mercredi 7 mars 2012

Histoire minière de l'Outaouais II

Suite de la «Partie I».

L'Outaouais (et un peu plus) : ressources minérales
Détail modifié de : Avramtchev, L. (1992).
Légende (simplifiée)
Paléozoïque ; plate-forme du Saint-Laurent
Silurien : 15) Calcaire, shale, grès
Ordovicien : 14) Groupe de Chazy, de Black River, de Trenton, formation d'Utica : grès, dolomie, calcaire, schiste ; 13) Groupe de Beekmantown : dolomie, schiste, calcaire
Cambrien : 12) Groupe de Potsdam : conglomérat, grès
Protérozoïque ; province de Grenville*
11) Granite massif ; 10) Orthogneiss charnockitiques ; 9) Granitoïdes charnockitiques ou non, mangérite, jutonite ; 8) Gabbro ; 7) Anorthosite ; 6) Granodiorite, diorite ; 5) Marbre, roches calco-silicatées ; 4) Paragneiss, quartzite ; 3) Migmatites (à trame de 1 ou de 4) ; 2) Gneiss granodioritiques, granitiques, etc.; 1) Complexe gneissique (à hornblende)*
* L'ordre de numérotation n'implique ici aucune séquence temporelle.



Texte rédigé en 1998, mis à jour pour sa publication dans ce blogue
(voir la première partie, à la fois introduction et résumé).

Note. — Dans cette série de textes, j'ai annexé à l'Outaouais les Laurentides, tant il est difficile de faire coïncider les divisions administratives et géologiques, ces deux régions se partageant la «ceinture centrale des métasédiments» (définie dans ce billet) de la province géologique de Grenville : il m'est apparu inopportun de diviser pour des raisons administratives ce que la géologie avait réuni...



LES MINES
Les mines sont énumérées dans l’ordre approximatif du début de l’exploitation des minéraux. Voir le billet «Géolo-chronologie» pour le contexte géologique.

Fer
Mines Forsyth et Baldwin.(Voir la série de billets que j'ai consacrés à la mine Forsyth.) Le gisement de magnétite Forsyth, à Hull (Gatineau), près de l’actuel boulevard Cité-des-Jeunes, a été découvert en 1801 lors des travaux d’arpentage qui suivirent l’établissement de Philemon Wright* par l’effet que la masse de fer avait sur les boussoles qu’elle faussait. Ce n’est qu’après que son fils Ruggles Wright eut vendu la propriété à la Forsyth and Company of Pennsylvania, en 1854, que de véritables travaux commencèrent. Dès la fin de cette année, quelques centaines de tonnes du minerai étaient extraites et une partie était expédiée à Pittsburg alimenter les fourneaux de la compagnie. Entre 1854 et 1860, 15 000 tonnes de minerai furent expédiées à Cleveland, en Ohio.

* Fondateur des premiers établissements dans le canton de Hull.

Un chemin privé, le futur chemin Freeman, fut tracé pour acheminer le minerai jusqu’à un embarcadère sur la rivière Gatineau. De là, il était expédié vers Kingston, par le canal Rideau, puis vers Cleveland. La mine employait une douzaine d’hommes qui pouvaient extraire jusqu’à 1300 tonnes par mois.

En 1862, les activités cessent, la mine ne pouvant concurrencer la mine de Newborough, située près de canal Rideau et dont le fer pouvait être transporté à moindre frais.

La Canada Iron Mining and Manufacturing Company devient propriétaire de la mine en 1866. Elle fait ériger un haut fourneau destiné à la production de fonte à Ironside, près de l’embarcadère, en 1867. Mal utilisé, il était hors d’usage l’année suivante. Le Grand Feu de 1870, qui ravagea la forêt depuis Breckenridge* jusqu’au nord de Hull, rasa les installations d’Ironside, ainsi qu'une cinquantaine de maisons où vivaient les ouvriers de la mine avec leur famille.

* Localité sur l'Outaouais, 18 km à l'ouest d'Ironside.

Après l’incendie, un groupe de six entrepreneurs des États-Unis et de la région achètent la mine et fondent la Forsyth Mining Company. Sous la direction de Alanson H. Baldwin, d’Ottawa, la compagnie acquière en 1871 des lots de la famille Pink, sur lesquels se trouve un autre gisement, plus petit, connu depuis sous le nom de mine Baldwin.

En 1872, une machine à vapeur vient faciliter les travaux de forage. Le travail continue à se faire en grande partie à la main (ou plutôt à la pioche...) On utilisait la dynamite, tout récemment inventée (1866). L’extraction se faisait dans une tranchée à ciel ouvert qui menait à un puits de 50 mètres de profondeur.

Le minerai continuait à prendre la direction de Cleveland, via Kingston. Entre 1871 et 1874, la mine Forsyth produisit 35 000 tonnes de minerai, tandis que la mine Baldwin en produisait 3 000.

Mais les droits de la famille Pink sur les terrains vendus par elle étaient contestables. Une action en justice, menée par John Stuart, d’Ottawa, est tranchée en 1877 en faveur de ce dernier et prive la compagnie des terrains « Pink » et donc de la mine Baldwin.

Les gisements sont abandonnés. En 1901, la Forsyth and Company remet la mine Forsyth en exploitation jusqu’en 1918. On creuse un second puits de 36 mètres par où on accédait à une galerie longue de 27 mètres.

Des sondages effectués en 1958-1959 ont permis d’estimer à 4 250 000 tonnes les réserves de minerai jusqu’à une profondeur de 200 m. La teneur en fer du minerai dépasse les 50 %.


Mine Forsyth, Gatineau, été 2011. La nature reprend ses droits.


En 1976-1977, on envisagea de rouvrir la mine Forsyth, dans l’espoir de garder active une partie des installations de transformation de la mine Hilton, fermée pour cause d’épuisement du minerai (voir plus bas).

Aujourd’hui, il ne subsiste de visible des mines Forsyth et Baldwin que des tranchées et des puits condamnés. Près du sentier qui mène à la tranchée principale, à partir du boulevard Cité-des-Jeunes, se trouve un wagonnet abandonné, couvert de rouille.

Mine Haycock. — Découvert en 1865, le gisement d’hématite-illménite Haycock, à Cantley, à l’ouest de la montée Paiement, n’a été exploité qu’une courte période de temps, de 1872 à 1876. Des rails en bois, d’une longueur de 10 km, reliait la mine à la rivière Gatineau. L'importance du gisement avait été grossièrement surévaluée par les promoteurs.

(Les mines Forsyth et Haycock sont nées durant la grande période de construction de chemins de fer en Amérique du Nord, entre 1850 et 1875. La fin de cette période, la baisse du prix du fer et surtout la découverte de meilleurs gisements ailleurs au Canada, expliquent leur abandon.)

Mine Hilton (mine Bristol). — Cette mine de magnétite de la région de Shawville a connu deux vies avant de fermer, le minerai étant épuisé. Le fer de la mine Bristol (1873 à 1894) – la principale mine de ce métal au Canada à l'époque –  a été exporté en Belgique, en Angleterre et en Pennsylvanie. Cinquante-sept millions de tonnes de minerai de fer ont été extraites de la mine Hilton (1956-1977).

Il existe aussi dans l’Outaouais des gisements de magnétite zincifère (voir section «Zinc-plomb»).

Apatite et mica (phlogopite)
(Voir ce billet récent sur la géologie de ces gisements.) Vers 1870, on entreprenait l’exploitation des innombrables gisements d’apatite (de fluorapatite, pour être plus précis) qui parsèment le territoire de l’Outaouais. Plusieurs mines furent ouvertes dans la région inférieure des rivières Gatineau et du Lièvre (cantons de Hull, Templeton et Portland), au coût d’investissements considérables, avec pour résultat de faire de la région le centre minier le plus actif au pays. Le travail s’effectuait à ciel ouvert, dans des tranchées, ou par des galeries souterraines. On rapporte qu’un cristal parfait d’apatite, d’un poids de 320 kg, long de 215 cm et large de 120, a été un jour découvert. On échoua à le dégager intact.

L'apatite, minéral de la famille des phosphates, servait à l'industrie chimique et à la préparation de fertilisants.



On trouve à l’Écomusée de Hull* un cristal de fluorapatite géant (environ 75 cm de long et 40 cm de large), parfaitement formé et dont l’une des terminaisons est intacte. Voici un extrait du texte qui l’accompagne :

Cristal de fluorapatite
Ce cristal est l’échantillon le plus célèbre de l’histoire minéralogique du Canada. Ce sont MM. Clarke et Leach qui l’ont trouvé lors d’opérations menées au début de janvier 1877 à la mine Comet, près de Wilson’s Corner dans le district Hull-Wakefield. M. W.A. Allan, d’Ottawa, en fit l’acquisition en 1884. L’échantillon fut montré lors de l’Exposition universelle de Paris en 1878, à Londres en 1886, à Anvers en 1887, et peut-être de nouveau à l’Exposition de Paris en 1900.

En juillet 1877, on expédia ce cristal à Montréal pour qu’il soit envoyé par le bateau vapeur Como à l’Exposition de 1878 à Paris. Le capitaine jugea que le cristal, parfaitement formé et qui pesait 350 kg et mesurait 1,3 m de longueur, était de dimensions trop imposantes pour la cale du navire. À coups de marteau, il le réduisit à ses dimensions présentes, ce qui donna lieu à une action en justice, sans doute la première impliquant un échantillon minéralogique. Celle-ci fut intentée par M. George Millar, un mineur du lac McGregor.

Le cristal conservé ici est probablement le plus gros échantillon connu de son espèce. L’extraction de la fluorapatite pour utilisation comme fertilisant a grandement contribué au développement de l’économie et des infrastructures de la région de l’Outaouais.

J. Van Velthuizen
Minéralogiste 

Note. — La partie inférieure de ce cristal a été restaurée par M. Jérémie Giles (directeur de l’Écomusée).
* L'Écomusée est fermé depuis 2004. J'ignore ce qu'il est advenu de cristal...
AJOUT (10 juillet 2012). — De source autorisée, j'apprends que le cristal est à présent au Musée canadien de la nature, à Ottawa. Malheureusement, il est aussi en miettes... Il semble qu'il ait mal supporté son déménagement. Son importance historique l'a préservé de finir à la poubelle. J'ignore quel genre de restauration est envisagée...



Pendant une courte période, on pu croire que l'Outaouais deviendrait le principal exportateur de phosphate au monde. En 1885, année faste, 28 5000 tonnes de phosphate furent extraites et convoyées par 2000 mineurs et ouvriers. La mise en valeur des gisements de Floride et d'Afrique du Nord, autrement plus vastes et aisés à exploiter, brisa l'euphorie. En 1892, la plupart des mines étaient fermées ou converties à l'exploitation du mica.

Le mica apparut en effet comme la solution de rechange idéale : les deux minéraux, apatite et mica, étant associés dans les mêmes veines. Ironie suprême : l’usine de traitement de phosphate de Masson (1903-1932), ainsi que celle établie en 1897 à Buckingham, durent importer de Floride la totalité de leur matière première !

Après 1895, les gisements d’apatite furent donc exploités pour la phlogopite, ou mica ambré, traitée jusqu’alors comme un déchet. En effet, seule la muscovite (mica blanc) était considérée comme un matériau utilisable. Après que la phlogopite locale eût prouvé qu’elle égalait la muscovite, comme isolant notamment, son extraction et son exportation pût commencer, sans cesser d’être en butte à la concurrence de la muscovite indienne et de la phlogopite de Madagascar. La production de mica atteint son apogée vers 1910 et déclina après 1928.

La mine Blackburn, connu aussi sous le noms de mine Vavasour, et ouverte en 1878 à Cantley, fut déjà la plus importante mine de mica en occident. (Voir coupes et plan plus bas.) En 1881, 500 personnes travaillaient, à la mine elle-même ou aux ateliers de traitement du mica. C’est aussi la plus profonde des mines de la région : une des tranchées atteignait 200 m de profondeur. La mine cessa ses activités en 1964. Sa fermeture mit un terme à l’exploitation du mica en Outaouais.


 Coupes des galeries de la mine d'apatite-mica de Cantley. Modifié de Van Velthuizen (1998).

Géologie de la mine Blackburn de Cantley, en activité de 1878 à 1964, d'abord pour l'apatite, puis pour la phlogopite (mica). Carte tirée de Hogarth et al. (1972) ; couleurs, votre serviteur.


Parmi les autres mines d’apatite-mica de la région, on peut mentionner la mine Nellie et Blanche (Cantley) ; les mines Wallingford* et Blackburn (Perkins) ; la mine High Rock (nord de Notre-Dame-de-la-Salette) et la mine Emerald (nord de Buckingham). Les apatites vertes de la mine Yates, près de Otter Lake, sont particulièrement renommées. À la mine Villeneuve (voir section consacrée au feldspath), on trouve de la muscovite, ou mica blanc, qu’on exploita de 1889 à 1898, puis en 1908-1909. Un cristal de muscovite, mesurant 75 cm par 55 cm et pesant 130 kg y fut extrait. Il contenait du mica pour une valeur de 500 $ (de l’époque). La carrière Leduc, mieux connue pour ses tourmalines, a produit de la lépidolite, un mica contenant du lithium.

*  Ne pas confondre avec la mine Back ou Wallingford (feldspath), située à Glen Almond, au nord de Buckingham, et dont nous parlerons plus bas.

Les gisements d’apatite-phlogopite de la région sont aujourd’hui abandonnés, mais non épuisés. Ils ne sont plus fouillés que par les amateurs à la recherche de beaux cristaux.

Barite (ou barytine)
Cette substance a été exploitée à la mine Foley de Cantley, entre 1892-1903. De la galène, associée à la barite, à été extraite d’un gisement à l’ouest de Buckingham. On trouve aussi de la barite près de Quyon.

Feldspath et quartz (silicium)
La région de Buckingham, avec celle de Saint-Pierre-de-Wakefield, a déjà été le principal producteur de feldspath au Québec. L’exploitation de ce minéral remonte à 1889 (mine Villeneuve – feldspath et mica) et ne cessa que récemment, mais c’est dans les années 1920 qu’elle connu sa période la plus intense. Les gîtes se trouvaient dans des pegmatites, source, en plus du feldspath (microcline et l’orthoclase, des feldspaths potassiques), de silice (quartz).

Mentionnons les deux sites principaux, ceux de la mine Back ou Wallingford (1924-1971) et de la mine Derry (1920-1969), toutes deux à Glen Almond, au nord de Buckingham. Si la plupart des gisements étaient attaqués à ciel ouvert, on a recouru dans leurs cas à des puits et des galeries souterraines. Le feldspath dentaire (dental spar), de qualité supérieur – il s’agit de microcline blanche sans impureté –, sert à la fabrication de dents artificielles. Jusqu’en 1930, date de l’ouverture d’un atelier à Buckingham pour broyer le feldspath et le quartz, la totalité de la matière extraite était expédiée à l’état brut à l’étranger, en premier lieu aux États-Unis.

À la mine Back ainsi qu’à la mine Villeneuve, au nord de Notre-Dame-de-la-Salette, se trouve de la péristérite, variété de feldspath sodique (ou plagioclase) pouvant être utilisée comme pierre gemme. Depuis 2002, dans le même secteur, Dentsply Canada ltd opère la mine Othmer et exploite une pegmatite pour le feldspath potassique.

La carrière d’amazonite (microcline vert) du lac Blue Sea, au sud de Maniwaki, est bien connue des collectionneur de minéraux.

On a exploité de 1957 à 1977, au sud du réservoir Baskatong, un banc de quartzite pur connu sous le nom de Montagne-Blanche.

Durant les années 1930 et 1940, la carrière du lac Beauchamp, à Gatineau («lac de la Mine»), a produit, à partir du grès du groupe de Potsdam, du silice pur qui était acheminé à Montréal où il servait à la fabrication du verre. (Voir ce billet d'une série consacrée au lac Beauchamp.)   

Deux mines de silicium sont actuellement actives dans les Laurentides, la mine Saint-Canut (Unimin Canada ltd), elle aussi dans le grès de Potsdam (Lac-des-Deux-Montagnes), et la mine Saint-Rémi-d'Amherst (Société minière Gerdin inc.), dans un quarzite précambrien.

Kaolin et silice
La mine Silice-Kaolin de Saint-Rémi a donné, entre 1911 et 1946, du kaolin et de la silice.

Graphite
Les débuts de l’extraction du graphite dans la région remontent à 1866. Son exploitation, comme celle du feldspath, s’est concentrée surtout dans la région de Buckingham (mine Walker – 1876-1896, 1906), sans atteindre cependant une ampleur comparable. Dès le début des années 1930, l’extraction du graphite allait à son déclin et fut abandonnée. Cette industrie n’avait pu supporter la concurrence du graphite de Madagascar et de Ceylan en conjonction avec une baisse de la demande.

L’une des seules mines de graphite en Amérique du Nord, et maintenant l'unique au Canada, s’est ouverte en 1989 à 25 km au sud de Mont-Laurier, à Saint-Aimé-du-lac-des-Îles. Il s’agit de la mine Lac-des-Îles (Stratmin Graphite Inc., Timcal Canada inc. depuis 2002), où travaillent environ 55 personnes. On extrait le graphite contenu en paillettes dans du marbre.

Magnésite
À 15 km au nord de Grenville, la mine Kilmar exploitait une dolomie magnésitique (1914-1992).

Molybdénite
Au cours des deux guerres mondiales, la mine Moss-Quyon a profité de la forte demande en molybdène, utilisé pour renforcer l’acier des canons. (Le nom Moss est l’acronyme de la formule chimique de la molybdénite : MoS2.) Mentionnons les travaux, aussi durant les deux guerres, à la mine Chaput-Payne, sous le site de l’actuel belvédère Champlain du parc de la Gatineau.

Zinc-plomb (argent et or)
La mine New Calumet, à l’île du Grand Calumet, est la seule de la région à avoir produit (un peu) d’or et d’argent. La présence de zinc et de plomb – les principaux métaux extraits – était connu depuis 1893, mais la mise en valeur du gisement ne débuta véritablement qu’à partir de 1943. La mine est fermée depuis 1968, mais ses réserves d’or et d’argent – qu’on s’emploie actuellement à évaluer – lui vaudront peut-être une nouvelle vie.

À l’est de l’île du Grand Calumet, près de Bryson, on a découvert en 1978 un gîte de magnétite zincifère. La région de Maniwaki-Gracefield compte aussi un bon nombre de gîtes de zinc et de magnétite zincifère.

Nickel-cuivre
Le gisement de la mine Renzy (50 km à l’ouest de Grand-Remous), découvert en 1955, a été exploité de 1969 à 1972 pour son cuivre et son nickel. Près de Sainte-Véronique, se trouve un indice de cuivre-nickel, associé à des traces d’or et de platine.

Brucite
Deux carrières au sud de Wakefield ont exploité un marbre chargé de brucite; les carrières Cross (1959-1968) et Maxwell (1942-1968). Les gisements ne sont pas épuisés.

Uranium
L’Outaouais compte un grand nombre de gîtes de minéraux radioactifs. Malgré une prospection intensive, aucune véritable exploitation n’a vu le jour, les gisements étant trop petits et dispersés. Ces gisements se concentrent dans une région comprise entre Gatineau et Otter Lake et dans le secteur Maniwaki - Grand Remous - Mont-Laurier (voir carte des gisements, plus bas).

La mine d’uranium Yates, en particulier, près de Otter Lake (Pontiac), a été le site de travaux en 1953, après la découvertes de minéraux radioactifs (thorianite, uranothorite, uranophane, allanite). Cette mine, d’où l’on a d’abord extrait de la phlogopite, est mieux connue des collectionneurs pour ses splendides cristaux d’apatites vertes.

Il est intéressant de noter la fréquente association des gîtes de minéraux radioactifs avec les pegmatites, les gîtes de molybdénite et/ou les veines de calcite-apatite-phlogopite.


Uranium : gisements et indices en Outaouais.
Détail modifié de Lamothe (2009)
Les sites 17, 18 et 19 correspondent à la mine Yates mentionnée plus haut dans le texte. J'ai ajouté quelques villes afin d'aider à situer les choses. Noter que la position de Maniwaki (M) est approximative par rapport aux gisements sur la route près de la ville.


En vrac : tourmaline, grenat, amiante
La tourmaline noire est fréquente dans la région, et les collectionneurs recherchent les cristaux bien développés. De la tourmaline verte pouvant être utilisée comme pierre gemme a été un court moment extraite de la carrière Leduc, à l’ouest du lac Saint-Pierre (en 1908). On a exploité dans la région de Labelle du grenat, utilisé comme abrasif. On trouve de petits gîtes d’amiante-chrysotile, près de Poltimore notamment, mais les gisements n’ont aucune valeur économique. Un petit gisement (découverte personnelle) se trouve également dans le parc de la Gatineau.



Les Expositions universelles

Divers minéraux et roches de l’Outaouais ont bénéficié de l’honneur d’être envoyés à l’étranger comme échantillons des richesses naturelles de la Colonie.

Ainsi, à l’Exposition internationale de Paris, en 1855, une tonne de minerai de la mine Forsyth pu être admirée (?) par les visiteurs. L’encadré plus haut traite du cristal de fluorapatite qui s’est promené d’Expostion universelle en Expostion universelle au XIXe siècle.

À la mine d’apatite High Rock, au nord de Notre-Dame-de-la-Salette, on trouve une syénite surnommée «roche léopard» à cause de cercles sombres riches en augite dessinant des motifs sur fond de feldspath orangé qui la font ressembler au pelage de cet animal. Des échantillons de cette roche furent montrés à l’Exposition universelle de Paris, en 1900.
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RÉFÉRENCES
Seuls les travaux explicitement cités dans cette partie figurent ici ; une liste complète des sources consultées se trouve dans la troisième et dernière partie de cette série (lien à la fin de ce billet).

  • Avramtchev, L., 1992 – Carte minérale de la région de Montréal - Mont-Laurier. Québec, ministère de l'Énergie et des Ressources, PRO 90-05, carte (1/2 000 000).
  • Hogarth D.D., Moore J.M., dans : Baird D.M. (compil. et édit.), 1972 — Géologie de la région de la Capitale nationale. Commision géologique du Canada, livret guide bilingue, 24e congr. géol. 
  • Lamothe, D., 2009 – Uranium dans l'environnement secondaire et minéralisations uranifères. Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, carte (1/2 000 000).
  • Van Velthuizen, J., 1998, The Gow (Blackburn Mine, Cantley, Québec). Gratitude Press Canada, 214 p., reliure spirale.

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