samedi 24 janvier 2015

Draperies sous-marines, Lac-des-Seize-Îles


© Jean-Louis Courteau 2014







Draperies lacustres : lits ou filons de roches résistantes (quartzite, granite ou gneiss) dégagés du marbre par lente dissolution de ce dernier. Lac-des-Seizes-Îles dans les Laurentides, au nord-ouest de Montréal. Photo © Jean-Louis Courteau, 2014.




Même sujet :
Blogue Aquadelic de Jean-Louis Courteau
Le jardin des immortelles

Dans ce blogue :
11 août 2012, «Lac Tremblant : radiographie du marbre»
17 janv. 2015, «Plis et vieilles guenilles : la merveille»
29 oct. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles : suite et persévérance»
26 oct. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles : suite»
28 sept. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles»
16 oct. 2012, «Lac Tremblant : retour au fond des choses»

jeudi 22 janvier 2015

Le Trou-du-Diable aux Chaudières : les réponses d'Hydro-Québec


Le 4 décembre 2014, j'ai adressé à Hydro-Québec une demande d'information concernant le Trou-du-Diable, aux Chaudières, à Gatineau, près des centrales Hull-1 et Hull-2.

La réponse d'Hydro-Québec, datée du 8 janvier 2015, m'a été livrée par le facteur le 13 du même mois.

Pour en prendre connaissance, rendez-vous au billet du 30 décembre 2014 («Trou-du-Diable aux Chaudières : demande de renseignements»).


Le Trou-du-Diable à Gatineau, bien paisible, à se demander ce qui doit dormir au fond de l'eau pour que l'endroit ait reçu un tel nom... Photo 21 juin 2014.

mercredi 21 janvier 2015

Ruisseau de la Brasserie : session d'information


Je retransmets le message pour la cause. Je ne fais pas partie des personnes qui organisent l'événement. Pour plus de détails, voir à www.ottawariverkeeper.ca.


samedi 17 janvier 2015

Plis et vieilles guenilles : la merveille


Qu'est-ce ? Vous pouvez en dire ce que vous voulez, ça ne froissera pas la chose.


Résumé

Inclusions silicieuses résistantes dégagées par dissolution du marbre qui les contient dans les lacs des Laurentides. Elles révèlent par leur surgissement la tectonique du marbre (marbre de la province géologique du Grenville, Bouclier canadien, âgé de plus d'un milliard d'années).
Billet consacré au même sujet, blogue Aquadelic de Jean-Louis Courteau
Le jardin des immortelles
Billets consacrés au même sujet (dans ce blogue; le plus important est placé en premier)
11 août 2012, «Lac Tremblant : radiographie du marbre»
29 oct. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles : suite et persévérance»
26 oct. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles : suite»
28 sept. 2014, «Marbre, rideaux et vieilles guenilles»
16 oct. 2012, «Lac Tremblant : retour au fond des choses»


Qu'est-ce au juste, que cette... chose ? Une pièce de chamois qui a servi à astiquer le casque de Goliath ? Ou à nettoyer le monocle du cyclope ? Le cuir d'un buffle blindé ? Le pan d'une veste pare-silex du Paléolithique ?

Vous ne voyez pas ?

Réponse : c'est une merveille.


Dans son milieu naturel, la chose (ou ses semblables) ont meilleure allure. Lits ou filons de roches silicieuses plissées dégagées par dissolution du marbre qui les contient. Lac-des-Seize-Îles dans les Laurentides. Photo © Jean-Louis Courteau, 2014.


Ce rectangle tout plissé de roche – un granite ou un quartzite – revient de loin. Il a toute une histoire.

Loin dans le temps, mais aussi loin – ou profond – dans l'espace.

Il s'est formé il y a plus d'un milliard d'années, à plusieurs km de profondeur à l'intérieur de l'écorce terrestre. Les pressions tectoniques ont plissé et trituré le banc de marbre à l'intérieur duquel il avait trouvé place. Notre granite/quartzite a pris un pli, même plusieurs ; bons ou mauvais plis, il les a conservé jusqu'à aujourd'hui.

Je passe rapidement les millions d'années, les centaines de millions d'années. L'érosion amène le marbre tout près de la surface. Les glaciations du Quaternaire rabotent et polissent le socle continental. Les glaces, il y a 10 000 ans, se retirent, l'eau s'installe dans un bassin de marbre poli. Voici bientôt un joli lac, entouré de feuillus et de conifères. Au fond, l'eau dissous peu à peu la calcite (le marbre, quoi) ; les inclusions siliceuses – granite, quartzite et gneiss –, résistantes, font saillie et sont peu à peu dégagées.

Vers 2012, des plongeurs plongent explorer les lacs des Laurentides. Ils en rapportent des photos de paysages fantastiques. Des rouleaux de pierre, pareils à des pieux, sortent de la roche, des murs se dressent, des draperies ondulent - ou plutôt n'ondulent plus, elles ont pris leur plis il y a  longtemps.

Ces paysages lacustres (ou sous-lacustres) sont à peu près totalement ignorés. Il doit s'en trouver partout dans les Laurentides et en Outaouais, partout où il y a du marbre.

C'est un scandale que ces merveilles soient soit si peu connues. Comme elles reposent au fond des eaux, il y a peu de chance que la publicité autour de leur existence ne les exposent au vandales !

Ce morceau de silicates rouillé m'a été apporté par Jean-Louis Courteau qui l'a ramassé au fond du Lac-des-Seize-Îles, au NW de Montréal, dans les Laurentides. (Voir, en autres, les billets d'octobre 2014, liens plus haut.)

Il figure à une place de choix dans mes collections. Qui d'entre vous, chers lecteurs, a eu le privilège de tenir en main une plaque de roche qui s'est fait froisser à plus de vingt km sous terre ? Qui ?


Je manque d'indices – et, disons-le, d'expertise – pour interpréter la coupure nette entre la partie rouillée et la partie noire (manganèse?).


Quel beau pli serré !


Comptez les plis et replis à droite, contre mon petit doigt.


C'est vraiment de la pierre. Infroissable - ou plutôt, indéfroissable !


La nature de la roche est difficile à déterminer avec certitude. Filon de granite ? Lit de quartzite ? La roche (d'après un autre échantillon) est silicieuse, rouillée, et contient des grains de sphène(?) et de diopside(?). Ces deux minéraux se rencontrent souvent dans les granites qui interagissent avec le marbre.


C'est pas son meilleur profil.


Gênant que la mise au point soit faite sur le mur du fond plutôt que sur l'échantillon... Je suis très mal installé pour la photographie.


Photos suivantes : fond du lac Tremblant dans les Laurentides (photos © Jean Louis Courteau, Le jardin des immortelles, blogue Aquadelic). Exemples de paysages créés par dissolution du marbre : les piquets et les murs sont des inclusions insolubles que la quiétude des profondeurs lacustres préserve des bris et des ruptures.





jeudi 15 janvier 2015

La caverne Laflèche en 1869


Résumé

Première description de la caverne Laflèche, à Val-des-Monts (Québec), par Grant (1869).
Exploitant actuel
Arbraska Laflèche
Localisation
Près de Wilson's Corner, au nord de Gatineau (Québec) :
255, route Principale - route 307 Nord, Val-des-Monts, Québec J8N 4B7
45.646593, -75.791761
Voir le billet précédent (14 janv. 2015).


Grant, en 1869, a été le premier à fournir une description correcte de la caverne Laflèche, nommée alors la Wakefield Cave. Il a eu la chance de pouvoir l'explorer avant que l'activité humaine, pas toujours déployée de correcte façon, ne la détériore. Le texte de Grant a donc une importance à la fois historique et scientifique.

Les passages que je reproduis ici sont ceux qui concernent la caverne. Pour ne pas trop alourdir le billet, j'ai coupé les considérations de Grant sur l'histoire géologique de la région.

J'avais d'abord été porte à négliger le témoignage de Grant. Une des premières phrases de son texte m'avait fait sursauter :

«At the base of the mountain is a small lake, which discharges into the Gatineau River through a mountain gorge of exquisite beauty.»  (P. 15-16)

Très invitante description. Sauf que la Gatineau est 8 km à l'ouest du lac en question (actuel lac Armida, ancien lac Pélissier), lac qui se vide, par l'entremise du ruisseau Pélissier, dans le lac McGregor, 8 km à l'est de la caverne. Ce dernier lac vide ses eaux dans la Blanche, affluent de l'Outaouais.

Notons aussi que le Pellesier dont parle Grant était plutôt monsieur Pélissier, propriétaire du terrain où se trouvait la caverne. Il a laissé son nom à la caverne, qui a porté aussi autrefois le nom de caverne Pélissier, au lac déjà évoqué, aujourd'hui le lac Armida, et au ruisseau Pélissier qui, lui, a conservé son nom.

Mais c'est assez pinailler ! Ces coquilles mises à part, le texte Grant est plein de détails qui raviront les naturalistes de la région. Il permet de reconstituer l'image de la caverne, encore intacte. Grant décrit les passages, la Grand Chamber, s'étonne de l'absence d'accumulation de gaz carbonique dans l'air de la caverne, parle des des stalactites et des stalagmites, de la calcite à la consistance de fromage qui recouvre les parois (moonmilk, mondmilch ou lait de lune ? – voir Wikipedia, deux fois).

Référence

Grant, J.A., 1869, «Superficial Geology of the Valley of the Ottawa and the Wakefield Cave», Transactions of Ottawa Natural History Society, [22 p.].