samedi 14 mai 2022

Hors sujet : ruisseau du Lac-des-Fées

Billet pondu pour répondre aux questions d'un correspondant sur la lieu-dit la Babine et la canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées (Hull, Gatineau). (Voir le billet du 27 févr. 2022, « Hors sujet : retour à l'escalier de la Babine », et suivre les liens.) Le ruisseau du Lac-des-Fées prend sa source au lac du même nom et coule vers le sud avant de dévier son cours vers l'est pour se jeter dans le ruisseau de la Brasserie (voir première des trois cartes). La partie aval du ruisseau du Lac-des-Fées a été canalisée sous terre de proche en proche à partir de son embouchure en remontant vers l'amont.

Billet retouché le 16 mai 2022.

Chronologie (voir les cartes pour complément d'information)

1938. - Bétonisation du ruisseau de la Brasserie au sud de la rue Montcalm (ministère des Travaux publics). La partie aval de son affluent, le ruisseau du Lac-des-Fées, est canalisée sous terre et son embouchure est reportée du sud de la rue Montcalm jusque derrière le château d'eau, au nord de la même rue*. Source : billet du 25 août 2017, « Ruisseau de la Brasserie : chronologie ».

* Une personne bien renseignée m'a assuré que la canalisation qui débouche au nord du chateau d'eau sur la rive gauche (ouest) du ruisseau de la Brasserie est bien l'embouchure réamnénagée du ruisseau des Fées. 

1955. - Construction de la promenade du Lac-des-Fées par la Commission du district fédéral (devenue la Commission de la capitale nationale), ouverte à la circulation le 17 juin 1955. (Sources : Claude Devault et Raymonde Devault, « C'était avant, dans le secteur Laramée... », Hier encore, no 13, 2021, p. 6-10 ; Claude Devault, comm. pers., mars 2022.) 

Le ruisseau du Lac-des-Fées coupait la promenade et coulait encore à l'air libre jusqu'à la voie ferrée du CP, à l'est du boul. Saint-Joseph (voir deuxième carte, datant de 1956-58). 

Vers 1960. - Situation actuelle, avec le ruisseau dévié et canalisé sous la promenade. (Je ne peux pas être plus précis pour le moment.) Il faut noter que la partie du ruisseau entre le petit pont et son entrée dans la canalisation est artificiel. Le ruisseau passait plus à l'est à l'origine, de l'autre côté de la promenade. Voir le billet du 26 oct. 2020 sur le sujet. 


Évolution de la canalisation du ruisseau du Lac-des-Fées.

Les flèches rouges pointent la source du ruisseau du Lac-des-Fées et la fin de son parcours à l'air libre (originellement jusqu'à son embouchure dans le ruisseau de la Brasserie). Le X rouge indique l'emplacement du château d'eau, rue Montcalm. 

En haut (1931). - Compiled, drawn and printed at the office of the Surveyor General, 1931. Reprinted at the office of the Surveyor General ans Chief, Hydrographic Service, Ottawa, 1939. Produced from information supplied by the Department of National Defence and air photographs by the R.C.A.F. (Détail)

Le ruisseau du Lac-des-Fées, encore à l'état naturel, coule à l'air libre à partir du lac éponyme (Fairy L.) jusqu'au ruisseau de la Brasserie (Brewery Creek). L'île dans le ruisseau de la Brasserie au sud de laquelle le ruisseau du Lac-des-Fées débouche a été supprimée par les travaux des années 1930 (voir « Chronologie »).

Au centre (1956-58). - Surveyed, compiled, drawn and printed by the Army Survey Establishment, R.C.E. 1922-24. Revised, drawn and printed by the A.S.E. 1956-58. Aerial photography by the R.C.A.F. 1955. (Détail)

Le ruisseau du Lac-des-Fées est canalisé sous terre en aval de la voie ferrée du CP depuis les travaux des années 1930 au ruisseau de la Brasserie. La promenade du Lac-des-Fées (à gauche du mot « Wrigthville »), inaugurée en 1955, coupe le ruisseau.

En bas (1975). - Direction des Levés et de la Cartographie, min. de l'Énergie, des Mines et des Ressources. Mise à jour à l'aide de photographies aériennes prises en 1975. Vérification des ouvrages en 1975. Renseignements à jour en 1975. (Détail)

Situation actuelle qui prévaut depuis env. 1960. Le ruisseau du Lac-des-Fées entre dans sa canalisation souterraine à partie d'un point à l'ouest de la promenade.

dimanche 27 février 2022

Hors sujet : retour à l'escalier de la Babine

Photo no 1. - L’escalier de la Babine, au sud de la promenade du Lac-des-Fées, à Hull (Gatineau) en 1971. Merci à Donald Legault, l'auteur de cette photo, qui m'a permis de la reproduire ici, ainsi qu'à son cousin Alain Lamothe qui nous a mis en contact. 

La photo montre l’escalier et le pont de la Babine ainsi que le ruisseau du Lac-des-Fées (sous la neige) en 1971. L'escalier est dans l'état qu'il avait avant que les vandales (ou des ostrogoths ?) s'emploient à le défaire planche par planche...

Photo 1971 © Donald Legault (j’ai accentué le contraste).


Photo no 2. - Le même endroit, en octobre 2020 : le seuil en calcaire et les piliers en béton sont les seuls vestiges de l'escalier. Le petit pont, toujours existant, se trouve tout en bas (hors cadre). Les deux photos ont été prise sur la rue Boucherville qui longe l'escarpement de la promenade du Lac-des-Fées. 


J'ai publié plusieurs billets à la fin de 2020 sur le lieu-dit « la Babine », au sud de la promenade du Lac-des-Fées, à Hull (Gatineau). Les informations nouvelles continuant à s'accumuler après leur mise en ligne, j'ai dû rédiger plusieurs ajouts et rectificatifs, ce qui ne contribue pas à leur lisibilité. Une synthèse serait maintenant nécessaire. Elle viendra.

Billets sur la Babine

Le but de mes recherches était d'arriver à connaître l’histoire de l’escalier de bois qui a existé autrefois sur l'escarpement au sud de la promenade du Lac-des-Fées. Au pied des marches, un petit pont enjambait (et enjambe toujours) le ruisseau qui donne son nom à la promenade.

L’escalier reliait la promenade à la croix de Val-Tétreau (voir billet du 26 oct. 2020, lien plus haut), au sommet de l’escarpement, à l'extrémité nord de la rue Boucherville. Le pont, sans l’escalier, n’a plus vraiment d’utilité et conduit maintenant à un escarpement boisé très abrupt.

L'un des points que mes recherches ont permis d'établir est l'année de la construction du pont et, sans doute, de l'escalier ; 1965 (billet du 17 déc. 2020). L'escalier n'existait plus au moins en 1990 ou bien n'était plus pratiquable (souvenir personnel). Il avait été laissé à l'abandon et aux vandales qui avaient entrepris leurs déprédations dès les années 1970. Je ne peux préciser quand on a cessé de réparer leurs dégâts au fur et à mesure ni quand l'escalier, devenu inutilisable, a été démoli. La promenade et ses installations, pont et escalier, appartiennent à la Commission de la capitale nationale (CCN), laquelle, consultée, n'a pu me fournir aucun renseignement potable.

Du nouveau sur la Babine

Long préambule pour vous présenter du nouveau sur le site de la Babine. M. Alain Lamothe et Donald Legault, deux cousins qui ont grandi dans les rues du quartier Saint-Jean-Bosco au pied de la Babine, m'ont transmis des commentaires et des documents (photos nos 1 et 3) de première main. Je les remercie grandement d'avoir pris la peine de me joindre.

La source de la Babine.

Selon Donald Legault, « la Babine » était le nom de la source naturelle à mi-chemin du flanc de l'escarpement ; dans les années 1950, des familles allaient y puiser de l'eau de Pâques pour la faire bénir. L'escalier, toujours selon M. Legault, a été construit dans les années 1960 immédiatement au sud de la source.

Mes remarques. - Dans ma jeunesse (1965 et après), la Babine, c'était le nom de l’escarpement au nord de la rue Boucherville, avec la croix, l’escalier en bois, le petit pont et le ruisseau dans la plaine. Une telle appellation informelle peut avoir une extension assez floue. J'ai un vague souvenir de la source. Je crois avoir bu de son eau sans en avoir ressenti de malaise ou d’effet miraculeux. J'ignore si elle coule encore.

Photo no 3. - Document fourni par Donald Legault ; le 2, rue Graham (voir la carte plus bas). 
Photo no 4. - La même adresse en 2019, d'un angle différent (saisie d'écran Google). Le ruisseau a été canalisé sous terre (voir la carte).



 

Ski ou glissades ?

Des témoignages publiés dans mon billet du 17 déc. 2020 parlent d’une pente de ski au sud de la Babine. Selon M. Legault, on trouvait au temps de sa jeunesse (1950-1960) une piste abrupte large de 10 pieds à travers les bois de l'escarpement au sud de la rue Boucherville ; elle débouchait dans la plaine à la hauteur des rues Chatelain (aujourd’hui René-Roger) et Graham. Cependant, la piste ne servait qu'à la glissade, M. Legault n'a jamais vue quiconque y faire du ski.

Mes remarques. - De mon temps (années 1960-1970), le seul endroit où il était possible de glisser sur l'escarpement était au sud de la rue Boucherville, par un sentier (maintenant obstrué) qui pourrait correspondre à la piste de M. Legault. L’escarpement était moins haut et moins abrupt à cet endroit qu’à l'escalier.

Pour ce qui est du ski, les témoignages que je cite dans mon billet du 17 déc. 2020 sont formels, mais j'y explique bien que le secteur au sud de la Babine n’est pas adaptée à la pratique du ski (pas plus que la Babine elle-même, avec ou sans l'escalier). Je ne peux écarter aucun témoignage, même lorsqu'il en contredit d'autres, l'un de mes précédents correspondant affirmant même que la Babine devait son nom à une bosse en forme de lèvre au bas de la glissade au sud de la rue  Boucherville. Le nom de Babine a peut-être suscité des explications diverses pour justifier son origine...


Photo no 5. - Le pont de la Babine, sur le ruisseau du Lac-des-Fées. Photo oct. 2020.
 

Canalisation

Du temps de la jeunesse de MM. Lamothe et Legault, le ruisseau, venant du Lac-des-Fées, au nord, coulait à ciel ouvert entre les maisons des rues Duquesne et Graham avant de suivre un cours canalisé souterrain à partir du 2, rue Graham, près du boul. Saint-Joseph.

Mes remarques. – Ceci correspond aux cartes et photos que j’ai publiées dans mes billets précédents. La canalisation souterraine du ruisseau à l'est de la promenade telle qu'on la connaît aujourd'hui était effective au moins en 1960 (billet du 26 oct. 2020). Notez que toute la partie du ruisseau sur laquelle est construit le petit pont est artificielle (voir carte). À la fin de son parcours, le ruisseau se jette dans le ruisseau de la Brasserie, à l'est. Les débuts de la canalisation sousterraine du tronçon de son embouchure remontent à 1938 (voir le billet du 25 août 2017).


Photo no 6. - La croix lumineuse (la nuit, du moins) de Val-Tétreau, sur le plateau au sommet de l'escarpement. Photo oct. 2020.
 

Cégep(s)

« J'ai connu la Babine début des années 70 étant étudiant au cégep. [Le cégep était alors situé au sommet de la côte de Taché, là ou est aujourd'hui l'UQO.] J'habitais au Parc-de-la-Montagne et on faisait du pouce au coin de Cité-des-Jeunes et Gamelin pour aller à nos cours. On se faisait déposer à la Babine, certaines voitures ne poursuivant pas la route sur Scott, car il n'y avait pas de virage à gauche [sur Taché]. Ils viraient à gauche sur Graham. Pour le retour, ils empruntaient le sens unique sur Duquesne. C'est à cet endroit qu'on se plaçaient pour le retour à la maison, via la Babine et son escalier. Donc pour moi la Babine était plus un raccourci pour éviter Scott et Taché. » (Alain Lamothe)

Mes remarques. - J'ai aussi fait du pouce pour aller au cégep, celui de la Cité-des-Jeunes, en 1976-78, faisant le parcours à rebours de M. Lamothe. J’habitais en effet face à l’ancien cégep, l'UQO actuelle. J'empruntais aussi le raccourci par la Babine. Il m'est impossible de me souvenir avec exactitude de l'état de l'escalier à cette époque. Il me semble bien qu'il arrivait déjà avant ces années que des marches, des planches du garde-fou ou des sections entières de l'escalier manquent. Mes souvenirs sont malheureusement assez flous.  

Pour conclure

Encore merci à mes deux correspondants. Petit à petit, l'histoire de la Babine se dévoile. La question centrale est : pourquoi a-t-on construit un escalier qui ne servait à rien puisqu'on l'a très tôt laissé à l'abandon une fois achevé. (La réponse facile, « on l'a construit pour mener à la croix de Val-Tétreau » ne tient pas. La croix date de 1950, le pont et l'escalier de 1965 ; la croix est sur un terrain relevant de la Ville, l'escalier et le pont, de la CCN ; la croix est toujours là, l'escalier, non.)

Qui me dira le fin mot de cette histoire ? 

Carte (1952) annotée du secteur de la Babine


Insurance plan of the city of Hull, Que. Toronto ; Underwriters' Survey Bureau Limited, 1952, 49 pl. en coul. [pl. 28], 1: 600, BAnQ, Centre d'archives de l'Outaouais, P1000,S2,D4, 0003820664. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2247012.  

Légende des retouches

BABINE X : source de la Babine (approx.).
E (ligne pointillée rouge) : escalier (1965 ?), détruit depuis 1990 (?) (photos nos 1 et 2).
et rectangle rouge : pont de la Babine (1965) (photos nos 1 et 5).
et Croix : croix lumineuse de Val-Tétreau (1950) (photo no 6).
Lignes rouge pleines : promenade du Lac-des-Fées (était terminée en 1957).

Le point noir sépare les tronçons 2, 3 et 4 du ruisseau du Lac-des-Fées :
2 (ligne tiretée bleue) : section abolie du ruisseau du Lac-des-Fées après la construction de la promenade.
3 (ligne bleue pleine) : cours original du ruisseau du Lac-des-Fées, conservé jusqu'à aujourd'hui.
4 (ligne bleue pleine) : tronçon artificiel du ruisseau aménagé pendant ou après la construction de la promenade et disparaissant dans une canalisation souterraine (en 7).
5 : 2, rue Graham (photos nos 3 et 4) ; endroit où le ruisseau entrait dans une canalisation souterraine.
6 : sentier et site de glissades (aujourd’hui condamné).
7 : endroit où le ruisseau disparait depuis au moins 1960 dans une canalisation souterraine.
? : le cours du ruisseau du Lac-des-Fées apparaît erroné sur ce tronçon (*). Suivre plutôt les tronçons  ajoutés (nos 2 et 3).
Rue Boucherville : elle longe l'escarpement boisé au pied duquel coule le ruisseau du Lac-des-Fées.
Ligne pointillée grise : escarpement boisé à l'est de la rue Boucherville.

* Selon les documents utilisés pour les annotation de la carte, principalement des photos aériennes publiées dans les billets précédents sur la Babine), 

SSL : sanatorium Saint-Laurent, aujourd'hui CH Pierre-Janet.
CMY : collège Marguerite d'Youville (sœurs grises), site de l'actuel pavillon Alexandre-Taché de l'UQO.
Certaines parties de rues vides de constructions sous le ruisseau et la promenade n'ont existé que sur plans.


vendredi 24 décembre 2021

Variations sur un thème



Noël a aussi ses variants ; Noëlle, Noellet, Denoël, Natalis, Nathalie, Natacha, Nadalis, Nadal, Nadau(d), Nadeau...

Pensez aussi aux variants du mot « joyeux » : agréable, allègre, charmant, enjoué, exultant, jovial, jubilatoire, radieux...

Il y a bien mille variations possibles quand on envisage toutes les combinaisons.

Pour ma part, j’hésite entre vous souhaiter un Charmant Noellet !, une Allègre Nathalie ! ou un Agréable Nadeau !

Ce sera comme vous préfèrerez.

Même, pourquoi pas, le comble du comble, puisqu’au Moyen-Âge « Noël ! » était une exclamation de joie, un Noël Noël !

Une sorte de Noël au carré, quoi.

Pour l’année, il me suffira de vous la souhaiter bonne, heureuse ou favorable. Je ne veux pas épuiser mon dictionnaire des variants..., pardon, des synonymes.

Mais bref, pour en arriver enfin à l’essentiel :

Joyeux Noël et bonne année à toutes et à tous !

(Les bonnes vieilles formules restent souvent les meilleures.)

En espérant que le temps des retrouvailles ne tarde pas trop...,

Henri

samedi 18 décembre 2021

Stromatolites et thrombolites de Westboro à Ottawa

Photo 1 (déc. 2011). - Qu'est-ce que cette grosse boule (à gauche) entre les strates de calcaire ? Un stromatolite errant ? Rive de l'Outaouais à Ottawa, près de la plage Westboro.


Petit hasard, du genre de ceux qui me font sourire.

Nehza et Dix (2012) et moi avons photographié séparément et en ignorant tout de nos existences mutuelles le même bout d'affleurement sur la rive de l'Outaouais à Ottawa, dans les environs de la plage Westboro.

La relecture de l'article de Nahza et Dix m'a fait rouvrir un dossier de vieilles photos prises dans le secteur. C'est ainsi que j'ai fait découvert la coïncidence, laquelle n'avait rien d'inévitable. Que tout le monde photographie le Rocher Percé ou les chutes du Niagara est une chose ; qu'un bout de strates calcaires perdu dans les broussailles attire l'attention de personnes qui ne se sont pas consultées en est une autre.

Selon Nehza et Dix, l'affleurement offre une belle vue en coupe d'un banc de stromatolites noduleux (photos nos 2 et 3). D'autres, tel Christopher Brett, parlent plutôt de thrombolites (section plus bas). Pour éviter les équivoques, j'emploie pour la suite la terminologie adoptée par M. Brett.


« Un stromatolithe ou stromatolite (du grec strôma, tapis, et lithos, pierre) est une roche calcaire et/ou une structure marine biogénique et organique laminée double-couche (On parle aussi parfois de « thrombolite »). » (Wikipédia (version périmée), citée par Termium.)


Photo 2 - Coupe d'un banc de stromatolites nodulaires (nodular stromatolites) ou de thrombolites dans un calcaire de la Formation de Pamelia à Ottawa, près de la plage Westboro ; figure 8E (retouchée) de Nehza et Dix (2012).
Note. - Les autres photos du billet sont de moi.

Photo 3 (nov. 2013). - Même affleurement qu'a la photo no 2, photographié de façon tout à fait fortuite par votre serviteur. On remarque l'empilement des masses grises des thrombolites. (Voir aussi photo no 5.)


Ces stromatolites en larges dômes (photos nos 1 et 6) et ces thrombolites prolongent le domaine des stromatolites du Transitway dont j'ai déjà parlé (liens paragraphes suivants), lesquels sont les jumeaux de ceux, bien connus, qui affleurent du côté québécois de la rivière et qui ont d'ailleurs été inscrits parmi les Sites géologiques exceptionnels du Québec (liens par. suivants). 

LIENS (articles du présent blogue)

Stromatolites du pont champlain à Gatineau

  1. 15 oct. 2013, « Stromatolites exceptionnels (enfin !) »
  2. 11 mars 2013, « Stromatolites exceptionnels (presque !) »
  3. 24 nov. 2009, « Stromatolites, suite »
  4. 8 nov. 2009, « Colonie de stromatolites à Gatineau »

Stromatolites du Transitway à Ottawa


Photos 4 (nov. 2013). - Vue générale de l'affleurement de la photo no 3.


Photos 5 (nov. 2013). - Dômes ou galettes de thrombolites (et de stromatolites ?) gris dans le calcaire, même secteur que la photo no 4. Ces structures me font penser à celles observées à la carrière Lang à Ottawa (billets des 10 et 16 nov. 2013).


Thrombolites

Le blogue « Fossils and Geology of Lanark County, Ontario » de Christopher Brett signale la présence de thrombolites aux côtés des stromatolites près de Westboro dans un billet mis en ligne récemment : 

Les thrombolites s'apparentent aux stromatolites par leurs agents d'édification, les cyanobactéries. Les thrombolites sont des structures à microtexture coagulées, dépourvues de lamines internes caractéristiques des stromatolites, édifiées par des cyanobactéries dans des calcaires sublittoraux. (Mon adaptation de la définition de A. Allaby et M. Allaby, Oxford Dictionnary of Earth Sciences, 1999.)

« What is less well known is that fossil thrombolites are also visible along the Ottawa River. While thrombolites and stromatolites are both microbial structures, stromatolites have a layered structure while thrombolites lack the layers and have a clotted structure. Most who write on stromatolites and thrombolites assign the presence of the structures to different facies, where the growth of the two structures was regulated by different microbial assemblages in response to changes in environmental factors including sea levels. » (Blogue de Christopher Brett)

Le billet de M. Brett, en plus d'une abondante bibliographie, contient aussi des données très intéressantes sur les stromatolites du pont Champlain à Gatineau. Comme son titre l'indique, le blogue de M. Brett s'intéresse avant tout aux fossiles, sujet où je me sens perpétuellement débutant. C'est un excellent site à consulter si le sujet  - les fossiles, mais aussi la stratigraphie et la géologie en général - vous intéresse.

Les stromatolites et thrombolites de la rivière des Outaouais et du Transitway affleurent dans un calcaire de la Formation de Pamelia (Ordovicien supérieur, 458-443 millions d'années) (Nehza et Dix, 2012) du Groupe d'Ottawa. Ces structures florissaient dans des eaux peu profondes, près du littoral. Leur présence signale donc l'existence d'un ancien bord de mer dans la région.

Source 

  • Odette Nehza, George R. Dix, « Stratigraphic restriction of stromatolites in a Middle and Upper Ordovician foreland-platform succession (Ottawa Embayment, eastern Ontario) », Revue canadienne des sciences de la Terre, 2012, vol. 49, no 10, p. 1177-1199, https://doi.org/10.1139/e2012-048
 

Photo 6 (nov. 2013). - Dômes de stromatolites qui bossèlent une strate de calcaire près de la plage Westboro, à Ottawa.


Photo 7  (déc. 2011). - Plancher de thrombolites ? Rive de l'Outaouais, près de la plage Westboro.



Photo 8 (déc. 2011). - Autre vue du plancher de thrombolites ? Rive de l'Outaouais, près de la plage Westboro.


Photo 9 (oct. 2011). - Il n'y a pas que des stromatolites et des thrombolites près de la plage Westboro ; cône de céphalopode et ces terriers fossiles. La pièce de 2 dollars canadiens vaut deux dollars (of course) ou deux cents cents, et mesure 28 mm de diamètre.


lundi 1 novembre 2021

Calcaire faillé dans l'Île-de-Hull : enfin visible !




Photo no 1 (18 oct. 2021). - Flèches tiretées : inclinaisons opposées des strates de deux compartiments du socle calcaire séparés par la faille Eddy (il n'y a pas de continuité entre les strates soulignées de part et d'autre de la faille) ; 1 : brèche de faille où des éléments du calcaire sont cimentés par de la calcite blanche ; 2 : bande sombre amorphe (roche broyée et pulvérisée par la faille (?) - il faudrait un examen in situ pour en savoir plus) ; 3 : mince veine de calcite blanche dans une fracture - il y en a d'autres, non visibles sur photo. Des plaques de calcite orangée et des taches de rouille couleur ocre, non visibles sur photo, accompagnent des fractures verticales dans les strates. Les 1 et 2 correspondent à la FE comme telle. Le creux dans le mur de roc correspond au lit d'une vallée comblée au début du XXe siècle.
Le nord est donné par la flèche blanchâtre à droite. Les formations ont depuis été entièrement recouvertes d'un crachis de béton et ne sont plus visibles.


Enfin, la faille Eddy (FE) est visible sur le plancher et l'un des murs des fondations du WE-2, excavées rue Eddy, dans l'Île-de-Hull. Résumons. - La  FE court du NO vers le SO à travers les strates du socle calcaire de la ville. Les travaux d'excavation des fondations d'un édifice (le WE-2) ont permis de la localiser sous le remblayage d'une ancienne vallée comblée au début du XXe siècle. La FE sépare un compartiment de calcaire plongeant vers le SO d'un autre qui plonge vers le NE. Mais reportez-vous à ces billets pour plus de détails :

 
La FE est donc visible, ou plutôt était visible, devrais-je dire, et partiellement. Était, parce que sitôt exposées au jour, les parois de calcaire ont été recouvertes de béton pour prévenir les chutes de roc et les irrégularités du plancher ont été comblées par de nouveaux épandages de béton. Partiellement, parce que la faille dans le mur de roc sous la rue Wright a, sitôt dégagée, été masquée à la vue par des installations et la machinerie. Je n'en ai que de mauvaises photos (photos 17 et 19 du billet du 3 août 2021, lien plus haut). Je crois que les gens du chantier en ont terminé avec le dynamitage et que travaux d'excavation sont achevés. Ce qui était à voir dans le chantier a été vu. De mon point de vue très subjectif, du moins.

Mais bref, la FE existe, elle est visible. L'essentiel de ce que j'ai écrit jusqu'ici demeure valable même si je compte revenir pour préciser certains détails.

Pour ajouter à ma satisfaction, je peux annoncer la découverte d'une brèche de calcite blanche cimentant la faille. Bon, ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel, mais quand on doit identifier les roches au marteau suisse*, le moindre bonheur est amplifié par la difficulté et la rareté.

* Examen de formations rocheuses au loin, à la jumelle. J'ignore l'origine de cette expression. Expression s'expliquant par l'abondance de belles parois bien lisibles dans les Alpes en Suisse. (Mais il n'y en a pas qu'en Suisse, de telles parois...)

Note. - Les photos et les observations, à l'oeil nu ou aux jumelles, ont été faites depuis le trottoir, autour du chantier, aux endroits où cela était possible, le chantier étant interdit aux visiteurs, même bien intentionnés. La précision de mes interprétations a évidemment souffert de cet état de fait.


Photo no 2 (30 oct. 2021). - FE : faille Eddy à travers le plancher du chantier ; flèche tiretée à double pointe : largeur de la FE ; lignes tiretées parallèles : bords de la FE ; B et lignes pointillées : brèche de calcite blanche et de fragments de calcaire (sa bordure, à droite est masquée en partie par de la rocaille) ; c'est la continuation au sol de la brèche visible dans le mur de la photo no 1.
Le pendage (ou plongement) des strates dans le socle calcaire de part et d'autre de la FE et dans la FE est indiqué. 
Le nord est donné par la flèche blanchâtre en haut à gauche.
Forme pâle au liseré blanc : masque des éléments au premier plan qui rendaient la photo confuse.
Ces roches ne sont plus visibles, on a entrepris de combler les irrégularités du plancher avec du béton et on a coulé des fondations dans la « piscine ».


Photo no 3 (30 oct. 2021). - Vue un peu différente de la précédente, avec un peu plus de recul. B : la brèche de calcite blanche ; flèche blanche à double pointe : largeur de la FE.



Photo no 4 (30 oct. 2021). - Autre vue, sans plus d'annotations ; noter à gauche la brèche de calcite blanche aux bordures parfaitement parallèles, la même que celle visible sur la photo no 1.







Photo no 5 (cadre large et détail ; 30 oct. 2021).  - Vue dans l'autre sens. B : brèche de calcite et de fragments de calcaire. Détail. - Flèche blanche : plongement accentué des strates dans la faille est bien visible - comparez avec le plongement des strates à gauche de la FE à la photo no 1. Le nord est donné par la flèche blanchâtre en haut à droite de la vue générale. La section du mur commentée à la photo no 1 est à gauche de la toile jaune, dans la prolongation de la brèche de calcite.