dimanche 1 mars 2015

Hors sujet : mars sera froid


Ruisseau de la Brasserie, Gatineau (Québec), depuis le pont derrière la polyvalente de l'Île, 2015.


Petite suite à mon billet du 18 février 2015 :

«Février 2015: le mois le plus froid en 115 ans», Jasmin Lavoie, La Presse, 28 février 2015

«L'air arctique qui a soufflé sur le Québec en février a plongé la province sous des températures entre cinq et neuf degrés sous les normales mensuelles entre le 1er et le 25 du mois. Selon Environnement Canada, les variations de température ont été moins grandes cette année, ce qui explique ce nouveau record. [...] Environnement Canada s'attend à un début de mois [de mars] chaud, mais le froid intense devrait revenir au milieu de la semaine prochaine.»

Le même ruisseau, Gatineau (Québec), vu depuis l'autre côté du même pont, 2015.

samedi 28 février 2015

Hors sujet

Billet mis en ligne par accident et supprimé.

Hors sujet : ressemblances et symétrie



En haut. – Caspar David Friedrich, Falaises de craie à Rügen, vers 1818, huile sur toile, 90,5 x 70 cm.
Musée Oskar Reinhart. Image : version réduite de celle disponible dans Wikipedia : The Yorck Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei. DVD-ROM, 2002. ISBN 3936122202. Distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH and [1] (lien.)
En bas. – Lac Pink (voir ces autres billets), parc de la Gatineau (Québec), Henri Lessard, sept. 2007.


Quelle ressemblance entre des falaises blanches et un lac vert portant le nom de Pink ?

Le petit arbre, au bas de la photo, fait tout ce qu'il peut, en s'inclinant vers la gauche, pour imiter le piton rocheux de Friedrich.

L'absence de voiliers et de figurants sur la photo ne m'a pas échappé. Lacunes qui n'empêchent pas que la vision de cette photo me rappelle immanquablement la toile de Friedrich. C'est devenu un automatisme mental.

Par contre – la symétrie s'arrête là –, la toile ne me ramène jamais à l'esprit le souvenir de la photo. Friedrich se suffit très bien à lui-même.


Images réduites pour faciliter la comparaison.


jeudi 26 février 2015

Lac Pink : la CCN se goure



Fig. 1. Le lac Pink, dans le parc de la Gatineau (Québec). Photo 29 sept. 2007.


La Commission de la capitale nationale (CCN), qui gère le parc de la Gatineau a des préoccupations pédagogiques louables. Dans la plupart des cas, elle atteint ses buts.

Parfois, rarement, à l'occasion, par distraction, à l'insu de son plein gré, elle se plante.

Témoin cette carte géologique qui illustre un panneau d'interprétation sur la rive du lac Pink (fig. 2 et 3).

(Pour d'autres détails sur la géologie du lac Pink, voir le billet «Lac Pink : le tigre et l'hippopotame (plus une tortue)» du 27 déc. 2009.)

Les contours géologiques de la carte sont justes. Ils sont même plus précis que ceux d'aucune autre carte du secteur que j'ai vue. (En fait, j'aimerais bien savoir d'où ils ont été tirés.) Le problème, c'est qu'ils ne contiennent pas toujours les bonnes lithologies.

Je me base pour cette affirmation sur deux choses :

  • mes observations personnelles (dont la CCN ne ferait pas grand cas) ;
  • la carte de Hogarth (1970), publiée par la Commission géologique du Canada (CGC), la plus complète publiée à ce jour pour le secteur.

Hogarth est probablement l'homme qui connait le mieux la géologie de la région. Si sa carte du sud du parc de la Gatineau (1970) est d'une échelle plus grande que celle du panneau, elle contient néanmoins un luxe de détails qui en fait un délice pour qui apprécie ce genre d'ouvrage. M. Hogarth a enseigné la géologue à l'Université d'Ottawa et a rédigé une foule de rapports et d'articles sur la géologie du Précambrien de la région de Gatineau.

Qualifier de «calcite», comme la fait la CCN, des roches à silicates de calcium (skarns) résulte peut-être d'une erreur de traduction ou d'interprétation. De plus, le marbre étant constitué de calcite, distinguer le minéral de la roche reviendrait à établir une différence entre la mie du pain et le pain lui-même. Quant à confondre syénite et paragneiss, j'ignore si c'est une dose de bonne ou de mauvaise volonté qu'il faut pour y parvenir. La syénite est abondante dans le parc, inutile de la faire figurer là où elle n'est pas.

Je traîne cette affaire dans mes dossiers depuis... depuis des années. La copie de la carte de la CCN que j'ai réalisée d'après l'originale sur le panneau date de décembre 1999.

C'est dire l'urgence que j'attachais à communiquer ces faits...

Voir aussi ces deux billets sur d'autres faux pas cartographiques (de la CGC cette fois) :

11 févr. 2010, «Pas de «A» pour la 1508A»
7 sept. 2013, «Pas de «A» pour la 1506A»

PS. Moi aussi il m'arrive de me tromper. J'avais d'abord titré ce billet «Lac Pink : la CCN se gourre». Pour un petit R de trop, c'est moi qui erre.

Référence

  • Hogarth D.D., 1970 – Geology of the southern Part of Gatineau Park, National Capital Region, Quebec. Commission géologique du Canada, Étude 70-20, 1970., 7 p. (avec carte 7-1970, 1:18 000)



Fig. 2. Détail d'un panneau d'interprétation sur la rive du lac Pink («Vous êtes ici»). Le «ici» est illustré à la fig. 5.


Fig. 3. D'après la carte du panneau de la fig. 2 (déc. 1999), avec rectification de la géologie (j'ai utilisé une autre carte pour le contour du lac, d'où quelques différences dans les détails). Pour les «corrections», j'ai utilisé mes propres observations et mon interprétation de la carte de Hogarth (1970). Nord vers le haut.
  • Marbre (à graphite) ;
  • Calcite (sic : roches à silicates de calcium (à pyroxène)) ;
  • Syénite (sic : paragneiss à biotite et grenat) ;
  • X : mine de mica et apatite (fermée) ; P : parking-belvédère ; Panneau (arche) : voir fig. 2 et 4 pour le panneau, fig. 5 pour l'arche.



Fig. 4. Le panneau en entier. (Pour le texte, voir fig. 8.) on reconnaît l'arche, en bas à gauche, telle que visible sur la photo de la fig. 5.



Fig. 5. L'arche du lac Pink dans du marbre graphiteux rouillé («Vous êtes ici» et «Arche» des fig. 2 et 3), à l'époque où elle était accessible au public. Le morceau de roc au sommet de l'arche évoque une tête de lionne – ou de tortue. Le «11» correspond à un ancien usage du document dans le blogue. Je ne numérote plus ainsi chacune de mes photos ! Photo juillet 2000.



Fig. 6. Le lac Pink vu du belvédère du parking de la promenade. Faudrait dire à la CCN que laisser pousser les arbres devant un belvédère annule de même coup sa qualité de belvédère... Photo 19 oct. 2014.



Fig. 7. Le lac Pink, depuis son extrémité ouest. Photo 29 sept. 2007.


Fig. 8 (ajout de dernière minute). J'ai pensé que certaines personnes aimeraient lire le texte du panneau. Pour l'écologie du lac, notamment sa couleur turquoise, revoir le lien donné au début de l'article.

samedi 21 février 2015

Façonnement du relief des Laurentides


Sainte-Agathe-des-Monts (et non Saint-Agathe (sic) !) se trouve
du côté est du lac situé un peu au dessus du centre de la carte.

Document tiré de Bouchard et al., 2007.


Au cours de mes promenades, le paysage amène immanquablement le même genre de questions à se bousculer dans mon esprit : pourquoi une colline ici et une plaine là, un escarpement à cet endroit et une sablière à cet autre ? Pourquoi ceci, pourquoi cela ?...

Pour avoir rencontré plusieurs olibrius de mon espèce, je peux témoigner de la grande fréquence de la maladie dans la population.

Comme contribution au soulagement des symptômes les plus irritants de ce syndrome, cette carte du secteur de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides, Bouclier canadien (Bouchard et al., 2007). Aux plus atteints du syndrome «Pourquoi ?...», cette image soignera mille maux :

Le contours des collines se tient à l'intérieur des cases dessinées par le quadrillage des joints, diaclases et failles (lignes noires). Les effets de l'érosion se sont concentrées le long de ces lignes de faiblesse du socle. L'alignement désordonné des collines, la silhouette des lacs, le réseau hydrographique entier sont ainsi influencés par le treillis des fractures.

La plus grande partie du travail de l'érosion s'est faite avant les glaciations. Selon Bouchard et al. (2007), le relief actuel résulte du dégagement des altérites du Bouclier canadien datant du Tertiaire.

Pour plus de détails, voir le billet du 25 nov. 2012, «Paysage pré-glaciations».

Source de l'illustration

  • Mireille Bouchard, Serge Jolicœur, Jean-Pierre Peulvast, «Altération et évolution géomorphologique du bouclier canadien dans le sud-ouest du Québec», dans : Du continent au bassin versant. Théories et pratiques en géographe physique (Hommage au Professeur Alain Goudard), 2007, Press Universitaires Blaise-Pascal, p. 39-54.