falaise de la Cour suprême n'est pas si haute et les rives ne sont pas si escarpées, même en tenant compte des changements qui se sont produits depuis 1855 (déboisement, constructions, niveau de l'eau, etc.). C'est ce qu'on appelle la licence artistique...

Fig. 3. – Chutes des Chaudières, rivière des Outaouais, entre Gatineau (à gauche) et Ottawa (à droite), 6 juin 2006
Vue récente du même site, prise dans la direction opposée.
La chute de la Grande Chaudière, harnachée, est à l'avant-plan.
Photo : Shanta (Flickr : http://flickr.com/photos/23817022@N00/2220015238).
License cc-by-2.0, Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Ottawa_Chaudiere_Falls.jpg


Disparitions

Un examen même distrait des cartes publiées depuis le début du XIXe siècle permet de constater au fil du temps des «omission durables» dans la rivière.

Pour l’instant, je ne peux que constater ces absences et escamotages, sans pouvoir en préciser la chronologie. Leclerc, citée plus haut, avance quelques justifications et explications : réduction délibérée du nombre d'îles ou leur simple «noyade», conséquence de la hausse du niveau des eaux en amont du barrage Chaudière, en opération depuis 1910.

Dans un cas comme dans l'autre, on peut difficilement parler de disparition naturelle.


Fig. 4. – Carte d’Austin (1882) : détail.


Les numéros correspondent aux iles disparues depuis la réalisation de la carte (voir la liste plus bas). Le nord (en bas à gauche) est le nord magnétique ; le nord astronomique est entre 10 et 15 degrés de plus vers l’est.


Liste des îles disparues

Ce qui précède vous a déjà prévenu que la liste qui suit n'est qu'une ébauche que j'espère être en mesure de compléter. Pour chaque île, j'indique :


  • la carte la plus récente faisant état de son existence ; 
  • la carte plus ancienne faisant état de sa disparition...
... la disparition elle-même s'étant produite entre ces deux dates extrêmes.
Je reprends ici comme carte de base celle d'Austin (fig. 4) qui combine l'avantage d'être assez précise et assez ancienne pour servir mes propos.

1. Île Coffin (au sud de l'île Albert, Ottawa, Ontario) ; voir fig. 4. – Détruite pour assurer un écoulement fluide du courant, selon Leclerc (1982) qui ne précise pas la date ; elle apparaît sur la carte d'Austin (1882), mais plus sur la carte topographique de 1935. (Voir cette page, site Bytown.net, 7e image.)

2. Île(s) Russell (en amont du barrage Chaudière, Gatineau, Québec) ; fig. 1 et 4. – Une île ou deux, selon les cartes et, sans doute, le niveau de la rivière. Visibles sur la carte d'Austin (1882) ; la partie sud apparaît encore sur la carte topographique de 1935 (lien plus haut) et celle de Wilson (1938, détail dans mon billet du premier janv. 2013, lien au début de ce billet) ; inexistante sur la carte du District fédéral (1957). Détruite(s) pour permettre un meilleur écoulement de l'eau vers le barrage ou simplement submergée(s) ? La frontière Québec-Ontario n'a pas été déplacée par cette disparition et il est amusant de voir qu'elle fait toujours un détour vers le sud comme pour éviter l'île (qui est tout entière au Québec) (voir la fig. 1). 
(Ajout, 20 mai 2013). – Île ignorée de la Commission de toponymie du Canada et de la Commission de toponymie du Québec.

3. Île à l'embouchure du canal de l'île Philemon (Gatineau) ; fig. 1, 4 et 5. – Encore visible sur la carte du District fédéral (1957). Elle semble avoir été amalgamée à l'ile Philemon pendant les bouleversements des années 1970. Le canal, «maintenant souterrain, sert [encore ?] au transport de produits chimiques entre» les bâtiments de l’usine à papier Eddy (maintenant Domptar) ; cf. le Musée canadien des civilisations.

4. «Pot-de-Fleurs» (en amont aval du pont de la Chaudière, Gatineau, voir billet du 5 déc. 2012) ; fig. 4. – Apparaît sur la carte d'Austin (1882). Je ne possède aucune attestation plus récente de sa présence. Détruit pour enlever cet obstacle à la navigation (?) ou pour permettre d'amener plus facilement le matériel nécessaire à la construction du pont (de fer) de la Chaudière de 1889 ? Une photo prise de William James Topley datée de 1892 (billet du 20 janv. 2013) semble suggérée que l'île n'existait plus à cette époque. 
Voir «Ajouts (2 avril 2014)», plus bas.

5. Île anonyme en amont du Parlement (Ottawa) ; fig. 1. – Tantôt île, tantôt presqu'île, péninsule ou plateau accroché à la rive ; ± boisée ou rocheuse. Apparaît sur les plus anciennes cartes (1825, billet du 23 mars 2013) et sur une multitude de photos (billet du 22 avril 2013). Encore boisée sur une photo de 1965, pelée et inondée (1991), elle semble totalement immergée depuis au moins 2002 (second billet du 6 mai 2013).
Ajout (20 mai 2013). – S'explique par un plateau rocheux accroché à la rive (1,8 m de profondeur, cf. carte du Service hydrographique du Canada reproduite en fin de billet). 


6. Île Hull* anonyme dans le prolongement de l'île Victoria (Gatineau) ; fig. 1 et 4. – Cette île existe toujours. La raison de sa présence dans cette liste est que, les cartes la laissant innomée, l’anonymat peut être considérée comme une forme de non-existence. Sa superficie varie grandement selon le niveau des eaux. Boisée au XIXe s., roc à nu depuis un bon bout de temps (voir premier billet du 6 mai 2013). Un guide des rues d'Ottawa et des environs (MapArt Publishing, 2004) l’appelle «île de Hull», mais ce toponyme est réservé à ce qui constitue le Vieux-Hull, quartier entouré par le ruisseau de la Brasserie et l’Outaouais. Quel que soit son nom, les mouettes adorent cette île.
* Ajout (14 avril 2013). – Sur les cartes qui accompagnent le Rapport Holt (1915), version en ligne, on peut lire, ou plutôt reconnaître (l'inscription étant à la limite de la lisibilité), ces mots reportés sur la petite île : «Hull Isl.». J'appellerai donc dorénavant cette île «l'île Hull», puisque ce semble bien être son nom, même officieux, malgré l'euphonique douteuse («lilolle», ou «lille-Holl», avec h aspiré). LOL ! On pourra ainsi la distinguer de l'île de Hull. Tous les autres documents officiels consultés (carte topographique, carte de la Ville de Gatineau) laissent cette île anonyme. Voir aussi la Commission de toponymie du Québec.
Ajout (20 mai 2013). – Île ignorée de la Commission de toponymie du Canada et de la Commission de toponymie du Québec. Figure sur la carte du Service hydrographique du Canada (altitude 1 m) reproduite à la fin du billet. Partie visible d'un plateau en grande partie immergé à 4 m de profondeur.
Ajout (27 juin 2013). Aussi nommée Lone Pine Island sur la carte de Chas. E. Goad (1908). Voir la fig. 2 pour la justification de ce nom ; l'île y apparaît en bas, à droite. Voir également le tableau de Sewell, datant des environs de 1850 (fig. 4 du billet du 6 mai 2013), où l'île se mériterait plutôt le nom de l'île aux deux Pins. De nos jours, se serait plutôt l'île aux milles mouettes...


Fig. 5. – Carte de Desson & Associates (1892) : détail
Partie est de l'île Philemon (si j'avais eu un meilleur document sous la main je ne vous aurais pas servi celui-ci...) et le pont Cartier-Macdonald du Portage (oups...). L'ancien îlot (no 3, en vert) qui fermait le chenal reste visible par le tracé des courbes de niveau. Au sud, l'île Victoria.


Conclusion

Il est difficile d'apporter une conclusion à un travail encore à l'état si préliminaire. Il reste à réduire les marges d'incertitudes (indiquer qu'une île est disparue entre 1882 et 1935 est à peine une information), à découvrir le pourquoi et le comment de ces disparitions. L'île Russell est-elle devenue un simple haut-fond ? Il serait intéressant d'étendre l'enquête aux nombreuses îles en amont du site des Chaudières. Pour connaître un peu la rivière, je sais que la différence entre «une île là» et «pas d'île ici» tient à de faibles variations du niveau des eaux.


Références

  • Diane Aldred, Le Chemin d'Aylmer : une histoire illustrée / The Aylmer Road: An Illustrated History, L'Association du patrimoine d'Aylmer, Aylmer, Heritage Association, photographies par Alan Aldred, traduit de l'anglais par Claude Leahey et Rodrigue Gilbert, 1994, 256 p. ISBN 0929114124
  • Anonyme, La Capitale nationale : plan d'Ottawa et des environs et du parc de la Gatineau / The National Capital: Map of Ottawa and Environs and Gatineau Park, 4e éd. / Fourth ed., Service de l'information, Commission du District fédéral / Information Division, Federal District Commission, 1957.
  • Anonyme, Ottawa & Environs, Ottawa, Peter Heller Ltd., distribué par MapArt Publishing Corporation, 2004.
  • A.W. Austin, C.E., P.L. Surveyor, Plan of the Lower Village of Hull, shewing its position relative to the city of Ottawa, the property of the heirs of the late Ruggles Wright Esquire, Toronto, Chewett & Co. Lith., 1882. Bibliothèque et Archives Canada, no MIKAN 4126312. http://data2.archives.ca/nmc/n0020966.pdf
  • Roger Blanchette, L'Outaouais, coll. «Les régions du Québec : histoire en bref», no 12, Les Presses de l'Université Laval, 2009, 180 p. (ISBN 9782763788678)
  • Ken Desson & Associates, Historical maps of the Chaudiere: an index to significant features, Ottawa, National Capital Commission. Interpretation and Heritage Directorate Canada, 1982.
  • Chas. E. Goad (éditeur), Hull & Vicinity, Que., January 1903, revised May 1908, 44 feuillets. (Carte dressée par les compagnies d'assurances pour évaluer les risques liés aux incendies.)
  • Jean Hamelin, Yves Roby, Histoire économique du Québec : 1851-1896, coll. «Histoire économique et sociale du Canada français», Montréal, Fides, 1971, 440 p.
  • Service hydrographique du Canada, ministère des Pêches et des Océans, Rivière des Outaouais : Papineauville à Ottawa, Québec-Ontario, carte marine no 1515, 1/20 000, 1998, corrigée 2005-12-02.
  • William S. Hunter (Jr.), Hunter's Ottawa scenery, in the Vicinity of Ottawa City, Canada, Ottawa, Wm. S. Hunter Jr., 1855. (Lithographies J.H. Bufford, Boston.)
  • Louise Leclerc, «Geology of the Chaudiere», in : Louise Leclerc et Jocelyn Guindon, Chaudière Historical Documentation: "First Round" Papers, Ottawa, National Capital Commission. Interpretation and Heritage Directorate Canada, 1982.


Ajout (2 avril 2014)

Les références ont été placées avec celles du texte principal.


Ajout 1. – Les Chaudières, à Hull (en haut) et Ottawa (en bas) : photo non datée (années 1930 ou 1940 ?) tirée du Rapport Gréber (1950). Le barrage et la Grande Chaudière à gauche ; à droite, le pont de la Chaudière. Un îlot quelconque est situé immédiatemnt en aval du pont, à un emplacement qui correspond à celui du pot-de-fleurs (île no 4). À juger d'après les chutes qui sont suvent plus à sec qu'elles le sont ici, ce haut-fond n'existe plus aujourd'hui, à supposer qu'il s'agisse bien d'un élément du lit de la rivière.


Ajout 2a. – Hull (à gauche), l'Outaouais et Ottawa (à droite), années 1930 ? Photo tirée du Rapport Gréber (1950). Autre vue du «quelque chose» à l'emplacement du pot-de-fleurs, en bas, à droite. Détail plus bas.


Ajout 2b. – Détail de la photo précédente.


Ajout 3. – Selon la carte bathymétrique moderne, rien ne laisse soupçonner l'existence passée d'un îlot en aval du pont de la Chaudière (à gauche). Par contre, on distingue la plate-forme rocheuse triangulaire accrochée à la rive sud de la rivière, qui correspond à mon «île du Parlement». (Service hydrographique du Canada, 1998.)