samedi 28 août 2021

Le pont au-dessus du ravin de la rue Wright (ajout)

La rue Wright à Hull dans les années 1920 ou 1930 (BAnQ Outaouais ; cote P32-137 : photo recadrée et redressée ; document communiqué par Raymond Ouimet). On voit le garde-fou d'un pont qui semble enjamber un ravin dont on ne peut évaluer la profondeur (voir version retouchée plus bas). S'il s'agit du pont de la rue Wright entre Saint-Rédempteur et Eddy (voir le billet du 3 août 2021), nous voyons le côté nord de la rue ; le photographe tournait le dos à la rue Saint-Rédempteur et la chaussée montait vers l'est, vers la rue Eddy.


Complément à mon billet du 3 août dernier, « Calcaire faillé dans l'Île-de-Hull ». Il y était question de travaux d'excavation et de la mise au jour d'un ravin qui coupait les rues du l'Île-de-Hull au début du XXe s. Il avait nécessité la construction d'un pont sur la rue Wright entre les rues Saint-Rédempteur et Eddy (carte de 1908 ; noms de rues actuels).

La photo plus haut montre la rue Wright dans les années 1920 ou 1930. Elle m'a été communiquée par l'historien Raymond Ouimet. On voit le garde-fou d'un pont qui semble enjamber un ravin dont on ne peut évaluer la profondeur (photo retouchée plus bas). S'il s'agit du pont de la rue Wright entre Saint-Rédempteur et Eddy, nous voyons le côté nord de la rue, le soleil étant au sud ; le photographe tournait le dos à la rue Saint-Rédempteur et la chaussée montait vers l'est, vers la rue Eddy.

Le fouillis des plans et des constructions sur la photo complique la tâche de l'identification des bâtiments avec ceux des cartes de 1908 et 1928. Le ravin de la rue Wright apparaissant comblé et construit sur la carte de 1928, la photo est forcément antérieure. Une photo aérienne du quartier datant de 1925, malheureusement d'une résolution insuffisante, montre une situation semblable à celle de 1928. Est-ce que la photo pourraît dater d'avant 1920 ?


« Au point de vue de l'égoutement ou du drainage, la ville de Hull, coupée de ravins et de ruisseaux, et semée de lacs, présentait à son début, de nombreux problèmes. Qui ne se souvient du pont au-dessus du ravin qui traversait la rue Dupont [rue Eddy], entre les rues Wellington et Wright, et qui coupait ensuite la rue Wright, près de la rue Ravine [rue de Carillon] ? » (Lucien Brault, Hull 1800-1950. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1950, p. 103)

 

Brault plaçait le pont de la rue Wright près de la rue Ravine (rue de Carillon actuelle). Or, il n'y avait déjà aucune trace de pont près de cette intersection sur la carte de 1908*. De plus, l'arrière de la rue Wrigth (au nord) à cet endroit donnait sur le lac aux Vairons (Minnow Lake ; parc Sainte-Bernadette actuel), bas-terrain où les constructions étaient éparses. Situation contraire à celle de la photo qui montre l'arrière de maisons resserrés sur les hauteurs de la rue Hôtel-de-Ville (rue Albert en 1908), au nord de la rue Wright.

* Hypothèse personnelle : le pont sur la rue Ravine aurait plutôt été à l'embranchement de la rue Morin avec les rues Gagnon et Pilon (noms actuels), dans le prolongement du ravin de la rue Wright (voir billet du 5 févr. 2016).

Le ravin aurait été comblé en partie avec des débris de verre provenant de l'explosion de la fabrique d'explosifs de 1910 et de rejets de l'atelier de traitement de mica de la rue Montcalm (billet du 3 août 2021, lien au début du texte). Pour en savoir plus, il faudrait lancer un avis de recherches afin d'interroger le petit garçon de la photo. Il doit être âgé de 100 et quelques années aujourd'hui. Il a sûrement beaucoup de choses à raconter...

Ne pas confondre ce pont avec celui en pierre qui enjambe le ruisseau de la Brasserie, rue Wright, construit ou reconstruit en 1896.




Cartes de 1908 et de 1928 (détails retouchés). - La carte de 1928 utilise les noms de rues actuels sauf la rue Dupont : maintenant rue Eddy et la rue St. James : rue Saint-Jacques. Ombre bleue : ravin qu'enjambe le PONT rue Wright. (Le ravin se poursuivait sous la rue Eddy ; voir photo 13 du billet du 3 août 2021.)

Sources 

Chas. E. Goad (éd.), – Hull & Vicinity, Que., January 1903, revised May 1908. Toronto, Montreal, London, 1 map on 44 sheets[, feuillet no 177 (détail)]. Bibliothèque et Archives Canada.

Underwriters Survey Bureau Limited, Hull, Que. 1928. BAnQ Québec, feuillet no 7 (détail).


Photo  retouchée :  : le garde-fou du pont est ombré en rouge ; son mur de planche en pignon protège peut-être les piétons contre une chute dans un ravin profond (?). Le ravin lui-même se distingue mal (on devine une partie du talus à droite du poteau, à travers le parapet ; un enfant en vêtements sombres et au chapeau blanc est à gauche du potau, au bord de l'autre talus (?).


Carte de 2021. - Ombre bleue : ravin de la rue Wright (approx., il est délicat de superposer des cartes disparates). Plusieurs bâtiments ont été construits au-dessus du ravin. Ligne de niveau plus grasse à gauche : 60 m ; à droite : 65 m.

Il y a une coïncidence partielle entre le ravin et la ligne de niveau des 60 m ; le sol a été bien nivelé après remplissage du ravin.

 Source : Carte interactive (Atlas de Gatineau) ; détail retouché.


AJOUT (28 août 2021)

Comme il arrive souvent, je découvre de nouveaux éléments juste après la mise en ligne d'un billet. Les deux extraits qui suivent sont de : Goad, Chas. E. (Charles Edward), 1887. Bibliothèque et Archives Canada, R6990-327-5-E, images téléchargées à partir de BAnQ.


1887a. - Détail retouché d'une carte de C.E. Goad ; même cadrage que les cartes précédentes (consulter celle de 2021 pour les noms de rues actuels). Ombre bleue : ravin avant la construction du pont sur la rue Wright ; il se prolongeait jusqu'à la rue Eddy (noms modernes) où il apparaît coupé net. En fait, il se continuait sous cette rue (photo 13 du billet du 3 août 2021). Une section de la rue Wright apparaît suspendue au-dessus du ravin.

1887b. - Provenant du même source, ce détail retouché d'une carte plus générale. Cadre rouge : emplacement de la carte précédente ; ombres rouges : ravins et escarpements ; 1 : lac aux Vairons ou Minnow Lake (actuel parc Sainte-Bernadette) ; 2 : lac Flora (actuel parc Fontaine) ; 3 : ruisseau de la Brasserie ; 4 : rivière des Outaouais ; X : escarpement résiduel rue Saint-Rédempteur (photo suivante). L'escarpement de la rue Ravine (de Carillon et Morin actuelles) est isolé, à l'ouest du lac aux Vairons (1). 

Les billets suivants développent le sujet de ce réseau de lacs et de ravins :




Escarpement calcaire rue Saint-Rédempteur (X sur la carte précédente), vestige du réseau de ravins et d'escarpements qui coupaient l'Île-d-Hull. Photo avril 2014.


mardi 3 août 2021

Calcaire faillé dans l'Île-de-Hull : suite (Ajouts)

Carte no 1 : sites 1 et 4. - Source : Atlas de la Ville de Gatineau (détail).

Ligne pointillée noire : faille Montcalm (FM ; selon Wilson, 1938 ; réf. : voir carte no 2) ; les triangles noirs pointent le compartiment SW effondré du socle calcaire local. Les flèches noires indiquent le plongement apparent des strates du calcaire dans les fondations des sites 1 et 4. Une flèche à deux pointes indique des strates horizontales. La longueur des flèches n'a aucune signification. Le plongement réel des strates du calcaire, déduit des plongements apparents, est approximativement donnés.

La ligne pointillée rouge indique une faille jamais cartographiée que je baptise ici faille Eddy ; FE. La FE sépare deux compartiments du socle du site 4 : l'un à plongement vers le NE, l'autre, vers le SW. Le prolongement de la FE vers le site 1 est problématique (? rouge), mais voir photo no 13.


Suite du billet du 5 avril 2014, « Calcaire faillé dans le Vieux-Hull » qui traite des sites nos 1 et 2 (voir les cartes.) Le site no 3 est l'objet du billet du 11 août 2015, « Bassin dans le calcaire de l'Île-de-Hull ».

Le présent billet traite du site no 1 et d'un nouveau, le no 4. Il remplace ceux du 28 juillet et du 30 juillet 2021.

Toutes les photos, sauf la photo no 13 prise au site no 1, ont été prises au site no 4.

Résumé. - Des travaux d'excavation dans un quadrilatère (chantier du site no 4) révèlent l'inclinaison des strates du calcaire ordovicien dans l'Île-de-Hull. Le site no 4 est sur le flanc SW de la colline de l'Île-de-Hull ; la pente s'accentue nettement à l'angle NE du quadrilatère (angle des rues Wright et Eddy), là où les strates plongent vers le SW, en contraste avec le reste du terrain où les strates plongent vers l'E et dont le sol a été aplani horizontalement. Une faille NW-SE, encore masquée par les débris du chantier, que nous baptisons faille Eddy (FE), sépare les deux domaines d'inclinaisons différentes. 

Le point culminant de la colline (71 m) est à environ 100 m à l'E de l'angle NE du quadrilatère du site no 4. Une faille majeure, la faille Montcalm (FM) traverse l'Île-de-Hull du NW vers le SE. Elle passe entre le site 4 et le point culminant de l'Île. Compte tenu du flou habituel dans la cartographie des failles, on peut considérer que la FE est une faille secondaire paralèlle à la FM ou, au contraire, que la FE est en réalité la FM.

Les travaux actuels ont révélé autrement la FE par la mise au jour d'un ravin naturel dans le calcaire du site no 4. Le ravin est visible sur les cartes du début du XXe s. ; il a été comblé pour niveler le terrain au plus tard en 1927. Le ravin a pu être suivi à l'E du site no 4, de l'autre côté de la rue Eddy, au site no 1 (chantier en 2014). Les failles et inclinaisons des strates au site no 1 sont difficiles à concilier avec celle du site no 4. 


Un nouveau chantier de construction est actif sur la rue Eddy, au sud de l'Île-de-Hull (site no 4 sur les cartes) et les travaux d'excavation des fondations sont avancés. Le chantier occupe le quadrilataire bordé à l'W et à l'E par les rues Saint-Rédempteur et Eddy, au N et au S par les rues Wright et Wellington. Le rectangle ainsi défini fait face au chantier du site no 1, étudié en 2014 (lien au début du texte), du côté E de la rue Eddy.

(Je n'ai pris conscience de l'existence du chantier qu`à la mi-juillet. Les premiers états m'ont donc échappé et plusieurs données précieuses n'ont pas pu être récoltées.)

Le socle rocheux de l'Île-de-Hull est formé du calcaire de la Formation de Hull du Groupe de Trenton. Ces roches datent de l'Ordovicien moyen, soit d'environ 465 millions d'années. Les strates, horizontales à l'origine, lors de la déposition des sédiments, ont été dérangées, plissées, fracturées et basculées par des événements tectoniques subséquents.


Photo no 1. - Angle Eddy (à gauche) et Wellington (au fond) ; visée vers le S. Voir photo no 2. (Photo 17 juillet 2021.)


Avec les observations colligées dans les chantiers de la rue Eddy, il est possible d'obtenir une coupe du socle rocheux longue de 160 m. Aux deux endroits, les excavations permettent de suivre (ou l'ont permis : l'édifice du site no 1 est achevé et le roc de ses fondations n'est plus visible) l'attitude des strates du calcaire et d'observer les dislocations qui les ont affectées.

Les failles

Le passage au N des chantiers d'une faille majeure qui coupe en diagonale le sud de l'Île-de-Hull (cartes nos 1 et 2), la faille Montcalm (FM ; billet du 5 avril 2014, lien plus haut) fait du secteur un sujet d'étude particulièrement intéressant. La FM, d'orientation NW-SE, est une faille normale, c'est-à-dire une faille d'extension (rupture par étirement) ; le compartiment au SW de la rupture s'est effondré par rapport au compartiment au NE. Est-ce que la tectonique des deux sites suit le patron de la FM ?

L'interdiction d'entrer sur les chantiers, l'impossibilité de prendre des mesures directes m'obligent à me contenter d'observations et de photos faites depuis le trottoir. Le plongement des strates du calcaire donnés ici (carte no 1 et texte) est donc approximatif. (Je le souligne !)


Photo no 2. - Visée vers le SW, même site que photo no 1. Les strates du calcaire s'inclinent vers l'E le long de Wellington et vers le N le long d'Eddy. Le plongement apparent se résout à un plongement réel (mais approximatif) NE. (La perspective nuit à l'appréciation des angles par rapport à l'horizontal ; voir la photo no 3.) (Photo 12 juillet 2021.)


La presque totalité du site no 4 est occupé par un compartiment du socle plongeant vers le NE ; en revanche, l'angle à l'intersection des rues Wright et Eddy est occupé par un compartiment qui plonge vers le SW. Une faille orientée NW-SE, non cartographiée jusqu'à aujourd'hui et que je baptise ici faille Eddy, ou FE, sépare ces deux compartiments. Le passage de la faille serait souligné par une « tranchée » dans le plancher du chantier, tranchée qui relie deux interruptions dans les parois de roc des fondations. Un remplissage comble la tranchée, il en sera question plus loin. 

On trouve aussi des strates plongeant vers le SW au site no 1. Cependant, la présence de strates horizontales sur trois des quatre parois de ses fondations (carte 1 et billet du 5 avril 2014) s'intègre mal dans le schéma général. Une interruption dans la paroi calcaire W des fondations prolonge malgré tout celles du site no 4, ce qui tend à prouver que les interruptions du site no 4 se prolongeaient sous la rue Eddy jusqu'au site no 1 (photo no 13). 

Le plongement vers le SW, visible dans les deux sites, est compatible avec la tectonique de la FM dont le compartiment SW s'est effondré. Le plongement vers le NE, dans le compartiment plus éloigné de la FM, serait le fait de ruptures secondaires. Sur les cartes, les failles se résume le plus souvent à une ligne simle ; sur le terrain, on est plutôt en présence d'un faisceau ou d'un couloir de failles et de fractures embranchées. Rien n'empêche dans ces conditions que ma FE soit en réalité la FM...


Photo no 3. - Angle Wright et Eddy (à gauche) ; visée vers l'E. Fines lignes rouges pointillées : inclinaisons des strates du calcaire. À l'angle Wright et Eddy, les strates s'inclinent vers le SW. À droite, les strates le long de la rue Eddy plongent vers le N (voir photos nos 1 et 2). Au fond, le building rouge et gris s'élève sur le site no 1. Le mur de panneaux de bois = section de l'ancien ravin. (Photo 26 juillet 2021.)


Le ravin ou la tranchée

Avec la fin des vacances de la construction, j'ai pu interroger l'un des contremaîtres du chantier du site no 4. Il m'a confirmé que la tranchée de la FE était d'origine naturelle et qu'elle préexistait aux travaux du chantier. Elle n'aurait donc rien d'artificiel, même si je pense que les travaux actuels (et passés ?) ont affecté son allure. J'expose mes conclusions à ce propos plus loin.

La carte no 3 (1908) montre qu'un ravin a existé jusqu'au début du XXe s. à l'emplacement de la tranchée ; il se prolongeait vers le NW de l'autre côté de la rue Wright sous laquelle il passait. Le ravin a été creusé dans le roc par un agent naturel. L'attaque d'une faille par l'érosion fluviatile ou sous-glaciaire peut très bien expliquer la présence du ravin qui représente l'extrémité d'un système de ravinement plus vaste (voir à ce sujet le billet du 10 août 2013, « Île-de-Hull : guide géologique », carte 5.) Deux ponts enjambaient le ravin, l'un rue Wright et l'autre rue Eddy :

« Au point de vue de l'égoutement ou du drainage, la ville de Hull, coupée de ravins et de ruisseaux, et semée de lacs, présentait à son début, de nombreux problèmes. Qui ne se souvient du pont au-dessus du ravin qui traversait la rue Dupont [Bridge Street sur la carte no 3 ; maintenant rue Eddy], entre les rues Wellington et Wright, et qui coupait ensuite la rue Wright, près de la rue Ravine [rue de Carillon] ? » (Lucien Brault, Hull 1800-1950. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1950, p. 103)

Remplissage et l'explosion du 8 mai 1910

J'ai vu les travaux élargir la tranchée avec la reprise des activités début août. Mon idée est que le ravin de la carte de 1908 (carte 3), cause des interruptions (bouchées par des panneaux de bois) dans les parois de calcaire des fondations, angle Wright et Eddy, est une formation naturelle masquée par l'urbanisation. La tranchée et les longues cassures rectilignes dans le plancher des fondations seraient le résultat du travail des humains (sont retouchées ou affectées par les travaux actuels ou antérieurs) ; voir les photos 7, 10, 13-14. À quoi ressemblait le ravin avant l'intervention humaine ? Ce genre de détails est perdu

Selon le contremaître, les gens du chantier ont cru être en présence d'un ancien lac qui aurait été rempli avec un peu n'importe quoi. Un bulldozer était en train de vider la tranchée le 2 août d'une terre noire où j'ai cru voir une planche de bois (photos 13 et 14). Le contremaître a utilisé les termes sol contaminé pour décrire le remplissage, lequel contient beaucoup de verre, m'a-t-il dit. J'avais déjà constaté les jours derniers la présence de larges paillettes de mica ambré (phlogopite), parfois aussi larges que des plats, dans le remplissage rejeté sur le côté du chantier. La phlogopite, ou mica ambré, a été autrefois exploité dans la région (voir billet du 7 mars 2012, « Histoire minière de l'Outaouais II » ). (Les paillettes de mica passent inaperçues sur les photos qui capturent mal leurs reflets : voir quand même la photo 11.) Le remplissage est d'origine ; on remarque toutefois qu'il ne suffirait pas, et de loin, à combler le ravin. Une partie a peut-être déjà été retirée (photos 7, 10, 13-14). Il y avait des constructions au dessus du ravin avant l'ouverture du chantier. Le ravin a donc été comblé entièrement. (Rue Wright, les constructions au-dessus du ravin comblé sont toujours là.)


Photo no 13 (la numérotation n'est pas suivie). - Bulldozer remuant le remplissage noir gorgé d'eau dans la tranchée de la faille Eddy. (Photo 2 août 2021.)


Or,la carte de 1908 (carte 3)  atteste de la présence de l'Ottawa Mica Co. et d'une Mica Shop rue Montcam, entre les rues Gagnon et Charles-Bagot (noms actuels), à 400 m au NW du chantier ; les rejets de l'atelier sont peut-être entrés dans la composition de remplissages, là ou ailleurs, lorsqu'il s'est s'agit de niveler le sol et de bâtir au-dessus des inégalités du sol. Enfin, j'ai appris par le contremaître que l'excavation allait se poursuivre encore 140 pieds plus profond (env. 40 m).

AJOUT, après conversation avec un contremaître (15 sept. 2021). - Les panneaux de bois rue Eddy et Wright dans les pourtours des fondations sont du type qui servent à construire des murs pour contenir les terrains de type remplissage (je n'ai pas les termes techniques). Ces panneaux délimitent des sections du ravin primitif (retouché ou non par des travaux anciens ou actuels). Le verre mêlé au remplissage du ravin mis au jour par les travaux ne provenait pas d'éclats de vitres brisées comme je l'avais cru, mais de bouteilles, souvent intactes ; bouteilles de bière et bouteilles de types utilisés dans les pharmacies (j'aurais aimé les voir). Il y avait d'ailleurs une pharmacie (Drugs[tore]) à l'ange SE des rues Eddy et Hôtel-de-Ville (rues Bridge et Albert ; carte de 1908*) et plusieurs hôtels sur la rue Eddy, des Sal[oons(?)] et des Groc[eries(?)]. Mais l'approvisionnement en bouteilles de bière n'a pas dû être un souci... Il semble bien que le ravin a servi de dépôtoir sauvage. La présence de ces bouteilles détruit mon hypothèse à l'effet que le verre provienne de l'explosion du 8 mai 1908 (passages rayés qui suivent). 

* Carte de 1908, mais aussi de 1887 et 1928, billet du 28 août 2021, « Le pont au-dessus du ravin de la rue Wright ».

Les débris de verre dans le remplissage pourraient provenir de l'explosion de la General Explosives Company of Montreal Ltd, le 8 mai 1910. (Hypothèse personnelle.) La fabrique de la compagnie était située du côté ouest du ruisseau de la Brasserie, au S de l'actuelle rue Émile-Bond.

« Des centaines de glaces de vitrines et des milliers de vitres étaient brisées à Hull, à Pointe-Gatineau et à Ottawa. » (Lucien Brault, op. cit., p. 91.)

Si c'était le cas, cela permettrait de dater le remplissage tout en expliquant l'abondance de verre dans le remplissage. Pour plus de détail sur l'explosion du 8 mai 1910, voir le blogue de l'historien Raymond Ouimet.


Photo no 14 (la numérotation n'est pas suivie). - Bulldozer descendu dans la tranchée de la faille Eddy. Le mur de panneaux de bois, là où il est le plus creux, dessine le lit de l'ancien ravin. (Photo 2 août 2021.)


Tout confirme l'existence d'une faille - faille Eddy ou comme il vous plaira de l'appeler -, zone fragile du socle rocheux qui explique à son tour celle du ravin de la carte de 1908 et de la tranchée. Il aurait été intéressant de voir l'état du calcaire sur les bords du ravin avant les travaux (ceux de cette année et ceux du début du XXe s.) afin d'examiner l'état primitif de la roche sur les bords de la tranchée et d'y chercher des signes d'érosion par l'eau. Ces renseignements sont aujourd'hui perdus, de même que le détail du réseau de ravins qui, partant de la rue Morin aboutissait rue Eddy et ceux des berges rocheuses du lac aux Vairrons (parc Fontaine d'aujourd'hui), lui aussi comblé. (Voir les billets du 7 août 2013, « Hull : lacs et vairons éponymes » et celui du 5 février 2016, « Qui a façonné l'Île-de-Hull ? ».)

Relief et tectonique

La pente descendante de la rue Wright suit le plongement vers l'W des strates à l'angle de la rue Eddy (photo no 4)*. Voilà un des rares cas où le relief s'explique par la tectonique. Mais toute la colline de la rue Wright, isolée au sud de la plate-forme de l'Île-de-Hull, et tout le plat terrain de part et d'autre sont traversés par la FM. La FM correspond donc tantôt à un « haut », incluant le point culminant de l'Île (71 m, rue Wright), tantôt à des « plats ». Le lien entre tectonique, failles et relief n'est donc pas automatique.

* AJOUT (11 août 2021). - La montée de la colline s'accentue brusquement à l'angle NE du quadrillatère du site 4, ce qui correspond à l'attitude des strates du calcaire qui s'élèvent vers le NE (ou plongent vers le SW) à cet endroit. Par contre, le plongement vers le NE des strates partout ailleurs sur le site est à contre-sens du relief qui s'abaisse doucement vers le S et vers l'W.

AJOUT (4 sept. 2021). - Les différences de l'inclinaison des strates d'un coin à l'autre du chantier pourraient aussi bien être le résultat du plissement du socle calcaire. Cependant, la présence sur le site d'un ravin linéaire renforce la possibilité qu'une faille coupe le roc à cet endroit. Si le ravin a été creusé par l'action de l'eau (à l'air libre ou sous un glacier), une faille, outre la vulnérabilité du roc fracturé qu'elle implique, aurait été plus apte à canaliser le courant et à en subir l'érosion qu'une simple flexure du socle. Enfin, l'orientation du ravin est proche de celle de la faille Montcalm, qui passe quelques dizaines de m au NE du chantier. Le système de ravins qui coupaient l'Île-de-Hull est exposé dans le billet du 5 février 2016, « Qui a façonné l'Île-de-Hull ? » Le billet du 28 août 2021, « Le pont au-dessus du ravin de la rue Wright », donne une carte plus fiable de ce système de ravins et d'escarpements : voir les cartes de 1887, réalisées avant que le sol de la ville ne soit régularisé et nivelé au point que bien de ses caractéristiques originales soient maintenant insoupçonnables.



Photo no 4. - Angle Wright et Eddy ; visée vers le N. Le relief de la colline suit l'inclinaison des strates, rue Wright (le point culminant de l'Île-de-Hull, à 71 m d'altitude, est sur la rue Wright, à l'E des limites de la photo). À l'avant-plan, à droite, les strates le long de la rue Eddy (voir photos 1, 2 et 3). Le murs de panneaux de bois sont là où passait l'ancien ravin. 




 Conclusion

Il est remarquable du moins que, dans l'Île-de-Hull, partout où la roche affleure le long du parcours de la FM, les strates du calcaire sont dérangées. Même les chutes du ruisseau de la Brasserie se plient à ce patron régional (billet du 19 mars 2017, « Néotectonisme au ruisseau de la Brasserie ? »).


Carte no 2. - Île-de-Hull

Annotations © Henri Lessard, 2014, 2021 ; fond de provenance inconnue.

CC : chutes des Chaudières (mars 2017 + suites) ;

CE : château d'eau et chutes du ruisseau de la Brasserie (mars 2017 + suites) ;

F : failles anonymes (Wilson, 1938*) ;

FA : faille des Allumettières (Lessard, 2009) ;

FM : faille Montcalm (selon Wilson, 1938*) ;

MA : marmite des Allumettières (Lessard, 2009) ;

1 : chantier angle Eddy et Wellington (avril 2014, lien au début du billet) ;

2 : strates inclinées (avril 2014, lien etc.) ;

3 : chantier rue Montcalm (août 2015, lien au début du billet) ;

4 : chantier juillet 2021 (ce billet).

*A.E. Wilson, 1938 — Ottawa Sheet, East Half, Carleton and Hull Counties, Ontario and Quebec. Commission géologique du Canada, carte 413A, 1 feuille (1/,63 360).


Carte no 3. - Détail de Chas. E. Goad, 1908 ; feuillet no 177.

Cadres rouges : sites no 1 et 4 ; ombre bleue : ravin (« tranchée ») dans le site no 4 et sa continuation au N de la rue Wright) ; FM et ligne tiretée noire : faille Montcalm. La faille Eddy, non reportée ici, paralèlle à la FM, coïnciderait avec le ravin. 

Deux ponts passaient au-dessus du ravin, l'un sur Bridge Street (rue Eddy actuelle) et l'autre sur la rue Wright. Le ravin a ensuite été comblé et recouvert de constructions.

Noms des rues : nom sur la carte : nom actuel. - Bridge Street : rue Eddy ; rue Chaudière : rue Saint-Rédempteur ; Church Street : rue Saint-Jacques ; Wellington Street : rue Wellington ; Wright Street : rue Wright.

Source : Chas. E. Goad (éd.), 1908 – Hull & Vicinity, Que., January 1903, revised May 1908. Toronto, Montreal, London, 1 map on 44 sheets[, feuillet no 177 (détail)]. Bibliothèque et Archives Canada.



Photo no 5. - Même point de vue que la photo no 4 ; les travaux d'excavation sont plus avancés (Photo 17 juillet 2021.)

Photo no 6. - Visée vers le N. Même point de vue que les photos nos 4 et 5 ; la faille Eddy, orientée NW-SE, passe par les deux coupures dans les parois calcaire des fondations et sépare les strates du fond (plongement SW) de celles à l'avant-plan (plongement NE). Les murs de panneaux de bois permettent de se représenter le lit de l'ancien ravin. (Photo 26 juillet 2021.)

Photo no 7. - Visée vers le S. Même site qu'aux photos nos 4, 5 et 6 vu dans la direction opposée. La tranchée (naturelle ? retravaillée ?) du ravin entre les deux compartiments de plongements différents : passage de la faille Eddy.

Photo no 8. - Rue Wright à droite ; visée vers l'W. Les strates du calcaire penchent légèrement vers le N et l'E (voir photo no 9). Le mouvement qui en résulte est un léger plongement vers le NE. (Photo 17 juillet 2021.)

Photo no 9. - Rue Wright ; visée le S, même excavation que celle à droite de la photo no 8. La pente vers l'E des strates du calcaire est bien visible. (Photo 26 juillet 2021.)


Photo no 10. - Visée vers l'W depuis la rue Eddy. Les lignes tiretées H donne l'horizontale. Les strates du calcaire et le terrain s'inclinent vers le N ; c'est plus évident dans l'excavation des photos nos 8 et 9 (courtes lignes pointillées rouges). (Photo 3 août 2021.)

Photo no 11. - Visée vers le S, dos à la rue Wright ; à gauche, la rue Eddy. La tranchée coupe le mur de calcaire, rue Eddy ; un pont a déjà existé à cet endroit, au-dessus d'un ravin (Brault ; 1950). (Photo 12 juillet 2021.)

Photo no 12. - Visée vers l'W ; à droite, la rue Wright. La tranchée prolongée (et comblée) jusqu'à la coupure dans les fondations, rue Wright (ligne tiretée rouge). Un pont a déjà existé à cet endroit, au-dessus d'un ravin (Brault ; 1950 et carte no 3). Les taches jaunâtres en bas à droite sont des paillettes de mica. La photo rend mal leur éclat vitreux. (Photo 16 juillet 2021.) 




Photo no 13 (site no 1, 18 avril 2014). - Visée vers le NW ; la rue Eddy de l'autre côté du chantier. La lacune dans le calcaire à droite prolonge le ravin du site no 4. Les strates sont ici horizontales (lignes tiretées rouges). Le ravin sous la rue Eddy qui a justifié la construction d'un pont à l'époque (Brault ; 1950) ; il se poursuivait plus vers l'E que ne le montre la carte no 3.


jeudi 15 juillet 2021

Le fantôme de Philemon Wright et le boisé Champlain (Ajout)





Carte no 1. - Canton de Hull. La carte, dessinée en 1994, juxtapose des éléments de plusieurs époques. 
J'ai coloré en jaune les terres qui ont appartenu à Philemon Wrigth au début du XIXe s. et qui on constituées la ferme Britannia. La partie la plus à l'E (Lot 8, Rang III) est devenue la ferme Moore après 1872. 
Le boisé Champlain (c'est surtout lui qui nous intéresse ici) est à l'O de la ferme Britannia (Lot 12, Rang III), au N du chemin McConnell.
Source : carte J. Leblanc, dans : Aldred, 1994.
Cliquer sur l'image pour l'afficher à sa pleine grandeur.


(Suite du billet du 9 juillet sur le Sentier du corridor écologique Champlain ; j'adopte ici l'appellation utilisée par la Ville de Gatineau, boisé Champlain).

Détail intéressant à propos du boisé Champlain : l'ensemble des propriétés au nord et au sud du chemin d'Aylmer réunissant les terrains de golf et le district du Manoir-des-Trembles ont été à l'origine la propriété de Philemon Wright, le fondateur du canton de Hull (début du XIXe s.). Cet ensemble formait un domaine de 1130 acres, la Britannia Farm* (carte no 1), que Philemon transmit à ses héritiers.
* J'utilise les appellations anglaises d'origine, au moins pour nommer un lieu la première fois. Agir autrement exagère rétrospectivement l'importance du français dans l'histoire de la region.

Le boisé Champlain, on le verra, longe le côté O de l'ancienne ferme Britannia, au nord du chemin McConnell. Le boisé Champlain prospèrerait-il ainsi dans l'ombre de Philemon ?

La tranche du domaine à l'E de Brickyard Rd (ancien chemin de la Montagne, aujourd'hui boul. Saint-Raymond) fut acquise par David Moore en 1872 et prit le nom de Moore Farm. Les bâtiments de la ferme Moore se dressent encore au nord du chemin d'Aylmer. (Voir ce site consacré à la ferme.) Mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici.

Je n'ai ni les connaissances historiques ni les ressources qu'il faudrait pour démêler l'écheveau des transactions immobilières qui ont fractionné la ferme Britannia au fils des décennies. Il apparait au moins que les propriétaires successifs qui se sont partagé le domaine ont réussi à maintenir ses contours primitifs jusqu'à aujourd'hui et à préserver l'ensemble de leurs acquisitions des effets de l'urbanisation - et c'est là le point qui m'intéresse. Le Birch Manor (actuel Manoir-des-Trembles), construit dans les années 1950, ne fait pas exception, banieue enclavée dans le terrain de la ferme Britannia, à l'écart de l'aglomération voisine (Hull). Notons que tous ces terrains ont longtemps fait partie de la municipalité de Hull South (Hull-Sud ou Lucerne ; voir la carte no 2) et, de ce fait, échappaient aux Villes d'Aylmer et de Hull*.
* La municipalité de Hull-Sud, aussi appelée Lucerne, a été fusionnée à Aylmer en 1975 avec celle de  Deschêsne. Source : Manon Leroux (2012).

En 1957, la Commission du district fédéral (ancêtre de la Commission de la capitale nationale) avait prévu de faire passer la bien-nommée Hull South Parkway au nord et l'ouest de l’ancienne ferme Britannia (carte no 3). Le trajet naturel plus direct, en diagonale à travers les terrains de golf et du Manoir a-t-il été envisagé puis écarté ? La Hull South Parkway n'a jamais vu le jour et le boisé Champlain occupe justement la bande de terrains verts à l'O de la ferme Britannia que la promenade devait emprunter. Le tardif boulevard des Allumettières passe au nord des limites de l’ancienne ferme Britannia, et s'y en approche encore moins que le Parkway.





Carte no 2. - Municipalités de la région de Hull et d'Ottawa en 1948. Hull South (la municipalité de la promenade projetée ; voir carte 3) ou de Lucerne est située entre Hull et Aylmer. Noter l'orthographe erronnée longtemps utilisée de Meach au lieu de Meech pour le lac. Source : The Federal District Commission, 1948. (J'ai retouché le contraste de la carte. L'original était à peine lisible.)


L'abandon du projet de la Hull South Parkway a permis la survie de la ceinture verte qu'elle devait traverser et, ultimement, a permis la création du boisé Champlain. 

Comme quoi des faits remontant à deux siècles ont laissé leur empreinte dans le paysage. Philemon Wright était peut-être un visionnaire, je doute qu'il ait vu si loin les conséquences de ses actes !

C'est ainsi que son fantôme subsiste dans les parages de la ferme Britannia et qu'il protège (?) le boisé Champlain...




Carte no 3. - Hull-Ottawa, 1957. 
Carte Commission du district fédéral, 1957 (détail).
Cliquer sur la carte pour l'afficher plus grand.

Légende

Verts. - Parcs fédéraux et municipaux, terrains de jeux et parterres des édifices publics.
Vert pâle (texturé). - Centres récréatifs privés [dont les terrains de golf].
Kaki. - Emplacements fédéraux.
Lignes pointillées rouge ou orange. - Prolongements projetés du réseau routier.
La route 8 (chemin d'Aylmer) est l'actuelle route 148.

Mes annotations
BA et ligne bleue. - Boul. des Allumettières actuel, à l'ouest de la prom. de la Gatineau.
BY. - Brickyard Road (chemin de la Montagne ; boul. Saint-Raymond actuel).
CÉC et ligne bleue. - Sentier du corridor écologique Champlain ou du boisé Champlain.
FB et ligne pointillée fine. - Ferme Britannia (limites) ; voir carte no 1. Les couleurs en dehors de la ferme ont été éclaircies pour faire ressortir cette dernière.
MT. - District du Manoir-des-Trembles (Birch Manor à l'origine).
PC. - Actuel quartier résidentiel du Parc Champlain.
X. - Bricquerie sur Brickyard Road ; Wrigth, avant 1870 (Hogarth, 1975).

Carte : Commission du District fédéral, Service de l’information, La capitale nationale : plan d’Ottawa et des environs et du parc de la Gatineau. Édition 1957 (détail). La CDF est l'ancêtre de la Commission de la capitale nationale (CCN).

AJOUT (21 juillet 2021)

Extraits (collage) de la page 18 du Soixante-troisième Rapport annuel - 1962-1963 - Première partie de la Commission de la capitale nationale. 
On voit que le stade d'acquisition et d'administration (sic) des terrains de la Promenade de Hull-Sud était achevé à 90 %.
Les choses étaient donc bien avancées. Pourquoi et quand le projet a-t-il été abandonné ?



Sources

  • Diane Aldred, Le Chemin d'Aylmer : une histoire illustrée / The Aylmer Road: An Illustrated History. L'Association du patrimoine d'Aylmer, Aylmer, Heritage Association, photographies par Alan Aldred, traduit de l'anglais par Claude Leahey et Rodrigue Gilbert, 1994, 256 p. ISBN 0929114124
  • Commission de la capitale nationale, Soixante-troisième Rapport annuel - 1962-1963 - Première partie.
  • Commission du District fédéral*, Service de l’information, La capitale nationale : plan d’Ottawa et des environs et du parc de la Gatineau. Édition 1957. 
  • The Federal District Commission*, Planning Canada's National Capital : An Introduction To The National Capital Plan. Prepared by The Information Committee of the National Capital Planning Commitee, Grenville W. Goodwin, chairman, Walter Bowker, director of information; designed and produced by The National Film Board of Canada; november 1948; 48 p.
  • Hogarth, D.D., Pioneer mines of the Gatineau Region, Quebec. Town Beavers, Publishers Reg'd, 1975, 44 p.
  • Manon Leroux, L'autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine. Société Pièce sur pièce et Société d'histoire de l'Outaouais, ISBN 978-2-9813528-0-4, 2012, 608 pages.
* La Commission du District fédéral, Federal District Commission est l'ancêtre de la Commission de la capitale nationale (CCN).