mardi 31 décembre 2013

Gatineau-Genève


Les ruines Carbide Willson, sentier 36, dans le parc de la Gatineau (photo © CCN, lien plus bas).
...


J'interromps momentanément le sommeil de ce blogue (mais il ne dormait que d'un œil).

Un article du Droit a attiré mon attention. En voici un extrait (italiques) :

Les ruines Carbide Willson dans la mire de Genève
Jonathan Blouin, Le Droit, 31 décembre 2013

Un siècle plus tard, l'inventeur Thomas «Carbide» Willson en serait probablement ravi. Les images du joyau du patrimoine industriel qu'il a fait construire dans le parc de la Gatineau, au tournant du XXe siècle, se promènent un peu partout sur la planète, après avoir fait les manchettes en Suisse.

Le quotidien francophone La Tribune de Genève a souligné le paysage pittoresque qu'offrent les ruines Carbide Willson, cette semaine, dans son palmarès des «40 plus beaux lieux oubliés du monde».

Le ruines Carbide Willson portent le numéro 31 dans la liste.

Lien vers l'article de La Tribune de Genève.

Lien vers la page de la CCN du site des ruines Carbide Wilson.

Aujourd'hui Genève, demain, le monde !...

(Objectivement, les trente-neuf autres sites ne sont pas mal du tout non plus.)
 

mardi 24 décembre 2013

Mon beau ruisseau (sur un air connu)


Noël blanc ?


Excellent moyen de se débarrasser de la neige sale des rues : la jeter sur la glace d'un ruisseau, le dégel se chargera de faire disparaître le tout.

Au moins, il ne semble pas y avoir de sel dans la neige : la glace aurait déjà fondu.

Photos : tas de neige sale sur la glace du ruisseau de la Brasserie, boul. Montclair, Gatineau (Québec), 24 déc. 2013.





Ce billet réalisé en trois minutes vingt-sept secondes n’annule pas la résolution affichée le 18 décembre dernier de mettre ce blogue en demi-sommeil (ou sur la glace ?) pour une durée indéterminée.

Hors sujet : Noël


Joyeux Noël !

Noël est la plus soviétique des fêtes contemporaines.

Marx et le père Noël : même barbe, même combat ?

Preuves de la nature intrinsèquement stalinienne de la fête de Noël :

  • Intense propagande préparatoire ;
  • Adhésion spontanée obligatoire ;
  • Caractère collectif permettant de décourager les tentatives de désertion et de repérer les éventuels réfractaires ;
  • Encouragements et admonestations des meneurs de claques ;
  • Sous le masque souriant, la même morosité générale.

Il ne manque que les campagnes de dénonciations et de rectifications des Gardes rouges de Mao.

Selon un sondage impromptu et très représentatif de l'échantillon rejoint, personne, parmi les gens interrogés, n'a déclaré aimer la fête de Noël. Le ton des réponses allait du rejet à la colère en passant par la frustration contenue.

Mais qui donc soutient ce branle-bas annuel que personne ne désire ?


samedi 21 décembre 2013

Hors sujet : vœux de saison

Joyeux frettes !


Plante verte (détail et vue générale) bravant le froid et
profitant des faiblesses du calcaire pour germer dans une paroi exposée au soleil.


Malgré le froid, malgré la neige qui nous a ensevelis, la saison de la verdure neuve n'est pas passée. De la chlorophylle bouillonnante montre le bout de son nez, ou plutôt de sa feuille, sous le manteau nivéal*, en plein milieu d'une paroi rocheuse (en calcaire ordovicien, pour être plus précis ; pour la plante, je suis moins documenté)**.

Si toute sève n’est pas gelée, vous êtes potentiellement en état d’entendre mon banal et prévisible (mais sincère) message :

Joyeuses fêtes !

* Nivéal : pour éviter la répétition du mot neige.
** Vous n'êtes pas obligés de savoir que la photo a été prise le 21 janvier 2012.

mercredi 18 décembre 2013

Blogue : pause hivernale




Samuel Oliver Tazewell, Chaudiere Falls, Lower Canada (rivière des Outaouais, Hull (Gatineau)), lithographie, 1833. Toronto public library.
Cette image de la Grande Chaudière me semble inédite, en tout cas peu diffusée. Elle prédate le développement du site, même vert. L'aspect du calcaire est plus tourmenté que sur les aquarelles de Woolford (voir les billets du 24 nov. et du 26 nov. 2013.)


Le blogue va se faire plus rare pour une période de temps, histoire de régénérer mes neurones blogueurs.

Dans le fond, je n'aurais eu qu'à espacer mes billets et personne ne se serait rendu compte de rien.

Je reste disponible pour les commentaires et questions.

(Ben non, aucun rapport entre l'image et le message.)

mercredi 11 décembre 2013

Les murs bleus de Cantley (billet à moitié cuit)


Note. – Selon un lecteur, la crocidolite décrite ici serait de l'antigorite bleue, une forme de serpentine. (Voir le commentaire dans ce billet.)

Fig. 1. Fénite de Perkins (Val-des-Monts), en Outaouais, au nord de Gatineau (Québec). Amphibole sodique bleue (arfvedsonite), feldspath potassique orangé (microcline), calcite ou dolomite blanchâtre ; le noir est du mica (phlogopite?). La pièce d'un dollar canadien, échangeable indifféremment contre quatre vingt-cinq cents ou quatre trente sous, a un diamètre de 26,5 mm.


En bref

Murs de crocidolite? dans des métasédiments à Cantley (Québec) ; province de Grenville du Bouclier canadien (1 milliard d'années).
Localisation
Chemin Ste-Élizabeth, Cantley (Québec)
45.540454,-75.744129
Rue Noémie, Cantley (Québec)
45.541882,-75.75084
31G/12
Liens (dans ce blogue)
«Intraordinaire à Cantley», 21 nov. 2013
«Miroir de faille», 14 juill. 2012
«Chelsea : dykes et brèches de calcite», 6 nov. 2012
Photos
Chemin Ste-Élzabeth : juillet 2007
Rue Noémie : nov. 2012


«Les murs bleus de Cantley». Ça pourrait être le titre d'un roman Arlequin. Plus prosaïquement, je désigne ainsi les plans recouverts de crocidolite? bleue qui recoupent des métasédiments (quartzite ou paragneiss) à Cantley, au nord de Gatineau (Québec).

La crocidolite est une amphibole sodique, justement surnommée «amiante bleue»*. Dans le cas des murs décrits ici, il pourrait s'agir d'un autre type d'amphibole et je donne cette identification sous toutes réserves. La crocidolite? du chemin Ste-Élizabeth (fig. 5-8) se défait en fibres, mais aussi en tiges ou en lames longues de plusieurs cm ayant une consistance à la fois souple et cassante. Celle de la rue Noémie (fig. 2-4) a une couleur gris-vert qui ne doit pas nous alarmer : un même minéral peut se présenter sous des variétés de différentes teintes. Le titre du billet devrait donc être «Les murs bleus (ou verts) de Cantley».

* La crocidolite est «utilisée dans l'industrie, [elle est] hautement toxique, [et] provoque le cancer du poumon et le mésothéliome (cancer de la plèvre supérieure).» (Voir Wikiki.) En pleine nature, en gros cristaux pas très volatiles, il n'y a aucun danger.

Peut-être y a-t-il un lien entre les murs et la présence de plutons de granite gneissique à proximité de chacun d'eux (voir billet du 21 nov. 2013, lien plus haut) ? Peut-être s'agit-il de croissance de cristaux sur le plan d'un miroir de faille (slickenslides ; voir billet du 14 juillet, lien plus haut) ? Dans tous les cas, on a l'impression d'une croissance minérale le long d'un plan qui pourrait bien en effet être la trace d'une faille.

Enfin, nous ne voyons que les vestiges ou la bordure d'un corps qui devait avoir une certaine épaisseur.

L'amphibole bleue, le feldspath potassique orangé (microcline) ainsi que la présence d'hématite rappellent les fénites** (voir le billet du 6 nov. 2012) observées ailleurs à Cantley et à l'est de la municipalité, à Perkins (Val-des-Monts) (Hogarth et al., 1987). Un élément important de ces fénites est l'arfvedsonite, un autre type d'amphibole sodique bleue qui se cristallise sous forme de petites aiguilles (cristaux aciculaires) parallèles ou enchevêtrées (voir fig. 1). On trouve aussi d'autres amphiboles sodiques, telle la riébeckite (dont la crocidolite est d'ailleurs la variété fibreuse) et la richtérite.

** Fénite : roche hôte modifiée par diffusion ou imprégnation (métasomatisme) suite à l'introduction d'une roche ignée alcaline ou d'une carbonatite.

Je ne suis pas minéralogiste et l'analyse chimique de mes échantillons est hors de ma portée. Les amphiboles bleues et vertes de Cantley, qu'elles soient fibreuses ou aciculaires, sont des manifestations d'un type de magmatisme rare qui se manifeste par des intrusions de fluides alcalins et de carbonatites, roches ignées composées de carbonates – minéralogiquement, c'est un peu comme du marbre fondu. Ici, nous avons non pas la roche intrusive, mais plutôt le résultat de son assimilation par les roches encaissantes (fénite). Selon toute vraisemblance, les fluides ont été canalisés par des fractures.

Fénites, carbonatites, minéraux alcalins, amphiboles aux noms imprononçables... Faute de trouver un moyen élégant de le boucler, je devrai soit renoncer à publier ce billet à moitié cuit, soit promettre de revenir sur le sujet.

Devinez quelle option j'ai prise.



Fig. 2. Rue Noémie, à Cantley (Québec) : mur de crocidolite? gris-vert. En rouge sombre : hématite.



Fig. 3. Gros plan de la fig. 2.



Fig. 4. Rue Noémie, Cantley. Le mur de crocidolite, discordant par rapport au paragneiss rubanés à gauche (au nord). L'affleurement est en marge d'un pluton de granite (monzonite quartzifère), au sud. Voir la fig. 8 du billet du 21 nov. 2013 (lien plus haut).



Fig. 5. Chemin Ste-Élizabeth (Cantley). Autre mur de crocidolite? dans (ou sur) un quartzite blanc. Le feldspath orangé semble recouper la crocidolite (voir fig. 8). L'orientation des cristaux de crocidolite est verticale, comme dans le cas de la rue Noémie.



Fig. 6. Autre vue de la fig. 5. La crocidolite est est aussi nommée amiante bleue. Le surnom semble bien s'appliquer ici. Des filons de feldspath orangé recoupent la crocidolite (voir fig. 8).



Fig 7. Gros plan de la crocidolite? du chemin Ste-Élizabeth. On dirait une sorte de plumage un peu mal en point...


Fig. 7 bis (ajout après mise en ligne). Détail de la fig. 7. Aspect effiloché et esquilleux de la crocidolite.



Fig. 8. Détail de la fig. 6. Du rouge (hématite), comme dans le cas de la fig. 2 ; le feldspath orangé recoupe la crocidolite.


Référence

Hogarth D.D., Chao G.Y., Townsend M.G., 1987 — «Potassium- and fluorine-rich amphiboles from the Gatineau area, Québec», Canadian Mineralogist, vol. 25, p. 739-753.

mercredi 4 décembre 2013

Que peut-on dire de l’état de santé du ruisseau de la Brasserie ?




Sentinelle Outaouais - Ottawa Riverkeeper publie son rapport sur la qualité la qualité de l’eau et la biodiversité du ruisseau de la Brasserie (Gatineau, Québec). Une bonne partie des données ont été obtenues lors du bioblitz de juillet 2013 tenu en collaboration avec les Amis du ruisseau de la Brasserie.

On peut télécharger le rapport (pdf) et la liste des espèces répertoriées (doc. Excel) à cette adresse :
http://fr.ottawariverkeeper.ca/news/que_peut_on_dire_de_l_tat_de_sant_du_ruisseau_de_la_brasserie/

Les résultats avaient été dévoilés de façon préliminaire lors d'une conférence de presse qui s'était tenue le 20 octobre dernier. (Voir mon billet à ce propos.)

Extraits du rapport, réalisé par Adèle Michon, directrice des opérations au Québec, Sentinelle de la rivière des Outaouais :

«L’eau provenant de la rivière des Outaouais est relativement saine à son entrée dans le ruisseau de la Brasserie, mais elle se dégrade au fur et à mesure qu’elle vient en contact avec les égouts municipaux. [...] Le grand nombre d'espèces observées [plus de 400, lors du Bioblitz de juillet 2013], dont plusieurs en situation précaire, dans un cours d’eau urbain si pollué sur une si courte période démontre un grand potentiel pour une richesse écologique exceptionnelle. [...] De façon prioritaire, l’eau du ruisseau de la Brasserie étant contaminée en grande partie due à des décharges d’eaux usées non traitées, il est essentiel que, dès maintenant, la Ville de Gatineau trouve l’origine de ces décharges et mette en place les mesures nécessaires pour y remédier rapidement (p. 11)

Pour ce qui est de l'appréciation «cours d’eau urbain si pollué», le rapport indique que les niveaux dE. coli du ruisseau atteignent 4400 UFC/100 mL. Selon Santé Canada, une eau est considérée polluée dès 400 UFC/100mL. 


Ruisseau de la Brasserie, site 4 du rapport (passage piétonnier au nord de l'autoroute 5). Avec un taux d'E. coli de 3300 UFC/100 mL, le site est l'un des plus pollués du cours d'eau : admirez, mais ne buvez pas ! (Cf. graphique de la page 10 du rapport.) Photo Henri Lessard, 22 sept. 2013.

dimanche 1 décembre 2013

Drôles de zébrures à Cantley (ajout)


Fig. 1. Vue estivale du phénomène. Quartzite et paragneiss vert «zébrés» à Cantley (Québec). Nord à gauche. Photo juillet 2007.


Résumé

Stries parallèles à la surface de lits de quartzite et de paragneiss vert (province de Grenville du Bouclier canadien ; âge : un milliard d'années)
Localisation
Rue des Chênes, près de sa jonction avec la rue du Domaine-Champêtre, Cantley, au nord de Gatineau (Québec)
45.521246,-75.76096
31G/12
Sites proches semblables à propos de quartzite et de paragneiss
«Filons à Cantley», 14 juillet 2010.
«Intraordinaire à Cantley», 21 nov. 2013


Fig. 2. La formation, vue en coupe. Quartzite blanc, paragneiss vert et granite orangé (en fait, intrusions de feldspath) rubanés. Visée vers le nord. Photo juillet 2007.


Fig. 3. Même site, quelques m au nord de la fig. 1. Les stries parallèles se retrouvent sur plusieurs plans verticaux successifs (surfaces des lits ou rubans de quartzite). Le délitement naturel de la roche n'est pas influencé par la présence des zébrures. Photo nov. 2012. (Voir aussi fig. 10.)


Fig. 4. Détail de la fig. 3. Stries d'un miroir de faille ? (cf. billet du 14 juillet 2012) ? Je ne crois pas (voir fig. 5.) Le quartzite (à gauche), vu en coupe, ne semble pas touché par phénomène.


Fig. 5. Gros plan de la fig. 4. S'agirait-il plutôt de linéations – étirement des cristaux par des contraintes tectoniques orientées ? Miroir de faille ou linéations, le phénomène se limite à l'interface entre les lits du quartzite. De plus, il ne semble y avoir aucune recristallisation des minéraux le long des lignes, aucune contrainte n'a agi au cœur de la matière. J'aurais donc tendance à écarter ces deux hypothèses.


Alors ? (C'est le début du texte que les photos et leurs légendes ne font que compléter, c'est pour ça la lettrine et les grands caractères.)

Qu'est-ce ?

Vos lumières sont les bienvenues. (Fin du texte et de l'exposé.)


Fig. 6. Détail de la fig. 2. Quartzite à gauche (ouest), interlité de bandes et de lentilles d'un paragneiss vert à droite ; le tout est un peu granitisé (orangé). Constatons à nouveau que les zébrures ne concernent que l'interface entre des lits du complexe quarztite-paragneiss et que la roche elle-même n'est pas autrement affectée. Photo juillet 2007.


Ajout après mise en ligne : photos oubliées et conclusion


Fig. 7. Autre section de l'affleurement de quartzite ; rayures obliques, en haut, à gauche. Les publisacs, pour une fois utile à quelque chose, fournissent un genre d'échelle. Photo nov. 2012.


Fig. 8. Gros plan, même endroit. Cette fois, les rayures sont des ruptures peu profondes (la même «découpe» s'observe sur la fig.3, à gauche). Le parallélisme n'est plus aussi bien conservé. La veine de feldspath orangé, en haut à gauche, semble peu ou pas autant affectées par les coupures. Photo nov. 2012.


Fig. 9. Détail de la fig. 8. Sorte de boudinage (rupture en boudins parallèles par étirement) ? Qu'est-ce qui remplissait les intertices, de la calcite ? J'ai déjà observé un paragneiss vert imprégné de calcite, tout près du site, sur le chemin Taché.


Fig. 10. Zoom sur la fig. 3.


Faute de mieux, je retiens donc l'hypothèse d'un phénomène de boudinage limité à l'interface (mince paragneiss vert) entre les rubans (lits) de quartzite.

mardi 26 novembre 2013

Haut-de-forme et géologie



Détail de l'aquarelle de Woolford (1821) reproduite plus bas. À droite, haut juché et coiffé d'un haut-de-forme noir : le premier géologue de l'Outaouais. Source : Toronto public library.


Dans mon dernier billet, j'ai mis en ligne une aquarelle de Woolford représentant les chutes de la Grande Chaudière sur l'Outaouais, à Hull (Gatineau, Québec).

Outre celle d'être l'une des plus anciennes représentations des chutes – elle date de 1821 –, cette aquarelle a une autre particularité. On y voit le premier géologue – ou paléontologue – de la région. Le personnage à droite, celui au chapeau haut-de-forme noir, reste indifférent aux spectateurs et, debout sur une étroite corniche formée par une strate résistante à l'érosion, examine le calcaire d'une autre corniche de la falaise.

On distingue mal ce qu'il fait : il n'a ni marteau de géologue, ni boussole, ni sac à échantillons. Et pourtant, il est engagé dans ce qui semble un examen approfondi de la roche ou des fossiles qu'elle recèle.

Cet homme au chapeau noir est l'ancêtre de tous les géologues et paléontologues, amateurs ou professionnels, qui se sont succédés en Outaouais.

À ce titre, ce prédécesseur anonyme mérite sa place dans le blogue. Nous lui levons notre chapeau, haut-de-forme ou pas.



John Elliott Woolford, Part of the Chaudiere Falls, near Wright's Town (Ottawa, Ontario [sic]), 1821. La scène représente la Grande Chaudière, à Hull (Québec), dont seule la rive sud, non visible ici, est à «Ottawa, Ontario». (La rive visible à droite est la rive québécoise, au nord.) Toronto public library.
Woolford est aussi l'auteur du «pot-de-fleurs» (billet du 5 déc. 2012).


John Elliott Woolford (1778-1866) «était peintre paysagiste et architecte. La période qu´il a passée au Canada au service de Lord Dalhousie est la plus féconde de sa carrière artistique. Dans ses œuvres, il célèbre le caractère pittoresque des paysages canadiens.» (Musée des beaux-arts du Canada)

dimanche 24 novembre 2013

Les Chaudières de l'Outaouais à Toronto


Merci à Roger Latour de Flora Urbana qui s'est à nouveau soucié d’enrichir le contenu de ce blogue.

Roger m’a transmis cette collection de représentations des chutes des Chaudières, sur la rivière des Outaouais, conservée à la Bibliothèque publique de Toronto (BPT).

Plusieurs de ces œuvres sont connues. Il y en au aussi plusieurs inédites, du moins pour moi.

Les titres et les légendes placent les chutes à Ottawa, en Ontario. C’est un peu excessif dans la mesure où la Petite Chaudière est toute entière à Hull, au Québec, tandis que seule la rive sud de la Grande Chaudière se trouve en Ontario. (Notez que la frontière interprovinciale des cartes de Google est fausse en amont des chutes. Voir mon billet du 4 mai 2013.)

Après deux interventions de ce genre (voir billet précédent), le titre de lecteur du mois est à présent presque assuré à M. Latour.



Les chutes esquissées...





Deux esquisses au crayon de George Harlow White (1876). Le titre choisi par la BPT, «Chaudiere Falls, Ottawa (Ontario)» n'est pas tout à fait exact comme je l'explique plus haut dans le texte. La première esquisse représente la Grande Chaudière tandis que la seconde montre la Petite Chaudière. Toronto public library.


... et géométrisées



John Elliott Woolford, Part of the Chaudiere Falls, near Wright's Town (Ottawa, Ontario [sic]). La scène représente la Petite Grande (oups !) Chaudière, à Hull (Québec), dont seule la rive sud, non visible ici, est à «Ottawa, Ontario». (La rive visible à droite est la rive québécoise, au nord.) Je ne suis pas certain que les bancs de calcaire de la rivière des Outaouais aient jamais présenté des formes si épurées. Dans cette aquarelle datée de 1821, Woolford stylise quelque peu la réalité et prend presque 100 ans d'avance sur l'avènement du cubisme. Toronto public library. 

Ajout (25 nov. 2013). – Woolford est aussi l'auteur du «pot-de-fleurs» (billet du 5 déc. 2012).


Ce n'est pas tout, il y a encore d'autres œuvres à découvrir à la BPT (lien plus haut).

samedi 23 novembre 2013

Canal Rideau : hier et aujourd'hui



Une des écluses du canal rideau, à Ottawa, sous la rue Wellington, à l'est du Parlement. Au second plan, l'ancien pont des sapeurs. L'image provient d'une série de gravures disponible ici. (Le lien conduit à une liste de fichiers ; celui de notre gravure : RIDEAU3.JPG.) Le site ne fournit pas de précision sur l'auteur et la date. Pour le second point, je peux tenter une approximation : à vue de nez, je dirais ère post-crinolines, fin XIXe s. (On peut pas dire que je me mouille beaucoup...)



Même endroit, début du XXIe s. (28 oct. 2013, pour être plus précis). Amusant de voir à quel point l'essentiel n'a pas changé en 100 ans.

La gravure a de toute évidence été réalisée d'après une photo. Les mêmes contraintes liées à la configuration des lieux et à l'obligation de réussir un bon cadrage ont fait que je me suis planté tout naturellement au même endroit que mon anonyme prédécesseur pour prendre mes photos. (En fait, j'aurais voulu me placer davantage à droite, mais le panneau, qui n'existait pas à l'époque, aurait masqué la scène.) Je me demande si c'est toujours la même roue – animée à l'huile de bras – qui actionne les panneaux de l'écluse depuis l'époque de la gravure ?

Merci à Roger Latour, de Flora Urbana, de m'avoir révélé cette série de gravures.

jeudi 21 novembre 2013

Intraordinaire à Cantley


Fig. 1. Quartzite rubané. Gris vitreux : veines de quartz concordantes ; blanc : veine de quartz discordante (oblique, coupant les rubans parallèles et le quartz gris). Le miroir de la boussole pointe vers le nord. Note. – Cet affleurement est parfaitement banal.





Résumé et contexte géologique

Quartzite et paragneiss rubanés et plissés à Cantley (Québec) ; province de Grenville du Bouclier canadien (âge : un milliard d'années)
Localisation
Chemin Noémie, Cantley (Québec)
45.541882,-75.75084
31G/12
Lien
Billet (ce blogue) sur un affleurement semblable : «Filons à Cantley», 14 juillet 2010.
Photos
24 novembre 2012


Par définition, la banalité doit dominer. Si tout était exceptionnel, tout, du même coup, deviendrait banal.

Autrement dit, si l'Univers était un spaghetti, il y aurait plus de pâte que de sauce, de viande et de piments.

Pour reconnaître l'extraordinaire, il faut se familiariser avec le banal, le tout-venant, le staple, l'anodin, l'ordinaire et même l'intraordinaire. D'où la description de cet affleurement du nord de Gatineau qui illustre l'aspect de la «pâte» qui constitue l'armature de la section de la Province de Grenville où nous habitons (voir «Résumé et contexte géologique», plus haut.)

J'exagère à peine en disant que c'est l'affleurement par défaut des collines de l'Outaouais. Il n'y a rien là pour étonner qui que ce soit. 

Et c'est ce qui m'intéresse ici, le non étonnant. La nature des choses, sans froufrous, ni flaflas, ni chichis.

(En fait, il y aurait quand même quelques autres affleurements types à illustrer. Celui-là, par exemple, manque de marbre, aussi très typique.)

Le quartzite de Cantely est un très vieux sable métamorphisé (recristallisé) dans les profondeurs de l'écorce terrestre il y a un milliard d'années ; le paragneiss, des sédiments argileux qui alternaient avec le sable. Le tout a été froissé et comprimé, les strates s'en sont trouvées redressées (fig. 7) ; le granite, roche magmatique (en fusion, donc), a envahi les formations. Des intrusions tardives fluides (hydrothermales) ont apporté leur dernière touche par d'ubiquistes filons de quartz gris ou blanc qui ont rempli les fractures. Des centaines de millions d'années plus tard, l'érosion a amené les couches profondes de l'écorce à la surface, à temps pour qu'elles se fassent polir par les glaciers du Quaternaire, fondus il y a 12 000 ans. Le profil bas et arrondi de l'affleurement est un vestige que nous leur devons (roche moutonnée).

Un autre exemple d'un ensemble quartzite-paragneiss et granite(s) a déjà été décrit plus en détail dans le billet du 14 juillet 2010 (lien plus haut).

Le résultat global est beaucoup de quartz : celui du quartzite (sable métamorphisé) ; celui, plus ou moins abondant, des granites (roches magmatiques) et celui des filons de quartz (manifestations hydrothermales tardives). On me dira que le sable, au bout du compte, provient de l'érosion de granites encore plus anciens, ce qui complète la boucle

C'est ainsi que s'est formé le socle de notre continent. Nous marchons sur du banal quartz* recyclé

* Et quelques autres minéraux, bien sûr.

(Voir aussi ce billet : «Sea, Sex and Zinc», 7 juillet 2012.)


Fig. 1 bis (ajout 22 nov. 2013). Détail de la fig. 1.


Fig. 2. Quartzite (clair) et paragneiss (plus sombes) rubanés recoupés par un filon discordant de granite orangé qui est lui-même recoupé (à droite) par une «virgule» de quartz blanc. La pièce de 2 dollars canadiens vaut deux cents cents canadiens, et mesure 28 mm de diamètre.


Fig. 3. Lentilles de paragneiss dans le quartzite. Veine de quartz blanc en bas. Les cristaux les plus blancs sont cependant ceux de la neige.


Fig. 4. Dans la bande centrale de quartzite blanc, on devine une intrusion indistincte de granite rose pâle et blanche.


Fig. 5. Plis dans l'ensemble quartzite-paragneiss. Visée vers le NNW (cf. la boussole, en haut, à gauche).


Fig. 6. Autre vue du pli. Un filon de quartz le recoupe (Q). Le paragneiss vert sombre, coin supérieur sombre, forme une large bande qui longe le quartzite.


Fig. 7. Roches debouts : revoici le paragneiss vert sombre (fig. 6), parcouru de lits concordants de granite orangé, en coupe.


Fig. 8. Granite gris (monzonite quartzifère, selon la carte géologique) qui recoupe le quartzite-paragneiss, au sud de l'affleurement. Le granite gris est lui-même envahi par du granite orangé.

samedi 16 novembre 2013

Retour à la carrière Lang's


Fig. 1. Clair : stromatolites(?) et «other curved shapes of uncertain origin» 
de Fryson (lien plus haut). Sombre : calcaire à stratifications obliques.
(Photo 9 nov. 2013)



Résumé et liens

Stromatolites(?..., etc.) dans un calcaire bioclastique ordovicien (490-445 millions d'années) aux stratifications entrecroisées, à Ottawa.
Localisation
Carrière Lang's, Ottawa ON, angle chemin Lang's et Greenhill Way
45.447135,-75.636441
Voir billet (ce blogue) sur le même site
«Stromatolites ?...», 10 nov. 2013
  Autres billets (ce blogue) sur les stromatolites
«Colonie de stromatolites à Gatineau», 8 nov. 2009
«Stromatolites du Transitway, à Ottawa : suite», 1er nov. 2011
Lien (vers un autre site Internet)
Manor Park: Geology, par W.K. Fyson (site 2G)




Je ne peux me détacher des photos que j'ai ramenées de la carrière Lang's, à Ottawa.

La question de l'identification des ces entités ductiles à l'aspect amiboïde (sauf respect que je leur dois) fossilisées dans le calcaire n'a pas progressé, du moins pas autant que je l'aurais espéré. J'ai mon idée, déjà exprimée dans mon billet du 10 novembre (lien plus haut, dans «Résumé»).

En attendant le fin mot, reste que l'examen des photos révèle des paysages fascinants. À suivre...


Fig. 2. Vue rapprochée du mur de calcaire de la fig. 1.


Fig. 3. Gros plan sur la fig. 2. Cratères arrondis et rouille interne.


Fig. 4. Zoom encore plus rapproché sur la fig. 2. Intérieur rouillé révélé par la chute d'une «croûte» de la pierre. Ça me rappelle la photo d'une autre formation non identifiée (stromatolite ou stromatopore) : voir les deux premières photos de cet ancien billet.


Fig. 5. Nouveau détail de la fig. 2. Les sillons obliques parallèles sont des joints ou fractures creusés par l'érosion. Des débris de fossiles (bioclastes) se sont déposés en couches ou ont rempli les interstices entre les grands éléments aux formes souples. Identifications à venir.


Fig. 6. Vue rapprochée de la fig. précédente. Amas de sédiments s'étaent adapté à l'espace disponible entre les «curved shapes» de Fyson (lien plus haut).


Fig. 7. Gros plan des stromatolites(?) de la fig. 9 du billet du 10 nov. 2013 (lien plus haut). Au dessus, les stratifications du calcaire. (Photo 9 nov. 2013)


Fig. 8. Pour comparaison avec les fig. 1 et 2. © P.-A. Bourque. Légende originale : «Empilement de stromatopores globulaires formant pratiquement 80% de la roche. Un tel empilement se retrouve en général dans la partie arrière-récifale. Silurien de Gotland.» La comparaison des autres stromatopores illustrés par Bourque avec le stromatolite(?) de la fig. 7 montre la difficulté qu'il peut y avoir de distinguer à coup sûr entre stromatolites et stromatopores.