jeudi 7 novembre 2019

Lubique et ludique : le blogue a 10 ans !



Bloc de gneiss œillé. Les « yeux » sont des cristaux de feldspaths gris ou roses. Ils ont résisté aux pressions qui ont enligné les autres cristaux, plus petits, dans un même plan. Notez les minces lits de granite rose. On dit aussi gneiss augen (augen = yeux, en allemand). (Photo, Ottawa, mai 2013.)


Ce blogue a dix ans aujourd'hui.

Ça devrait être l'occasion d'un regard rétrospectif tout autant qu'introspectif. L'inspiration me manque.

J'ai toujours propulsé ce blogue là où m'appelaient mes lubies du moment. C'est un blogue lubique. (Attention, lisez bien !) En retour, il me justifiait d'entretenir mes caprices. Il savait me convaincre de ne pas laisser dormir tel sujet ou d'aller frapper à une nouvelle porte. 

À aucun moment je n'ai envisagé de couvrir tous les aspects de la géologie régionale. Ce blogue n'a jamais eu l'ambition d'être exhaustif.

À ceux qui me disaient « pourquoi tu n'en fais pas un livre », je répondais que le blogue, c'est pour le plaisir. Il est ludique autant que lubique. Un livre, ça serait un travail, tout probablement une corvée non rentable. Raison supplémentaire de m'abstenir ; jouer au professeur m'ennuie énormément. Mais il faut expliquer les choses, les concepts. Je déteste le ton didactique que je suis contraint parfois d'adopter. « Un gneiss œillé, aussi appelé gneiss augen, est un gneiss qui agna gnan, agna gnan... » 

Tenir un blogue, tout lubique ou ludique soit-il, n'est pas toujours de tout repos, je l'avoue. Une sorte de compulsion m'a souvent poussé à publier, avoir quelque chose à dire ou non devenait secondaire.

Un blogue procure à son auteur le fallacieux sentiment de faire quelque chose. On s'attelle au clavier et, quelques minutes (ou quelques heures) plus tard : tadam ! joie d'avoir accompli quelque chose (je ne trouve pas d'autres mots) avec en prime un beau billet tout neuf en ligne !

Il n'en faut pas beaucoup pour se contenter. Un un roi sans divertissement est un homme plein de misères, disait Pascal. Que dire du simple blogueur, qui a bien le droit de se sentir occupé, en simple roturier qu'il est.

Bon, je vous laisse avant de prendre un ton trop professoral. J'ai quelque chose à faire.

Photos (mai 2013) : moment didactique. - Autres exemples de jolis yeux provenant du même endroit, le parterre en face du Study Lounge de la rue Cartier, à Ottawa. La plupart de ces cristaux de feldspath sont sans doute les reliques de pegmatites disloquées et dispersées dans le gneiss par les forces tectoniques profondes. Quand à la provenance des blocs, j'avoue ma perplexité. Je ne connais pas au nord d'Ottawa de roches semblables d'où ils auraient pu être arrachés et transportés par les glaciers. L'entrepreneur responsable des travaux les a-t-il fait venir d'un peu plus loin, des Laurentides par exemple ? Surtout qu'ils sont nombreux et diversifiés, ces gneiss œillés - ou augen.









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