jeudi 21 mai 2015

Québec envisage le forage de 6500 puits de pétrole dans l'île d'Anticosti


«De 3900 à 6500 puits de pétrole pourraient être forés sur l'île d'Anticosti, selon des scénarios hypothétiques avancés par le ministère des Ressources naturelles du Québec lors d'une consultation publique menée sur place le 7 mai dernier.» 
Source Radio-Canada, 21 juin 2015.


À voir ou revoir


Billet (ce blogue) du 18 juin 2014, «Anticosti : l'île aux 12 000 forages». Il y est fait état de l'étude menée par l’ingénieur-géologue Marc Durand selon laquelle «il faudrait forer au moins 12 000 puits sur l’île pour extraire 1 % à 2 % de tout le pétrole. Il faudra pour cela construire toutes les infrastructures nécessaires pour l’implantation de l’industrie pétrolière.» Le document préparé par Monsieur Durand, est disponible en ligne :

12000 puits et + pour couvrir le gisement d'Anticosti

Mon billet du 5 juin 2014 : pétition (AVAAZ) toujours active : «L'île d'Anticosti, trésor en danger face aux pétrolières !». Pour accéder directement à la pétition : lien.

Articles récents d'Alexandre Shields sur le même sujet dans Le Devoir. Revoir également le dossier de l'an passé, même auteur, même journal – et même sujet, of course.

dimanche 10 mai 2015

Cratère gigantesque au Québec ?



«Le plus gros cratère du monde serait-il au Québec? La question risque d'être controversée et débattue pendant longtemps entre experts, mais trois géologues* ont présenté cette semaine des indices qui leur font croire qu'une météorite énorme se serait abattue sur le nord du Québec, il y a 2,1 milliards d'années, et aurait laissé un cratère littéralement monstrueux, allant des monts Otish jusque, possiblement, dans Charlevoix.»
* Serge Genest et Francine Robert de la firme Omegalpha, et Normand Goulet, professeur à l'UQAM.


Texte et image : Jean-François Cliche, Le Soleil, 9 mai 2015.


Supplément d'information dans La Presse du 12 mai, toujours par M. Cliche : 
http://blogues.lapresse.ca/sciences/2015/05/11/la-mere-de-tous-les-nids-de-poule/

samedi 9 mai 2015

Navigation au dessus d'une île


Pont de la Chaudière (Union Bridge) sur la rivière des Outaouais, à Hull (ca. 1843-1859). L'île en forme de pot de fleurs au centre du tableau n'existe plus depuis env. 1870. Edmund Willoughby Sewell, huile sur toile. Bibliothèque et Archives Canada, no d'accès 1991-120-2, négatif de copie C-011048.


Le «même» pont, aujourd'hui. Un hors-bord évoluait cet après-midi d'amont en aval du tablier. Avec la crue printanière modeste que nous connaissons, ces manœuvres et zigzags prouvent qu'il ne subsiste aucun haut-fond à cet endroit de la rivière. Quant aux pots-de-fleurs, n'en parlons même pas ! Photo 9 mai 2015, prise depuis le pont du Portage.


À une certaine époque, il aurait été impossible d'évoluer en hors-bord immédiatement en aval du pont de la Chaudière à Gatineau (Hull). D'abord, parce que les hors-bord n'existaient pas ; ensuite, parce que des îles auraient été dans le chemin.

Mais j'ai déjà si souvent parlé des îles disparues dans la rivières des Outaouais... Référez-vous au billet du 8 juin 2014 pour avoir un aperçu de l'ensemble du dossier. Pour tous les billets traitant du sujet, ce lien.

jeudi 7 mai 2015

Filons plats et lits froissés


Quelques autres merveilles qui gisent au fond des lacs des Laurentides : marbre lardé d'inclusions résistantes se révélant à mesure que l'eau dissout le marbre soluble. Voir le billet du 17 janvier 2015 pour en savoir plus (et suivre les liens, en particulier celui vers le billet du 11 août 2012).

Les photos sont tirées du blogue Aquadelic de Jean-Louis Courteau. Plusieurs autres y sont affichées, et elles-y sont pour être contemplées, alors, allez-y voir !


1. Photo Jean-Louis Courteau (2015), aquadelic.blogspot.ca.
Photo 1. – Fins lits ou filons (quartzite ? granite ?) plats dans le marbre. Lac-des-Seize-Îles, au sud du Mont-Tremblant.


2. Photo Jean-Louis Courteau (2015), aquadelic.blogspot.ca.
Photo 2. – Inclusions froissées dans le marbre. Lac-des-Seize-Îles, au sud du Mont-Tremblant.

samedi 25 avril 2015

Laves d'Avoca (suite et ajout)

Complément au billet précédent.


Photo Lafleur et Hogarth (1981).
...


Mon matétiel ne me permet par de fournir de vues détaillées de l'échantillon du dyke de lave(?) du chemin Avoca, à l'est de Gatineau (voir billet précédent). Cette reproduction d'une microphotographie d'une lave (trachyandésite) de Gatineau, secteur Buckingham (Lafleur et Hogarth, 1981) donne un bonne idée de ce que je peux voir avec mon microscope 60x.

La légende originale de la photo se lit comme suit : «Euhedral and skeletal oligoclase laths in trachytic alignment in microporphyritic trachyandesite

On pourrait en extraire l'information utile à notre propos sans trahir les auteurs en disant les choses ainsi : «Bâtonnets bien formés ou résiduels de feldspath dans une lave (trachyandésite) microporphyrique.»

«Les épanchements des trachyandésites sont de type subaérien et proviennent d'orifices en échelon ou de fissures. » (Tiré du résumé de l'article de Lafleur et Hogarth. C'est moi qui souligne.)

La trachyandésite de Lafleur et Hogarth (1981) correspond à la kersantite aphanatique de Wilson (1920). La roche a été provisoirement datée du Cambro-Protérozoïque (540 millions d'années) par Lafleur et Hogarth avant d'être assignée par Hogarth (2003) à la suite volcanique et plutonique de Robitaille datée de 1060 millions d'années.

Référence (voir billet précédent pour les articles qui y sont déjà cités.)


Ajout, ou notes à moi-même (26 avril 2015)

Philpotts (1976) signale de minces dykes de lamprophyre qui recoupent un marbre et une pegmatite près du pluton de syénite de Chatham-Grenville, à l'est du dyke du chemin Avoca. Si le pluton a été daté de 530 millions d'années, l'âge de ces dykes est incertain, et rien n'indique un lien entre eux et le pluton. Le lamprophyre forme de minces dykes (60 cm x plusieurs centaines de m). Il s'agit d'une roche grise à patine brun grisâtre, à grain fin et porphyrique. Les phénocristaux de hornblende et de biotite sont sertis dans une matrice de plagioclase, de magnétite, de hornblende et de biotite. Quelques dykes contiennent de gros phénocristaux de plagioclase altéré.

Dupuy (réf. dans le billet du 24 avril 2015) mentionne que les dykes de diabase du faisceau de Grenville (590 millions d'années) de la région de Papineauville (à l'ouest du chemin Avoca), habituellement à grain moyen ou grossier, peuvent, quand ils sont minces (moins d'un m), être à granulométrie très fine et même aphanatique. Mais les dykes de diabase sont de direction est-ouest alors que le dyke du chemin Avoca est de direction ±NW.

Dans le Grenville du SW du Québec et l'E de l'Ontario, les suites plutoniques de Chevreuil (1,17-1,16 Ga) et de Kensington-Skootamatta (1,09-1,07 Ga) sont accompagnées de dykes de microdiorite et de lamprophyre (et de carbonatite pour la seconde suite). Les dykes de microdiorite de la suite de Chevreuil présentent des phénocristaux de plagioclase (Corriveau ; fig. 33a et suivantes).

Références nouvelles

  • Louise Corriveau, Architecture de la ceinture métasédimentaire centrale au Québec, Province de Grenville : un exemple de l'analyse de terrains de métamorphisme élevé. Commission géologique du Canada, Bulletin no 586, 2013; 264 pages, doi:10.4095/226449
  • A.R. Philpotts, Partie sud-est du canton de Grenville, ministère des Richesses naturelles, Québec, RG-156, 1976, 44 pages, avec une carte (1/12 000).