dimanche 18 septembre 2011

L'Outaouais secoué

L'événement est passé inaperçu chez moi, mais l'Outaouais a été secoué par un séisme de magnitude 4,1, aujourd'hui, dimanche 18 septembre, à 15 h 19.

L'épicentre était situé près de Thurso, à l'Est de Gatineau.

Voir cet entrefilet pour en savoir (à peine) plus.

N'ayant pas d'image pour illustrer cette nouvelle, je remets en ligne celle-ci. Cliquer sur l'image pour obtenir une version plus grande. Tiré de : Baird D.M., 1968 — Guide to the Geology and Scenery of the National Capital Area. Commission géologique du Canada, rapports divers no 15, 188 p.

Thurso, c'est pas le village natal de Guy Lafleur ?

AJOUT (18 sept. 2011, 19 h 10). – J'ai remplacé l'image qui s'affichait mal en grand format. Est-ce mieux ?
Voir aussi, à la page «Séismes Canada», Ressources naturelles Canada». (Ce lien, si le premier ne fonctionne plus : http://earthquakescanada.nrcan.gc.ca/index-fra.php.)
(Les séismes sont-ils une ressource naturelle ?)

lundi 5 septembre 2011

Patrimoine, calcaire et houblon

Photo empruntée au site Internet des Brasseurs du Temps.

Dans un billet récent ma fois un peu inutile et même tout à fait gratuit, j'ai évoqué, à l'occasion des travaux de canalisation en cours le long du ruisseau de la Brasserie, la solidité du socle calcaire sur lequel est bâti une partie de la ville de Hull (Gatineau).

Parmi toute les caractéristiques de notre bon vieux calcaire ordovicien vieux de plus de 440 millions d'années, on peut désormais y ajouter l'«houblonophilie». Le calcaire est en effet l'ami de la bière. Je l'ignorais ; je vous l'apprends.

La suppression d'un pan du socle, lors de ces travaux, a en effet mis en péril la brasserie des Brasseurs du Temps, sise dans le plus que centenaire édifice de l'ancien chateau d'eau du ruisseau de la Brasserie.

Voir cet article de Mathieu Bélanger sur le sujet dans Le Droit du 3 septembre 2011.

Alors, patrimoine, calcaire et houblon, même combat ?

Quelques liens sur le château d'eau du ruisseau de la Brasserie.
Site de la Ville de Gatineau ; le chateau d'eau est le no 18 de la liste ;
Site Patrimoine Outaouais (faire une recherche avec «château d'eau» et «Écomusée de Hull») ;
Site Lieux patrimoniaux du Canada ;
Site des Brasseurs du Temps (déjà donné plus haut).

Arrière de l'ancien chateau d'eau, ruisseau de la Brasserie, à Gatineau (14 août 2011). 
Il était couplé à une station hydro-électrique qui, comme le château, n'est plus utilisée depuis 1968. 
Le niveau très bas de l'eau permet de faire affleurer le socle calcaire sur la rive en face de nous (couches horizontales grises).

Les Brasseurs du Temps (14 août 2011). Les travaux de canalisation font un peu désordre, l'endroit présente un aspect un peu plus pimpant de coutume (voir la photo qui ouvre ce billet)...

vendredi 19 août 2011

Mine Forsyth et Ironside : le GRAO

AVERTISSEMENT. — Le site est dangereux (risques de chutes et de noyade), les clôtures qui «sécurisent» l'endroit sont parfois en très piètre état. Ne pas y aller seul, ne pas laisser les enfants sans surveillance.

Mine Forsyth, Gatineau. Puits, à l'extrémité W de la carrière principale.
(Photo : Henri Lessard, 19 juillet 2011.)
«La Canada Iron Mining and Manufacturing Company devient propriétaire de la mine [Forsyth] en 1866. Elle fait ériger un haut fourneau destiné à la production de fonte à Ironside, près de l’embarcadère, en 1867. Mais, mal utilisé, il était hors d’usage l’année suivante. Le grand feu de 1870, qui ravagea la forêt depuis Breckenridge jusqu’au nord de Hull, rasa les installations d’Ironside, avec une cinquantaine de maisons où vivaient les ouvriers de la mine avec leur famille.» (Tiré de mon billet du 16 juillet 2011.)

Le GRAO (Groupe de recherche archéologique de l'Outaouais) a pour  «objectif de faire de la recherche archéologique afin de faire connaître à tous le potentiel patrimonial historique et préhistorique de la région outaouaise et du Québec.»

Comme leur blogue a été créé le 6 mai dernier, je présume qu'il s'agit d'un tout nouvel organisme. Je viens littéralement de découvrir son existence, je ne peux donc vraiment pas vous en dire plus à son sujet pour l'instant.

Les 13 et 14 août derniers, le GRAO conviait la population «à participer aux fouilles archéologiques à l’endroit même où s’érigeait le village disparu d’Ironside[, à Hull]. En effet, cinq bâtiments ont été identifiés et sont reliés au village et aux activités métallurgiques résultant de l’exploitation de la mine de fer Forsyth dans la deuxième moitié du XIXe siècle.» (Voir cet article dans l'Info07 du 17 août 2011, ainsi que le vidéo qui l'accompagne.)

La mine Forsyth ? J'y ai consacré plusieurs billets récemment. J'ai malheureusement raté l'occasion d'aller visiter le site d'Ironside en compagnie des gens du GRAO. J'aurais pourtant aimé considérer les choses de l'autre extrémité du problème : après m'être intéressé à la mine, d'où était tiré le minerai, connaître le site d'Ironside d'où il était exporté par voie d'eau.

«Un chemin privé, le futur chemin Freeman, fut tracé [depuis la mine Forsyth] pour acheminer le minerai jusqu’à un embarcadère sur la rivière Gatineau [à Ironside]. De là, il était expédié vers Kingston, par le canal Rideau, puis vers Cleveland. » (Tiré de mon billet du 16 juillet 2011.)

Dans le passé, j'avais plusieurs fois tenté de repérer le site des installations et de l'embarcadère d'Ironside, au moins sur carte, sans succès. J'en étais venu à la conclusion qu'il n'en restait aucune trace. J'espère que le GRAO publiera bientôt le résultat de ses fouilles. Les «cinq bâtiments» évoqués plus haut m'intriguent énormément. Déjà, leur découverte est une nouvelle en soi .

Mais, après tout, archéologues et géologues ont les mêmes manies : gratter le sol et les vieilles pierres et se confronter à des échelles de temps immenses !...

lundi 8 août 2011

Pelures de granite

Desquamation d'un petit bloc erratique de granite gneissique. La roche se pèle comme un oignon...

Détail. La photo, un peu floue, a été accentuée. 


Photos : parc de la Gatineau, piste no 1, à l'est de Chelsea, Québec (6 août 2011). 
Le repère, sur la carte de Google (voir fonction «Pays/territoire» en bas du billet), 
est placé de façon très approximative.

Fixation sur l'erratique : parc de la Gatineau (Québec)

Parc de la Gatineau, piste no 1, à l'ouest de Chelsea, dans le secteur du «gros bloc erratique». 
La végétation se fait prédatrice au détriment du roc sans défense. (6 août 2011.)


Depuis quelques temps, j'ai pris l'habitude de rédiger mes billets en même temps que je poursuis mes «réflexions». D'où la nécessité de pratiquer au fil de ce blogue l'art délicat du changement de cap par d'imperceptibles retouches successives. Le processus peut être un peu déstabilisant...

Et puisque je parle de retouches», voici quelques«réflexions» encore, histoire de vous déstabiliser tout à fait, au sujet du «gros bloc erratique» du parc de la Gatineau (suivre ce lien pour en savoir plus), au sud-ouest de Chelsea. Je vous les livre en vrac :
  • Les arbres qui encagent le bloc (photo qui suit) sont assez jeunes, quelques dizaines d’années tout au plus. On a l’impression que le terrain autour du bloc a été dégagé il y a «peu de temps», peut-être quelques dizaines d’années, justement...
Le «gros» bloc erratique du parc de la Gatineau, dans sa cage de bois très ajourée. (20 mai 2000.)

    • Le pourtour du bloc est jonché de débris plus ou moins enfoncés dans le sol meuble. Il est difficile de dater la chute de ces éclats. Aucun de ces délestages ne semble dater de la dernière pluie (nulle cassure fraîche de quelque conséquence observée) et on peut supposer qu'ils se sont échelonnées durant une assez longue période de temps : le bloc est à son endroit depuis, au minimum, une «assez longue période de temps»...
    • Les «ronds» de lichen croissent lentement, à vue de nez quelque chose comme 1 cm en dix ans (voir montage photo dans le billet d'hier). De larges surfaces du bloc, au N surtout, sont couvertes de lichens. Même si on suppose que ces plaques résultent de la coalescence de plusieurs petites ayant cru simultanément, on peut supposer encore que la bloc est «là» depuis, disons, belle lurette.
    • Le toit du bloc est rugueux, creusé de sillons, ce qui s'expliquerait mieux si cette surface avait été exposée au raz du sol durant une «assez longue période de temps». (Voir les photos qui suivent.) En effet, les flancs du bloc, généralement lisses et arrondis, ont conservé leur poli glaciaire, réserves faites du débitage par gros éclats évoqué plus haut. A-t-il connu des régimes d’érosion distincts : une époque où n’émergeait que le toit (érosion aérienne du toit), suivi d’une époque qui a vu le dégagement des ses flancs (érosion «par débitage», aidé par la fracturation du roc) ?

    Toit du bloc erratique du parc de la Gatineau. Les sillons sont les vestige d'un ancien épisode d'érosion aérienne qui a exploité la structure tortueuse du granite (érosion différentielle). Discrète présence du végétal. (6 août 2011.)

    Surface similaire, au ras du sol, mieux exploitée par la végétation. 
    Kanata Town Centre Core Park, Ottawa. (4 décembre 2010.)

    Gneiss rubané, exposé au ras du sol, à structure plus régulière que le granite du bloc (autre érosion différentielle). Kanata Town Centre Core Park, Ottawa. (4 décembre 2010.)

    • Le bloc, finalement, est trop bien conservé, nonobstant la question de l'évolution de son état au cour des dix dernière années. (Revoir ce billet et voir celui-ci.) Il aurait dû être rapidement transformé en jardinière, pot de fleurs ou marchepied pour les arbres. Le moindre bout de roche qui affleure dans le secteur (élément du socle ou bloc erratique) est aussitôt colonisé par les mousses, touffes d’herbe, arbustes et même des arbres qui finissent par atteindre d'aussi grandes dimensions que ceux qui plantent leurs racines dans un sol «normal» (photos qui suivent). Le toit du bloc, plat et rugueux, est le terrain idéal pour cette entreprise de verdissement accéléré. Or, sauf quelques petites herbes (qui n’existaient pas en 2000), le toit semble stérile.


    Parc de la Gatineau, piste no 1, à l'ouest de Chelsea, dans le secteur du «gros bloc erratique» : 
    le moindre rocher est littéralement pris d'assaut par la végétation. 
    Le bloc erratique devrait, normalement, être dans cet état. 
    (Les deux photos : 6 août 2011.)


    Conclusion ?
    • Je crois que l'exposition du bloc est «relativement récente» et qu'il n'a pas été à l'air libre depuis la fin de la Glaciation (il y 12 000 ans dans le secteur) ou le départ des eaux de la mer de Champlain (achevé dans la région il y a 10 000 ans). Il s'agit bien d'un bloc erratique, abandonné par les glaciers, mais exhumé à une époque «récente». Je ne peux convertir cet adjectif en nombre d'années.
    • Je suspecte que ce «gros bloc» a été mis en valeur il y a quelques dizaines d'années et d'être entretenu depuis un «bon moment» par la CCN qui gère le parc de la Gatineau. (La plus ancienne mention du bloc remonte à 1956, avant la construction de la section de la promenade de la Gatineau qui passe tout près de lui : Wilson A.E., 1956 — «A guide to the geology of the Ottawa district.» Canadian Field-Naturalist, v. 70, no. 1, 68 p.)
    • Bref, il y a eu la déposition du bloc par les glaciers (-12 000 ans), l'érosion du toit (date indéterminée), l'exhumation du bloc et son débitage par développement de fractures (date indéterminée), le dégagement du terrain autour et la pousse des arbres qui l'encagent ainsi que la croissance de lichens (avant 1956 ?) et l'apparition de taches de champignons blancs (après l'an 2000, revoir mon billet du 6 août). De cette chaîne d'événements, le premier et le dernier maillon me semblent les seuls chronologiquement inattaquables.

    Voisin miniature de notre bloc erratique. Ce n'est pas très évident de s'y retrouver dans tout ce vert, mais plusieurs arbustes et plantes poussent sur le dessus de la roche. (6 août 2011.)

    Dessus du bloc (photo ci-haut). Jungle et fouillis. Qu'est-ce qui a empêché notre «gros bloc» de connaître le même sort ? (6 août 2011.)

    La mousse prospère ici. Les roches l'adoptent comme tenue de camouflage. Parc de la Gatineau, à quelques dizaines de m du «gros bloc erratique». (6 août 2011.)