vendredi 30 juillet 2021
Calcaire faillé dans l'Île-de-Hull : suite de la suite (ajouts)
mercredi 28 juillet 2021
Calcaire faillé dans l'Île-de-Hull (suite)
jeudi 15 juillet 2021
Le fantôme de Philemon Wright et le boisé Champlain (Ajout)
Détail intéressant à propos du boisé Champlain : l'ensemble des propriétés au nord et au sud du chemin d'Aylmer réunissant les terrains de golf et le district du Manoir-des-Trembles ont été à l'origine la propriété de Philemon Wright, le fondateur du canton de Hull (début du XIXe s.). Cet ensemble formait un domaine de 1130 acres, la Britannia Farm* (carte no 1), que Philemon transmit à ses héritiers.
En 1957, la Commission du district fédéral (ancêtre de la Commission de la capitale nationale) avait prévu de faire passer la bien-nommée Hull South Parkway au nord et l'ouest de l’ancienne ferme Britannia (carte no 3). Le trajet naturel plus direct, en diagonale à travers les terrains de golf et du Manoir a-t-il été envisagé puis écarté ? La Hull South Parkway n'a jamais vu le jour et le boisé Champlain occupe justement la bande de terrains verts à l'O de la ferme Britannia que la promenade devait emprunter. Le tardif boulevard des Allumettières passe au nord des limites de l’ancienne ferme Britannia, et s'y en approche encore moins que le Parkway.
Comme quoi des faits remontant à deux siècles ont laissé leur empreinte dans le paysage. Philemon Wright était peut-être un visionnaire, je doute qu'il ait vu si loin les conséquences de ses actes !
Légende
AJOUT (21 juillet 2021)
Sources
- Diane Aldred, Le Chemin d'Aylmer : une histoire illustrée / The Aylmer Road: An Illustrated History. L'Association du patrimoine d'Aylmer, Aylmer, Heritage Association, photographies par Alan Aldred, traduit de l'anglais par Claude Leahey et Rodrigue Gilbert, 1994, 256 p. ISBN 0929114124
- Commission de la capitale nationale, Soixante-troisième Rapport annuel - 1962-1963 - Première partie.
- Commission du District fédéral*, Service de l’information, La capitale nationale : plan d’Ottawa et des environs et du parc de la Gatineau. Édition 1957.
- The Federal District Commission*, Planning Canada's National Capital : An Introduction To The National Capital Plan. Prepared by The Information Committee of the National Capital Planning Commitee, Grenville W. Goodwin, chairman, Walter Bowker, director of information; designed and produced by The National Film Board of Canada; november 1948; 48 p.
- Hogarth, D.D., Pioneer mines of the Gatineau Region, Quebec. Town Beavers, Publishers Reg'd, 1975, 44 p.
- Manon Leroux, L'autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine. Société Pièce sur pièce et Société d'histoire de l'Outaouais, ISBN 978-2-9813528-0-4, 2012, 608 pages.
vendredi 9 juillet 2021
Sauvegardons le Corridor Champlain ! Lettre ouverte
(Cette carte ne faisait pas partie de la lettre ouverte adressée au maire de Gatineau, Maxime Pedneault-Jobin, et à d'autres personnalités politiques ou du monde administratif et dont le contenu est reproduit plus bas. Voir SUITE dans le billet du 15 juillet 2021.)
Légende
Commentaires
Sauvegardons le Corridor Champlain ! (lettre ouverte)
Monsieur Maxime Pedneault-Jobin
Maire de la Ville de Gatineau
Bonjour Monsieur le Maire,
J’ai appris avec consternation que le Sentier de la forêt du corridor Champlain (appelé aussi Corridor écologique Champlain) figurait parmi les sites considérés pour la construction du futur hôpital de Gatineau. Le Corridor Champlain est un véritable paradis dans la ville, un morceau de forêt où il fait bon marcher, où l’on peut se détendre et goûter un moment à l’impression de se retrouver en pleine nature.Précisons que le terrain du Corridor Champlain appartient à la Commission de la capitale nationale. Le sentier est intégré au réseau de pistes cyclables de la région.La disparition du Sentier de la forêt du corridor Champlain, même pour la bonne cause – la construction d’un hôpital réclamé par la population de Gatineau depuis longtemps –, serait une perte sans remède, la destruction de quelque 150 000 mètres carrés de forêt. Est-il nécessaire de rappeler la nécessité des espaces verts dans une ville ? Faut-il redire que l’un des principaux attraits de Gatineau est justement l’accessibilité qu’elle offre à de tels espaces préservés du développement urbain ?Il y aurait jusqu’à quatorze terrains considérés pour la construction de l’hôpital selon les médias. Sauf erreur de ma part, seuls deux seraient connus du public ; outre, bien entendu, celui du Corridor Champlain, il y aurait celui du parc industriel du ruisseau de la Brasserie, au sud du boulevard Montclair. Un site comme ce dernier, qui a déjà subi en deux siècles tout ce que l’urbanisme peut infliger à un terrain – carrières, industries, entrepôts, voies ferrées, dépotoir à neige, autoroute, etc. – ne risque plus d’être abîmé, c’est chose faite. Le choix de ce terrain obligerait à décontaminer le sol, bien sûr, ce qui en soi, serait déjà une excellente initiative.Mais je ne plaide pas pour la construction de l’hôpital au parc industriel du Ruisseau, même si sa proximité du couloir du Rapibus et des axes routiers principaux (boul. des Allumettières, autoroutes) le rend très attrayant.Je propose seulement que nous construisions l’hôpital sur un terrain déjà urbanisé et asphalté ; le patrimoine naturel de la Ville ne sera pas affecté et le tissu urbain sera utilisé à meilleur escient, bonifié même. N’étalons pas la Ville au détriment de ses espaces verts.Il faut épargner le Corridor Champlain. C’est un milieu naturel de toute beauté, miraculeusement préservé jusqu’ici. Soyons aux petits soins avec ce qu’un intervenant a déjà qualifié « d’hôpital vert ». Le Corridor Champlain a déjà tellement contribué à notre santé mentale et physique, et ce gratuitement, sans salle d’urgence, sans liste d’attente et sans médicaments.Laissons-le remplir sa bienfaisante vocation.Veuillez recevoir, Monsieur le Maire, mes plus cordiales salutations.
Henri Lessard
Gatineau, district de Hull-Wright,
c.c.
- Monsieur Jocelyn Blondin, conseiller municipal, district du Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau, Gatineau
- Monsieur Mike Duggan, conseiller municipal, district de Deschênes, Gatineau
- Madame Maude Marquis-Bissonnette, conseillère municipale, district du Plateau, Gatineau
- Monsieur Cédric Tessier, conseiller municipal, district de Hull-Wright, Gatineau
- Monsieur François Bonnardel, ministre des Transports, Québec
- Monsieur Benoit Charrette, ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Québec
- Monsieur Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux
- Monsieur Mathieu Lacombe, ministre de la Famille, Québec, ministre responsable de la région de l'Outaouais
- Madame Maryse Gaudreault, députée de Hull à l’Assemblée nationale
- Monsieur André Fortin, député de Pontiac à l’Assemblée nationale
- Madame Josée Filion, présidente-directrice générale, Centre intégré de santé et des services sociaux de l'Outaouais
- Monsieur Daniel Primeau, membre du conseil d'administration et président-directeur général, Société québécoise des infrastructures
- Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l'Outaouais
- Monsieur Greg Fergus, député de Hull-Aylmer, Chambres des Communes
- Monsieur Tobi Nussbaum, premier dirigeant, Commission de la capitale nationale, Ottawa
samedi 26 juin 2021
L'Île Hull fracturée
Il a souvent été question dans ce blogue de l'Île Hull qui émerge des eaux de l'Outaouais à la hauteur de la Cour suprême (lien vers les billets sur le sujet), ne serait-ce que pour vous apprendre à ne pas la confondre avec l'Île-de-Hull(1) qui lui fait face et de ne surtout pas l'appeler l'île aux Mouettes comme le font des individus que je ne qualifierai pas ; certaines personnes tout aussi inqualifiables vont jusqu'à l'annexer à Ottawa, alors qu'elle est à Hull (Gatineau) (billet du 30 déc. 2020, « L'Île Hull à Ottawa ? »).
Sa forme en 8 est caractéristique. Sur certaines cartes, elle ressemble à une cacahuète. La dépression qui la coupe en deux la... coupe en deux lorsque l'eau de l'Outaouais monte assez haut pour l'envahir et faire de l'île des îlots jumeaux.
(1) À propos de l'Île-de-Hull, voir par exemple le billet du 10 août 2013, « Île-de-Hull (Gatineau) : guide géologique ».
Je n'avais jamais remarqué avant les jours derniers que le réseau des diaclases ou joints dans le calcaire diffère dans les deux parties de l'île Hull. Une faille NO-SE, paralèlle à la dépression, traverse la rivière moins de 200 m en amont sans effleurer l'Île(2). Ce sont les cartes géologiques qui l'affirment, mais il faut savoir les interpréter. Ce qui est une simple faille sur papier se résout souvent sur le terrain en un faisceau de failles. Il est donc possible que l'île soit affectée par une faille secondaire non cartographiée (carte géologique plus bas), plus discrète. D'ailleurs, la faille qui passe à l'ouest a fait basculer les strates de calcaire sur la rive hulloise (photo janv. 2012 plus bas) alors que dans l'Île Hull, elles demeurent pratiquement horizontales.
(2) Dans d'autres billets, j'ai baptisé par commodité cette faille « faille Montcalm » ; elle a cependant été cartographiée par A.E. Wilson dans les années 1930. Réf. : Wilson A.E., 1946 – Geology of the Ottawa-St. Lawrence Lowland, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, Mémoire 241, 66 p. (+ cartes). La faille Montcalm est identifié par un F rouge sur la carte géologique plus bas.
Quoi qu'il en soit, la faille non cartographiée qui, je le soupçonne, coupe l'Île Hull, a peut-être juxtaposé deux compartiments du socle rocheux ayant chacun leurs réseau de joints particuliers. Il faut cependant remarquer que l'île tout entière fait partie de la même formation de calcaire de l'Ordovicien moyen (Groupe d'Ottawa ou de Trenton, 465 millions d'années), ce qui limite l'ampleur du rejet théorique de la cassure.
De tout ceci m'est venue l'idée d'aller jeter un coup d'oeil plus large voir si les systèmes de joints varient d'un secteur à l'autre de la région.
À suivre...
Géologie de Hull (Gatineau) et d'Ottawa, séparées par la rivière des Outaouais. (Cliquer sur l'image pour l'afficher à sa pleine grandeur.)
Légende adaptée
- Lignes noires ondulées (présentes sur la carte originale) : failles ;
- X rouge ajouté : l'Île Hull, au milieu de la rivière des Outaouais ;
- F rouge ajouté et segment de faille surligné en rouge : faille traversant la rivière au SO de l'Île Hull ;
- Les couleurs (originales) : différentes formations du Paléozoïques de la plate-forme du Saint-Laurent que je ne détaille pas ici. Orangé : Groupe d'Ottawa ou de Trenton (Ordovicien moyen, 470-458 Millions d'années), calcaire et dolomie surtout ; autres couleurs : calcaire, dolomie, grès, shales (Ordovicien, 488-444 millions d'années).
Carte : A.E. Wilson, 1938 — Ottawa Sheet, East Half, Carleton and Hull Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 413A, 1 feuille (1/,63 360).
Rive hulloise à l'ouest de l'Île Hull : strates de calcaire basculées par la faille notée par un F rouge sur la carte. Photo janv. 2012.
Île Hull, 7 juillet 2014. Un saule saulitaire domine herbes et arbustes. L'arbre n'a pas résisté à la grande crue de 2017. (Voir billet du 11 sept. 2019, « Désolation sur l'île Hull ».)










