dimanche 19 octobre 2014

Nouveau retour à l'erratique de Chelsea


Bloc erratique de la piste 1 du parc de la Gatineau, à Chelsea (Québec), 19 oct. 2014. Hauteur apparente : env. 3 m ; circonférence : env. 20 m.


Le document appuyé sur le sac à dos, à gauche, format papier lettre, donne l'échelle ; 6 août 2011.


Le même, tel qu'il était le 22 mai 2000.


Le bloc erratique du parc de la Gatineau, à Chelsea (Québec), continue de monter la garde près de la piste 1, à quelques dizaines de mètres de la promenade.

Il a peu changé au cours des dernières années. Cet erratique semble avoir oublié la signification de son épithète. Il ne bouge plus, ce qui permet au moins de savoir où le retrouver.

Plus de détails dans ces anciens billets.

lundi 13 octobre 2014

Gabbro pincé




Lentille de gabbro à hornblende pincée dans des gneiss droits (détail). Les cristaux de hornblende (en noir) ont l'allure de têtards glissant les uns sur les autres.
Zone de cisaillement de Maberly, route 7, à l'est de Maberly (Ontario), 12 octobre 2014.



jeudi 2 octobre 2014

Eaux, glaces et cavernes


Saisie d'écran, © Éditions MultiMondes
Eaux, glaces et cavernes
Bernard Lauriol* et Pierre Bertrand**
Éditions MultiMondes, Québec, 2014
* Professeur titulaire en géographie physique à l'Université d'Ottawa
** Photographe et graphiste


Eaux, glaces et cavernes ; un livre magnifique de Bernard Lauriol et Pierre Bertrand ; des photos exceptionnelles, un texte texte précis et accessible.

L'eau tantôt fluide, tantôt solide ; la calcite, soluble dans l'eau... Les auteurs se sont employés à étudier et répertorier les milles et une formes plus ou moins stables que prennent l'une et l'autre à l'entrée des cavernes de la vallée de l'Outaouais. Depuis l'écume gelée, les bulles d'air autogène et exogène, les draperies de glaces (éphémères) et les draperies de calcite (durables) en passant par le lait de lune et les pipkrakes, leurs divers avatars cristallins ou amorphes sont admirablement décrits et illustrés.

On se demande si certains scientifiques ne sont pas avant tout de grands poètes...

Pour ceux à qui une vison grosso modo du monde ne suffit pas et que quelques gros plans de merveilles remplissent d'aise.

Ce livre sublime (puisqu'il y est question de l'eau dans tous ses états...) s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à la nature, de l'Outaouais en premier lieu, mais aussi d'ailleurs. Ils se précipiteront se le procurer, bien sûr...


Ce qui suit est tiré du site Internet des Éditions MultiMondes (LIEN).


Saisie d'écran, © Éditions MultiMondes

«Ce livre offre une extraordinaire description de l'eau et des glaces rencontrées à l'entrée des cavernes qui s'ouvrent dans les forêts de l'est du Canada. De remarquables photographies et des commentaires écrits dans un style clair et concis transmettent aux lecteurs une compréhension d'un univers qui fascine par sa beauté et sa diversité.»


Données techniques

Catégorie : Environnement
Parution : 2014-09-01
Format : 23 cm x 28 cm
Pages : 144
Reliure : souple
ISBN : 978-2-89544-476-3
Format papier : 34,95$
Format Pdf : 24,99$


Table des matières

Les cavernes de l'Outaouais
L'écoulement concentré
La condensation
La percolation
Remontées capillaires et mouvements pelliculaires
Conclusion

dimanche 28 septembre 2014

Marbre, rideaux et vieilles guenilles


1. Inclusion (gneiss ? quartzite ? ou ?...) retirée d'un marbre grenvillien (plus d'un milliard d'années) au fond du Lac-des-Seize-Îles, dans les Laurentides. L'eau du lac a lentement dissout le marbre (calcaire) et a laissé en relief les inclusions plissées de gneiss ou de granite, plus résistantes. Photos et cueillette en plongée : Jean-Louis Courteau (2014).

Blogues de Jean-Louis Courteau (à voir absolument, mais après lecture de ce billet).


J'en ai souvent parlé, le marbre dans notre région contient nombre d'inclusions (bandes de gneiss ou de quartzite, intrusions de granite, etc.) qui ont été plissées, démembrées et dispersées par les forces tectoniques. Le marbre, ductiles et fluable, a agi comme un solide «pâteux», les inclusions, plus ou moins fragiles, se sont plissées ou brisées.

(Voir les articles du blogue liés au libellé «Marbre (fluage)»).

Le résultat peut-être assez spectaculaire.

Parfois, on a l'impression de tenir des fragments de draperies.

Témoin ce fragment de (gneiss, ou quartzite, ou granite...) fortement plissé, ramené du fond du Lac-des-Seize-Îles dans les Laurentides par Jean-Louis Courteau (fig. 1). L'eau a lentement dissous le marbre (calcaire) et a laissé en relief le gneiss ou le granite, plus résistant.

Le lac, d'orientation N-S, suit d'ailleurs le trajet d'une importante bande de marbre.

Mes rideaux font à peu près le même genre de plis que ce fragment. L'altération de sa surface ne me permet pas toutefois de préciser sa nature : gneiss, quartzite ou granite...


Autres billets du blogue sur le même sujet illustrés par des photos de Jean-Louis



2. Le phénomène ne s'observe pas qu'au fond des lacs. Cette photo tirée de mes archives personnelles (juin 2010) montre un gneiss tordu imparfaitement dégagé du marbre qui le contient par l'érosion fluviatile. Rive de l'île Marguerite, Gatineau (Québec). On dirait de vieilles guenilles...


3. J'ai souligné en rouge l'allure des plis de l'échantillon ramené par Jean-Louis ; la contraction de la plaque rocheuse est d'environ 70 %. La présence de marbre lors de la contraction tout autour, il y a un milliards d'années, a sans doute joué dans le fait qu'elle ne se soit pas rompue. Voir section «Autres billets du blogue sur le même sujet...» Photo modifiée de Jean-Louis Courteau.



mercredi 24 septembre 2014

À bas l'orthogneiss !


Montage-photo tiré du site de Ouest-France (23 sept. 2014). Légende originale : «En quelques jours, un mur ancien et une partie de la roche ont disparu. | DHD»


Un Breton risque les foudres de la justice pour avoir détruit l'affleurement d'un orthogneiss rare qui lui masquait la vue sur la mer...

Orthogneiss : gneiss d'origine plutonique ; par ex. granite montrant une orientation privilégiée de ses minéraux acquise sous les pressions tectoniques.

«La mairie de Locquirec, dans le Finistère, a porté plainte contre un habitant de la commune accusé d'avoir découpé au marteau-piqueur une roche orthogneiss, très ancienne et très rare, qui lui cachait la vue. [...] ''La pierre de Locquirec n'est pas protégée mais elle fait partie du patrimoine de notre ville, il n'en existe que quelques filons en Bretagne'', a déclaré Yves-Marie Le Lay, président de l'association Dour Ha Douar, qui défend la patrimoine local. L'association a d'ailleurs organisé un rassemblement au pied du rocher, pour y afficher un panneau «Ici, destruction du patrimoine». (Le Monde, 24 sept. 2014)

Un article du Figaro (24 sept 2014) précise qu'il s'agit d'un granite vieux de 2 milliards d'années qui n'existe qu'en Bretagne et qui serait «sous protection», contrairement à ce qu'affirme Le Monde. Faudrait savoir.

Voir aussi l'article paru dans Ouest-France (23 sept. 2013), à l'origine de l'affaire.

Heureusement, ici, aucun rocher n'est menacé de subir un sort pareil pour la bonne raison que la mer ne se rend plus en Outaouais depuis le départ de la mer de Champlain, il y a 10 000 ans. Nos rochers n'obstruent la vue de personne et sont donc en parfaite sécurité.

Quoique... (voir billet du 20 mai 2014 : «À bas la falaise !».)