vendredi 30 avril 2021

Hors sujet : selfies archivistiques


1. - Photo Adrien Hubert, 1973. Titre : « Festival des raftsman [sic] de Hull, 1973 : Un jeune sportif allume le flambeau des Jeux du Québec en Outaouais. »
Lien BAnQ.


J'y étais. 

Je suis le jeunot en retrait à l'arrière parmi les badauds, à gauche. Cheveux longs, lunettes (vaguement visibles) et bras croisés, je me suis reconnu tout de suite. J'étais dans l'ombre des sommités qui subissaient le feu des projecteurs sur l'estrade. 

Ne pas me confondre avec l'autre personnage aux bras croisés, à droite, celui en chemise à carreaux et ceinture fléchée et qui porte aussi des lunettes. Il personnifie Jos Montferrand

Je n'avais pas et je n'ai toujours pas la carrure d'un raftsman...

À l'arrière-plan, le manège militaire, boul. Saint-Joseph.





On trouve de tout à Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

On peut même se retrouver en cherchant tout autre chose.

Témoin le feu de la Saint-Jean* de l'an 1973. Le bûcher avait été allumé sur la pelouse du manège militaire, angle des boulevards St-Joseph et Alexandre-Taché, à Hull (Gatineau), dans le cadre du Festival des Raftsmen. On voit d'ailleurs les tours du manège (photo no 1).

J'y étais. J'en conserve un très vague souvenir. J'ai complètement oublié la cérémonie protocolaire qui a précédé la « mise à feu » du bûcher, solennité durant laquelle « un jeune sportif [a] allum[é] le flambeau des Jeux du Québec en Outaouais ». Pourtant, j'étais présent : on m'aperçoit dans la foule, derrière l'estrade (photo no 1). Faut dire que moi, les cérémonies protocolaires...

Je cherche moins à passer inaperçu sur la photo no 2. C'est moi, le jeunot aux lunettes plus grandes que le visage et à la chemise vaguement paisley, à droite, les bras toujours croisés (je boudais ?).

*Note. - Je n'ai pas trouvé la date exacte des clichés, BAnQ ne donnant que l'année, 1973. Les Jeux du Québec s'étant tenu en Outaouais en 1972, je suppose que la cérémonie dont nous avons ces images est celle de la transmission de la flamme à Rouyn-Noranda, ville hôte des Jeux de 1973. Rien n'empêche que la cérémonie se soit tenue durant la Saint-Jean, rien ne l'oblige non plus.

Souvenirs... La seule autre personne que j'ai pu identifier sur cette série de photos (il y en a d'autres, suivez les liens) est Jean-Marie Séguin, maire de Hull (photo no 3). 



2. - Photo Adrien Hubert, 1973. Tiens, je suis à droite maintenant, les bras toujours croisés.






3. - Photo Adrien Hubert, 1973. La seule personne que je peux identifier sur l'estrade est Jean-Marie Séguin, maire de Hull en 1972 et plus tard président de la Communauté régionale de l'Outaouais (CRO), puis de la Société d'aménagement de l'Outaouais (SAO). Jos Montferrand lui fait enfiler une veste à carreaux. Connaissant les accointances politiques de M. Séguin, je pourrais dire qu'il passe une canadienne... 


Ajout (6 mai 2021). - Détail de la photo no 2 : étant donné la résolution du document, je ne peux faire mieux. Ça ne pourra pas me servir de photo d'identité. 

mardi 5 janvier 2021

Hors sujet : l’Île-de-Hull et le Vieux-Hull




Hull est née sur une île avant de la déborder. Ici, carte montrant son étendue en 1863 ; jusqu'à son incorporation en 1875, on parlait plutôt de Wrightstown ou du village de Hull. L'île est entourée par l'Outaouais et le ruisseau de la Brasserie (un bras de l'Outaouais en réalité). Je n'ai pas résisté à la tentation de retoucher la frontière Québec-Ontario (pointillé rouge) pour inclure l'île Russell (R rouge), ou les îles Russell, selon la hauteur des eaux, au Québec, comme il se doit ((voir mon billet du 4 mai 2013, « Gatineau-Ottawa : courbe immotivée ? »).
La carte, dressée par Jacques Delisle, c.a., provient d'une publication de la Ville de Hull pour le centième anniversaire de son incorporation.


Naïvement, je croyais être né dans l'île de Hull. Je me trompais, je suis né dans le Vieux Hull (ce qui ne me rajeunit pas). L'île de Hull est ma cadette, ma petite sœur (ça ne me rajeunit pas davantage).

Pour les Hullois, l'expression île de Hull (ou Île de Hull, ou Île-de-Hull, selon les sources, dont je respecte l'orthographe dans les citations) décrit une réalité si incontestable et si évidente qu'elle se formule d'elle-même. Hull est née dans l'île du canton de Hull et a été longtemps confinée à ce morceau de terre entouré par l'Outaouais et le ruisseau de la Brasserie - lequel n'est en réalité qu'un bras de l'Outaouais (voir carte).

Loin de remonter aux premiers chapitres de l'histoire de Hull, cette dénomination semble être née dans les années 1960, à la suite des bouleversements de la Révolution tranquille et des mouvements de revendications et de contestation populaires, notamment contre les expropriations qui ont reconfiguré (ou défiguré...) l'ancien centre-ville commercial et industriel de la ville et son quartier ouvrier. Pour rappel, voir mon billet du 31 janvier 2020 sur Les Dépossédés du Vieux-Hull, de Pierre Raphaël Pelletier. Pelletier relate l’histoire d’un quartier populaire, d’un quartier ouvrier. Entre 1969 et 1975, 1600 1500 maisons sont démolies, 6000 familles personnes sont expulsées de façon cavalière pour faire place aux édifices fédéraux et provinciaux. Les Dépossédés du Vieux-Hull remémorent le drame des gagne-petit arrachés à leur cadre de vie, aux liens familiaux et sociaux qui tissaient la trame de leur existence. L'île de Hull - ou le Vieux-Hull - a été saccagée, ce qu'on ne pouvait exproprier - l'église Notre-Dame, l'hôtel de ville - a opportunément disparu en fumée. Magouilles financières et tripotages politiques l’ont emporté ; l'omerta clouait les lèvres. Protestations et contestations n’ont rien changé à l’affaire.

Chronologie


L’ouvrage Le Nord de l'Outaouais (1938) ignore l'expression île de Hull. Ses auteurs (pour la majorité des ecclésiastiques) préfèrent la découpe du territoire en paroisses, les deux premières fondatrices, Notre-Dame-de-Grâce et Très-Saint-Rédempteur, étant situées dans l'île. On chercherait aussi en vain dans ses pages l'expression vieux Hull. Bilan identique pour le livre de l'historien Brault (1950). On parle de Wrightstown ou du village de Hull avant l'incorporation de 1875, de Hull, de la cité de Hull, de la ville de Hull pour l’époque suivante, jamais de l'île ou du vieux Hull.

Quand a-t-on commencé à parler de l’île de Hull ?

Poirier (1986, p. 317) nous apprend dans Qui a volé la rue Principale ? que l'A.G.I.H. (Assemblée générale de l'Île de Hull) a été fondée en août 1968. C'est la plus ancienne attestation du nom que j'ai pu trouver. Dans un texte postérieur, le même auteur écrit :

L'évêque fondateur [du diocèse de Gatineau-Hull] avait déjà installé [en 1963] la cathédrale et l'évêché du diocèse dans ce qu'on appelait alors le « Vieux Hull » et qui est devenu par la suite l'« Île de Hull » (Poirier, 1995).


Le survol de l'ouvrage de Poirier (1986) ne permet de repérer que de rares occurrences de la dénomination vieux Hull, dont l'une pour rappeler la déclaration de l'ancien député libéral à Québec Oswald Parent selon laquelle il comptait parmi ses regrets celui de « n'avoir pas réussi à faire disparaître le vieux Hull (Le Droit, 17 mai 1985, p. 13 ; cité par Poirier, 1986, p. 18). »

Rapidement, le nouveau toponyme s’ancre dans l'usage et trouve place dans les textes administratifs et officiels. On peut trouver un exemple de son emploi dans les résolutions du conseil municipal en parcourant la thèse de Legris-Dumontier (2014, p. 98). Dans l'Histoire de l'Outaouais (Gaffield, dir., 1975), l'île de Hull apparaît à la page 472, lorsqu'il s'agit de citer le rapport de la CCN intitulé Hull 1969-1995 (1969). Jusque-là, l'ouvrage ne parlait que du centre-ville, centre de Hull - mais aussi du vieux Hull, précisons-le
.

L'île de Hull serait donc née dans les milieux communautaires entre 1963 et 1968 ; en 1969, elle fréquentait le grand et vaste monde. 

Mon avis très humblement soumis à votre sagacité est que l'expression île de Hull serait l'enfant de la Révolution tranquille et de l’émancipation du Québec de la tutelle de l'Église catholique ; se référer aux paroisses, comme cela avait toujours été fait, était sans doute devenu obsolète, voir dérangeant. Le nouveau nom de baptême (façon de parler), île de Hull, aurait consacré la laïcisation de la géographie urbaine et sociale*. La dénomination permettait en plus de rassembler en un tout l’ensemble de la population de l'île, répartie en plusieurs paroisses et affiliations religieuses. Elle est peut-être venue à point pour remplacer l'expression Vieux-Hull, sentie comme péjorative. Mais ceci est une autre hypothèse de ma part... L'historien Raymond Ouimet, conseillé du quartier Frontenac en 1982, m'a confié comme pour confirmer mon intuition que plusieurs de ses concitoyens de l'époque détestaient l'expression Vieux-Hull. « Et je n'ai jamais compris pourquoi. Pourtant nous aimons bien Vieux-Québec ! » ajoute-t-il. Mais ces gens qui s’étaient fait dire qu’ils habitaient des taudis, que leur quartier était un bidonville ont sans doute eu un sursaut de fierté et susceptibilité bien compréhensible.
* Laïcisation qui s’est faite avec le concours et la bénédiction, pourrait-on dire, de l’Église de Gatineau-Hull. Voir Poirier (1986, 1995). Petite note supplémentaire. - En 1972, les quatre paroisses de l'île de Hull (Notre-Dame-de-Grâce, Très-Saint-Rédempteur, Sainte-Bernadette, Sacré-Coeur) sont regroupées dans la la Zone de l'Île de Hull ; enfin, en 1982, la paroisse Notre-Dame de l'Île est officiellement érigée par l'archevêché. (Source : Boucher, 1988, p. 26.) Il est ironique de voir que l'Église catholique, qui a déterminé l'espace civique avec ses paroisses et ses toponymes s'est d'abord effacée, laissant cet espace se définir et se nommer lui-même (Île-de-Hull) pour, à la fin, dans un mouvement inverse, couler ses paroisses dans ce même espace civique et lui emprunter ses toponymes...

Ainsi, la polyvalente de l'Île, située à l'angle de la rue St-Rédempteur et du boulevard Sacré-Cœur, aurait, si on avait suivi les façons anciennes, porté le nom de polyvalente St-Rédempteur ou du Sacré-Cœur lorsqu'elle a ouvert ses portes en 1976.

Selon la Commission de toponymie du Québec, le toponyme Île de Hull aurait été officiellement adopté le 24 avril 1992, longtemps après sa banalisation, donc. 

Conclusion


Le toponyme Île de Hull, on l’a vu, serait apparu entre 1963 et 1968 dans les milieux communautaires pour remplacer celui de Vieux Hull et se superposer aux découpage municipal et paroissial. Bizarre comme l'expression, si courante aujourd'hui, semble dater de toujours. Elle s'est imposée tout naturellement et on peut se demander pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour qu'elle apparaisse tant elle décrivait une évidence. Bien des auteurs utilisent ce toponyme de façon anachronique, comme s’il datait des débuts de la ville.

Mais le vieux Hull ne s'est pas effacé pour autant. 

En 1975, encore, Pierre Gaudet a fait paraître un sombre pamphlet sur l'état d'aliénation de l'île sans jamais employer une autre expression que « le Vieux Hull ». L'expression Vieux-Hull ou vieux Hull est toujours en usage, cf. Les Dépossédés du Vieux-Hull, de Pierre Raphaël Pelletier, évoqué plus haut. Les vieux toponymes ne disparaissent pas comme ça - témoin l'obstination de plusieurs à parler de Hull plutôt que Gatineau.

À partir de quand le Vieux Hull a-t-il été assez vieux pour mériter de s'appeler ainsi ? Cinq-Mars, dans Hull, son origine, ses progrès, son avenir (1908), ne connaît pas de vieux Hull. Mais il faut dire qu'à l'époque, il ne restait guère de vieux bâtiments à Hull puisque le feu de 1900 avait rasé 40% de la ville. (Voir « Le grand feu de Hull », blogue de Raymond Ouimet.)

Comme Brault semble ignorer l'expression vieux Hull encore en 1950 (sous réserve d’une relecture plus attentive de son ouvrage), il faut supposer que le vieux Hull est relativement jeune, toponomyquement parlant. Pourtant, Pierre Raphaël Pelletier assure que, dans les années 1950, la population était fière de son Vieux-Hull.

Autre question : qui est le génie qui a trouvé la dénomination île de Hull ? Avait-il prévu le succès de sa trouvaille ? Et celle du vieux Hull ?

Je termine piteusement ce texte en vous implorant de me communiquer ce que vous savez sur ces questions de toponymie hulloise, moi, j’ai dit tout ce que je sais.

Sources

  • BOUCHER, Romuald, « La paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Hull », dans : VILLEMAIRE, Luc (coord.), Outaouais : le Hull disparu, Institut d'histoire et de recherches sur l'Outaouais Inc. (IHRO), 1988, p. 23-28.
  • BRAULT, Lucien. Hull 1800-1950. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1950, 262p.
  • CINQ-MARS, Ernest E., Hull, son origine, ses progrès, son avenir. Éditeurs Bérubé frères, 1908.
  • COLLECTIF, Le nord de l’Outaouais : Manuel-Répertoire d’Histoire et de Géographie régionalesLe Droit, Ottawa, 1938, 396 p.
  • GAFFIELD, Chad, dir., Histoire de l'Outaouais, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, coll. «Les régions du Québec», n° 6, 1994, 876 p.
  • GAUDET, Pierre, « Le Vieux Hull », Co-incidences, vol. 5, nos 2-3, mars-avril, oct.-nov., p. 5-25, 1975, revue des étudiants en lettres françaises de l'université d'Ottawa.
  • LEGRIS-DUMONTIER, Sophie-Hélène, La Commission de la capitale nationale et l’Île de Hull : entre identité nationale et conscience régionale (1959-1979), thèse présentée à la Faculté des études supérieures et postdoctorales à titre d’exigence partielle en vue de l’obtention de la maîtrise ès arts en histoire, Université d’Ottawa, 2014.
  • OUIMET, Raymond, Une ville en flammes, Hull, éd. Vents d'Ouest, 1997.
  • PELLETIER, Pierre Raphaël, Les Dépossédés du Vieux-Hull : récit poétique, Ottawa, Les Éditions David, coll. « Indociles », 2020, 144 p. http://geo-outaouais.blogspot.com/2020/01/les-depossedes-du-vieux-hull-recit.html
  • POIRIER, Roger, Qui a volé la rue principale ?, Montréal, éditions Départ, 1986, 331 p.
  • POIRIER, Roger, « Engagement social du diocèse Gatineau-Hull (1963-1987). » Nouvelles pratiques sociales, 8 (1), 173–183, 1995.

mercredi 30 décembre 2020

L'île Hull à Ottawa ?

 

L'île Hull, à Hull (Gatineau), le 7 juillet 2014, en face de l'Île-de-Hull (ne pas confondre !). Le saule n'a pas résisté à la crue historique de 2017 (voir billet du 11 sept. 2019, « Désolation sur l'île Hull ».)
La photo a été prise depuis le belvédère derrière la Cour suprême, à Ottawa. 
Les mouettes manquent à l'appel (lire l'article pour saisir l'allusion.)










L'habitude d'agir avec désinvolture lorsqu'il s'agit de créer ou de manipuler les cartes semble décidément bien implantée. 

Dans un billet publié le 31 mai 2020 (« Frontière Gatineau-Ottawa déplacée ? »), je dénonçais cette manie qu'avaient prise les éditeurs et diffuseurs de cartes (Google et autres) de faire flotter la frontière Québec-Ontario dans la rivière des Outaouais sans égards aux conventions reconnues et acceptées. Il leur arrive de la faire dériver au point que des îles changent de province - toujours à l'avantage de l'Ontario. Leur sens de l'initiative (ou leur sans-gêne) va jusqu'à débaptiser d'autorité des îles qui ont pourtant des toponymes reconnus (voir billet du 6 juin 2020, « Comment Isaac est devenu Kate sans cesser d'être île »). 

Pour tout cette discussion, prière de vous référez aux cartes reproduites plus bas.

On peut ajouter à ces annexions sournoises et à ces changements de noms intempestifs le cas de l'île Hull, île québécoise entre l'Île-de-Hull (ne pas confondre !), à Gatineau, et le promontoire de la Cour suprême, à Ottawa. Anciennement nommée Lone Pine Island (voir billet du 19 avril 2014), elle est depuis longtemps identifié sous le toponyme île Hull sur les cartes topographiques officielles. (Notez que si ce toponyme n'est pas reconnu par la Commission de toponymie du Québec ni inclus dans la base de données toponymiques du Canada, le fait qu'il apparaisse sur les cartes éditées par le gouvernement du Canada lui donne une légitimité certaine.)

Des éditeurs de cartes modernes l'ont renommée Île aux Mouettes - ce qui est descriptif, sans conteste, et tout à fait juste, du moins une partie de l'année, mais néanmoins abusif puisqu'elle a déjà un nom - ; dans certains cas, la frontière est déplacée vers le nord ce qui annexe l'île Hull à l'Ontario. 

Un morceau de Hull dans Ottawa ?... Et combien d'îles dans l'Outaouais pourraient se décrire comme « île aux Mouettes » ?... Presque toutes.

Une certaine légèreté semble décidément présider à l'édition des cartes privées (Google et autres, pour ne pas les nommer), souvent reprises par les autorités publiques. Je pourrais multiplier les démonstrations pour illustrer mon propos. Je me suis limité ici qu'à un nombre restreint d'exemples. 

Lors de la parution de mon billet du 31 mai 2020 (lien plus haut), Luc Villemaire m'a transmis un document rédigé sous la direction de l’arpenteur géomètre Marie Boutin, Intégrité du territoire Québécois. (J'en ai fait mention par un ajout dans le billet.) Selon ce document, la question de la frontière Québec-Ontario entre Hull et Ottawa est bien réglée :

« Le segment [de la frontière Québec-Ontario] de l'Outaouais est une frontière bien délimitée que les provinces n'ont pas mis en doute. En effet, les textes sont clairs, valides et précis (aussi bien les textes de lois que les levés d'arpentages); la limite est '' le milieu du chenal principal de la rivière des Outaouais ''. Il reste cependant que cette limite interprovinciale devrait être démarquée de façon définitive. »

Il reste aussi aux éditeurs de cartes à se mettre au courant de cette « frontière bien délimitée que les provinces n'ont pas mis en doute »... 

Je renonce à contacter Google, l'ayant déjà fait sans obtenir la moindre réponse (voir le billet du 4 mai 2013, intitulé « Courbe immotivée »).


Carte bathymétrique de l'Outaouais (détail) : carte « officielle » s'il en est. L'île Hull, au centre, est bel et bien du côté québécois de la frontière (ligne tiretée noire). 
Service hydrographique du Canada, ministère des Pêches et des Océans, Rivière des Outaouais : Papineauville à Ottawa, Québec-Ontario. Carte marine no 1515, 1/20 000, 1998, corrigée 2005-12-02.


Détail de l'Ottawa Topographic Map (OTM) de l'Université Carleton d'Ottawa, saisie d'écran, juin 2020. Aucun reproche à formuler à l'encontre de ce travail. La frontière Québec-Ontario est correctement reportée. IH (blanc) : île Hull, en partie noyée sous les eaux en crue de la rivière ; elle est bien au Québec.


Détail de la même Ottawa Topographic Map (OTM) de l'Université Carleton d'Ottawa, sans la couche de la photo satellite, saisie d'écran, juin 2020. L'île Hull est débaptisée « Île aux Mouettes » (à droite) et le tracé abusivement rectiligne de la frontière la place en Ontario. Ironiquement, l'île est nommée mais non représentée...
Comme si ce n'était pas assez, tout le secteur des Chaudières passe en Ontario : comparez avec le détail précédant et avec la carte de Google plus bas. (Voir billet du 31 mai 2020, « Frontière Gatineau-Ottawa déplacée ? ».)
La légende de la carte contient ce passage : « CAD and GIS files are available for direct download. Files were originally downloaded in April 2016 from the City of Ottawa Open Data Website. »


Carte provenant de l'application Topo Maps Canada de David Crawshay (détail, saisie d'écran juin 2020.) Frontière Québc-Ontario incorrecte au milieu de la rivière des Outaouais. 
Elle utilise le même fond que la carte de l'OTM, plus haut. Les erreurs se perpétuent et se répandent ainsi...


Carte : 1913. - Version en couleur d'une carte de 1902. Lone Pine Id (détail encadré à droite) : actuelle ile Hull. Qu'importe son nom, l'île est située du côté québécois de la frontière, à Hull. 
Carte photographiée à main levée, distorsions possibles. Twentheth Century Map City of Ottawa and Vicinity. 600 f./inch. A.S. Woodburn, Ottawa, 1913 (détail).


Carte topographique du gouvernement du Canada : 1923-1925. - J'ai identifié l'île Hull par IH en rouge ; toujours en rouge, j'ai souligné des segments de la frontière Québec-Ontario : l'ìle Hull est bien au Québec. 
Carte topographique : 1971. - Hull I(sland), du côté québécois de la frontière.


Carte topographique : 1976. - Île Hull (francisée), du côté québécois de la frontière. Même secteur que la carte de 1971.


Atlas de la Ville de Gatineau, saisie d'écran, juin 2020. La frontière Québec-Ontario passe au sud de l'île Hull (à droite, anonyme sur la carte).


Carte Google (2013). - J'ai corrigé la frontière en rouge (au centre). (Voir le billet du 4 mai 2013, intitulé « Courbe immotivée »). L'île Hull, à droite (sans nom), est au Québec. Google est exact sur ce point...



L'île Hull a longtemps porté le nom de Lone Pine Island. Et pourquoi pas Two Pines Island ? Elle est au milieu de la rivière, à droite. Ottawa (Byrown) avant le Parlement : Edmund Willoughby Sewell (1800-1890), (titre original :) View of Barrack Hill and the Ottawa River at Bytown (Ottawa), ca. 1843-1859, huile sur toile. Bibliothèque et Archives Canada, C-011047, no MIKAN 2837003


Vue de l'Outaouais depuis la Colline du Parlement (vers 1922). - L'île Hull, à droite, plus verte qu'aujourd'hui, mais quand même privée de son (ses) pin(s) solitaire(s). Le pont de la Chaudière, à la droite du centre de la photo.
Anonyme, vers 1922, plaque sèche à la gélatine, MP-0000.25.176, © Musée McCord.


jeudi 24 décembre 2020

Hors sujet : la Babine vue de loin


Les promenades du Lac-des-Fées (à gauche, à l'est) et de la Gatineau (à droite, à l'ouest) encadrant le lac des Fées. Photo prise depuis le sommet de l'amphithéâtre naturel au nord du lac ; visée vers le SE ; le sanatorium Saint-Laurent, à l'horizon, futur hôpital Pierre-Janet. 

La Babine est au niveau du sanatorium, hors de vue.


J'ai trouvé ce cliché dans un tweet de la Ville de Gatineau. Selon le tweet, il date du 4 mai 1957. Sa provenance n'est pas indiquée. Notez que le tweet inverse l'ordre des promenades.

Voir les autres billets sur la Babine (LIEN).


mercredi 23 décembre 2020

Voeux majeurs




Photo : Noël en Outaouais. 
(On peut rêver.)


Petite annonce

Échangerais année bissextile délirante passée en apnée contre année normale majeure* et vaccinée où l'on pourra respirer un peu.


*Jusqu'à une époque récente on n'était majeur qu'à 21 ans ; ce siècle (ce millénaire ?) sera donc majeur sans conteste à partir du premier janvier 2021.

Bref, je vous souhaite une BONNE ANNÉE 2021 sans Lysol ni isolement, sans masques ni gestes barrières, avec possibilité d'être enfin proches de vos proches !

Pour le moment, comme nous sommes encore en 2020, passez de JOYEUSES FÊTES en attendant l'année nouvelle !

(Non, je ne donne pas de becs.)

Henri

PS1. - Si nous étions en 2020 avant J.C., nous nous apprêterions à commencer l'année 2019. Vieillir à reculons devait avoir un certain charme.

PS2. - Si la journée vous paraît plus longue, ce n'est pas nécessairement parce que nous avons passé le solstice d'hiver, c'est peut-être parce qu'elle est ennuyante, tout simplement.