mardi 19 novembre 2019

La menace d’un possible «boom minier» en Outaouais


Carte MiningWatch Canada


« Le Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation craint ce qu’il qualifie de « véritable ruée vers l’or » qui se prépare au Québec dans le milieu de l’industrie minière, alors que le graphite et le lithium font saliver les prospecteurs qui multiplient leurs explorations depuis les dernières années, notamment en Outaouais ainsi que dans les Laurentides et Lanaudière. » (Benoît Sabourin, Le Droit, 17 nov. 2019.)

Voir l'article au complet. Voir aussi mon texte (en trois parties) sur les mines en Outaouais.

jeudi 7 novembre 2019

Lubique et ludique : le blogue a 10 ans !



Bloc de gneiss œillé. Les « yeux » sont des cristaux de feldspaths gris ou roses. Ils ont résisté aux pressions qui ont enligné les autres cristaux, plus petits, dans un même plan. Notez les minces lits de granite rose. On dit aussi gneiss augen (augen = yeux, en allemand). (Photo, Ottawa, mai 2013.)


Ce blogue a dix ans aujourd'hui.

Ça devrait être l'occasion d'un regard rétrospectif tout autant qu'introspectif. L'inspiration me manque.

J'ai toujours propulsé ce blogue là où m'appelaient mes lubies du moment. C'est un blogue lubique. (Attention, lisez bien !) En retour, il me justifiait d'entretenir mes caprices. Il savait me convaincre de ne pas laisser dormir tel sujet ou d'aller frapper à une nouvelle porte. 

À aucun moment je n'ai envisagé de couvrir tous les aspects de la géologie régionale. Ce blogue n'a jamais eu l'ambition d'être exhaustif.

À ceux qui me disaient « pourquoi tu n'en fais pas un livre », je répondais que le blogue, c'est pour le plaisir. Il est ludique autant que lubique. Un livre, ça serait un travail, tout probablement une corvée non rentable. Raison supplémentaire de m'abstenir ; jouer au professeur m'ennuie énormément. Mais il faut expliquer les choses, les concepts. Je déteste le ton didactique que je suis contraint parfois d'adopter. « Un gneiss œillé, aussi appelé gneiss augen, est un gneiss qui agna gnan, agna gnan... » 

Tenir un blogue, tout lubique ou ludique soit-il, n'est pas toujours de tout repos, je l'avoue. Une sorte de compulsion m'a souvent poussé à publier, avoir quelque chose à dire ou non devenait secondaire.

Un blogue procure à son auteur le fallacieux sentiment de faire quelque chose. On s'attelle au clavier et, quelques minutes (ou quelques heures) plus tard : tadam ! joie d'avoir accompli quelque chose (je ne trouve pas d'autres mots) avec en prime un beau billet tout neuf en ligne !

Il n'en faut pas beaucoup pour se contenter. Un un roi sans divertissement est un homme plein de misères, disait Pascal. Que dire du simple blogueur, qui a bien le droit de se sentir occupé, en simple roturier qu'il est.

Bon, je vous laisse avant de prendre un ton trop professoral. J'ai quelque chose à faire.

Photos (mai 2013) : moment didactique. - Autres exemples de jolis yeux provenant du même endroit, le parterre en face du Study Lounge de la rue Cartier, à Ottawa. La plupart de ces cristaux de feldspath sont sans doute les reliques de pegmatites disloquées et dispersées dans le gneiss par les forces tectoniques profondes. Quand à la provenance des blocs, j'avoue ma perplexité. Je ne connais pas au nord d'Ottawa de roches semblables d'où ils auraient pu être arrachés et transportés par les glaciers. L'entrepreneur responsable des travaux les a-t-il fait venir d'un peu plus loin, des Laurentides par exemple ? Surtout qu'ils sont nombreux et diversifiés, ces gneiss œillés - ou augen.









samedi 5 octobre 2019

Îlot satellite à l'île Hull (mise au point)


Mise au point, 12 octobre 2019. - Le mystère de l'îlot est-il résolu ? Des travaux au barrage Carillon et de faibles précipitations expliqueraient son apparition au nord de l'île Hull, dans l'Outaouais. Voir Ajout, à la fin du billet.



Photo 1. Île Hull dans l'Outaouais : un îlot satellite a surgi dans ses parages. Photo prise de l'arrière de la Cour suprême à Ottawa (voir carte 2), le 4 octobre 2019 ; vue vers le nord, vers Gatineau au Québec.


Localisation

Île Hull, à Gatineau, dans la rivière des Outaouais, sous la falaise de la Cour suprême. (Ne pas confondre avec sa grande voisine, l'Île-de-Hull, quartier de la ville de Hull (Gatineau).)
45.424513, -75.706967

Autres billets à consulter sur l'île Hull





Quand une partie du lit d'une rivière surgit à l'air libre, on assiste à la naissance d'une île, non ?

C'est la première fois à ma connaissance qu'une partie de l'extension de la plate-forme calcaire de l'île Hull* émerge à l'écart de ses rives. Le niveau de la rivière a fluctué entre 41,2 m et 41,3 m fin septembre, début octobre, ce qui n'est pas exceptionnel (CPRRO). L'émergence de ce nouvel îlot ne peut s'expliquer que par des circonstances nouvelles.
* À ne pas confondre avec l'Île-de-Hull voisine !

Les assises de l'îlot sont à 1,8 m de profondeur d'après le niveau de référence des eaux (40,8 m ; voir cartes marines 1 et 2). En tenant compte du niveau actuel de la rivière donnée au paragraphe précédent, la profondeur de ces assises sont présentement de 2,2 à 2,3 m.

C'est plus que la hauteur d'un être humain. À cette profondeur, le lit de la rivière devrait demeurer invisible. Ça a été le cas jusqu'ici ; l'îlot de cet automne n'est jamais apparu sur aucune carte ou photo (à ma connaissance du moins). Noter cependant que des prémisses se sont faits remarquer dès cet été (photo 5).

Les valeurs ci-haut sont données par les isobathes sur la carte marine (en bleu). Des mesures ponctuelles (en noir) nuancent le tableau. On remarque ainsi, au nord de l'îlot, entre l'île Hull et la rive gatinoise, une petite zone profonde de seulement 0,6 m. Au sud-ouest de l'île Hull, une mesure ponctuelle donne 0,9 m de profondeur. Accordons libéralement une profondeur de 0,6 m aux assises de l'îlot. Avec le niveau de la rivière ces derniers jours, la profondeur des assises de l'îlot serait donc de 1,0 m à 1,1 m. J'aurais de l'eau jusqu'au nombril si je me tenais à cet endroit.

L'îlot semble plutôt constitué d'une accumulation de débris (photo 2). Est-ce que la dernière crue exceptionnelle, celle du printemps 2019 (qui a suivi de peu celle de 2017 ; billets du 7 mai et du 8 juin 2017) est responsable de cette accumulation capable d'arrêter les billots à la dérive ? La force des eaux a-t-elle été suffisante pour les accumuler sur une hauteur de plus d'un m ?

D'après la carte marine, il aurait suffit pourtant qu'ils soient poussés un peu plus loin pour qu'ils déboulent à un niveau plus profond, sous l'isobathe de 1,8 m (2,1 à 3,4 m sous le niveau de référence) et disparaissent sous l'eau et de la vue ! Pourquoi le courant des eaux gonflées du printemps aurait-il abandonnés ces débris juste là, au bord de la pente ?

Histoire à suivre.



Photo 2. Gros plan de la partie est (aval) de l'île Hull ; le nouvel îlot, tout proche. On remarque les débris rocheux sur l'île Hull (voir billet du 11 sept. dernier.) Les débris qui auraient pu être poussés vers l'aval (vers l'est) en dehors de l'île Hull par la crue du printemps seraient tombés dans des eaux trop profondes pour qu'ils demeurent visibles (voir les cartes).



Photo 3. Agrandissement de la photo 2. Le nouvel îlot au large de l'île Hull semble en partie constitué ou recouvert de débris rocheux accumulés.



Photo 4. Situation « normale » antérieure à cet été ; 5 novembre 2015. L'eau est calme et sans ride aucune au dessus du futur îlot. Rien ne trouble l'écoulement des eaux.



Carte 1. L'île Hull est au centre. Service hydrographique du Canada, ministère des Pêches et des Océans, Rivière des Outaouais : Papineauville à Ottawa, Québec-Ontario, carte marine no 1515, 1/20 000, 1998, corrigée 2005-12-02 (détail).



Carte 2. Détail de la carte 2. L'astérisque rouge indique la position approximative du nouvel îlot, sur le bord de l'isobathe de 1,8 m ; le X rouge, l'endroit d'où les photos 1 à 4 ont été prises, derrière la Cour suprême du Canada. Les assises de l'îlot sont sur une une extension de la plate-forme de l'île Hull de 1,8 m de profondeur, d'après le niveau de référence de 40,8 m. Comme le niveau de la rivière fin septembre, début octobre n'est pas descendu plus bas que 41,2 m, la profondeur minimale de cette extension était de 2,2 m.


Photo 5. L'île Hull et son îlot satellite (sous le X rouge) vus de la Pointe Nepean, à Ottawa. Les prémisses de l'îlot étaient déjà visibles cet été. Photo 6 septembre 2019 : l'îlot commençait tout juste à poindre.


AJOUT (12 oct. 2019)


Photo 6. - Inukshuk sur l'île Hull. Photo 11 octobre 2019, prise à bord de l'aqua-taxi qui relie les berges de l'Outaouais entre le musée de l'Histoire, à Gatineau, et la Colline du Parlement, à Ottawa.


Travaux et faibles précipitations réduisent le niveau de la rivière des Outaouais

Radio-Canada, avec les informations d’Alexandra Angers, 10 octobre 2019. Lien.

« De nombreux habitants de la région de Gatineau ont remarqué depuis quelques jours le faible niveau de la rivière des Outaouais. Cette situation s’explique en partie par des travaux d’Hydro-Québec et un manque de précipitations.
Hydro-Québec effectue depuis la mi-septembre des travaux de forage à la centrale de Carillon. Pour le dernier volet, il a fallu réduire samedi dernier [5 octobre] le niveau de la rivière.
Ces travaux seront terminés en fin de journée vendredi [12 octobre]. Le niveau de la rivière devrait alors récupérer progressivement environ 20 cm. »

L`îlot au nord de l'île Hull a commencé à pointer hors de l'eau dès le mois de juillet, si je peux me fier à ma mémoire. Les oiseaux avaient dès cette date pris l'habitude de se poser sur le lacet rocheux qui affleurait déjà. La faiblesse des précipitations de la fin de l'été n'explique donc pas à elle seule son apparition, ni les travaux au barrage Carillon. D'ailleurs, la photo 1 a été prise le 4 octobre, avant le début des travaux du dernier volet, le 5 octobre. 


Photo 7. - 31 juillet 2019. Les prémisses de l'îlot servaient au repos des oiseaux..

mercredi 25 septembre 2019

Autopromotion : Grève des anges



À paraître

Grève des anges. Nouvelles
Henri Lessard
Les Éditions L’Interligne, collection « Vertiges »

435, rue Donald, bureau 337
Ottawa (ON) K1K 4X5
613 748-0850, poste 4
Agente de communication :
Lisanne Rheault-Leblanc
communication@interligne.ca

En librairie : 16 octobre 2019
104 pages | 20,95 $
ISBN 978-2-89699-668-1
Disponible en versions EPUB et PDF
Diffusion Prologue inc.,
1 800 363-2864




Entrevue avec Noëlle, personnage principal de Grève des anges

Question. — Bonjour Noëlle. Tu n’as que 19 ans ; n’est-ce pas trop tôt pour publier des récits « autobiographiques », en fait rédigés par une autre plume que la tienne ?
Réponse. — Pourquoi ? Je suis majeure, la vie fait de moi ce qu’elle veut.

Q. — Dans ton recueil, tu apparais tour à tour timide et désarmée ou pleine d’aplomb et sûre de toi, parfois même machiavélique. Tes moments de déprime n’empêchent pas que plusieurs personnes viennent rechercher du réconfort auprès de toi. Qui, finalement, est la vraie Noëlle ?
R. — À quoi tendons-nous à chaque instant ? À l’émerveillement, à la fureur, à l’ivresse, à la fusion (amoureuse, érotique, mystique), à tout ce qui nous extirpe, nous expulse, nous immerge ou nous absorbe. Être, quel ennui ! Vite, un livre, un paysage, une musique, des yeux, un corps pour m’oublier. Être ou ne pas être, pour moi, la question est vite réglée. Je préfère l’inconscience.

Q. — Tout un programme ! Tu conserves de bons souvenirs de tes ex...
R. — Je romps séance tenante avec un gars dès qu’il devient mon chum. Je suis une fille à ex ; je m’entends tellement bien avec eux – et avec elles, car j’ai des « exes » aussi. Un ex, une exe, c’est de l’intimité semée ici et là, de la complicité éprouvée, de la tendresse disponible. On ne devient pas mon ex ou mon exe comme ça. Charles (le dernier de mes ex) avait toutes les qualités. Drôle, attentif, de l’assurance sans arrogance. Alors, j’ai cassé tout de suite avec lui. Depuis, nous ne nous quittons plus.

Q. — Tu souffres d’étranges phobies...
R. — Je prends toujours mon bain dans une eau mousseuse. Assise dans une baignoire remplie d’une eau plate, sans bulles ni broue, mon regard est immanquablement attiré, à travers la masse translucide, par la blancheur de l’émail et ses vastités glacées. Il en découle des méditations désolées qui rendent la baignoire inhabitable. À moins de convaincre le propriétaire de faire émailler ma baignoire en rose, je ne vois d’autre solution que d’user et d’abuser de la mousse de bain.

Q. — En revanche, les hauteurs ne t’effraient pas.
R. — Depuis mon logement du septième, il faut baisser les yeux pour voir s’envoler les oiseaux. Étrange changement de perspective ; ils ne s’élèvent pas, ils tombent sous mes fenêtres, plongeant d’un balcon de l’immeuble ou des corniches des constructions voisines ; jamais je ne les surprends dans l’effort de s’arracher du sol. Du coup, leurs manœuvres dans l’air me semblent une longue suite de glissades aisées.

Q. — Tu abordes des thèmes graves dans ces nouvelles, la mort par exemple...
R. — Tout n’est pas sujet à désinvolture.

Q. — Parle-nous de tes préoccupations les plus récentes.
R. — Une amie m’a récemment confié qu’elle rêvait de pouvoir se dédoubler quelques heures pour s’observer, se toucher, s’embrasser elle-même… Tout ça pour soi-disant connaître l’impression qu’elle donne aux autres, savoir le goût qu’elle leur laisse en bouche… « Faire l’amour avec son clone, inceste ou onanisme ? » que je lui ai répondu. Je ne suis pas sûre que ça me plairait de me dédoubler, moi. Si je ne m’aimais pas ? Je le découvrirais tout de suite dans mon regard, je veux dire dans celui de mon clone qui, lisant le même dédain sur ma figure, réagirait en conséquence, soupe au lait comme je le suis, et je réagirais à sa réaction, c’est-à-dire à la mienne…

Q. — Quelle serait ta devise ?
R. — Personne n’est obligé de m’aimer.

Q. — Que penses-tu de cet Henri Lessard qui signe tes nouvelles ?
R. — Je mène une vie indépendante de mon créateur. Je ne pense jamais à lui. En retour, il est très tolérant avec moi.


Résumé
Comment décrire Noëlle, héroïne des nouvelles de Grève des anges ? Sachez qu’elle entretient des relations étroites mais conflictuelles avec les pommes de laitue en plus de redouter que sa baignoire n’achève de la rende agoraphobe. Au début du recueil, elle termine ses études secondaires et affronte le rejet ; à la fin, elle est à l’université et travaille dans un café. Dans tous les cas, Noëlle ne quitte qu’à regret la pénombre des coulisses pour s’exposer aux feux de la rampe.

Coup de foudre assuré pour ce personnage attachant et (légèrement) névrosé.

Noëlle n’ose avouer sa flamme à une voisine qui lui refuse l’aumône d’un regard.Elle retrouve son aplomb au contact de plus mal en point qu’elle-même, telle l’inquiétante Lucie de « Grève des Anges », nouvelle éponyme du recueil.

Le style du recueil, toujours concret, est imagé. Et c’est justement par la puissance des images que Noëlle trouve la paix en la procurant à la mère d’une amie morte dans un accident.

Grève des Anges, un recueil au style brillant et au contenu varié. Certaines nouvelles sont poétiques, véritables chefs-d’œuvre descriptifs comme « L’Été », d’autres offrent un regard critique et plein d’humour sur notre société. L’auteur propose de « petits textes bien ficelés porteurs de plus que ce qu’ils disent ».

L’auteur
Henri Lessard est né à Hull (Québec). D’abord illustrateur, il s’est tourné vers d’autres genres de travaux de plume pour préférer la littérature qui lui permet d’illustrer ses idées d’une autre façon, avec des mots.

lundi 23 septembre 2019

Adresse introuvable




Une étudiante du cégep m'a adressé une question par courriel. J'ai rédigé une réponse, assez longue. Malheureusement, l'adresse courriel de l'étudiante ne me permet pas de la lui envoyer (image). Si elle lit ce message et se reconnaît, pourrait-elle me retourner sa question en utilisant une autre adresse ?