lundi 15 juillet 2013

Ruisseau de la Brasserie : vieux morceau intact


Ajout (29 janv. 2016)

La signification des coups de gouge dont il est question ici est à vérifier, plus d'un type environnement pouvant expliquer leur présence.

Suite du billet précédent sur les coups de gouge de la Marmite des Allumettières.


Affleurement calcaire derrière les Brasseurs du Temps, à Gatineau. La paroi verticale semble intacte, c.-à-d. non retravaillée. (Photo 13 juillet 2013)
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On trouve derrière les Brasseurs du Temps, à Hull (Gatineau) ce qui est, à ma connaissance, le seul affleurement calcaire du ruisseau de la Brasserie conservé dans son état originel, tel qu'il était avant les interventions humaines depuis le XIXe siècle. (Du moins le seul visible, il y en a peut-être d'autres enfouis sous les remplissages successifs qui ont affecté les rives.)

La partie supérieure du morceau de calcaire montre un poli d'érosion (glaciaire ?, fluviatile ?) intact ; la partie inférieure, en retrait, a été attaquée par un nouvel agent érosif ultérieurement à la formation du «poli». Sa surface est couverte de coups de gouge.

Deux définitions utiles à ce stade de l'exposé (le gras est de moi) :

1) Coups de gouge ou vagues d'érosion : se forment «en régime noyé, par action dissolvante de l'eau circulant en mouvements ondulatoires dans un remplissage de galets. Ces formes en creux, centimétriques ou décimétriques, ont un profil en long en creux de cuillère, avec une partie amont raide regardant le sens du courant, et une partie aval en pente douce.» Tiré de Juraspéléo.

2) Coup de gouge : «petite forme en creux, rarement isolée, généralement de dimensions centimétriques à décimétriques, localisée indifféremment sur les parois, à la voûte, ou sur le sol rocheux d'un conduit souterrain (parfois d'un chenal extérieur).» Source : Termium Plus.


Détail de la partie inférieure de l'affleurement de calcaire. La surface, en retrait par rapport à la partie supérieure, est couverte de coups de gouge. Le creusement de la partie inférieure est ultérieure au «polissage» de la partie supérieure. (Photo 13 juillet 2013). 
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L'affleurement des Brasseurs du Temps est à 300 m au SE de ce que j'ai appelé la Marmite des Allumettières (billet du 7 novembre 2009) dont les parois portent aussi l'empreinte de nombreux coups de gouge. De plus, comme la marmite, il se place exactement sur la trajectoire d'une faille que j'ai découverte dans le socle calcaire, la faille des Allumettières (billet du 29 novembre 2009).

Les coups de gouge se développent en régime noyé (déf. no 1), nous l'avons vu plus haut. L'explication s'applique parfaitement à la marmite qui aurait été formée par un torrent sous-glaciaire.

Les strates inférieures couvertes de coups de gouge du calcaire des Brasseurs du temps sont intrigantes. On ne peut invoquer de régime noyé pour elles. La définition no 2 précise cependant que ces marques d'érosion peuvent apparaître sur les parois de chenaux extérieurs.

Y avait-il un réseau de cavernes, marmites, chenaux et d'avens le long de la faille des Allumettières ? (L'hypothèse que la marmite soit un aven m'a été fournie par Pascal Samson.)

Ça fait beaucoup de coïncidences pour la Marmite des allumettières et le calcaire des Brasseurs du Temps ; les coups de gouge, leur situation le long de la même faille...

À suivre, donc.


La transition entre les deux étages est nette, comme tranchée au couteau.
(Photo 13 juillet 2013)


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