mercredi 30 octobre 2013

Ottawa, ville sismique ?


A really big earthquake would hit Ottawa hard

Tom Spears, Ottawa Citizen, 29 oct. 2013

«Sooner or later, an earthquake much bigger than the magnitude 5.0 event of 2010 will hit Ottawa hard enough to do major damage to our oldest buildings.

“These earthquakes have low probability, but should they happen they would have major consequences,” earthquake engineer Jay Guin said Tuesday in Ottawa.

“There will be a lot (of the city) still standing. That’s the good news,” he said. “However there will be significant damage to older construction, masonry construction in particular. Within Ottawa we expect really the damage to be the old infrastructure or buildings.»




«A lot (of the city) still standing.» Ils savent trouver les mots qu'il faut pour rassurer... Je crois que parmi les «older constructions» qui ne resteraient pas debout, il faut compter le Parlement lui-même. (Voir cet ancien billet, deuxième image.)




dimanche 20 octobre 2013

Le ruisseau de la Brasserie, une source élevée de bactéries (ajouts)


«À Gatineau, le ruisseau de la Brasserie enregistre un niveau important de la bactérie E. coli. Des tests ont été réalisés cet été par l'organisme environnemental Sentinelle Outouais et les Amis du ruisseau de la Brasserie.» (Source : Radio-Canada)




Ajout (21 octobre 2013)

«Taux de contamination très élevés»

Guillaume St-Pierre, Le Droit, 21 oct. 2013


Extraits :


«''Les taux de contamination [du ruisseau de la Brasserie] sont extrêmement élevés, déplore la directrice des opérations au Québec pour Sentinelle Outaouais, Adèle Michon, précisant que la pollution est récurrente, et non passagère.''
[...]
''L'eau qui rentre de la rivière des Outaouais est relativement saine, affirme-t-elle. Puis, elle se dégrade au fur et à mesure qu'elle traverse le ruisseau et qu'elle rencontre les égouts. [...] À certains endroits, le niveau d'E.coli oscille autour de 4400 UFC/100ml. Santé Canada ne recommande pas d'entrer en contact avec l'eau qui contient plus de 400 UFC/100ml.''
[...]
Sentinelle Outaouais a identifié quelque 350 espèces animales et végétales parmi les déchets que recèle le ruisseau.»


Ajout (27 oct. 2013)

«Le ruisseau de la Brasserie : autopsie d'un malade»
Mathieu Bélanger
Le Droit, 26 octobre 2013

«Giorgio Vecco, directeur général de l'Agence bassin versant des 7 (ABV des 7), précise que les égouts de la ville continuent de s'y déverser lors des grandes pluies. Il y a aussi, selon lui, des ''égouts clandestins'', un legs d'une époque révolue, qui se déversent directement dans le ruisseau.
[...]
Le plan que proposera l'ABV des 7 passe par l'enlèvement des berges de béton, la décontamination des terrains et du lit du ruisseau, et par des ouvrages d'ingénierie permettant de détourner les déversements d'égouts dans le cours d'eau.»

samedi 19 octobre 2013

Retour à l'erratique


Flora Urbana, délaissant ses plates-bandes habituelles, s'intéresse aux roches ayant comme pris racine dans le paysage. Du genre : «J'y étais, j'y suis, j'y reste.» Lien.

Nous aussi, nous avons à demeure des blocs têtus que le vent n'emporte pas deçà, delà, pareils à la feuille morte.



Bloc erratique du parc de la Gatineau, au sud de Chelsea (Québec).
Haut : 20 mai 2000 ; bas : 6 août 2011. Les sacs à dos, en bas à gauche, donnent l'échelle. 

Voir ces anciens billets.


jeudi 17 octobre 2013

RENCONTRES DU PATRIMOINE OUTAOUAIS


3-4 MAI 2014, à Gatineau


APPEL DE COMMUNICATIONS


La Société Pièce sur pièce, en collaboration avec la Ville de Gatineau, organise au printemps 2014 un événement autour de l’histoire et du patrimoine de l’Outaouais. Les Rencontres du patrimoine rassembleront les amoureux de l’histoire et du patrimoine de tout l’Outaouais, amateurs et professionnels, pour une durée de deux jours, à Gatineau.

SECTEURS D’ACTIVITÉS TOUCHÉS

Histoire locale et régionale ; patrimoine matériel (mobilier et immobilier) et immatériel ; muséologie ; archéologie ; archives ; généalogie ; urbanisme lié au patrimoine.

TYPES DE PRÉSENTATION

Les sujets proposés doivent avoir un lien direct avec l’histoire de l’Outaouais, ou indirect dans le cas d’un thème fort de l’histoire outaouaise (ex. : industrie forestière, commerce des fourrures, etc.).
Communication classique : Une présentation d’une durée de 20 à 30 minutes, suivie d’une période de questions. Il est suggéré, mais non obligatoire, d’avoir un volet visuel (Powerpoint ou autre) à la présentation.
Communication courte : Une présentation plus courte (10-20 minutes) et moins formelle qui vise à faire connaître un projet de recherche, de restauration, de mise en valeur en cours.
Panel : Une formule regroupant plusieurs intervenants autour d’un thème. Chaque intervenant fait une brève communication, après quoi les intervenants discutent sous la direction d’un animateur et répondent à ses questions et à celles du public. Certains panels seront formés par les organisateurs, d’autres peuvent être proposés par les participants.

DIRECTIVES POUR LES PROPOSITIONS

Pour soumettre une proposition de communication, vous devez faire parvenir à la Société Pièce sur pièce un résumé d’une page (250-500 mots) qui fournisse un bon aperçu du contenu et de la forme de votre présentation. La proposition devra nous parvenir par courriel ou par la poste. Les éléments suivants devraient y figurer :

  • Titre (même s’il est temporaire)
  • Plan sommaire
  • Portée géographique (village, MRC, région touchés)
  • Portée temporelle (période couverte)
  • Éléments visuels, le cas échéant
  • Matériel nécessaire (écran pour Powerpoint, projecteur, etc.)
  • Langue de la communication (français ou anglais)
  • Quelques lignes sur le présentateur
  • Coordonnées du présentateur

CRITÈRES D’ÉVALUATION

Les propositions de communications seront évaluées par un comité en janvier 2014. Les critères utilisés seront :
  • Nouveauté
  • Lien fort avec l’Outaouais, son identité, son passé
  • Qualité de la proposition
  • Pertinence du sujet pour un public large

Date limite de remise des propositions : 20 décembre 2013

Envoyer à : info@piecesurpiece.ca
ou
Société Pièce sur pièce
87, rue des Églantiers
Gatineau (Québec) J8Y 6K9

Pour en savoir plus, veuillez communiquer avec Manon Leroux à l’adresse info@piecesurpiece.ca, ou par téléphone au (438) 381-6264.






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Je ne fais que relayer l'information. Je ne fais pas partie des organisateurs de l'événement et je n'en sais pas plus que ce que la lecture de ce communiqué m'a appris. H.L.

mercredi 16 octobre 2013

Le cratère d'Holleford


Fig. 1. Bord du cratère d’Holleford, au nord de Kingston (Ontario). Le marais au loin occupe le centre de la structure. Photo prise du chemin Holleford, visée vers le NW. Quelques pensifs ruminants ajoutent, si besoin était, au caractère bucolique de la scène.


Résumé
Illustration et description du cratère d'Holleford, au sud d’Ottawa, creusé par un météorite tombé il y a environ 550 millions d’années. Peu connu, le cratère attendait depuis longtemps sa place dans ce blogue.
Localisation
Chemin Holleford, à l'est de la route 38, en Ontario, 120 km au sud-ouest d'Ottawa, 30 km au nord-ouest de Kingston. Le cratère ne peut être examiné que du chemin Holleford qui recoupe ses bords au sud et à l’est, le centre de l'astroblème étant marécageux.
Coordonnées
44.459944,-76.632299

Sauf indication contraire, photos du billet : 13 octobre 2013. 


Il y a entre 450 et 650 millions d'années (Ma), un météorite de près de 100 m de diamètre a percuté le Bouclier canadien. L'impact, et l'explosion qui en a résulté, ont creusé un cratère profond de 770 m et large de 2,4 km (Rondot ; 1995, p. 105). 

Le cratère d'Holleford, près de Kingston, en Ontario, reste peu connu. Le cratère lui-même n'est pas visible et sa présence ne se trahit que par une dépression circulaire large de 1,5 km et profonde de 30 m, occupée par des marécages, des bois et des champs. Il a fallu disposer de photos aériennes pour que l’on remarque cette structure, en 1955, et qu’on s’y intéresse (voir fig. 2a,b).


Fig. 2a. © Google. La structure circulaire du cratère d’Holleford se discerne nettement du haut des airs. À droite (à l'est), le lac Knowlton. La ligne blanche souligne les sections du chemin Holleford où les photos qui illustrent le billet ont été prises.


Fig. 2b. Cratère d'Holleford (Andrieux et Clark ; 1969). Grand cercle blanc : limites externes du cratère d'impact. La dépression circulaire actuellement visible (fig. 1 et 2a) s'inscrit à l'intérieur de ce cercle.


L'impactite

Des forages ont révélé en profondeur la présence d'une brèche d’impact (débris rocheux fracturés et pulvérisés) dont l'accumulation atteint 300 m au centre du cratère. Elle est formée de fragments anguleux de la « roche cible » – principalement des gneiss du Bouclier canadien – flottant dans une matrice de matériel plus fin. On y a retrouvé de la coésite, variété de quartz qui se forme sous des pressions impossibles à atteindre à la surface du globe, sauf cas d'un choc colossal entre tous, comme, justement, l’impact d’un météorite. (Les termes en gras sont repris dans la coupe du cratère, fig. 4.)


Le sable et le lac

La suite de l'histoire est plus sereine. L'érosion a détruit les remparts du cratère tandis que l'eau douce occupait la dépression. Par l'étude des sables (arénites lacustres) finement laminés (rythmites) qui ont rempli le cratère en recouvrant la brèche d'impact, on a pu déterminer que le climat de l'époque était subtropical à tempéré. Quelques discrètes couches d'argile, indice d'une sédimentation en milieu non perturbé, indiquent qu’il arrivait que la surface du lac gèle, isolant ainsi la masse d’eau de l’influence de l’extérieur. Les arénites se sont à la longue cimentées en grès.


Le calcaire ordovicien

Au Paléozoïque, un calcaire marin (Ordovicien moyen ; 465 Ma) est venu recouvrir le cratère. Le tassement des sédiments lacustres et de la brèche sous ce nouveau poids explique l'attitude des strates du calcaire qui penchent vers le centre de la dépression. Le « cratère » que nous observons n'est donc pas le cratère originel, enfoui sous les sédiments et l'impactite, mais la marque en surface de sa présence souterraine.

Un indéniable charme se dégage du site. C'est peut-être dû à l'horizon bas, aux placides vaches que le va et vient des amateurs d'astroblèmes laissent absolument indifférentes. C'est peut-être aussi le paisible accord des champs et des marécages de notre époque avec une topographie vieille de 500 Ma. Une sorte de palimpseste entre le passé lointain et le présent.


Et le grès de Nepean ?

La présence de grès de Nepean (Cambro-ordovicien, env. 500-470 Ma) dans les environs du cratère vient compliquer la stratigraphie. L’avancée de la mer sur le continent ayant été accompagnée de la déposition du grès puis du calcaire à mesure qu’elle s’approfondissait en progressant sur le continent, une couche de grès de Nepean aurait dû se trouver sous le calcaire ordovicien, en contact avec les arénites du cratère.

Aucune trace du grès de Nepean ayant été relevée dans la brèche, ni dans les carottes de forage, certains supposent que la météorite a tout simplement vaporisé sous elle la couche de grès qui recouvrait le Bouclier canadien*. Le calcaire se serait déposé après l'épisode lacustre, alors que l’érosion avait démantelé les remparts du cratère** et nettoyé la contrée des débris répandus autour de l’enceinte.

Le cratère a donc pu se former à la fin de la sédimentation du grès, avant le dépôt du calcaire de l'Ordovicien moyen. L'âge du cratère d'Holleford serait donc d'environ 465 Ma.

* Des textes sur le cratère d'Holleford qualifient les arénites lacustres de grès (sandstones), ce qui n'est pas faux : ne pas le confondre cependant avec le grès de Nepean, d'origine marine, et qui ne se retrouve pas dans le cratère.
** Des débris des remparts recouvrent en effet la brèche d'impact.


Les gens du coin sont fiers de leur cratère (fig. 7a,b). Toutes les personnes à qui nous avons parlé ont pu nous en indiquer le chemin ou nous ont spontanément abordés pour nous en parler.


Fig. 3. Chemin Holleford, vue vers l’est. Le chemin coupe le cratère au sud (voir fig. 2a). À partir du rebord du cratère, le terrain descend dans le cratère lui-même pour escalader le bord opposé au loin. Le terrain descend vers la gauche (le nord), vers le centre de la dépression. Le chemin épouse la topographie du site, qui date de l'Ordovicien.


Fig. 4. Coupe du cratère d'Holleford (Andrieux et Clark ; 1969). Les sources consultées n’employant jamais la même nomenclature, je dois adapter la légende :
Calcaire : calcaire (marin) (Ordovicien moyen, 465 Ma) ;
Sable : arénites lacustres transformées en grès ;
Shiste (sic) argileux : arénites lacustres transformées en grès argileux (shale, plutôt que schiste) ;
Profile (sic) du cratère : niveau supérieur de la brèche d’impact ;
Sous le «profil» : brèche d'impact et socle précambrien fracturé (Bouclier canadien).
[Non présent sur la figure mais affleurant à l'extérieur du cratère : grès (marin) de Nepean, Cambro-Ordovicien (500-470 Ma). À ne pas confondre avec le grès (lacustre) de l'intérieur du cratère.]


Fig. 5. Vue vers le SE depuis le chemin Holleford. Les pelouses en pente couvrent le rebord intérieur du cratère. Nous sommes bien dans son enceinte.


Fig. 6. Le cratère en un paragraphe et un panneau (et une langue). Ontario Heritage Foundation, Ministry of Culture and Communications.


Fig. 7a. Les gens du coin sont fiers de leur cratère.


Fig 7b. «Crater Farm – The Babcook». Article du Frontenac News sur l'histoire de la ferme : «Five generations at Crater Farm». (Note. – Ce qu'écrit le journaliste auteur de l'article sur le cratère est totalement fantaisiste.)


Fig. 8a. Angle est du chemin Holleford (voir fig. 2a), visée vers le sud, vers le rebord du cratère : le terrain monte par palier. Paraît-il que ça serait à cause de l’érosion en marches d’escalier des couches du calcaire Ordovicien. L’explication est ici (voir la dernière image du site). AJOUT 6 oct. 2018. - Le lien ne répondant plus, voyez la fig. 9.


Fig. 8b. Photo prise au même endroit que la précédente, vue vers le nord. Le terrain descend doucement et remonte au loin, sur l’autre bord du cratère.


Fig. 9 (ajout 6 oct. 2018). Le lien à la figure 8a ne fonctionnant plus, je vous propose celui-ci, http://craterexplorer.ca/holleford-impact-structure/, qui mène à un article de Charles O'Dale. Pour parer une nouvelle défaillance, j'en extrais ce schéma. Il explique le profil irrégulier de la route à la figure 8a par érosion en palier des couches de calcaire (« Eroded Strata East of Centre ») dans la partie SE du cirque formé par le cratère. (Le reste de l'article de O'Dale vaut la lecture aussi.)


Références

  • P. Andrieux et J.F. Clark, 1969 – «Application des méthodes électriques de prospection à l’étude du cratère d’Holleford». Revue canadienne des sciences de la Terre, vol. 6, p. 1325-1337.
  • Jehan Rondot, 1995 – Les impacts météoritiques à l’exemple de ceux du Québec. Publications MNH inc., Beauport (Québec), 158 p.
  • Brian E. St. John, 1968 – «Paleolacustrine arenites in the Holleford meteorite crater, Ontario». Revue canadienne des sciences de la Terre, vol. 5, p. 935-943.

Ajout (18 oct. 2013)

Le cratère du Nouveau-Québec (Pingualuit), aux proportions semblables à celles du cratère d'Holleford, donne une idée de l'allure qu'avait celui-ci pendant son épisode lacustre.