mardi 6 décembre 2022

Hors sujet : canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées (suite)


Photo 1. 

Déversement à gros bouillons des eaux du ruisseau du Lac-des-Fées dans le ruisseau de la Brasserie par une canalisation, au nord de l'ancien château d'eau de la rue Montcalm, maintenant occupé par les Brasseurs du Temps (à l'arrière-plan). (19 oct. 2022.)





Dans mon billet du 14 mai 2022, j'affirmais comme une vérité évidente en elle-même que la section canalisée sous terre du ruisseau du Lac-des-Fées (RLF) débouchait dans le ruisseau de la Brasserie (RB) au nord de la rue Montcalm (au nord de l'ancien château d'eau, maintenant les Brasseurs du Temps).

J'apporterais ici une correction, ou disons une nuance à cette affirmation peut-être trop carrée. D'après la carte du réseau hydrographique du gouvernement du Québec (carte 1), la partie canalisée du RLF emprunte une ligne droite depuis le sud de la promenade du Lac-des-Fées (point A sur la carte) et rejoint le RB quelque 100 m au sud de la rue Montcalm (point B). Or, il n'y a aucun indice qu'une canalisation ne débouche à cet endroit pour y déverser son contenu (photo 3). Il faut donc supposer qu'une branche secondaire de la canalisation se dirige vers le nord à partir du point B et qu'elle amène les eaux du RLF se jeter au point C dans celles du RB, au nord de la rue Montcalm.

L'existence d'un embranchement entre les points B et C est hypothétique et le trajet que je lui donne sur la carte 1 est fort probablement inexact. Sans cet embranchement, il est impossible de réconcilier la carte du gouvernement du Québec avec la réalité physique : l'eau s'écoule bel et bien dans le RB par une canalisation au point C, photos 1 et 2 à l'appui, appui renforcé par les dires d'une personne bien renseignée qui a effectué des recherches sur l'histoire, la faune et la flore du RB. Cette personne m'a assuré que la canalisation qui débouche au nord du château d'eau sur la rive gauche (ouest) du ruisseau constitue bien l'embouchure réaménagée du RLF.

Photo 2. 

Triste façon de finir pour un ruisseau... (Sept. 2011.) 


Les travaux de canalisation du RLF se sont échelonnés des années 1930 jusqu’à vers 1960 à partir de son embouchure dans le RB en remontant vers l’amont. Le trajet en ligne droite sous terre que l'on contraint au ruisseau d'emprunter lui fait économiser le détour qu'il faisait plus au sud avant de joindre le RB. Plus direct, mais infiniment moins pittoresque... Du point B au point C, la dénivellation est d'environ 13 m (de 58 m à 45 m d'altitude).

Outre celui du 14 mai 2022, évoqué au début du texte, voir les billets suivants pour plus d'information :

Si quelqu’un à la Ville pouvait nous nous en dire plus...



Photo 3. 

La canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées devrait déboucher dans le ruisseau de la Brasserie au sud (à gauche) des escaliers à droite de la photo (point B des cartes). Je n'ai trouvé aucun indice laissant soupçonner à cet endroit un apport d'eau dans le ruisseau de la Brasserie. Il faut supposer que la canalisation emprunte un coude qui l'amène déboucher dans le ruisseau au nord de la rue Montcalm (point C et photos 1 et 2). La passerelle ou plan incliné couleur rouille à gauche de la photo est à peu près à la hauteur de l'embouchure originale du ruisseau du Lac-des-Fées. (19 oct. 2022.)




Carte 1. 

  • RB. - Ruisseau de la Brasserie.
  • RLF. - Ruisseau du Lac-des-Fées.
  • RO. - Rivière des Outaouais.
  • A. - Point à partir duquel le ruisseau du Lac-des-Fées est canalisé sous terre.
  • B. - Point d'arrivée de la canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées au ruisseau de la Brasserie.
  • C. - Canalisation d'où se déverse l'eau du ruisseau du Lac-des-Fées dans le ruisseau de la Brasserie.
  • X. - Embouchure originelle du ruisseau du Lac-des-Fées.
  • ? et ligne pointillée bleue. - Canalisation supposée entre les points B et C (trajet hypothétique pour démonstration). 
  • Ligne pointillée noire. - Cours originel du ruisseau du Lac-des-Fées à l'air libre. On remarque qu'il a été dévié en amont du point A où il disparaît sous terre dans sa canalisation. Voir le billet du 27 févr. 2022 sur la Babine (et suivre les liens.)
  • Flèches bleues. - Sens de l'écoulement des eaux. Le ruisseau de la Brasserie est en fait un bras de l'Outaouais (RO) qu'il retrouve au NE de la carte.
L'embouchure originale du ruisseau du Lac-des-Fées avant les travaux des années 1930 (point X) était située un peu au sud du point B. Le ruisseau coulait à l'origine plus au sud et il rejoignait presque le boul. Alexandre-Taché avant de remonter vers son embouchure. Les travaux de canalisation se sont échelonnés des années 1930 jusqu’à vers 1960, de l’aval en remontant vers l’amont. Voir le billet du 14 mai 2022. Du point B au point C, la dénivellation est d'environ 13 m (de 58 m à 45 m d'altitude).
Source de la carte : Ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec, Cartes topographiques.



Carte 2. - Image satellite

Détail de la carte 1 ; même légende, avec ajout de BT : Brasseurs du Temps, ancien château d'eau et centrale électrique du barrage, rue Montcalm. Le triangle qui s'avance dans le ruisseau de la Brasserie au nord du point B : escaliers visibles sur la photo 3.

lundi 5 décembre 2022

La caverne Pooley à Ottawa

© Andrew King, Ottawa Rewind

La géologie de la région nous réserve encore des surprises. Témoin cette caverne Pooley en plein centre-ville d'Ottawa. Qui en a entendu parler ? Partant de la cathédrale Christ Church sur le plateau de l'escarpement de la rue Commissionner, elle se jette - ou se jetait - dans un chenal de la rivière des Outaouais sous le pont Pooley, près de la station de pompage de la rue Fleet (au sud du musée de la Guerre). J'ai appris son existence par le site Ottawa Rewind d'Andrew King. Un extrait de son billet, The Legend of Pooley’s Cave (c'est moi qui souligne) :

The “Park of The Provinces” [Jardin des Provinces et des Territoires, rue Wellignton] was built over what was once Brading’s Brewery. And just around the corner from that was a remarkable natural feature of a cavern that stretched east under Sparks Street for apparently more than 200 feet [60 m] all the way to Christ Church Cathedral. This legend originated from the 1800’s and described a “natural wonder” and a room of stalagmites and stalactites that were “beautiful beyond description”. But not a single mention or trace exists today of this incredible underground feature in the heart of the Nation’s Capital. [...] Upon entering the cave, a natural tunnel headed in an easterly direction towards Christ Church Cathedral. Traveling 75 feet [23 m] in a stooped position through the tunnel, it was then said that one had to go on hands and knees for another 40 feet [12 m]. Here, the tunnel widened into a room about 40 feet by 60 feet [18 m x 12 m] where stalagmites and stalactites appeared. Other descriptions mention a running waterfall inside the cave. So, this all sounds pretty cool but where would this be now and would it still possibly be there?

L'ancienne Brading’s Brewery puisait son eau à la caverne et les compagnies de boissons gazeuses Pure Spring et Crush Beverages auraient fait de même jusqu'en 1963, selon Andrew King.

Photo 1. - © Henri Lessard, avril 2014

Toujours selon M. King, les restes de l'intrigante tour érigée sur le trajet présumé de la caverne, au pied de l'escarpement de la rue Commissioner, derrière le parc des Provinces et des Territoires (photo 1), laissent sourdre un bruit d'eau courante (rushing water). L'ouverture de la tour, au sommet, a été bétonnée. 
Elle pourrait faire partie des aménagements qui de puiser l'eau de la caverne. (J'ai pris la photo en avril 2014 sans me douter le moins du monde de la signification possible de cet ouvrage qui m'intriguait.)

Photo 2. - © Henri Lessard, 4 déc. 2022

Mais une station de pompage des eaux usées voisine la tour (édifice cubique sur la photo 2) et des installations d'accès aux égouts se trouve à ses pieds. L'affichette « Sanitary Sewer /Égoût sanitaire » (en vert sur la photo 1) et les relents qui flottent dans l'air chassent les derniers doutes sur la nature du glouglou. Ce n'était pas le chant cristallin d'une eau de source qui s'entendait, mais l'écoulement des eaux usées dans des canalisations... Est-ce que l'on aurait utilisé le boyau que fournissait la caverne et les aménagements de la Brasserie ou de la Pure Spring pour installer les canalisations du quartier ? (Hypothèse personnelle.)

D'autres cavernes

Dans son état original, la caverne Pooley aurait pu faire concurrence à la caverne Laflèche de Wakefield (voir ce billet dans mon blogue) avec sa grande salle de 18 m x 12 m, ses stalagmites et ses stalactites. La caverne Laflèche traverse un marbre précambrien vieux de plus d'un milliard d'années. La caverne Pooley s'est attaqué à un calcaire ordovicien, à moitié plus jeune (444-485 millions d'années). Marbre ou calcaire, c'est le même matériau, le même minéral : la calcite, érodable et soluble.

Le calcaire ordovicien de la région s'avère décidément parcouru de crevasses et semés de vides. En vrac, on peut mentionner la caverne Cardinal dans l'est d'Ottawa, le réseau de couloirs creusés sous le lit de l'Outaouais à Pembrooke (ce billet), le « vide » dans le roc sous l'île Lemieux (ce billet), celui près du barrage des Chaudières (ce billet), sans oublier la caverne de Rockland (ce billet). Je me suis d'ailleurs laissé dire que les travaux de construction du quartier Zibi aux chutes des Chaudières avaient été compliqué par des effondrements causés par des vides insoupçonnés dans le socle rocheux. Et je ne parle pas du légendaire Trou du Diable, toujours aux Chaudières (ce billet).

Il y a quelques années, j'ai été prendre des photos dans le secteur de l'escarpement de la rue Commissioner, sans soupçonner l'existence d'une caverne. Comme elle semble avoir été oblitérée du paysage, j'ai des excuses de ne rien avoir deviné. La caverne Pooley s'ouvrait sur le plateau, près de la cathédrale Christ Church (altitude 72 m), passait apparemment sous l'escarpement et se jetait dans un chenal de l'Outaouais en aval du pont Poorley (44 m), soit une dénivellation de 28 m pour une longueur d'environ 350 255 m.

Murée, effacée, oubliée. Triste sort que celui de de la caverne Pooley... La grande salle et une partie du couloir existent peut-être encore sous terre ? Quand on pense aux dégâts que les générations de curieux ont infligés à la caverne Laflèche, je crois que la Pooley, ou ce qu'il en reste, est peut-être mieux préservée ainsi.

L'âge de la caverne (ajout)

Une note pour terminer. Les stalagmites et ses stalactites ne se forment pas en quelques mois ou quelques années. La caverne Pooley a donc plusieurs siècles (millénaires ?) d'âge. Une eau courante (eau de fonte des glaciers) ou encore l'eau salée de la mer de Champlain n'auraient pas permis la formation de stalactites et de stalagmites. La caverne, dans l'état encore intacte où on l'a décrite au XIXe s., existait depuis au plus 10 000 ans, époque du départ des eaux de la mer de Champlain. Par contre, il est possible que le conduit originel ait été creusé par l'eau de fonte des glaciers de la dernière glaciation il y a 12 000 ans et plus. (Hypothèses personnelles.)

vendredi 10 juin 2022

Île-de-Hull : fondations dans l'argile

Photo 1. Chantier sur la rive de l'Outaouais à Gatineau (site no 5 sur la carte 1). Il faut des murs de soutènement pour contenir les dépôts meubles dans lesquels on creuse des fondations. Photo prise du pont Cartier-Macdonald, le 28 mai 2022.


On édifie dans l’Île-de-Hull, ce qui suppose au préalable d'excaver les fondations. Dans le NE de l’Île, à l’endroit où le manteau de sédiments meubles est le plus épais, les fondations ne reposent pas sur le calcaire du socle, mais dans l'argile marine. 

NE de l'Île-de-Hull ; repères chrono-géologiques.

Socle rocheux. - Calcaire du groupe de Trenton (Ordovicien moyen et supérieur, 458 - 444 Ma).
Dépôt meubles. - Argile de la mer de Champlain (12 000 - 10 000 ans) + alluvions superficiels récents

Selon un ouvrier interrogé en bordure du site no 2, à l'angle du boul. Sacré-Coeur et de la rue Notre-Dame (carte 1), le roc est à 70 pieds de profondeur (21,3 m) sous l'argile marine à cet endroit. La carte 2 indiquerait plutôt entre 40 et 50 pieds (12,20 - 15,25 m) de dépôts meubles, mais l'âge de la carte (1980) et le manque de détail dans les isobathes indique qu'elle donne sans doute une image simplifiée de la réalié.

Naïvement, je pensais qu'on creusait jusqu'au roc pour asseoir les fondations des édifices d'un peu d'importance. Apparemment, on se contente de piquer des poteaux ou des piliers de fer à travers l'épaisseur des dépôts meubles et de ceinturer les excavations de murs de soutènement. Au NE de l'Île-de-Hull, on dort sur des lits ou des matelas d'argile ; selon la carte de la sensibilité des sols aux secousses sismiques (billet du 4 juillet 2012, « Et Gatineau, c'est pas une ville sensible, elle ? »), ça ne doit pas constituer un sujet d'insomnies pour les habitants...

Les cartes qui suivent confirment la présence, dans le NE de l'Île, d'une couche épaisse de sédiments meubles, constituée surtout de l'argile marine de la mer de Champlain recouverte par endroits d'alluvions du proto-Outaouais. Ces dépôts, les plus considérables de l'Île, atteingnent une épaisseur d'environ 20 m, comme on l'a vu.

Noter que je n'ai pas pu prendre de photos de l'excavation du site no 4. Les coupes et la plupart des cartes sont tirées du billet du 27 mai 2018, « Pas de «A» pour la 1506A » (et les liens qu'il contient).


CARTE 1. Détail modifié de la Carte interactive (Atlas de Gatineau).
Ajouts
  • Contours rouges : chantiers actifs au NE de l'Île-de-Hull. 
  • X : excavations plus modestes (leur position peut être un peu approximative). 


CARTE 2. Épaisseur des dépôts meubles dans l'Île-de-Hull (détail modifié de Bélanger et Harrison, 1980 ; titre original : Fig. 4. Drift Thickness Trend, Ottawa-Hull, Ontario and Québec).
Les courbes de niveau ou les isobathes indiquent la profondeur du socle rocheux sous les dépôts meubles ; leur intervalle est de 10 pieds (3 m). Les sites des chantiers de construction sont en rouge (repris de la carte 1). À leur endroit, l'épaisseur des sédiments meubles est d'entre 20 et 50 pieds (6,10 - 15,25 m).
Selon un ouvrier interrogé en bordure du site no 2, le roc est à 70 pieds de profondeur (21,3 m) à son lieu de travail. La carte donne plutôt pour cet endroit des valeurs entre 40 et 50 pieds (12,2 - 15,25 m). Le tracé très lisse des isobathes laisse soupçonner que la carte donne une image sans doute quelque peu simplifiée de la réalité. Il est étonnant par exemple que la dépression comblée du lac Flora (actuel parc Fontaine au centre de l'Île ; voir coupe 2 et cartes 3 et 6) n'apparaisse pas dans le tracé de leurs courbes.



COUPE 1. Rive de l'Outaouais à la hauteur du pont Cartier-Macdonald (détail modifié de Beauchemin-Beaton-Lapointe inc., 1962. Document photographié à main levée, avec possibles distorsions.) 
Le site no 5 (photo 1) est dans le talus de la rive où env. 18 m de dépôts meubles recouvrent le socle calcaire, dont env. 10 m d’argile (« Glaise limoneuse ») recouverte de 6 m d'un « Remblai granulé » dont l’origine n’est pas précisée (naturelle ?, matière d’un remplissage ?). L'expression glaise silteuse serait peut-être préférable à glaise limoneuse
Les autres sites sont trop à l'ouest pour figurer sur la coupe.

Légende adaptée (j'ai estimé l'épaisseur approx. des couches au plus épais des dépôts meubles.)
  • Remblai granulé compact brun [6,1 m].
  • Glaise limoneuse variant du brun au gris [10,4 m].
  • Sable limoneux gris et gravier avec galets et grosses pierres roulées et traces de glaise. Compact à dense [1,2 m].
  • Galets et grosses pierres roulées [non présente sur la coupe].
  • Roc [calcaire, schiste argileux non divisés]. 
  • [Épaisseur totale : 17,7 m.]



PHOTO 2. Site no 2. Selon un ouvrier, le socle rocheux est à 70 pieds de profondeur (21,3 m). C'est plus que n'en indique la carte no 2 à cet endroit (entre 40 et 50 pieds ; 12,2 - 15,25 m). 
La profondeur du plancher des fondations est d'environ 10 m (mon estimation), soit 33 pieds. Il y avait encore de la marge avant de toucher le roc.
Photo 28 mai 2022. (Le 10 juin, j'ai pu voir qu'on avait creusé un peu plus profond encore dans d'autre secteurs du chantier.)


PHOTO 3. Site no 1. On creuse... 
Photo 2 avril 2022.
PHOTO 4. Site no 1. On a terminé de creuser et on égalise le plancher d'argile grise. Le roc n'est atteint nulle part. La profondeur des fondations est d'environ 6 m (mon estimation), soit 20 pieds. La carte 2 indique que le socle rocheux est à entre 40 et 50 pieds à cet endroit (12,2 - 15,25 m), tout comme aux sites 2 et 5, plus au sud. 
Photo 30 avril 2022.







CARTE 3. Aptitude des sols (détail modifié de Théberge (1986 ; titre original : Carte 5. Aptitude des sols - Gatineau-Hull-Aylmer).
(Document photographié à main levée, avec possibles distorsions. J'ai retouché les contours pour les rendre plus lisibles mais des détails ont pu m'échapper.) 
Légende (adaptée)
1C. - Till ; roc à moins de 3 m sous la surface.
2B. - Till ; roc à plus de 6 m de profondeur.
3A. - Dépôts meubles variés, moins de 3 m ; till, sable, gravier, argile desséchée.
3B. - Roc affleurant ou sous des dépôts meubles de moins d'un m.
4B. - Sable fin à grossier, 6 m et plus, reposant sur l'argile.
5A. - Argile consolidée ; roc, till ou dépôt granulaire à 3-6 m. L'argile peut-être couverte par moins de 2 m de sable.
5B. - Comme 5A, roc à plus de 6 m de profondeur.
6A. - Remblai hétérogène [artificiel] de plus de 3 m. [Parc Fontaine, ancien lac Flora ; voir carte 2.]

Le site no 1 est dans le 5B, à la lisière du 5A ; les autres sont entièrement dans le 5B : surtout de l'argile marine recouverte de sable. La profondeur du socle varie de 3 à plus de 6 m.



CARTE 4. Géomorphologie, géologie et épaisseur des dépôts meubles (détail modifié de Théberge (1986 ; titre original : Carte 1. Géomorphologie, géologie et épaisseur des dépôts meubles. Gatineau-Hull-Aylmer).
(Document photographié à main levée, avec possibles distorsions. J'ai retouché les contours pour les rendre plus lisibles mais des détails ont pu m'échapper.) 
Légende (adaptée)
Récent
  • 10. Dépôts organiques. - Humus et tourbe des régions mal drainés, marécageuses et tourbières.
  • 9. Dépôts fluviatiles. - Gravier sable, silt, silt argileux, matière organique sur la plaine inondable.
Dépôts du proto-Outaouais
Dépôts fluviatiles de chenaux abandonnés. 
  • 8. Silt argileux, silt et lentilles de sable recouvrant le faciès d'eau profonde de l'argile de la mer de Champlain.  
  • 7. Sables lités moyens jaune clair, remaniés localement en dunes de petite taille.
Dépôts glaciaires
  • 1. - Till de fond, mélange hétérogène de matériaux allant de l'argile à de gros blocs, généralement sableux.
Roche en place
  • R. - Calcaire, dolomie, grès et shale du Paléozoïque : affleurements tabulaires dénudés, recouverts localement d'au plus 2 m de dépôts meubles.

Tous les sites sont dans le 8 : argile marine recouverte dde sable et de silt (alluvions). Le roc (R) affleure au sud du secteur des chantiers.



CARTE 5. Carte des sols de l'Île-de-Hull, modifiée de L'Atelier de l'Urbanisme Georges Robert (1965).
Je ne suis pas sûr que les unités de la légende soient classées dans l'ordre chronologique. Je corrige (?) ici la chose (en m'aidant de la coupe 2). (Document photographié à main levée, avec possibles distorsions.) 
Légende (adaptée et interprétée)
  • MO/R. - Matières organiques, tourbières, résidus. [Sols récents, cf. parc Fontaine, ancien lac Flora ; voir carte 2.]
  • SG. - Sable et gravier. [Alluvions post-Champlain]
  • TN. - Terre noire.
  • AS. - Argile silteuse. [Argile de la mer de Champlain]
  • RBG. - Roche-mère, boulders et graviers.
Encore une fois, tous les chantiers sont dans entièrement dans l'argile (unité AS), sauf peut-être le no 3 (photo 6), qui touche à la lisière de terre noire (TN) recouvrant l'argile. 


COUPE 2. Coupe de l'Île-de-Hull, modifiée de L'Atelier de l'Urbanisme Georges Robert (1965). (Document photographié à main levée, avec possibles distorsions.) 
Coupe N-S de l’Île passant par le parc Fontaine (ancien lac Fora), à l'ouest des chantiers de construction. L'échelle verticale est 20 fois exagérée (d'après mon estimation). J'ai refait la typographie, converti les pieds en mètres et accentué le contraste de l'image.
Le calcaire du groupe de Trenton (Ordovicien moyen et supérieur, 458 - 444 Ma) forme le socle de l'Île. L'argile silteuse a été déposée par la mer de Champlain ; le till glaciaire qui devrait se trouver entre le socle calcaire et l'argile n'apparaît pas. Le sable et gravier ont été laissés par le proto-Outaouais. Le parc Fontaine est sur le site de l'ancien lac Flora, comblé vers 1911 (« Remblayage »). (La page définissant la terre noire manque au rapport d'où est tiré la coupe : une autre source précise que les terres noires du SW du Québec se sont développées sur le site d'anciens lacs peux profonds qui ont succédé à la mer de Champlain (ou au proto-Outaouais, dans notre cas ?) par accumulation de résidus végétaux année après année. Les terres noires sont riches en matières organiques.)
Les sites de construction sont au nord du boul. Sacré-Coeur dans l'argile silteuse.


PHOTO 5. Site 3. La profondeur des fondations est d'environ 6 m (mon estimation), soit 20 pieds. La carte 2 indique que le socle rocheux est à entre 30 et 40 pieds à cet endroit (9,10 - 12,20 m) - en supposant que la carte soit assez précise et que j'ai placé le X exactement au bon endroit. 
Photo prise le 14 nov. 2021, juste avant que je sois expulsé du chantier.
  


Références

  • L'Atelier de l'Urbanisme Georges Robert, 1965 – Reconnaissance et appréciation des conditions urbaines, Hull, 1965 : Rapport numéro 1. Trois-Rivières, 27 pages + plans.
  • Beauchemin-Beaton-Lapointe inc., 1962 – Pont MacDonald-Cartier : rapport sur les études techniques préliminaires. Conseil de Liaison, 144 p.
  • Bélanger, J. R.; Harrison, J. E., 1980 – Regional Geoscience Information : Ottawa-Hull. Commission géologique du Canada, étude 77-11, 18 p., avec 8 cartes [dont Fig. 4. Drift Thickness Trend, Ottawa-Hull, Ontario and Québec. 1 : 50 000].
  • Carte interactive (Atlas de Gatineau), consulté le 3 juin 2022 ; https://www.gatineau.ca/portail/default.aspx?p=publications_cartes_statistiques_donnees_ouvertes/cartes/carte_interactive_atlas_gatineau
  • Théberge, J. 1986 – Cartographie géotechnique dans la région de Gatineau-Aylmer-Hull. Ministère de l’énergie et des ressources du Québec, MB 86-43. [Avec cartes au 1/20 000.]


samedi 14 mai 2022

Hors sujet : ruisseau du Lac-des-Fées (Ajout)

Billet pondu pour répondre aux questions d'un correspondant sur la lieu-dit la Babine et la canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées (Hull, Gatineau). (Voir le billet du 27 févr. 2022, « Hors sujet : retour à l'escalier de la Babine », et suivre les liens.) Le ruisseau du Lac-des-Fées prend sa source au lac du même nom et coule vers le sud avant de dévier son cours vers l'est pour se jeter dans le ruisseau de la Brasserie (voir première des trois cartes). La partie aval du ruisseau du Lac-des-Fées a été canalisée sous terre de proche en proche à partir de son embouchure en remontant vers l'amont.

Billet retouché le 16 mai 2022. Il y a aussi une suite : billet du 6 déc. 2022.

Chronologie (voir les cartes pour complément d'information)

1938. - Bétonisation du ruisseau de la Brasserie au sud de la rue Montcalm (ministère des Travaux publics). La partie aval de son affluent, le ruisseau du Lac-des-Fées, est canalisée sous terre et son embouchure est reportée du sud de la rue Montcalm jusque derrière le château d'eau, au nord de la même rue*. Source : billet du 25 août 2017, « Ruisseau de la Brasserie : chronologie ».

* Une personne bien renseignée m'a assuré que la canalisation qui débouche au nord du chateau d'eau sur la rive gauche (ouest) du ruisseau de la Brasserie est bien l'embouchure réamnénagée du ruisseau des Fées. 

Ajout (30 nov. 2022). - J'apporterais une correction, ou disons une nuance au contenu du paragraphe ci-haut. D'après la carte du réseau hydrographique du gouvernement du Québec, la partie canalisée du ruisseau du Lac-des-Fées court en ligne droite sous terre depuis le sud de la promenade (voir les deux paragraphes suivants) et rejoignent le ruisseau de la Brasserie 100 m au sud de la rue Montcalm. Or, il n'y a aucun indice d'un déversement d'eau à cet endroit. Je suppose que la canalisation comporte une branche secondaire à partir de ce point et qu'elle amène les eaux déboucher dans le ruisseau de la Brasserie au nord de la rue Montcalm. Billet à venir sur la question.

1955. - Construction de la promenade du Lac-des-Fées par la Commission du district fédéral (devenue la Commission de la capitale nationale), ouverte à la circulation le 17 juin 1955. (Sources : Claude Devault et Raymonde Devault, « C'était avant, dans le secteur Laramée... », Hier encore, no 13, 2021, p. 6-10 ; Claude Devault, comm. pers., mars 2022.) 

Le ruisseau du Lac-des-Fées coupait la promenade et coulait encore à l'air libre jusqu'à la voie ferrée du CP, à l'est du boul. Saint-Joseph (voir deuxième carte, datant de 1956-58). 

Vers 1960. - Situation actuelle, avec le ruisseau dévié et canalisé sous la promenade. (Je ne peux pas être plus précis pour le moment.) Il faut noter que la partie du ruisseau entre le petit pont et son entrée dans la canalisation est artificiel. Le ruisseau passait plus à l'est à l'origine, de l'autre côté de la promenade. Voir le billet du 26 oct. 2020 sur le sujet. 


Évolution de la canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées.

Voir « Ajout » sur le trajet souterrain du ruisseau du Lac-des-Fées dans la section « Chronologie » plus haut.

Les flèches rouges pointent la source du ruisseau du Lac-des-Fées et la fin de son parcours à l'air libre (originellement jusqu'à son embouchure dans le ruisseau de la Brasserie). Le X rouge indique l'emplacement du château d'eau, rue Montcalm. 

En haut (1931). - Compiled, drawn and printed at the office of the Surveyor General, 1931. Reprinted at the office of the Surveyor General ans Chief, Hydrographic Service, Ottawa, 1939. Produced from information supplied by the Department of National Defence and air photographs by the R.C.A.F. (Détail)

Le ruisseau du Lac-des-Fées, encore à l'état naturel, coule à l'air libre à partir du lac éponyme (Fairy L.) jusqu'au ruisseau de la Brasserie (Brewery Creek). L'île dans le ruisseau de la Brasserie au sud de laquelle le ruisseau du Lac-des-Fées débouche a été supprimée par les travaux des années 1930 (voir « Chronologie »).

Au centre (1956-58). - Surveyed, compiled, drawn and printed by the Army Survey Establishment, R.C.E. 1922-24. Revised, drawn and printed by the A.S.E. 1956-58. Aerial photography by the R.C.A.F. 1955. (Détail)

Le ruisseau du Lac-des-Fées est canalisé sous terre en aval de la voie ferrée du CP depuis les travaux des années 1930 au ruisseau de la Brasserie. La promenade du Lac-des-Fées (à gauche du mot « Wrigthville »), inaugurée en 1955, coupe le ruisseau.

En bas (1975). - Direction des Levés et de la Cartographie, min. de l'Énergie, des Mines et des Ressources. Mise à jour à l'aide de photographies aériennes prises en 1975. Vérification des ouvrages en 1975. Renseignements à jour en 1975. (Détail)

Situation actuelle qui prévaut depuis env. 1960. Le ruisseau du Lac-des-Fées entre dans sa canalisation souterraine à partie d'un point à l'ouest de la promenade.

dimanche 27 février 2022

Hors sujet : retour à l'escalier de la Babine

Photo no 1. - L’escalier de la Babine, au sud de la promenade du Lac-des-Fées, à Hull (Gatineau) en 1971. Merci à Donald Legault, l'auteur de cette photo, qui m'a permis de la reproduire ici, ainsi qu'à son cousin Alain Lamothe qui nous a mis en contact. 

La photo montre l’escalier et le pont de la Babine ainsi que le ruisseau du Lac-des-Fées (sous la neige) en 1971. L'escalier est dans l'état qu'il avait avant que les vandales (ou des ostrogoths ?) s'emploient à le défaire planche par planche...

Photo 1971 © Donald Legault (j’ai accentué le contraste).


Photo no 2. - Le même endroit, en octobre 2020 : le seuil en calcaire et les piliers en béton sont les seuls vestiges de l'escalier. Le petit pont, toujours existant, se trouve tout en bas (hors cadre). Les deux photos ont été prise sur la rue Boucherville qui longe l'escarpement de la promenade du Lac-des-Fées. 


J'ai publié plusieurs billets à la fin de 2020 sur le lieu-dit « la Babine », au sud de la promenade du Lac-des-Fées, à Hull (Gatineau). Les informations nouvelles continuant à s'accumuler après leur mise en ligne, j'ai dû rédiger plusieurs ajouts et rectificatifs, ce qui ne contribue pas à leur lisibilité. Une synthèse serait maintenant nécessaire. Elle viendra.

Billets sur la Babine

Le but de mes recherches était d'arriver à connaître l’histoire de l’escalier de bois qui a existé autrefois sur l'escarpement au sud de la promenade du Lac-des-Fées. Au pied des marches, un petit pont enjambait (et enjambe toujours) le ruisseau qui donne son nom à la promenade.

L’escalier reliait la promenade à la croix de Val-Tétreau (voir billet du 26 oct. 2020, lien plus haut), au sommet de l’escarpement, à l'extrémité nord de la rue Boucherville. Le pont, sans l’escalier, n’a plus vraiment d’utilité et conduit maintenant à un escarpement boisé très abrupt.

L'un des points que mes recherches ont permis d'établir est l'année de la construction du pont et, sans doute, de l'escalier ; 1965 (billet du 17 déc. 2020). L'escalier n'existait plus au moins en 1990 ou bien n'était plus pratiquable (souvenir personnel). Il avait été laissé à l'abandon et aux vandales qui avaient entrepris leurs déprédations dès les années 1970. Je ne peux préciser quand on a cessé de réparer leurs dégâts au fur et à mesure ni quand l'escalier, devenu inutilisable, a été démoli. La promenade et ses installations, pont et escalier, appartiennent à la Commission de la capitale nationale (CCN), laquelle, consultée, n'a pu me fournir aucun renseignement potable.

Du nouveau sur la Babine

Long préambule pour vous présenter du nouveau sur le site de la Babine. M. Alain Lamothe et Donald Legault, deux cousins qui ont grandi dans les rues du quartier Saint-Jean-Bosco au pied de la Babine, m'ont transmis des commentaires et des documents (photos nos 1 et 3) de première main. Je les remercie grandement d'avoir pris la peine de me joindre.

La source de la Babine.

Selon Donald Legault, « la Babine » était le nom de la source naturelle à mi-chemin du flanc de l'escarpement ; dans les années 1950, des familles allaient y puiser de l'eau de Pâques pour la faire bénir. L'escalier, toujours selon M. Legault, a été construit dans les années 1960 immédiatement au sud de la source.

Mes remarques. - Dans ma jeunesse (1965 et après), la Babine, c'était le nom de l’escarpement au nord de la rue Boucherville, avec la croix, l’escalier en bois, le petit pont et le ruisseau dans la plaine. Une telle appellation informelle peut avoir une extension assez floue. J'ai un vague souvenir de la source. Je crois avoir bu de son eau sans en avoir ressenti de malaise ou d’effet miraculeux. J'ignore si elle coule encore.

Photo no 3. - Document fourni par Donald Legault ; le 2, rue Graham (voir la carte plus bas). 
Photo no 4. - La même adresse en 2019, d'un angle différent (saisie d'écran Google). Le ruisseau a été canalisé sous terre (voir la carte).



 

Ski ou glissades ?

Des témoignages publiés dans mon billet du 17 déc. 2020 parlent d’une pente de ski au sud de la Babine. Selon M. Legault, on trouvait au temps de sa jeunesse (1950-1960) une piste abrupte large de 10 pieds à travers les bois de l'escarpement au sud de la rue Boucherville ; elle débouchait dans la plaine à la hauteur des rues Chatelain (aujourd’hui René-Roger) et Graham. Cependant, la piste ne servait qu'à la glissade, M. Legault n'a jamais vue quiconque y faire du ski.

Mes remarques. - De mon temps (années 1960-1970), le seul endroit où il était possible de glisser sur l'escarpement était au sud de la rue Boucherville, par un sentier (maintenant obstrué) qui pourrait correspondre à la piste de M. Legault. L’escarpement était moins haut et moins abrupt à cet endroit qu’à l'escalier.

Pour ce qui est du ski, les témoignages que je cite dans mon billet du 17 déc. 2020 sont formels, mais j'y explique bien que le secteur au sud de la Babine n’est pas adaptée à la pratique du ski (pas plus que la Babine elle-même, avec ou sans l'escalier). Je ne peux écarter aucun témoignage, même lorsqu'il en contredit d'autres, l'un de mes précédents correspondant affirmant même que la Babine devait son nom à une bosse en forme de lèvre au bas de la glissade au sud de la rue  Boucherville. Le nom de Babine a peut-être suscité des explications diverses pour justifier son origine...


Photo no 5. - Le pont de la Babine, sur le ruisseau du Lac-des-Fées. Photo oct. 2020.
 

Canalisation

Du temps de la jeunesse de MM. Lamothe et Legault, le ruisseau, venant du Lac-des-Fées, au nord, coulait à ciel ouvert entre les maisons des rues Duquesne et Graham avant de suivre un cours canalisé souterrain à partir du 2, rue Graham, près du boul. Saint-Joseph.

Mes remarques. – Ceci correspond aux cartes et photos que j’ai publiées dans mes billets précédents. La canalisation souterraine du ruisseau à l'est de la promenade telle qu'on la connaît aujourd'hui était effective au moins en 1960 (billet du 26 oct. 2020). Notez que toute la partie du ruisseau sur laquelle est construit le petit pont est artificielle (voir carte). À la fin de son parcours, le ruisseau se jette dans le ruisseau de la Brasserie, à l'est. Les débuts de la canalisation sousterraine du tronçon de son embouchure remontent à 1938 (voir le billet du 25 août 2017).


Photo no 6. - La croix lumineuse (la nuit, du moins) de Val-Tétreau, sur le plateau au sommet de l'escarpement. Photo oct. 2020.
 

Cégep(s)

« J'ai connu la Babine début des années 70 étant étudiant au cégep. [Le cégep était alors situé au sommet de la côte de Taché, là ou est aujourd'hui l'UQO.] J'habitais au Parc-de-la-Montagne et on faisait du pouce au coin de Cité-des-Jeunes et Gamelin pour aller à nos cours. On se faisait déposer à la Babine, certaines voitures ne poursuivant pas la route sur Scott, car il n'y avait pas de virage à gauche [sur Taché]. Ils viraient à gauche sur Graham. Pour le retour, ils empruntaient le sens unique sur Duquesne. C'est à cet endroit qu'on se plaçaient pour le retour à la maison, via la Babine et son escalier. Donc pour moi la Babine était plus un raccourci pour éviter Scott et Taché. » (Alain Lamothe)

Mes remarques. - J'ai aussi fait du pouce pour aller au cégep, celui de la Cité-des-Jeunes, en 1976-78, faisant le parcours à rebours de M. Lamothe. J’habitais en effet face à l’ancien cégep, l'UQO actuelle. J'empruntais aussi le raccourci par la Babine. Il m'est impossible de me souvenir avec exactitude de l'état de l'escalier à cette époque. Il me semble bien qu'il arrivait déjà avant ces années que des marches, des planches du garde-fou ou des sections entières de l'escalier manquent. Mes souvenirs sont malheureusement assez flous.  

Pour conclure

Encore merci à mes deux correspondants. Petit à petit, l'histoire de la Babine se dévoile. La question centrale est : pourquoi a-t-on construit un escalier qui ne servait à rien puisqu'on l'a très tôt laissé à l'abandon une fois achevé. (La réponse facile, « on l'a construit pour mener à la croix de Val-Tétreau » ne tient pas. La croix date de 1950, le pont et l'escalier de 1965 ; la croix est sur un terrain relevant de la Ville, l'escalier et le pont, de la CCN ; la croix est toujours là, l'escalier, non.)

Qui me dira le fin mot de cette histoire ? 

Carte (1952) annotée du secteur de la Babine


Insurance plan of the city of Hull, Que. Toronto ; Underwriters' Survey Bureau Limited, 1952, 49 pl. en coul. [pl. 28], 1: 600, BAnQ, Centre d'archives de l'Outaouais, P1000,S2,D4, 0003820664. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2247012.  

Légende des retouches

BABINE X : source de la Babine (approx.).
E (ligne pointillée rouge) : escalier (1965 ?), détruit depuis 1990 (?) (photos nos 1 et 2).
et rectangle rouge : pont de la Babine (1965) (photos nos 1 et 5).
et Croix : croix lumineuse de Val-Tétreau (1950) (photo no 6).
Lignes rouge pleines : promenade du Lac-des-Fées (était terminée en 1957).

Le point noir sépare les tronçons 2, 3 et 4 du ruisseau du Lac-des-Fées :
2 (ligne tiretée bleue) : section abolie du ruisseau du Lac-des-Fées après la construction de la promenade.
3 (ligne bleue pleine) : cours original du ruisseau du Lac-des-Fées, conservé jusqu'à aujourd'hui.
4 (ligne bleue pleine) : tronçon artificiel du ruisseau aménagé pendant ou après la construction de la promenade et disparaissant dans une canalisation souterraine (en 7).
5 : 2, rue Graham (photos nos 3 et 4) ; endroit où le ruisseau entrait dans une canalisation souterraine.
6 : sentier et site de glissades (aujourd’hui condamné).
7 : endroit où le ruisseau disparait depuis au moins 1960 dans une canalisation souterraine.
? : le cours du ruisseau du Lac-des-Fées apparaît erroné sur ce tronçon (*). Suivre plutôt les tronçons  ajoutés (nos 2 et 3).
Rue Boucherville : elle longe l'escarpement boisé au pied duquel coule le ruisseau du Lac-des-Fées.
Ligne pointillée grise : escarpement boisé à l'est de la rue Boucherville.

* Selon les documents utilisés pour les annotation de la carte, principalement des photos aériennes publiées dans les billets précédents sur la Babine), 

SSL : sanatorium Saint-Laurent, aujourd'hui CH Pierre-Janet.
CMY : collège Marguerite d'Youville (sœurs grises), site de l'actuel pavillon Alexandre-Taché de l'UQO.
Certaines parties de rues vides de constructions sous le ruisseau et la promenade n'ont existé que sur plans.