vendredi 16 septembre 2016

Cratère des monts Otish



Carte, Jean-François Cliche, Cyberpresse.


Suite(s) dans l'affaire du gigantesque cratère qui se serait formé au Québec il y a 2,1 milliards d'années (voir billet du 10 mai 2015). Il y a des convaincus et des sceptiques.

«L'an dernier [2015] le géologue Serge Genest (connu notamment pour ses découvertes de gisements d’uranium au Québec), sa collègue de la firme Omégalpha Francine Robert et le chercheur en géologie de l’UQAM Normand Goulet avaient présenté des indices permettant, à leur yeux, de croire que le Québec pourrait abriter les vestiges d’un cratère qui était à l’origine absolument monstrueux, s’étendant des monts Otish jusqu’au fleuve.

L’impact, s’il est bien survenu, aurait eu lieu il y a 2,1 milliards d’années et aurait été effacé en grande partie par la «naissance» des Laurentides (qui datent de «seulement» 1 milliard d’années). [Les Laurentides en question sont la province de Grenville, comme il est indiqué sur la carte ; notez que le fleuve n'existait pas à l'époque.] Seul subsisterait un quart de cercle de la frange originelle, entre Chibougamau et les monts Otish, incluant les lacs Mistassini et Albanel — dont la forme en arcs-de-cercle concentriques évoque bel et bien le pourtour d’un cratère, même si cela ne prouve rien.» Source : Jean-François Cliche, Sciences dessus dessous, Cyberpresse, 12 sept. 2016. Voir aussi son billet du 14 septembre 2016.


dimanche 4 septembre 2016

Hors sujet : briques écossaises à Gatineau (ajouts)


Ajout (4 sept. 2016)

Il existe maintenant un prolongement écossais à ce billet (une sorte de retour aux sources !) : http://www.scottishbrickhistory.co.uk/scottish-bricks-found-on-the-banks-of-the-ottawa-river-gatineau-quebec-canada/



1. Bel assortiment de briques écossaises sur les rives de l'Outaouais, à Gatineau. Photo nov. 2105. 

AJOUT (4 sept. 2016) - Mark Cranston (Scotland's Brick Industry) a distingué parmi les briques illustrées dans ce billet des Caledonia, Gartcraig, Glenboig, Hurll NWR, Gartcraig Scotland no 1 et des  Hurll Glasgow.
AJOUT (5 sept. 2016). - Nouvelles marques (photos à la fin du billet) : ASB... (Asbestos ?), CUMBERNAULD, HURLL GLASGOW, OB... (Obsidian ?), ...CHEAD (LOCHHEAD ??) et une brique avec un cartouche sans nom.

Résumé

Briques portant des marques de briqueries écossaises, rive de l'Outaouais, dans les débris de la Gilmour and Hughson Company (moulin à bois), à Gatineau, QC.
31G/05  45.441473, -75.704388

Autres billets du blogue reliés au sujet

Références extérieures



J'ai découvert l'automne dernier des briques «marquées» parmi les vestiges de la Gilmour and Hughson Company, sur la rive de l'Outaouais, au nord du parc Jacques-Cartier, à Gatineau. 

Ces briques, tout à fait banales, portent en creux des inscriptions en lettres capitales. CALEDONIA, GLENBOIG, GARTCRAIG, etc. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait de noms de villes et de cantons de l'est de l'Ontario (cf. Caledonia, Glengarry). Quelques efforts de déchiffrement plus tard et, avec l'aide de Google, la vérité m'est apparue : il s'agissait plutôt de marques de briques... écossaises !

L'écosse a été une grande productrice/exportatrice de briques. À propos de la briquerie de Glenboig, par exemple, on dit ceci : « It was the largest fireclay company in the world at the end of the 19th century and GLENBOIG firebricks [briques réfractaires] were being exported to nearly every industrial country in the world. » Source : Scotland's Brick Industry (excellent site, très complet) : http://www.scottishbrickhistory.co.uk/glenboig-3/

CALEDONIA, GLENBOIG et GARTCRAIG signalent donc des briques en provenance d'Écosse. Je n'ai pas déchiffré toutes les inscriptions, certaines sont incomplètes ou à la limite de la lisibilité.

De 1873 à 1930, la Gilmour and Hughson Company a exploité un moulin à bois à l'angle NE de l'Île-de-Hull (parc Jacques-Cartier et rive droite de l'embouchure du ruisseau de la Brasserie). Un texte de Michael Davidson datant de 1998 décrit les installations - et ce qui en reste (référence au début du billet). Le site Internet de la Scotland's Brick Industry contient de nombreuses références à la présence de briques écossaises au Canada et plus particulièrement dans notre région (Rockland, ON, par exemple). Même le Château Frontenac se pare d'un « revêtement mural de brique de Glenboig orangée » (source).

Les photos ont été prises en novembre 2015 et en août 2016.

AJOUT (27 févr. 2017)

On peut supposer que les briques ont servi aux trois scieries à vapeur de la Gilmour successivement érigées de 1874 à 1893 et dont les deux premières furent incendiées (Dumoulin, 2016, lien au début du billet ; voir aussi ce billet, fig. 1 : plan du site). À l'encontre de cette hypothèse raisonnable - quel usage plus approprié pour des briques réfractaires ? -, on pourrait faire remarquer que les briques semblent n'avoir jamais servies (nulle trace de mortier ou ciment, sauf sur les restes de l'arche, voir photos 9 et 18). Serait-ce des ingrédients d'un remplissage ? Hypothèse recevable puisque les rives du ruisseau ont effectivement été «remplies» à plusieurs endroits, notamment par de la terre provenant des plaines Lebreton, à Ottawa. Ça n'expliquerait toutefois pas la présence d'un lot si important de briques écossaises si variées dans le matériel de remplissage. Pour compliquer les choses, l'escarpement, tout près de la rive, taillé dans l'argile marine, est difficilement lisible. La végétation, l'accumulation de débris de toutes sortes rendent difficile son examen et empêche de faire la part entre l’œuvre de la nature et les effets de l'intervention humaine.




2. GLEN(BOIG)



3. CALEDONIA (celle-là était facile).



4. GARTCRAIG



5. Je n'ai pas retrouvé de référence pour toutes ces inscriptions, les choses étant plus compliquées quand je n'ai que les dernières lettres (...STER). Certaines inscriptions ne se laissent pas lire. Sur la brique en bas de la photo, on peut distinguer .../77CAR (?).



6. Pas très clair... (AJOUT 4 sept. 2016) : CARTCRAIG Scotland no 1 ?



7. H?RLL / NWR. (AJOUT 4 sept. 2016) Selon Mark Cranston, il s'agit de HURLL NWR : les briques portant cette inscription ont été fabriquées pour la North Western Railway, aux... Indes ! (Lien.) Je n'ai pas trouvé trace de NWR au Canada.


8. Vestige d'un certain décorum.



9. Reste de la cheminée de la Gilmour ? (Correction 5 sept.) Reste de l'arche dont parle Michael Davidson (1998), texte cité en référence au début du billet. Voir photo 18.


AJOUT (photos 5 sept. 2016) : New Bricks in the Blog !


10. Tas de briques, surtout des Caledonia.


11. ASBE (Asbestos ?)


12. CUMBERNAULD


13. HURLL GLASGOW


14. HURLL GLASGOW


15. OB... (Obsidian ?)


16. ...CHEAD (Lochhead ??) Correction : Boghead. http://www.scottishbrickhistory.co.uk/tag/boghead/


17. Sans nom.

18. L'arche, bien reconnaissable. Voir photo 9.

samedi 3 septembre 2016

Hors sujet : arbres nourris de bois au parc Jacques-Cartier (suite)

1. Terrain de la Gilmour and Hughson Company (acheté dans les années 1920 par la Canadian International Paper Co.), 1928.
Insurance plan of Hull, Quebec, 1928, Toronto ; Montreal : Underwriters' Survey Bureau Limited, 1 carte en 33 coupures : coul. ; 63 x 54 cm chac., échelle : 1:600, feuillet no 25 (3851615_025), Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Centre d'archives de Québec de BAnQ, P600,S4,SS1,D3, Numéro catalogue Iris : 0003851615
Lien : http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0003851615


Résumé

Tapis de lattes ou de sciure de bois servant de compost nourricier aux arbres d'un boisé. Embouchure du ruisseau de la Brasserie, rivière des Outaouais, anciennes installations de la Gilmour and Hughson Company, à Gatineau (secteur Hull), QC.

Autres billets du blogue reliés au sujet

Référence extérieure



Retour sur mon billet du 10 novembre 2015 (lien plus haut) qui montrait des arbres plantant leurs racines à travers un épais tapis de lattes de bois vermoulues sur le terrain de l'ancien moulin de la Gilmour & Hughson, rive droite du ruisseau de la Brasserie, à l'angle NE de l'Île-de-Hull (QC).

Des plans datant de 1928 (fig. 1 et 2) montrent que des lattes étaient empilées jusqu'à la hauteur de 10 pieds, ou 3 m (Laths Piled 10' High), sur la rive droite du ruisseau (Brewery Creek). Les lattes sont toujours là, presque 80 ans plus tard, et servent de compost nourricier aux arbres d'un boisé (fig. 3 à 5). Compost d'ailleurs passablement rongé par les crues du ruisseau (du moins je le suppose), plusieurs arbres étant en passe de tomber ou ayant déjà été renversés.

Davidson (1998, lien plus haut) parle plutôt de sawdust que de lattes de bois :

« A definite soil layer of rotting sawdust from a foot to eight feet deep is exposed along the bank of Brewery Creek. »

Le terrain et les installations ont été acheté par l'International Pulp and Paper Company dans les années (Davidson, 1998). Les activités ont cessé en 1930 et les installations ont ensuite été démolies.

Voir des arbres se nourrir de bois pourri, le cannibalisme ne semble pas les dégoûter !


2. Détail de la fig. 1. Laths Piled 10' High, en haut, à gauche, le long du ruisseau de la Brasserie (Brevery Creek), à Hull, Que (maintenant Gatineau), en 1928. Le petit bâtiment carré bleu, à la gauche du centre de l'image, est l'actuelle Maison du vélo (CCN).


3. Arbre poussant sur un tapis de lattes de bois laissé à l'abandon depuis 1930. On peut supposer que les eaux du ruisseau de la Brasserie (auxquelles je faisais dos en prenant cette photo) doivent attaquer la couche à chaque crue printanière. Photo 10 nov. 2015.


4. Gros plan des lattes. Photo 10 nov. 2015.


5. Il n'y a pas que l'eau du ruisseau de la Brasserie qui attaque l'accumulation de lattes pourries. Photo 10 nov. 2015.