samedi 23 mars 2013

Chaudières : toponymie à tâtons


Détail de la carte du major G.A. Eliot (1825) : chutes des Chaudières, rivières des Outaouais
Bibliothèque et Archives Canada

* * *

Deux cartes, que je vous présente sans flafla. Chaque fois que j'ai voulu y référer mes lecteurs dans l'un ou l'autre de mes billets consacrés aux chutes des Chaudières, j'ai dû renoncer, enfouies qu'elles étaient dans mes brouillons.

Les voici donc, exhumées, exhibées, bref, enfin rendues accessibles.



Le Major (1825)

La carte du major G.A. Eliot (1825), bien connue pour avoir été reproduite dans plusieurs ouvrages sur l'histoire de la région de Hull (aujourd'hui Gatineau) et d'Ottawa (anciennement Bytown), est l'une des plus anciennes à décrire le site des chutes des Chaudières. Ne cherchons pas noise à son auteur à propos de l'aspect étonnant par endroits de sa carte, d'autant que le site a subi beaucoup de bouleversements tout au long des presque deux siècles qui nous séparent de la réalisation du document. Des baies ont été comblées, des chenaux ouverts puis enterrés, des îles ont disparu, l'urbanisation et l'industrialisation ont remué terre et roches, recouvert ou détruit bien des choses.

(Voir le billet du premier janvier 2013 pour une description plus complète du site.)


Secteur des chutes des Chaudières, rivière des Outaouais, major G.A. Eliot (1825)
Bibliothèque et Archives Canada
Au nord, le canton de Hull ; au sud, pratiquement désert, un site surnommé à l'époque Richmond Landing ; à partir de 1827, on parlera de Bytown et, de 1855, d'Ottawa.

Transcription du texte original (de gauche à droite, par secteur)
HULL (rive gauche) : P[hilemon] Wright ; Wright's Town ; Forge & Mill ; Inn & store ; Church ; Gun Shed.
RIVIÈRE DES OUTAOUAIS : Ottawa River ; Chaudière Falls ; Steam Boat ; Sleigh Bay* ;
RIVE DROITE : Lot 29 – Clergy Reserve ; Road to Richmond ; Govt. Stores ; Lot 40 – Le Breton
& Sherwood ; Collins ; Richmond Landing ; Sparks ; Government Purchase ; Lot C ; Lot B.
Entre les escarpements CS et P, ce texte, difficilement lisible :

A Boom** would be / useful at one of these / places, to keep the Sleigh Bay free / from strong(?) timber.

* «Sleigh Bay» est traduit par «Baie des Radeaux» dans le document auquel conduit le lien que je donne ; l'autre terme aussi proposé, «cages», conviendrait mieux. Voir cet autre document sur les cageux. C'est à cet endroit que débouche le canal Rideau. La colline boisée à gauche (ouest) de cette baie est la Colline du Parlement.
** Boom : chaine de poutres reliées fixée ou ancrée servant à intercepter les objets flottants à la dérive.



1831, en passant par 1927

La carte suivante, presque contemporaine de celle du major, nous est transmise indirectement par Ross (1927). Elle a été en effet «tracing from Ordnance Map of 1831». On aurait aimé savoir laquelle...

Son utilité réside dans sa légende, très complète, qui peut nous assister dans la lecture de la carte d'Eliot.


Tout est à peu près dans l'état décrit par la carte d'Eliot, sauf une abondance de petits détails trop nombreux pour qu'on s'y arrête – la fréquentation des cartes de l'époque m'a montré qu'il est impossible d'en trouver deux qui ne présentent pas de dissemblances un peu gênantes. 

Principaux (réels) changements : l'Union Bridge (pont de la Chaudière), érigé en 1827 (nos 22-27 sur la carte de Ross), et la glissoire (no 7), inauguré en 1828, qui débouche dans le chenal naturel au nord de l'île Philemon (aussi appelée île Wright). 

Au sud, la carte de Ross rend par des hachures le tracé d'anciens chenaux de l'Outaouais.


Carte de Ross (1927). L'îlot anonyme au sud de l'île Albert (no 17) est l'île Coffin.


* * *

Je n'ai malheureusement pas pu mettre la main sur la légende à laquelle renvoient ces nombres qui figurent sur la carte d'Eliot.

Affaire à suivre, donc...



Autre détail de la carte d'Eliot. Au centre (no 2), une ligne réunit l'île Chaudière (no 10, au nord) et l'île Victoria (no 9, au sud). Cette ligne correspond à l'emplacement de chutes, immédiatement en amont de la baie qui contient le Trou du Diable no bis (voir le billet du 17 mars).

* * *

Références

  • Carte d'Eliot, reproduction tirée de : Robert W. Passfield, Construction du canal Rideau : histoire illustrée. Parcs Canada, 1982, 184 p. ISBN 0-660-90857-3.
  • A.H.D. Ross, Ottawa Past and Present. Toronto. The Musson Book Company Limited, 1927, 224 p.


OUPS !


Restons zen, sous peine de finir zinzin !... Arc-en-ciel à Gatineau (Québec), 10 août 2011.

. . .


Oupelaye !

La mise en page du blogue a été accidentellement modifiée.

Comme le résultat n'est pas nécessairement vilain (ça reste à vérifier pour l'ensemble des billets), plutôt que d'amplifier les dégâts, je préfère garder cette nouvelle présentation.

Puisque je fais régulièrement des sauvegardes, je pourrais revenir à l'ancienne présentation, mais là encore, plutôt que d'aggraver les dégâts...

L'un des avantages tout à fait fortuit de cette gaffe est de donner une meilleure visibilité aux onglets des différentes pages du blogue – s'il faut que je vous explique ce que je veux dire, c'est que je suis en train de me leurrer à ce sujet – en plus de libérer de l'espace pour de nouvelles pages.

Message à moi-même : dans la page des modèles de Blogger, ne plus confonde la commande «Aperçu» (cf., la loupe) avec la commande «Appliquer au blog»...


Double arc-en ciel, en une plus verte saison (Gatineau, 10 août 2011).

lundi 18 mars 2013

Hors sujet : les eaux de Mars


© NASA
Légende originale :
This set of images compares rocks seen by NASA's Opportunity rover and Curiosity rover at two
different parts of Mars. On the left is " Wopmay" rock, in Endurance Crater, Meridiani Planum, as studied
by the Opportunity rover. On the right are the rocks of the "Sheepbed" unit in Yellowknife Bay,
in Gale Crater, as seen by Curiosity. Image credit: NASA/JPL-Caltech/Cornell/MSSS


Depuis quelques années, il ne se passe pas un mois, sinon une semaine, sans qu'on ne nous annonce que l'eau liquide a déjà fait des clapotis à la surface de Mars ou que des conditions propices à l'apparition et au maintien de la vie ont autrefois régné sur cette planète. C'en est devenu tellement lassant que je préfère ignorer systématiquement ce genre de redites.

Pierre Barthélémy, dans Le Monde, analyse cette tendance au recyclage infini des eaux de Mars («Qui veut boire de l'eau martienne ?») :

«Au fil des ans et des missions, et le compte-rendu que j'en fait ici n'est pas exhaustif, tous ceux qui ont eu soif d'eau martienne comme condition sine qua non à une éventuelle présence de vie sur la planète rouge ont été servis. En août 2008, grâce à l'atterrisseur Phoenix, on analysait "pour la première fois" de l'eau en provenance de Mars. Sans doute pour s'apercevoir qu'elle était composée d'un atome d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène... Trois ans auparavant, en 2005, on apprenait, par l'entremise de la sonde européenne Mars Express, que l'on avait "pour la première fois", détecté de la glace d'eau dans les profondeurs de la planète. En mars 2004, le rover américain Opportunity confirme que de l'eau a bien coulé sur Mars avant de s'en aller explorer "le rivage d'une mer disparue". Plus tôt encore dans l'histoire de l'exploration spatiale, en 1997, le robot américain Sojourner se promenait dans le lit d'une ancienne rivière : pour les chercheurs, l'aspect du paysage suggérait le passage de "flots torrentiels". [...]

Cela fait donc des années, voire des décennies, que les chercheurs se disent que Mars a jadis présenté les conditions d'"un environnement habitable", pour reprendre les termes employés lors de la conférence de presse [de la NASA, lien sous la photo] du 12 mars dernier. Rien de plus normal à ce que, travaillant dans le lit d'une ancienne rivière, Curiosity ait découvert, dans la roche sédimentaire qu'il a analysée, "du soufre, de l'azote, de l'hydrogène, de l'oxygène, du phosphore et du carbone - certains des ingrédients chimiques clés pour la vie". Pour le coup, on pourrait ironiser en disant que c'est le contraire qui eût été une véritable information...»



Éternel retour

Autres sujets qui font inévitablement la couverture des magazines scientifiques chaque année : «Darwin s'est trompé» et «Einstein s'est trompé». Une revue actuellement en kiosque utilise justement un titre de la seconde catégorie.

Et c'est ainsi que certains sujets reviennent avec une régularité aussi implacable que la mécanique céleste. Qui s'étonne encore d'apprendre à l'approche de Noël que Jésus est né avant J.-C. ?

Il y a bien la température, sujet de tous les jours, toujours plus haute ou plus basse que la moyenne. Mais c'est précisément avec ces hauts et ces bas qu'on établit la moyenne...



Vie vivante, prérequis à la vie morte

Le texte d'introduction de la page Internet de la NASA d'où est tiré le montage photo qui ouvre ce billet précise (lien sous l'image) :

«An analysis of a rock sample collected by NASA's Curiosity rover shows ancient Mars could have supported living microbes.»

On suppose qu'une planète qui n'aurait jamais pu abriter de microbes «vivants» n'en aura tout simplement jamais abrités. Il y a comme une faute de logique dans cette annonce. Ne chipotons pas, on trouve quand même de quoi se mettre sous la dent :

«The data indicate the Yellowknife Bay area the rover is exploring was the end of an ancient river system or an intermittently wet lake bed that could have provided chemical energy and other favorable conditions for microbes. The rock is made up of a fine-grained mudstone containing clay minerals, sulfate minerals and other chemicals. This ancient wet environment, unlike some others on Mars, was not harshly oxidizing, acidic or extremely salty.»

Tout ceci prouve que les stratégies de communications de la NASA obéissent à une logique qui m'échappe. (Cf. mes anciens billets : «Mars, t'sé veux dire» et «Poudingue sur Mars».)

dimanche 17 mars 2013

Trou du Diable numéro bis et chenal perdu (Ajouts)


Ce billet avait des problèmes d'affichage que j'espère avoir
réglé en justifiant tout le contenu à gauche (19 mars 2013).


Fig. 1. «Timber Channel at the Chaudiere Falls» (1829)
Titre original : Plan of the Proposed Improvements in the Timber Channel at the Chaudiere Falls By Lt. Col. By Commanding Royal Engineers. [Drafted by : John Burrows, Overseer of Works, E.D. John By, Lt. Colonel Royl. Engrs. Comg. Rideau Canal, 1st January 1829.]
Pour les toponymes : voir fig. 5.
Bibliothèque et Archives Canada, no MIKAN 4135485
http://data2.archives.ca/nmc/n0021865.pdf


On connaissait déjà le Trou du Diable, sous la chute de la Petite Chaudière (voir le billet du 27 déc. 2012), à Gatineau (respectivement H et A sur la fig. 2).



Fig. 2. Chute des Chaudières sur l'Outaouais
Détail annoté de la carte d'Austin (1882).
A. Petite Chaudière ; B. Grande Chaudière ; C. Barrage des Chaudières ; D. Tranchée des Chaudières ; entre D et M : «grand chenal» ; E. Escarpement Ouest ; F. Amphithéâtre et le «petit chenal» ; G. Escarpement Est ; H. Trou du Diable ; J. Îlot du «pot-de-fleurs» ; K. Baie (île Chaudière) ; L. Baie (île Victoria) et chute du chenal perdu + Trou du Diable no bis ; M. Péninsule (faille Montcalm). La ligne pointillée discontinue marque l'alignement de G, J, K et L.
La carte originale ne donnant que le nord magnétique (variable), le nord astronomique que j'indique ici ne peut être exact au degré près. Pour en savoir plus sur cette carte (et le secteur qu'elle décrit), voir le billet du premier janvier 2013.


Or, voici que je découvre qu'il en a existé un autre, dans le chenal perdu («Lost Channel»)*, entre les îles Chaudière et Victoria. Voyez de plus près la carte de By et Burrows (le L correspond à la même lettre sur la carte d'Austin en fig. 2) :

* Plus prosaïquement nommé sur les cartes modernes le canal de l'O.H.E.C. (Ottawa Hydro Electric Commission).



Fig. 3. Détail de la carte de By et Burrows en fig. 1.
En amont du pont : le mot «Falls». Le pont passe, au moins depuis 1882, en amont des chutes (fig. 2).



Fig. 4. Détail du détail de la carte de la carte de By et Burrows en fig. 1.
Le «Devil's Hole», second du secteur, après celui de la Petite Chaudière (H sur la fig. 2).


Ce n'est pas tout.

La carte de By et Burrows (détails en fig. 3 et 4), ainsi que d'autres de la même époque, montrent qu'une petite chute occupait la largeur du chenal perdu entre les îles Chaudière et Victoria (fig. 5). Le mot «Falls» lève tout équivoque. Il ne s'agit pas de rapides, mais bien, si modeste soit-elle, d'une chute, la différence étant parfois difficile à trancher sur ces anciennes cartes en l'absence d'indications claires.

Décidément, c'est une cascade diabolique de tourbillons, chutes et autres chenaux – sans parler des chaudières et des pots-de-fleurs – dans un tout petit secteur. (Voir billet du premier janvier 2013.)

Ce Trou du Diable no bis n'a pas survécu aux multiples bouleversements qu'à subi le site depuis 1829, année du levé de la carte de By et Burrows. Le chenal naturel, comme les autres du secteur, a été canalisé et harnaché. (Fig. 7-9 ; voir aussi le billet du 7 mars 2013 sur la centrale de l’Ottawa Electric Railway Company, immédiatement à l'est du pont de la Chaudière.) 

Ajout (24 avril 2013). La baie du Trou du Diable no bis existe toujours : le «water plant» de l'Ottawa Electric Railway Co. forme un bassin à ciel ouvert où se devine facilement ses contours. La centrale elle-même a été érigée sur la rive est de la baie. Voir billet du 7 mars 2013, lien paragraphe précédent, 3e photo.)

(Sur les légendes et histoires de pêches qui entourent le Trou du Diable de la Petite Chaudière et la caverne qui siphonnait ce tourbillon, voir le billet du 15 décembre 2012.)



Fig. 5. Détail annoté de la carte de By et Burrows en fig. 1.
Le L selon la fig. 2. Le pont existe toujours, après avoir connu maints avatars (pont de la Chaudière).
Les toponymes ajoutés n'étaient pas nécessairement en usage à l'époque (1829).



Fig. 6. Détail de la carte d'Austin en fig. 2
Le «vrai» Trou du Diable, le seul qui semble être demeuré dans la mémoire collective. Les mots «Devil's Hole» se lisent au centre de l'image. Voir le billet du 3 février 2013 pour constater ce qu'il en est advenu.



Fig. 7



Fig. 8
(Fig. 7 et 8) écluses et digues sur le site du chenal perdu qui porte bien son nom (depuis le pont des Chaudières où ces photos ont été prises, il n'est pas possible de bien le voir). La chute et le Trou du Diable no bis n'ont pas survécu à tant de modernité. Ils devaient se trouver entre le pont et la centrale de l’Ottawa Electric Railway Company (l'édifice en brique rouge, voir mon billet du 7 mars). Photos 12 janvier 2013.



Fig. 9. Chenal perdu, section en amont du pont de la Chaudière, à la faveur d'une opportune éclipse de soleil (30 déc. 2012).



Conclusion

La présence de la chute du chenal perdu près du point L (fig. 2) confirme que «quelque chose» – quelque soit sa nature, faille ou joint – affecte le socle du site des Chaudières dans l'axe SSE de la Tranchée des Chaudières (D, fig. 2). Cette faille ou ces joints ne se révèlent vulnérables qu'aux atteintes de l'eau courante. Sur les île et la terre ferme, rien ne la signale.

Voir le billet du premier janvier 2013 pour plus ample information (lien plus haut).


Références

  • A.W. Austin, C.E., P.L. Surveyor, Plan of the Lower Village of Hull, shewing its position relative to the city of Ottawa, the property of the heirs of the late Ruggles Wright Esquire. Chewett & Co. Lith. Toronto, 1882. Bibliothèque et Archives Canada, no MIKAN 4126312. http://data2.archives.ca/nmc/n0020966.pdf
  • Carte de Burrows et By : voir fig. 1.


Ajout (13 avril 2013)


Autre pièce au dossier :


Fig. 10. Titre original : Plan and Section of the Chaudiere Falls Ottawa River and the Line of Bridges over the same. [1830] John By, Lt. Colonel. Royl. Engrs. Comg. Rideau Canal. 8th July 1830. John Burrows, Overseer of Works.
Le nord est à droite.
Bibliothèque et Archives Canada, Microfiche NMC16833, CARTO12053, MIKAN 4135260


Fig. 11. Détail de la fig. 10. Contraste retouché et nord remis en haut.


Description du détail (fig. 11).

La chute et la baie (le L qui les signale sur les autres cartes n'a pas été reproduit ici) se remarquent d'elles-mêmes au centre de l'image (cf. fig 5). On observe de petites chutes ou de brefs rapides à la sortie des chenaux, à droite. Le chenal asséché, au sud, tout en bas, montre la configuration qui doit être celle des autres chenaux, avec le brusque dénivelé à son embouchure.

Il est étrange que ces seuils, même modeste, ne se poursuivent pas en sol émergé, sur les îles et la rive. S'agirait-il de lignes de faiblesses dans le socle révélées uniquement par l'érosion fluviatile ?

L'impression générale est que toute la zone des îles constitue un plateau sur lequel la rivière a buté et qu'elle a découpé par des chenaux à défaut de pouvoir le contourner.

On pourrait m'opposer le peu de précision de ces cartes anciennes. Elles ont pourtant été faites avec tout le soin qu'il était nécessaire et possible d'y apporter. Les traits de la topographie sur lesquels j'attire l'attention n'existaient déjà plus quelques années après leur réalisation ; ces cartes demeurent l'unique témoignage de l'état des lieux avant que l'intervention humaine massive.

mercredi 13 mars 2013

«Chasm» ou gouffre de la Chaudière (Ajout)


Hunter (1855). Légende originale :
Birds Eye View of Chaudiere Falls : Ottawa River, Canada.
À gauche (sud), la Grande Chaudière, en recul par rapport à l'escarpement de la  
Petite Chaudière qui occupe la largeur de la gravure, en bas. Les eaux de la Petite Chaudière se
buttent, immédiatement au pied de la cataracte, contre une rangée d'îlots. L'un d'eux est visible à
droite. Ils occupent une tranchée entre la Petite Chaudière et un escarpement parallèle, en face
(premier plan de la gravure). Le «chasm», selon l'expression de Hunter (voir citation plus bas), est
dans ce couloir. (Saisie d'écran à partir d'une version (très mal) numérisée du livre disponible (pdf) 
par Google Books.)


Autre témoignage du «canal souterrain» où s'engouffrait (?) une partie des eaux tombées de la chute de la Petite Chaudière (Hull, rivière des Outaouais, Québec).

(Voir le billet du 15 décembre 2012 pour plus d'information.)

Hunter, qui a dessiné les chutes des Chaudières sous plusieurs angles et qui a rédigé le texte du recueil des lithographies qu'il a tirées de ses études, est un témoin oculaire précieux (Hunter, 1855). Il parle de la «Lost Chaudiere», du «chasm» (gouffre, abîme) et d'un «subterranean channel»

Tout ceci me paraît corroborer le témoignage de Joseph Bouchette, l'arpenteur bien connu (mon billet du 15 déc. 2012, lien plus haut), qui décrivait un phénomène de «perte» semblable sous la Petite Chaudière et qui parlait aussi d'un passage souterrain par où s'évacuait une partie de l'eau tombée de la Petite Chaudière .

Les «first two views» du passage qui suit figurent dans le présent billet. La «great Kettle» est bien entendu la chute de la Grande Chaudière (la version texte est à la fin du billet) :


Hunter (1855), p. 18.
Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books (lien plus haut).


La position du «chasm» (disons plutôt du gouffre) coïncide avec ce que j'ai appelé «la tranchée des Chaudières» (voir mon billet du premier janvier 2013) qui forme un couloir placé en travers de la rivière des Outaouais.

Ceci est une affaire à suivre.


Hunter (1855). Légende originale :
The Chasm. Chaudiere Falls : Ottawa River, Canada.
Le «chasm» (gouffre) entre la chute de la Petite Chaudière (à gauche) et les berges escarpées des îlots,
immédiatement en aval. La continuité des sommets de part et d'autre montre bien que nous sommes
en présence d'un plateau découpé par l'érosion. Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par
Google Books (lien plus haut).


Ajout

14 mars 2013. – Version texte du passage de Hunter reproduit plus haut :

«In the first two views the great "Kettle" [Grande Chaudière] is presented under two aspects; in the succeeding two, there is depicted an extraordinary chasm towards the Lower Canada [Québec] shore, which the Ottawa people call the "Lost Chaudiere [cf. la Petite Chaudière];" strange to say, into this chasm, formed by walls of solid limestone rock, in strata so regular that they almost appear to be the work of art, a volume of water is continually poured, quite equal to that of many a river, which in the old world would be called a large one, and stranger yet, there is no visible way of outlet; the chasm is completely separated from the rest of the Fall, isolated and inclosed by solid rock; the outlet is, of course, by some subterranean channel, but at what point this mysterious passage communicates with the main river, has never been ascertained. This part of the Fall always excites the curiosity of strangers (Hunter, 1855, p. 18)


Référence

  • William S. Hunter (Jr.), Hunter's Ottawa scenery, in the Vicinity of Ottawa City, Canada. Ottawa, Wm. S. Hunter Jr., 1855. (Lithographies J.H. Bufford, Boston.)

lundi 11 mars 2013

Stromatolites exceptionnels (presque !)


Stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (oct. 2007), dans un calcaire ordovicien.
J'ai tellement publié de photos de ces stromatolites que m'assurer que celles que j'affiche ici 
sont inédites prendraient trop de temps. Alors, les (re)voici.


Les stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (voir mon billet du 8 nov. 2009), sont enfin presque classés parmi les sites géologiques exceptionnels (SGE) du Québec !

«Enfin presque», qu'est-ce à dire ?  

En fait, leur statut est à présent celui d'un «site en consultation». Une fiche descriptive (pdf) est déjà disponible par le site (difficile de ne pas répéter ce mot !) Internet du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF).

C'est une grande victoire pour ceux qui s'inquiétaient de la préservation de ces stromatolites réellement exceptionnels.

Extrait de la fiche descriptive :

«Le site géologique des Stromatolites-de-la-Rivière-des-Outaouais* [...] présente un remarquable étalage de constructions stromatolitiques fossilisées. Certains auteurs qualifient cette agglomération comme l’une des plus belles au pays. Visible lorsque le niveau d’eau est bas, soit en période estivale sèche ou à l’automne, cet affleurement expose une multitude de monticules, datés de plus de 450 millions d’années, dont la plupart des sommets ont été tronqués par le passage des glaciers lors de la dernière glaciation**.

Issues de l’accumulation de cyanobactéries, les stromatolites représentent la plus ancienne forme de vie fossilisée sur la planète. Ces structures sont reconnues pour occuper les environnements marins intertidaux en milieu tropical.»

* Tel sera leur nom officiel.
**  J'avais moi aussi écrit quelque chose de semblable à l'époque. Je nuancerais aujourd'hui. La surface rocheuse que nous observons n'est probablement plus exactement celle que les glacier nous ont laissée. L'érosion, l'intervention humaine ont dû la retoucher à un certain degré.


Octobre 2012.


Mai 2010.


J'ai appris la nouvelle de la «promotion» de nos stromatolites par hasard en visitant le site du MRNF du Québec (lien plus haut). Mon dernier survol de la page des SGE remonte à plusieurs mois. L'Outaouais apparaissait encore sur la carte des SGE du Québec comme un désert sans intérêt.

Je suis d'autant plus heureux de ces développements qu'entre novembre 2010 et février 2011 j'avais collaboré à la rédaction de fiches de propositions de SGE pour l'Outaouais. La plupart de nos propositions sont maintenant affichées sous l'appellation «Sites proposés». (Étape qui précède celle de «Site à l'étude» qui mène – on l'espère – à l'inscription définitive parmi les SGE.) Ces propositions concernent la discordance du lac Beauchamp, la sablière de Cantley, la marmite des Allumettières* (ainsi nommée par votre serviteur), la mine Back-Wallingford** de Buckingham et d'autres que je préfère ne pas nommer tant que rien d'officiel ne sera annoncé à leur sujet. Comme par hasard, plusieurs de ces sites sont de ceux mis en évidence dans la page «Principaux sites» de ce blogue.

* La carte des SGE met erronément le mot marmite au pluriel.
** Et non «Black» comme il est indiqué sur la carte des SGE.

Pour ce qui est des stromatolites, par contre, je n'ai aucun mérite. À l'époque, on m'avait dit que le dossier était déjà avancé et qu'il était inutile de rédiger une proposition pour ce site

C'est donc un bravo dénué de tout soupçon d'auto-congratulation que je peux prononcer !




Détail de la carte des SGE, MRNF du Québec (lien plus haut).
Le site des stromatolites est en bas, à gauche.


Sites géologiques exceptionnels

Extraits du site du MRNF du Québec :

«Un site géologique exceptionnel est un terrain dont les caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques présentent un intérêt du point de vue de l'enseignement, de la recherche scientifique ou de la conservation et qui mérite d'être protégé en raison notamment d'une menace, de sa rareté ou de sa vulnérabilité.»


La rumeur selon laquelle ces stromatolites 
peuvent conduire au ciel me paraît exagérée (oct. 2012).


dimanche 10 mars 2013

Hunter et la chasse aux marmites à Hull (Ajouts)


Voir la suite, publiée le 9 juillet 2013.


Hunter (1855). Légende originale :
Natural curiosity, Ottawa River, Canada.
Two miles above Chaudière Falls, on the Hull side.
Trois marmites côte à côte dans des strates de calcaire ordovicien, à Hull (Québec)

Si ce n'était de la légende sous la gravure («Natural curiosity, Ottawa river, Canada. Two miles 
above Chaudière Falls, on the Hull side»), on croirait qu'il s'agit des «three of these extraordinary 
wells close to one another» du Témiscamingue décrit par Hunter (cité plus bas).
(Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books.)


Hunter (1855) décrit des marmites creusées dans la roche près du bord de la rivière des Outaouais, à Hull, deux milles (3,2 km) en amont des chutes des Chaudières. Il ne précise pas d'avantage leur emplacement, mais indique bien qu'il s'agit d'un phénomène commun. On aurait aimé en savoir plus !...

Il attribue la formation de ces marmites à l'usure répétée de la roche en place (calcaire) par des blocs erratiques («boulders of a far harder rock»). Chaque années, les eaux des crues printanières auraient «animé» ces pierres, prises dans des dépressions naturelles. Ainsi se seraient creusés peu à peu ces puits cylindriques. Le plus large, à droite de la lithographie, doit bien atteindre les 4 m de diamètre (version «texte» ajoutée à la fin du billet) :


Hunter (1855), p. 19. 
Saisie d'écran à partir d'un pdf disponible par Google Books (lien plus haut).


«The geological formation in the neighborhood of Ottawa is the tertiary, and the rock known as ''Trenton limestone''.» Aujourd'hui, on dirait plutôt que ces roches datent du Paléozoïque (et non du Tertiaire !). Le Trenton, lui, peut encore tenir. Notez que l'on trouve aussi dans les mêmes parages des shales et du grès.

Si j'interprète bien le texte de Hunter, les blocs erratiques étaient toujours au fond des puits qu'ils ont eux-mêmes creusés. 

Pour autant que je sache, c'est la seule mention de la présence de cette batterie de trois marmites à Hull (aujourd'hui Gatineau). Que leur est-il arrivé après le passage de Hunter ?  

Trois virgule deux km en amont des chutes des Chaudières, ça nous amène tout près sinon exactement à l'endroit des stromatolites du pont Champlain dont j'ai déjà parlés. La zone est moité sauvage, moitié urbanisée, ces trois marmites peuvent très bien se retrouver sous l'asphalte du boulevard Lucerne ou avoir servi de pots de fleurs à des arbres qui les auraient démantelées en étendant leurs racines. Voyez sur la lithographie le bouleau qui poussait déjà dans celle de gauche. La biosphère prend vraiment ses aises au dépend de la lithosphère. Quel sans-gêne ! 

Avis aux amateurs, avec le départ de la neige, la chasse aux marmites va bientôt s'ouvrir...

Ces marmites «riveraines» ont probablement une origine glaciaire (billet sur la Marmite des Allumettières, à Gatineau, plus à l'intérieur des terres) ou même pré-glaciaire (voir ce billet sur les marmites de Guelph – lesquelles semblent d'ailleurs ressembler davantage à celle de Hunter), contrairement à ce que supposait Hunter qui mentionne encore les marmites bien connues du Témiscamingue.  


Ajout (1)

11 mars 2013. – Les marmites du Témiscamingue ont «écréées par le passage torrentiel de cours d'eau sous-glaciaires chargés de sédiments fins et de particules grossières.» (Source : Sites géologiques exceptionnels du Québec ; lien et lien.) Ceci met à mal l'hypothèse de l'origine post-glaciaire des marmites hulloises.

Ajout (2)

13 mars 2013. – Version texte du passage cité de Hunter :

«As a curiosity, and particularly so to a geologist, we have given a plate representing a curious natural phenomenon, which is not uncommon on the Ottawa. The geological formation in the neighborhood of Ottawa is the tertiary, and the rock known as "Trenton limestone." But the river brings down, or at least in years gone by, has brought down, most probably imbedded in ice, huge boulders of a far harder rock; the current has carried these boulders towards the shore, and the waters receding have left them deposited on the softer rocks of the river side; it would appear that wherever these hard boulders have rested in a slight natural hollow, the high waters of succeeding spring, throughout a long period of years, have converted them into gigantic borers, grinding and grinding, until they have buried themselves fathoms deep in the solid rock. On the Upper Ottawa, near Lake Temiscaming, the writer of these pages found three of these extraordinary wells close to one another, at a considerable distance from the highest level to which the Ottawa now rises, the deepest of which was at least sixty feet, and about five feet in diameter, the "borer" or boulder still lying in the bottom. There were no means of descending the "well" to ascertain the character of the intrusive boulder (Hunter, 1855, p. 19).» 



Référence

  • William S. Hunter (Jr.), Hunter's Ottawa scenery, in the Vicinity of Ottawa City, Canada. Ottawa, Wm. S. Hunter Jr., 1855. (Lithographies J.H. Bufford, Boston.)

samedi 9 mars 2013

Cavernes à Rockland


Marchildon, 1991. 
(J'aimerai savoir quel est ce «fossile» dans le coude d'un corridor...)


Dans mon billet du 15 décembre 2012, «Chaudières : les chutes et la caverne», parlant des cavernes sous l'Outaouais, je signalais qu'il en existait à Rockland, village ontarien situé 30 km à l'est d'Ottawa, sans avoir plus de précisions à transmettre.

Marchildon (1991) donne une courte description de ces grottes rochelandaises. Je ne sais pas si ce sont les «bonnes» cavernes, situées qu'elles sont à l'intérieur des terres, 4 km au SW du village, et non pas sous la rivière*. Le texte est avare de détails, on ne dit pas combien il y en a, seulement que la plus profonde s'enfonce jusqu'à 20 m**.

Qu'elles soient les cavernes (ou grottes) que je cherchais ou pas, le fait est intéressant et mérite d'être mieux connu. J'ai déjà travaillé à Rockland, et jamais je n'avais entendu parler de ces grottes.

Elles logent dans une falaise au pied de laquelle coule le ruisseau Beckett. Il est fort probable qu'elles se sont creusées par dissolution sous l'action de l'eau dans le même calcaire ordovicien (ca 460 millions d'années) qui affleure aussi à Gatineau et Ottawa. Tant que je ne les aurai pas localisées avec exactitude, je ne pourrai pas être plus affirmatif.

*

Un texte plus récent fournit d'autres détails (Gaumond, 2004). On peut en retenir que ces grottes se sont formées à la faveur d'une fissure (joint) NE-SW parallèle à la rivière des Outaouais. Elles se trouvent derrière un petit bois à 4 milles au SW de Rockland***. Rares sont les personnes qui y sont descendues, leur exploration demandant un certain degré d'expertise.

Les grottes sont étagées sur trois niveaux. Le niveau supérieur semble à sec, au niveau intermédiaire, l'eau est présente et il s'est créé «des formes étranges qui glissent le long des murs». C'est à cet endroit que l'on peut apercevoir le fameux fossile, toujours non identifié (voir la Coupe verticale des grottes, plus haut). Au niveau inférieur, l'eau coule «comme une chute».


Gaumond et Marchildon ne citent pas leurs sources, ce qui est un peu irritant.
 

Grotte ou caverne ?

Selon la Société québécoise de spéléologie

«Une grotte se forme à travers les types de roches solubles, principalement le calcaire. L'action de l'eau dissout la roche pour creuser des galleries [sic] souterraines. Une cavité naturelle qui n'est pas formée par la dissolution ne peut être appelée une grotte, elle est simplement une caverne.

Pour le sens commun, il s'agit habituellement d'une structure naturelle, mais le
Dictionnaire de L'Académie française, dans sa première édition (1694) précise qu'elle peut être "naturelle, ou faite par artifice".

Le mot [g]rotte viendrait du mot italien
grotta qui remplace en 1537 le mot croute, lui même issu du latin crupta (crypta) qui a pour origine le mot [g]rec kruptein (cacher, couvrir).

Le mot caverne est synonyme de grotte. Il provient du latin
caverna, qui signifie "cavité, ouverture". D'après le Petit Robert une caverne est une cavité naturelle dans de(s) rocher(s), dans des montagnes, sous terre.»

Bref, si je comprends bien, la grotte de Rockland est bien une grotte, pas une caverne, même si ces deux mots sont synonymes...


* Ce qui nous rappelle le karst d'Orléans, à Ottawa, situé lui aussi à quelque distance de la rivière. Voir mon billet du 15 décembre 2012, lien plus haut.
** Le lecteur pressé peut avoir un peu de difficulté à bien comprendre combien il y a de grottes. On peut interpréter les textes et la coupe en concluant qu'il y en a
une, mais à trois niveaux.
*** Les 4 milles de Gaumond et les 4 km de Marchildon sont difficiles à concilier.



Références

  • Pierre Gaumond, «La Grotte de Rockland». BBDA, 2004, http://www.bdaa.ca/histoire/639
  • Daniel Marchildon, Rockland. Coll. «Toute une histoire !», Ottawa, Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques et Centre FORA, 1991, 52 pages. (Le contenu du livre est disponible aussi en ligne ici.)


Ajout

10 mars 2013. – Le site de la grotte doit se trouver dans l'escarpement NNW qui longe le ruisseau Beckett et le chemin du même nom, 6 km du SW du centre du village de Rockland. Le plateau au sommet de la falaise est occupé par un boisé.

Un second escarpement parallèle, moins d'un km à l'est du premier, marque la limite occidentale du Beckett's Creek Bird Sanctuary (pas de nom français).

Voir, tout à la fin du billet, le lien «Pays/Territoire». (Le repère est placé à un point arbitraire.)


jeudi 7 mars 2013

Cave ou caverne ? (Ajout)


Voir le billet du 17 mars 2013 concernant le Trou du Diable no bis, même secteur.

«Vue générale de la centrale à vapeur de l’Ottawa Electric Railway Company,
montrant la volumétrie en gradins, formée d’un bloc d’un étage et d’un autre de deux étages,
avec une petite annexe du côté ouest, 1958. COA, OER Collection, CA-15021, 1958.»
Légende et photo : Lieux patrimoniaux du Canada.


Vue contemporaine. Je m'intéressais davantage 
au bassin (écluse ?) quand j'ai pris cette photo (janvier 2013).


*  *  *


Les études consacrées au site des Chaudières sur l'Outaouais commandées par la Commission de la capitale nationale (CCN) dans les années 1980 (voir billet précédent) recèlent leur part de surprises.

Mon étonnement a été grand de découvrir ce passage dans un rapport sur la «water plant*» de la centrale à vapeur («steam plant») de l'Ottawa Electric Railway, construite sur l'île Victoria (le gras est de moi) :

«Underneath the battery room floor there is a cavern which may have once been the tail race for the original water power plan[t]. Access into the cavern can be made by descending a rope, dropped from the east side of the battery room floor. The cavern runs the length of the former battery plant. It takes a small turn neat the far end. Near here is the hole in the ceiling that is visible in the ground from above. The end of the cavern is blocked off with stop logs. There is seepage through the logs, as there is along all the walls of the cavern. A lustrous limestone coating covers the walls. Stalactites are forming from the ceiling. A small stream flows along the ground. The rest of the ground is covered with rocks and with broken porcelain and glass battery caps, presumably left from the time the battery plant was above (Budimirovic, 1982, p. 4)

* Certains termes techniques sont «en cours de traduction». Je reviendrai faire les retouches nécessaires.


Cave ou caverne ?

Résumons : une caverne aux murs couverts d'un glaçage de calcite (et non de calcaire – «limestone  coating») avec en prime des stalactites au plafond. L'eau coule au sol et des madriers condamnent le passage.

Peu de gens sérieux et bien informés – si j'en juge d'après un court sondage réalisé auprès d'historiens de la région – acorde crédit à la «légende» de la caverne sous la chute de la Petite Chaudière, quelques centaines de m au nord. (Voir le billet du 15 décembre 2012.)

Cette fois, il semble bien que nous en tenons une, de caverne. Une vraie de vraie.

Une réserve ependant. Si le mot anglais cavern a toujours le sens, semble-t-il, de cavité souterraine naturelle («caverne»), quelques occurrences se rencontrent où il se traduirait par le mot français «cave» (pièce creusée sous un bâtiment). [Voir «Ajout», à la fin du billet.]

Alors j'hésite à proclamer à qui veut l'entendre l'existence de cette «caverne».

Combien de temps faut-il à une cavité – que ses murs soient en calcaire (roc) ou en calcaire (pierre taillée), bref, qu'elle soit naturelle ou non – pour que les parois se couvrent d'une glaçure de calcite précipitée et que des stalactites hérissent le plafond. Wikiki, l'encyclopédie de ceux qui ne cherchent pas plus loin, nous apprend ceci :

«An average growth rate [of stalactites] is 0.13 mm (0.0051 inches) a year. The quickest growing stalactites are those formed by fast-flowing water rich in calcium carbonate and carbon dioxide, these can grow at 3 mm (0.12 inches) per year. [...] Stalactites can also form on concrete, and on plumbing where there is a slow leak and limestone (or other minerals) in the water supply, although they form much more rapidly there than in the natural cave environment (Wikipedia) [...]»

Tous les stalactites ne se développent donc pas nécessairement dans des cavités naturelles et se forment même plus vite dans des environnements artificiels. Le socle calcaire sur lequel coule l'Outaouais dans le secteur a de quoi fournir le carbonate de calcium en abondance à l'eau de la rivière.

Si cette caverne est une vraie, tant mieux. Si ce n'est qu'une cave, ça reste quand même intéressant. Pensez, une cave décorée de stalactites ! (À propos, de quelle longueur ils sont, ces stalactites ?)

Qui pourrait m'apporter un peu de lumière sur cette affaire où il y fait noir comme dans une cave (of course) ? [Voir «Ajout», à la fin du billet.]


Centrale à vapeur (et patrimoniale)

«La centrale à vapeur de l’Ottawa Electric Railway Company (OER) est un édifice fédéral du patrimoine reconnu en raison de son importance historique, de l’intérêt qu’elle présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’elle occupe dans son milieu. [...] Elle était une source d’électricité auxiliaire pour le réseau de tramway d’Ottawa.»

Le site des Lieux patrimoniaux du Canada d'où est tiré ce passage donne comme années de construction de la centrale 1914-1915.


© Google
1. «Water Plant» ; 2. Centrale à vapeur de l'Ottawa Electric Railway Company ; 3. Île Victoria ;  
4. Île Chaudière ; 5. Pont de la Chaudière. En noir : la rivière des Outaouais et ses chenaux. 
À l'ouest (gauche) du no 1, le bassin ou écluse au premier plan de la deuxième photo du billet.
Une petite chute coupait autrefois la largeur du chenal qui sépare les îles Chaudière et Victoria,
en amont de la centrale. Il est possible que se soit pour bénéficier de cette source d'énergie
hydraulique que la centrale a été construite à cet endroit (affaire à suivre.)


Le document écrit que j'ai consulté (Budimirovic, 1982) traite avant tout des ruines de la «water plant» de la centrale. La centrale originale, selon ce document, aurait été construite en 1891. Une «battery storage plant» («salle de la batterie d'accumulation» ?), sous laquelle se trouve la «cavern» qui m'intéresse, date de 1902. En 1911, on a inauguré une nouvelle centrale (celle dont parlent Lieux patrimoniaux du Canada ?).

Le tout est érigé sur l'île Victoria, sur le bord d'un chenal naturel de la rivière des Outaouais. Une petite chute se trouvait autrefois dans le chenal, en amont de la centrale. J'en parlerai une autre fois.



La centrale (briques rouges) et le «water plant», en amont. Deux (mauvaises) photos prises 
en décembre 2012, alors que j'ignorais encore la nature de ces bâtiments. Je cherchais surtout 
à vérifier l'aplomb des couches de calcaire. (Ne pas prendre les glaçons qui pendent 
du toit pour des stalactites.)


Référence

  • Olga Budimirovic, The Ottawa Electric Railway Company Hydro Plant: A Description and Historical Overview, in : Louise Leclerc et Jocelyn Guindon, Chaudière Historical Documentation: "First Round" Papers. Ottawa, National Capital Commission, Prepared for Interpretation and Heritage Directorate, National Capital Commission, 1982.

Ajout (8 mars 2013)

Jean-Louis Courteau, quelqu'un qui va au fond des choses (et de l'eau), a rapporté une courte vidéo d'une plongée dans les eaux du Saint-Laurent, à Cornwall (Ontario). On sait que la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent, dans les années 1950, a entraîné l'innondation de grandes étendues de terre le long des rives du fleuve. Des villages, des fermes et des turbines se retrouvèrent au fond des eaux.

Et c'est ainsi que Jean-Louis a dû revêtir sa combinaison de plongée pour pu visiter la «Wheel Chamber» de la centrale de Cornwall.

Les stalactites visibles dans sa vidéo atteignent, pour les plus longs d'entre eux, 6 à 8 pouces (15 à 20 cm). Ils ont poussé à partir d'un plafond de béton*. La centrale, m'indique en outre Jean-Louis, a été construite en 1901 et a été engloutie en 1958. En 57 ans d'existence «aérienne», les stalactites ont cru au rythme infernal de 0,35 cm par années*.

* Revoir le passage tiré de Wikipedia, plus haut.

Ceci enfonce un clou mortel dans mes espérances de caverne naturelle à l'île Victoria. Dur coup pour le moral, mais la vérité avant tout !

Jean-Louis, sans aucune pitié, me signale que l'expression «tail race», qui apparaît dans le texte de Budimirovic ailleurs que dans le passage que cité dans ce billet, à un sens très précis :

«Some water wheels are fed by water from a mill pond, which is formed when a flowing stream is dammed. A channel for the water flowing to or from a water wheel is called a mill race (also spelled millrace) or simply a "race", and is customarily divided into sections. The race bringing water from the mill pond to the water wheel is a headrace; the one carrying water after it has left the wheel is commonly referred to as a tailrace (Wikipedia)


Il me semble clair que mes soupçons initiaux étaient hélas fondés : le mot cavern est employé dans le texte de Budimirovic dans le sens «salle souterraine artificielle». (Lire cette définition de cavern, aussi transmise par Jean-Louis, décidément intarissable – pourtant, moi aussi j'avais cherché les différents sens de ce mot, dans mes dictionnaires papiers et dans Internet !)

Les murs de la «caverne» couverts d'un «lustrous limestone coating» sont tout probablement en pierre calcaire taillée.


Beau joueur, je vous conseille d'aller visiter les sites de Jean-Louis, plongeur, peintre, écrivain : «Aquadelic» et «Peintures, Délires et autres nécessités...»

D'un requin requinqué au fond d'une carrière en Outaouais* au blues d'un Abitibien fugueur en passant par moult pochades, vous ne regretterez pas d'avoir cédé à un mouvement de curiosité.

D'ailleurs, quelqu'un qui vous prouve trois fois plutôt qu'une que vous vous êtes trompé sans être désagréable ne peut pas être une mauvaise personne ni tenir de mauvais blogues !

* J'ai déjà parlé de ce sauvetage.


Ajout (21 mars 2013)

Les deux dernières photos de la (ou «du» ?) water plant sont tellement mauvaises que je ressens le besoin impérieux d'en mettre en ligne de meilleures.


«Water plant» : vue vers le nord, vers le chenal perdu (9 mars 2013).


Murs ouest (9 mars 2013).


Mur est : calcaire, et la centrale, en brique rouge (9 mars 2013).


Fond de la «piscine», côté ouest (9 mars 2013).

dimanche 3 mars 2013

Chaudières : notes tardives


Carte 1. Les chutes des Chaudières, rivière des Outaouais (Leclerc ; 1982)
Version «au propre» d'une esquisse qui illustre le rapport de Leclerc et Guindon (1982) ; échelle
 et contours très libres, comme l'indique le titre original : «Approximative position of fault lines in
the Chaudiere area». J'ai pris soin de rétablir la distinction entre failles avérées et failles supposées. 
Notez que celle qui passe tout juste en amont des chutes des Chaudières devrait être en réalité 
beaucoup plus à l'ouest. Il apparaît risqué d'appareiller failles et topographie, certaines se
manifestant par des «creux» (chenaux), d'autres, par des «bosses» (îles).
Légende selon mes annotations de la carte 2 (Wilson, 1938).
FM : Faille Montcalm* ; 1. Barrage des Chaudières ; 3. «Grand Chenal»*, traversé par une 
faille supposée ; 4. Ruisseau de la Brasserie ; 6. Péninsule traversée par la FM.
* Mon appellation : voir billet du premier janvier 2013.


Préambule

Le présent billet est une sorte de compilation de notes de lecture venues trop tard et impossibles à intégrer dans mes autres billets.

N'y cherchez donc pas un exposé complet et cohérent, voyez plutôt mon billet du premier janvier 2013, qui tente d'expliquer l'origine des chutes des Chaudières sur l'Outaouais, entre Gatineau et Ottawa. En fait, il s'agit plutôt de «notes à moi-même».

Sinon, pour résumer les choses très brièvement, disons simplement que la rivière des Outaouais coule à l'endroit des chutes sur un lit formé de strates horizontales de calcaire (Ordovicien, 488-444 millions d'années). L'influence conjuguée de reliefs hérités d'avant les glaciations (ex. Colline du Parlement), de failles nombreuses et de l'érosion fluviatile explique la formation et la persistence de ces chutes.


* * *



La Commission de la capitale nationale (CCN) a commandé dans les années 1980 plusieurs études consacrées au site des Chaudières sur l'Outaouais, entre Hull (aujourd'hui Gatineau) et Ottawa, en vue du réaménagement du secteur (musées, panoramas, etc.) Ces volumineux rapports intéresseront davantage les amateurs d'archéologie industrielle. Peu de résultats concrets on suivit leur publication. J'y ai glané cependant plusieurs éléments intéressants sur la géomorphologie du site.


Les failles

Leclerc (1982) affirme que la faille Hull-Gloucester (FHG sur la carte 2), située à plus d'un km en amont des chutes, serait responsable de l'existence des petits rapides des Chaudières qui s'étendent sur plusieurs km en amont de cette faille.

Dans sa conclusion, elle soutient en outre que la présence des chutes des Chaudières s'explique par la présence ou l'action de failles :

«The faulting resulting in the Chaudière Falls has given man the opportunity to use the water power to produce energy (mechanical or hydro-electrical) (p. 6)

Commentaire. – Cette conclusion n'est ni affirmée ni même suggérée dans le corps de l'exposé de Leclerc (1982). La faille Hull-Gloucester (FHG), la faille majeure la plus proche des chutes ne figure d'ailleurs pas sur la carte des failles qui illustre son rapport (carte 1). (Notez que la faille qu'elle fait passer à l'ouest des chutes n'est pas la FHG ; comparez sa carte avec les cartes 2 et 3.)

Il ne faudrait ni exagérer ni sous-estimer le rôle des failles dans la topographie régionale. Si certaines se manifestent par des creux (chenaux), d'autres forment bosses (îles) ou ne se remarquent pas (voir la propre carte de Leclerc), l'érosion ayant arasé les disparités depuis l’époque où elles ont joué pour la dernière fois (Crétacé, 110 millions d’années). Dans le cas de la FHG par exemple, le rejet, côté SE de la faille abaissé, atteint 550 m, ce que nul ne devinerait en regardant le paysage !

De toute façon, à Gatineau comme n'importe où le long de l'Outaouais, nous sommes toujours près d'une faille, entre deux failles ou cernés par des failles quand nous ne sommes pas sur une faille. Il nous faudrait des chutes ou de rapides partout.


Carte 2. Détail annoté de la carte de Wilson (1938)
Les couleurs et les nombres de la carte originale renvoient aux différentes variétés 
de roches sédimentaires du Paléozoïque (calcaire, shales, grès) qu'il est inutile de détailler ici.
Légende (adaptée) : lignes ondulées continues : failles avérées ; discontinues : failles supposées.
FHG : Faille Hull-Gloucester ; FM : Faille Montcalm*; 1. Barrage des Chaudières ; 2. Tranchée des
Chaudières* ; 3. Faille ENE et «grand chenal»* ; 4. Ruisseau de la Brasserie ; 5. Une baie et des 
îles sur le passage de la FHG ; 6. Péninsule traversée par la FM.
* Mon appellation ; voir billet du premier janvier 2013, lien plus haut.


Leclerc retient davantage mon attention ici :

«The intense faulting produced the particular characteristics of the Chaudiere area but the continuing movement of the rock masses creates the need of controlling the shifting. Steel pins have been imbedded along the fault to inhibit movement wich could have disasterous results on the Chaudiere dam structure (p. 3)

Commentaire. – Il aurait été utile de préciser ici ce qu'il faut entendre par «fault» : le relâchement de joints horizontaux superficiels, de simples pop-ups (voir Wallach et al.) ou les grandes failles régionales, comme la FGH, qui découpent le socle en profondeur ? N'empêche, des morceaux du socle «brochés» pour qu'ils restent en place...

L'orthodontie tectonique, une nouvelle disciple ?


* * *



Ce passage emprunté à un autre rapport de la même série (Haig, 1982), aurait pu servir de légende à la carte de Leclerc (1982 ; carte 1 de ce billet) :

«This fault [faille Hull-Gloucester] extended east and south across the Ottawa River to the Rideau Falls [sic*] and the Prince of Wales Falls**. [...]

This major fault [faille Hull-Gloucester] shaped the rock bed of the Ottawa River above the Chaudière Falls into a semi-cone configuration. The base of the cone is some two miles upriver of the Chaudière Falls with the apex forming the lip of the falls. Prior to construction of the Chaudière Dam, this extraordinary funnel acted to compress and propel the river forward intil the waters were ejected forcibly over the falls to hammer violently upon deeply rooted rock below. The persistent abrasive action of this torrent of water formed the rock at the base of the falls into the shape of a bowl, or cauldron (p.3)

* Cette phrase n'a aucun sens, sauf à lire «Chaudière Falls» au lieu de «Rideau Falls».
*Prince of Wales Falls : chutes Hog's Back, où le socle, faillé et basculé, affleure.

Commentaire. – L'auteur semble amalgamer en un seul faisceau les failles qui se trouvent en amont des Chaudières pour constituer sa «major fault», la faille Hull-Gloucester, au sens strict, devenant la branche principale de plusieurs.


Recul des chutes

Selon Johnston (1917), déjà cité ici, les chutes actuelles sont à 400 m en amont de leur position originale :

«The principal fall in the Ottawa river occurs at Chaudiere falls at Ottawa where the water falls over a low escarpment of Trenton [Ordovicien] limestone. A series of narrow gorge-like channels below the falls, the largest one being occupied by the main volume of the river, shows the distance the falls have receded in post-Glacial time. The total distance is only about one-quarter mile [400 m]. The maintenance of the falls is owing to the well jointed character of the rocks which permits large masses to be separated by widening of the joints and finally to be worn away, leaving a still nearly vertical front over which the water falls. The general uniformity of hardness of the beds, however, has prevented a rapid recession of the falls (Johnston, 1917 ; p. 8-9 ; le gras est de moi)

Le «largest gorge-like channel» correspond à mon «grand chenal», no 3 sur la carte annotée de Wilson (1938 ; carte 2 ici).

Commentaire. – Les propos de Leclerc (1982) et de Johnston (1917) ne s'excluent évidemment pas, érosion et failles étant à tenir en ligne de compte. Mais expliquer la genèse des chutes en oubliant qu'elles n'occupent plus leur endroit d'origine me semble périlleux. (Dans mon billet du premier janvier, j'interprète le texte de Johnston en supposant que les Chaudières ont créé le grand chenal en reculant à partir du point 6 (carte annotée de Wilson) – lequel coïncide, eh oui, avec une faille, la faille Montcalm (FM).)


Carte 3. Williams et al. (1984)
Aperçu des nombreuses failles qui découpent le socle de la région d'Ottawa. Cette carte étant un
document de la Commission géologique de l'Ontario, les failles (lignes ondulées) semblent épargner le
Québec ; j'y ai prolongé en rouge celles qui sont mentionnées dans le texte. Les nombres de la carte
originale renvoient aux différentes variétés de roches sédimentaires du Paléozoïque (calcaire, shales,
grès) qu'il est inutile de détailler ici. L'omniprésence des failles prévient contre la tentation facile de
coupler les chutes des Chaudières à une faille en particulier.
Légende selon les annotations de la carte 2.
FHG : faille Hull-Gloucester ; FM : faille Montcalm* ;
1. Barrage des Chaudières (son croissant est souligné en rouge) ;  
3. «Grand Chenal»* ; 4. Ruisseau de la Brasserie ; 6. Péninsule traversée par la FM.
* Mon appellation ; voir billet du premier janvier 2013, lien plus haut.


Contours des îles et des rives

«The island contours have changed through the years and the island area has increased due to the lowering of the water level with the dam and to the building of cribbed wharves.

Also many small islands have disappeared. Some were submerged when the water rose up-river from the dam when the latter was built, and at least one was destroyed so as to to better the flow of water (Coffin Island).

«The widening and deepening of water channels, and the widening and subsequent filling of the Wright slide have also transformed the original land configuration (Leclerc, 1982 ; p.4-5)

Commentaire. – Les îles (ou l'île, dépendant du niveau de l'eau) Russell, en amont du barrage, disparues depuis au moins 1925 1938, ainsi que mon «pot-de-fleurs», font sans doute partie des îles noyées et détruites.


Conclusion

Il est difficile de conclure en l'absence de tout exposé. Je n'aurais pas publié ces «notes à moi-même» sans l'utilité que je trouve à les réunir en un seul endroit.


Références

  • Robert Haig, «Les portages de la Chaudière», in : Ken Desson & Associates, The Industrial History of the Chaudiere: A Collection of Manuscripts & Bibliographical Notes. Ottawa, National Capital Commission, Prepared for Interpretation and Heritage Directorate, National Capital Commission, 1982.
  • W.A. Johnston, Pleistocene and Recent Deposits in the Vicinity of Ottawa, With a Description of the Soils. Commission géologique du Canada, Mémoires 101, 69 pages, 1917, avec carte 1662 (1/63 360).
  • Louise Leclerc, «Geology of the Chaudiere», in : Louise Leclerc et Jocelyn Guindon, Chaudière Historical Documentation: "First Round" Papers. Ottawa, National Capital Commission, Prepared for Interpretation and Heritage Directorate, National Capital Commission, 1982.
  • Joe Wallach, K. Benn et R. Rimando, «Recent, tectonically induced, surficial stress-relief structures ine the Ottawa-Hull area, Canada.» Revue canadienne des sciences de la Terre, vol. 32, 1995, p. 325-333.
  • Williams, D.A., Rae, A.M., and Wolf, R.R. Paleozoic Geology of the Ottawa Area, Southern Ontario. Ontario Geological Survey, Map P.2716, Geological Series-Preliminary Map, scale 1:50 000, 1982.
  • Wilson, A E, Ottawa Sheet, East Half, Carleton and Hull Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 413A, 1938, 1 feuille (1/,63 360)