mardi 28 août 2018

Discordance Bouclier canadien et plate-forme du Saint-Laurent à Kanata : mise à jour



Photo 1. - Discordance Bouclier canadien - plate-forme du Saint-Laurent à Kanata (Ottawa, ON). Chemin Old Second Line, à l'intersection avec la promenade Terry Fox.
À gauche (sud), paragneiss et quartzite, province de Grenville (Bouclier canadien), plus d'un milliard d'années (Protérozoïque) ;
À droite (nord), grès de la formation de March ou de Nepean, plate-forme du Saint-Laurent, env. 500 millions d'années (Paléozoïque).
...
Pour la suite, suivre ce LIEN vers le billet du 14 juillet 2018.

J'ai réécrit mon billet du 14 juillet dernier pour qu'il tienne compte de nouveaux éléments. Il reste qu'il demeure peu satisfaisant. Conçu pour être une simple note à moi-même sous l'aspect d'une communication adressée à tous, j'ai dû multiplier les explications dont, personnellement, je ne sentais pas le besoin. Incomplètes et ajoutées après coup, elles alourdissent le billet, mais qu'y faire ? Je ne sais jamais exactement à qui je m'adresse. À ceux qui en savent moins que moi, autant que moi ou plus que moi ? Ceux qui en savent moins ne trouveront pas les explications qui leur manque ou ils ne les rencontreront pas sous la forme qu'il faudrait ; ceux qui en savent plus jugeront la chose simplette et étriquée. Tous s'accorderont sur le fait que le billet est illisible.

Je me retrouve donc devant la situation suivante : refaire encore le billet pour satisfaire tout le monde et moi-même ou laisser les choses en l'état.

Ces dilemmes - écrire en fonction d'un public bien défini, décider si je publie des notes ou des articles de vulgarisation - se posent depuis les débuts du blogue et je n'ai jamais pu les résoudre. 

Le résultat ? Des billets trop ou pas assez écrits...



dimanche 26 août 2018


Nouvel ajout à mon billet du 19 avril 2018 sur la comparaison de les crues de 2017 et de 1928 à Gatineau, QC, secteur du lac Leamy.

Olthof, I., Tolszczuk-Leclerc, S., Lehrbass, B., Shelat, Y., Newfeld, V., and Decker, V., 2018. New flood mapping methods implemented during the 2017 spring flood activation in southern Quebec; Geomatics Canada, Open File 0038, 16 p. https://doi.org/10.4095/306577

mercredi 22 août 2018

La grenouille et le gneiss à grenat



Banal spécimen de paragneiss à grenat (le grenat est rouge). La photo a été prise dans un champ à Kanata (ouest d'Ottawa), à l'est de la promenade Terry-Fox et au nord du croissant de l'Escarpment (pas d'erreur, le nom est anglais). (Toutes les photos : 22 août 2018.)

L'intérêt de la paroi n'est pas seulement géologique. Une intruse s'est installée dans le cadre de mes prises de vue. Saurez-vous la repérer ? Voyez la photo suivante (le défi est plus facile que le jeu des 7 erreurs) :





Si vous ne voyez toujours pas, peut-être que vu sous cet angle :




Une petite grenouille impassible se confondait parfaitement avec la paroi rocheuse. Elle avait eu l'intelligence de se placer sur un fond blanc, là où elle passerait le plus facilement inaperçue. Elle a conservé son immobilité tout le temps de ma présence au point où j'ai été obligé de la bousculer un peu avec une brindille pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une esquille rocheuse prête à se détacher de la paroi. Madame (ou Monsieur) n'a pas daigner remuer un doigt ou un orteil. J'ai préféré ne plus l'importuner. 

La question est évidemment celle-ci : existe-t-il une espèce de grenouille adaptée à chaque type de roche ? (Et si quelqu'un sait à quelle espèce elle appartient, me le dire.)

AJOUT (26 août 2018)

« La grenouille est une rainette versicolore, disponible dans toutes les couleurs. » (Voir commentaire de Roger Latour.) S'il existe des rainettes de toutes les couleurs, choisissent-elles les surfaces où elles se posent en fonction de leur couleur ? (Se posent-elles où elles s'exposent le moins, quoi.)



L'affleurement entier.


Champ promis au développement immobilier. Ce paysage ne sera bientôt plus qu'un souvenir. L'affleurement à la grenouille est tout au fond, à droite de la colline, à l'aplomb du plus grand des sapins.



Détail. Une fois que sa présence a été relevée, la grenouille est bien visible, même à cette distance.

vendredi 10 août 2018

La plus vieille lave du système solaire


NWA 11119. Photo : Science Daily


Extraits de Futura Sciences, Laurent Sacco

« Les météorites sont diverses et certaines ressemblent à des laves trouvées sur Terre, ce qui indique qu'elle proviennent de volcans très anciens sur des corps célestes à l'aube du Système solaire. Celle découverte récemment, NWA 11119, est la plus vieille lave connue et elle indique pour la première fois que ces volcans ne crachaient pas que des basaltes. [NWA 11119 est une météorite de type achondrite.]

Les achondrites sont pierreuses et on explique leurs caractéristiques en les considérant comme des fragments de corps suffisamment massifs pour s'être différentiés à l'instar de la Terre. [...]

On a ainsi retrouvé depuis longtemps des météorites dont la composition ressemble à celle des basaltes connus sur Terre. Elles proviennent donc de volcans surgis sur des petites planètes, aujourd'hui disparues dans des collisions, et ayant laissé des vestiges dans la ceinture d'astéroïdes [...].

Trouvée comme son nom l'indique en Afrique du Nord [en Mauritanie, en 2017], Northwest Africa (NWA) 11119 est non seulement très ancienne, environ 4,565 milliards d'années, mais il s'agit également d'une roche volcanique intermédiaire entre les andésites et les dacites connues sur Terre. Il s'agit donc d'une lave riche en silice qui, toujours sur Terre, proviendrait d'un magma plus évolué que celui à l'origine des basaltes.

La découverte de NWA 11119 est remarquable sous deux aspects. Tout d'abord, parce que c'est la plus ancienne lave connue provenant d'un volcan dans le Système solaire et enfin parce qu'elle est la première découverte aussi riche en silice. Elle nous assure donc que quelques millions d'années seulement après la naissance du Système solaire, dans le disque protoplanétaire, des corps célestes possédaient des volcans qui ne crachaient pas que des laves basaltiques.

Toutefois, sa composition isotopique nous laisse penser que cette lave s'est épanchée sur un corps céleste différentié [...]. »

Autres données tirées de la Meteoritical Society, International Society for Meteoritics and Planetary Science. Lunar and Planetary Institute :

« Physical characteristics: Single stone, partially covered in light green fusion crust, broken surface reveals scattered bright green pyroxene crystals up to 3 mm set in a finer grained matrix with some light-green and gray crystals. Spherical vugs and irregular shaped cavities (lined with crystal faces) were observed, some up to 4 mm. The sample is highly friable.

Petrography: (P. Srinivasan, JSC/UNM) Microprobe examination of a polished mount gives a calculated volume mineralogy of 38% plagioclase, 22% silica phase, 21% high-Ca pyroxene, 18% low-Ca pyroxene, 0.7% oxides (ulvospinel, ilmenite), and 0.3% sulfides. The silica phase, which makes up about 22% by volume of this meteorite, is a mix of tridymite and cristobalite with minor quartz, in proportions of approximately 60% tridymite, 37% cristobalite, 3% quartz. No metal was detected. The major phases occur as subhedral, porphyritic grains surrounded by a fine-grained matrix. The matrix has many acicular and compositionally heterogeneous grains resembling quench melt crystals or exsolution intergrowths. Rare fayalitic olivine was detected in one area of the matrix. The high reported alumina content from the micropropbe data is probably due to tiny oxide inclusions which seem to be abundant. Numerous inclusions with exsolution textures were observed. »

Mon résumé
En gros, roche porphyritique composée de plagioclase, de pyroxènes riches ou non en Ca et de quartz. Des vacuoles et des cavités sont observées et les figures d'exsolution dans les cristaux ont enregistré la variation du magma au fur et à mesure de sa cristallisation lors de son refroidissement.