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mercredi 26 juillet 2017

Adieu, stromatopores de la promenade Sussex



Fig. 1. - Deux stromatopores datant de l'Ordovicien (485-443 Ma), promenade Sussex, à Ottawa, révélés par l'altération du calcaire. Photo 28 janv. 2012. Voir fig. 2a et 2b.


Ce blogue a eu l'occasion déjà de déplorer des disparitions. Celle des pagaies du monument des Voyageurs (13 juillet 2017), du saule de l'Île-Hull (8 juin 2017) et de la falaise de calcaire du boulevard Maisonneuve (20 mai 2014), toutes ayant eu pour cadre la Ville de Hull (Gatineau). En voici une nouvelle, d'une moindre ampleur, touchant la Ville d'Ottawa cette fois.

Les stromatopores de la façade du 459, promenade Sussex, à Ottawa (voir le billet du 1er nov. 2012 pour en savoir un peu plus sur ces fossiles), préservés jusqu'à récemment dans un calcaire ordovicien (485-443 Ma), n'ont pas survécu aux travaux de restauration qui se tiennent cet été. J'ignore si les vieilles pierres ont été remplacées ou si on s'est contenté de retravailler leur surface (je penche pour la première hypothèse : comparez les fig. 3 et 4). Le résultat dans les deux cas est le même : les stromatopores ont disparus. La perte n'est pas immense au point de vue scientifique. C'est un deuil strictement personnel, ces charmants fossiles étaient devenus des points de repère familiers dans mes promenades.

Le 457-459 Sussex fait partie des bâtiments patrimoniaux de la Ville d'Ottawa. Il a été construit en 1850 par l'architecte King Arnoldi. L'édifice avait vocation d'accueillir des commerces et des bureaux. Il est propriété de la Commission de la capitale nationale (CCN) depuis 1961. (Voir Wikipedia (l'édifice porte le no 4715) et Lieux patrimoniaux du Canada.)

La pierre calcaire abonde à Ottawa et les environs, les carrières étaient nombreuses autrefois (voir le billet du 9 sept. 2015 sur les carrières à Hull). On a utilisé le calcaire local pour construire les édifices de la promenade Sussex. Je me demande cependant d'où provient le calcaire neuf utilisé pour la restauration. Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'il a été plus simple de le faire venir d'ailleurs. C'est comme si le Sahara importait du sable. Quant à interroger la CCN... La Commission semble avoir les Portugaises ensablées quand je m'adresse à elle.

Savez-vous que le site de l'Eozoon canadense est menacé par un développement domiciliaire ? (Voir billet du 3 févr. 2017.) La suite dans un prochain billet.



Fig. 2a. - Gros plan du gros stromatopore en dôme de la fig. 1. Largeur de l'individu : env. 20 cm. La rouille a dû contribuer à la desquamation du calcaire et à la mise au jour du fossile.



Fig. 2b. - Gros plan du petit stromatopore de la fig. 1. 



Fig. 3. - État des lieux le 28 janv. 2012. Les stromatopores sont au centre de la photo.



Fig. 4a. - État des lieux le 25 juillet 2017. La vieille pierre a été remplacée par neuve, fraîchement bouchardée.



Fig. 5. - Le 457-459 promenade Sussex, Ottawa. Photo Margaret Coleman, Canadian Parks Service, 1988.


AJOUT (8 mai 2019)
459, prom. Sussex, 6 mai 2019.


La pierre qui portait le stromatopore est marquée d'un X. Photo 6 mai 2019.

mardi 9 juin 2015

Pêche aux céphalopodes à Val-Tétreau



Fig. 1a. Segment de l'orthocône d'un céphalopode découvert en creusant le sous-dol d'une maison du quartier Val-Tétreau, à Gatineau (Québec). Âge : Ordovicien moyen (env. 465 millions d'années). Largeur du cône env. 8 cm. J'ignore si un spécimen de cette taille est exceptionnel dans la région. Photo Rémi Lemieux (blogue «En usant mes bottines...»), juin 2015.


Ce qui est bien aujourd'hui, c'est que tout le monde est au moins aussi savant que Wikipedia. Pourquoi se casser la tête à rédiger un texte exhaustif puisque vous savez déjà (virtuellement) tout sur le sujet (qu'importe le sujet). En conséquence, je n'ai pas besoin de vous apprendre que les céphalopodes forment l'une des nombreuses classes de l'embranchement des mollusques. Les pieuvres, calmars, seiches et autres nautiles appartiennent à cette population apparue dans les mers de la fin du Cambrien il y a 500 millions d'années. C'est dire que les céphalopodes ont toutes les raisons de regarder de haut les nouveaux venus que nous sommes sur Terre.

Si un nautile a une coquille enroulée en spirale de forme caractéristique (cf. les ammonites, mais Wikiki et vous savez déjà ça...), les céphalopodes illustrés ici, non moins caractéristiques, possédent un cornet, pardon, une coquille droite et effilée. Les plus grands de ces orthocônes atteignaient 5 m de long.

Pour les amateurs, le quartier Val-Tétreau, à Gatineau (Québec), semble un terrain de chasse propice à la chasse (pêche ?) aux céphalopodes. Durant les étiages, la rivière se retire d'une plate-forme de calcaire attachée à la rive du parc Brébeuf (45.417740, -75.744836) et il n'y a qu'à se pencher pour voir les spécimens (fig. 3). On peut aussi creuser le sous-sol des maisons du quartier et faire d'impressionnantes découvertes (fig. 1a-c) ! L'accord du propriétaire est toutefois un préalable indispensable à l'entreprise de ces fouilles résidentielles, à l'abri du soleil.

Le calcaire de Val-Tétreau (partie de la plate-forme du Saint-Laurent) remonte à l'Ordovicien moyen (472-461 Ma) et appartient au groupe d'Ottawa (calcaire de Trenton).



Fig. 1b. Raboutage du spécimen. Photo Rémi Lemieux, juin 2015.



Fig. 1c. Vue en coupe. Photo Rémi Lemieux, juin 2015.



Fig. 2. Deux orthocônes de céphalopodes ramenés de la rivière des Outaouais, Val-Tétreau, par Jocelyne Pelletier, en sept. 2007. Longueur des spécimens : un peu plus de 15 cm.



Fig. 3. Mes propres trouvailles sont moins spectaculaires. Plate-forme calcaire du parc Brébeuf, rivière des Outaouais, Val-Tétreau, Gatineau (Qc). Photo (contraste accentué) nov. 2007. La pièce de cinq cents canadiens mesure 21 mm de diamètre.

mardi 20 mai 2014

À bas la falaise !


Fig. 1. – Octobre 2012, boul. Maisonneuve, à Gatineau (côté ouest) : on construit, et la partie éloignée de la tranchée de calcaire gris est disparue sous de nouveaux «embellissements» (rose et gris au loin).


Fig. 2. – 18 mai 2014, même site. On démoli ce qui reste du banc de calcaire.


Disparition d'une falaise.

Déjà que des sections en ont été murées au cours des récentes années (fig. 1).

J'ai beaucoup appris sur les structures des roches sédimentaires à étudier cet affleurement décrit dans plusieurs travaux, dont ceux de Kiernan (1999).

J'y ai découvert de beaux coraux* fossiles en position de croissance (fig. 3). J'avais préféré les laisser in situ, me disant qu'ils ne gagneraient rien à être transplantés dans mes étagères à accumuler de la poussière.

On y trouvait aussi des lits et des nodules de chert noir (fig. 5), des stromatopores (fig. 4)* et des tas de structures sédimentaires qu'il serait un peu long de décrire ici (une autre fois). Maintenant, tout ça est déjà ou est à a veille d'être pulvérisé en crusched stone.

Reste, pour l'instant, l'autre côté de la tranchée du boulevard (fig.6). Comme la roche sert de fondation à un building, sa survie à cet endroit est assurée. Au pire, on l'«embellira». (Je ne devrais pas leur donner des idées.)

L'Île-de-Hull a été bâtie en calcaire sur un socle calcaire. Maintenant, par une étrange pruderie, dès qu'un petit bout de calcaire est apparent, on le cache vite sous le béton ou on le détruit. 

* Sous toutes réserves, je ne suis pas spécialiste en fossiles.

Référence



Fig. 3a. – Octobre 2012. Coraux fossiles (ordre Rugosa)*, en position de croissance dans le calcaire ordovicien.


Fig. 3b. – Les mêmes, vus de haut.



Fig. 4. – Octobre 2012. Stromatophore (?)*



Fig. 5a. – Octobre 2012. Calcaire, structures sédimentaires et cherts (lignes et nodules noirs).


Fig. 5b. – Détail des nodules de chert.


Fig. 6. – Février 2012. Côté est de la tranchée du boulevard Maisonneuve. La chose est beaucoup plus belle de près que de loin. Une autre fois, peut-être...

samedi 16 novembre 2013

Retour à la carrière Lang's


Fig. 1. Clair : stromatolites(?) et «other curved shapes of uncertain origin» 
de Fryson (lien plus haut). Sombre : calcaire à stratifications obliques.
(Photo 9 nov. 2013)



Résumé et liens

Stromatolites(?..., etc.) dans un calcaire bioclastique ordovicien (490-445 millions d'années) aux stratifications entrecroisées, à Ottawa.
Localisation
Carrière Lang's, Ottawa ON, angle chemin Lang's et Greenhill Way
45.447135,-75.636441
Voir billet (ce blogue) sur le même site
«Stromatolites ?...», 10 nov. 2013
  Autres billets (ce blogue) sur les stromatolites
«Colonie de stromatolites à Gatineau», 8 nov. 2009
«Stromatolites du Transitway, à Ottawa : suite», 1er nov. 2011
Lien (vers un autre site Internet)
Manor Park: Geology, par W.K. Fyson (site 2G)




Je ne peux me détacher des photos que j'ai ramenées de la carrière Lang's, à Ottawa.

La question de l'identification des ces entités ductiles à l'aspect amiboïde (sauf respect que je leur dois) fossilisées dans le calcaire n'a pas progressé, du moins pas autant que je l'aurais espéré. J'ai mon idée, déjà exprimée dans mon billet du 10 novembre (lien plus haut, dans «Résumé»).

En attendant le fin mot, reste que l'examen des photos révèle des paysages fascinants. À suivre...


Fig. 2. Vue rapprochée du mur de calcaire de la fig. 1.


Fig. 3. Gros plan sur la fig. 2. Cratères arrondis et rouille interne.


Fig. 4. Zoom encore plus rapproché sur la fig. 2. Intérieur rouillé révélé par la chute d'une «croûte» de la pierre. Ça me rappelle la photo d'une autre formation non identifiée (stromatolite ou stromatopore) : voir les deux premières photos de cet ancien billet.


Fig. 5. Nouveau détail de la fig. 2. Les sillons obliques parallèles sont des joints ou fractures creusés par l'érosion. Des débris de fossiles (bioclastes) se sont déposés en couches ou ont rempli les interstices entre les grands éléments aux formes souples. Identifications à venir.


Fig. 6. Vue rapprochée de la fig. précédente. Amas de sédiments s'étaent adapté à l'espace disponible entre les «curved shapes» de Fyson (lien plus haut).


Fig. 7. Gros plan des stromatolites(?) de la fig. 9 du billet du 10 nov. 2013 (lien plus haut). Au dessus, les stratifications du calcaire. (Photo 9 nov. 2013)


Fig. 8. Pour comparaison avec les fig. 1 et 2. © P.-A. Bourque. Légende originale : «Empilement de stromatopores globulaires formant pratiquement 80% de la roche. Un tel empilement se retrouve en général dans la partie arrière-récifale. Silurien de Gotland.» La comparaison des autres stromatopores illustrés par Bourque avec le stromatolite(?) de la fig. 7 montre la difficulté qu'il peut y avoir de distinguer à coup sûr entre stromatolites et stromatopores.

dimanche 10 novembre 2013

Stromatolites ? et aveu d'ignorance (ajouts)


Fig. 1. Détail d'un méli-mélo ordovicien à la carrière Lang's, à Ottawa. Le blanc : graffiti. (Photo 9 nov. 2013)


Résumé

Stromatolites(?..., etc.) dans un calcaire bioclastique ordovicien (490-445 millions d'années) aux stratifications entrecroisées, à Ottawa.
Localisation
Carrière Lang's, Ottawa ON, angle chemin Lang's et Greenhill Way
45.447135,-75.636441
Autre billet (ce blogue) sur le même site
«Démolition méthodique», 9 nov. 2013
Autres billets (ce blogue) sur les stromatolites
«Colonie de stromatolites à Gatineau», 8 nov. 2009
«Stromatolites du Transitway, à Ottawa : suite», 1er nov. 2011
Lien (vers un autre site Internet)
Manor Park: Geology, par W.K. Fyson (site 2G)
Photos
9 novembre 2013, sauf mention contraire.



C'est le guide géologique de l'est d'Ottawa rédigé par Fyson (2004 ; lien plus haut) qui m'a amené à visiter la carrière Lang's. Au sommet de la muraille orientale, on trouve des stromatolites(?..., etc.) qui ne manquent pas, ma fois, d'une certaine allure. Ils forment une couche d'un peu moins d'un m d'épaisseur dans un calcaire ordovicien (490-445 millions d'années). La teinte claire des stromatolites(?..., etc.) et leur structure complexe tranchent avec l'empilement des lamines sombres du calcaire bioclastique grossier qui les recouvre. Les grains, ou bioclastes (morceaux de fossiles brisés) du calcaire comblent les inégalités de la surface supérieure des stromatolites(?..., etc.) et emplissent les interstices qui subsistent entre eux. Ajouter à tout ça quelques coraux isolés.

Des stratifications entrecroisées dans le calcaire ont enregistré les changements de direction des courants soumarins.

«Stromatolite fossils marked by curved, upwardly convex laminations. [...] These and other curved shapes of uncertain origin lie within fine to coarsely fragmental bioclastic limestone.» (Fryson, légende de sa photo no 15, lien plus haut ; le gras est de moi. Voir aussi la fig. 9 du présent billet.)

Les «other curved shapes of uncertain origin» m'embêtent un peu. Je fais mes premiers pas dans le domaine des fossiles – mes sujets de prédilection sont les roches métamorphiques et les déformations tectoniques – aussi, je n'ose pas trop gloser sur ces entités qui dessinent un si bel ensemble convoluté (fig. 2 et 3). Alors, que sont ces autres formes courbes, des stromatopores ? (Voir cet ancien billet.) Ou ?...

Quand les sources mieux informées que lui sèchent devant le problème, que peut le novice ?

Si quelqu'un de plus savant que moi en ce domaine (pas difficile à trouver) savait de quoi tout ça retourne, je lui serait très reconnaissant de rédiger un petit commentaire à ce billet.

J'hésitais à parler de la carrière Lang's parce que je savais que mes descriptions ne seraient pas à la hauteur de l'intérêt du site. Mais on ne risque pas de commettre trop de bêtises en montant quelque chose ou en signalant son existence. Par contre, je dois semer le texte du présent billet de points d'interrogation envahissants.

J'avoue être émerveillé par cette muraille de formes de vie proliférantes où l'on peut surprendre le jeu des courants marins, le roulement de particules transportés par des tempêtes vieilles d'un demi milliard d'années.

Ce qui remet nos petites tempêtes dans un verre d'eau à leur juste place.


Clarification (13 nov. 2013)

«Les stromatoporoïdés (on dit plus simplement stromatopores) sont des organismes aujourd'hui disparus et dont l'affinité biologique a longtemps intrigué les paléontologues. On les a considérés comme des hydrozoaires, des cnidaires ou même des stromatolites, mais aujourd'hui il y a un assez fort concensus [sic] pour les considérer comme un groupe particulier d'éponges, les calcispongiaires, éponges au squelette massivement calcifié.» (Source : P.-A. Bourque.)

Voyez la sixième photo de la page de Bourque («Empilement de stromatopores globulaires...») et comparez avec les fig. 2 et 3 de ce billet.

Les stromatopores sont des organismes benthiques à structure en feuillets qui les rend, du moins à mes yeux, parfois difficiles à distinguer des stromatolites, édifiés par un empilement de lamines successives (voir liens sur les stromatolites dans «Résumé».)

La seule source qui traite de la carrière Lang's (Williams et Telford, 1986), outre celle utilisée pour rédiger le présent billet (Fryson, 2004), décrit un calcaire bioclastique parcouru de stratifications entrecroisées et contenant des stromatoporoïdés.

Les «curved shapes of uncertain origin» de Fryson seraient-ils les stromatoporoïdés de Williams et Telford ? Finalement, y a-t-il aussi de vétitables stromatolites à la carrière Lang’s ? Je n'ose pas me prononcer. Mais le calcaire de la carrière Lang's est assigné par Williams et Telford à la formation de Bobcaygeon, la seule de la région d'Ottawa à contenir des stromatopores (Williams et al., 1992). Elle contient aussi des stromatolites, sans que ce soit un trait distinctif cependant.

Réf. : Williams, D. and P.G. Telford, 1986. Paleozoic Geology of the Ottawa Area. Geological Association of Canada, Mineralogical Association of Canada, Canadian Geophysical Union, Joint Annual Meeting, Ottawa '86, Field Trip 8: Guidebook, 25 p. (Carrière Lang's : site 4-2A.)

Williams, D.A., P.G. Telford, A.D. McCracken and F.R. Brunton, 1992. Cambrian-Ordovician Geology of the Ottawa Region. Geological Association of Canada, Canadian Museum of Nature, CPC-II Ottawa '92, Canadian Paleontology Conference, Field Trip Guidebook No. 2, 51 p.


Fig. 2. Les stromatolites(?..., etc.) dessinant leurs
convolutions sous les stratifications entrecroisées du calcaire bioclastique.


Fig. 3. La couche de stromatolites(?) et des «other curved shapes of uncertain origin» se poursuit sur plusieurs m. J'ai pris les photos sur une petite corniche de moins d'un m de large qui longe la formation des stromatolites au sommet de la falaise (voir fig. 7). Dans un pareil cas, prendre assez de recul pour saisir un large panorama présente un certain danger.


Fig. 4. Détail rapproché des stratifications entrecroisées en haut (changements dans la direction des courants marins).


Fig. 5. Autre détail.


Fig. 6. Stratifications entrecroisées soulignées ou recoupées ici et là par l'érosion le long de lignes de faiblesse.


Fig. 7. Falaise est de la carrière Lang's. Au sommet, à droite : mur d'où proviennent les photos : on aperçoit la zone claire des stromatolites(?..., etc.), etc. de la fig. 2. (Photo 3 déc. 2011)


Fig. 8. Carte topo de 1963 montrant la carrière Lang's, au centre (échelle 1/20 000). L'artère, au sud, est le chemin de Montréal ; l'hôpital Montfort est à gauche. Les courbes de niveau sont en pieds (300 pieds = 90 m).




Fig. 9 (ajout après mise en ligne du billet). Selon Fryson, les structures convexes vers le haut (soulignées en rouge dans la vignette) sont des stromatolites. Pour «le reste», il s'agit, toujours selon Fryson, de ««curved shapes of uncertain origin». Cette photo communique avec le coin inférieur gauche de la fig. 6.

mardi 15 octobre 2013

Stromatolites exceptionnels (enfin !)


Stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (Québec). Paysage (officiellement) exceptionnel ! (Photo Henri Lessard, 27 mai 2010)
...


Enfin !

Les stromatolites du pont Champlain, à Gatineau, font leur entrée parmi les sites géologiques exceptionnels du Québec (SGE).

Exceptionnel et protégés. On n'y construira pas un quai, un stand à patates frites, on n'y plantera pas un pylone et on n'y étendra pas l'asphalte d'un parking, pour se limiter à quelques outrages possibles.

À leur propos, voir ces billets, dans ce blogue :

Colonie de stromatolites à Gatineau (8 nov. 2009)

Stromatolites exceptionnels (presque !) (11 mars 2013)

«Un site géologique exceptionnel est un terrain dont les caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques présentent un intérêt du point de vue de l'enseignement, de la recherche scientifique ou de la conservation et qui mérite d'être protégé en raison notamment d'une menace, de sa rareté ou de sa vulnérabilité.» (Sites géologiques exceptionnels du Québec (SGE))

«Selon le MRNF, cette formation de stromatolites, qui représentent la plus ancienne forme de vie fossilisée sur Terre serait, «une des plus belles au pays».» (Patricia Lanteigne, LaRevue, 14 octobre 2013, «Un site géologique jugé «exceptionnel» à Gatineau»)

«Le site géologique des Stromatolites-de-la-Rivière-des-Outaouais se situe en bordure de la rivière des Outaouais près du pont Champlain. Ce site présente un remarquable étalage de constructions stromatolitiques fossilisées. Certains auteurs qualifient cette agglomération comme l’une des plus belles au pays. Visible lorsque le niveau d’eau est bas, soit en période estivale sèche ou à l’automne, cet affleurement expose une multitude de monticules, datés de plus de 450 millions d’années, dont la plupart des sommets ont été tronqués par le passage des glaciers lors de la dernière glaciation.» (Fiche des «Stromatolites des la rivière des Outaouais», site des SGE)


Gros plan des stromatolites. (Photo Henri Lessard, 21 oct. 2007)
...


J'ai été de ceux qui ont appuyé la candidature de quelques sites de la région. Merci à Daniel Martel, du MRNQ, que l'occultation totale de l'Outaouais dans le catalogue des SGE a poussé à agir et à susciter des initiatives (voir billet du 11 mars 2013, lien plus haut). Je sais que d'autres personnes ont proposé d'autres sites, ou les mêmes que «les miens». (Pour celui des stromatolites, je n'y suis pour rien dans sa bonne fortune, les choses étaient déjà en marche quand j'ai commencé à m'impliquer.) Beaucoup de gens ont de bonnes raisons de se réjouir aujourd'hui.

Le site des stromatolites du pont Champlain («Stromatolites de la rivière des Outaouais», pour utiliser l'appellation des SGE) est le donc premier de l'Outaouais à être classé. (Voir carte des SGE, lien plus haut.) Plusieurs autres sont à l'étape «site proposé». On leur souhaite de passer rapidement à l'étape suivante, «site en consultation» pour accéder à leur tour au statut de site exceptionnel.

Ce billet, qui a débuté par «enfin», se termine donc sur les mots «à suivre...»

lundi 11 mars 2013

Stromatolites exceptionnels (presque !)


Stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (oct. 2007), dans un calcaire ordovicien.
J'ai tellement publié de photos de ces stromatolites que m'assurer que celles que j'affiche ici 
sont inédites prendraient trop de temps. Alors, les (re)voici.


Les stromatolites du pont Champlain, à Gatineau (voir mon billet du 8 nov. 2009), sont enfin presque classés parmi les sites géologiques exceptionnels (SGE) du Québec !

«Enfin presque», qu'est-ce à dire ?  

En fait, leur statut est à présent celui d'un «site en consultation». Une fiche descriptive (pdf) est déjà disponible par le site (difficile de ne pas répéter ce mot !) Internet du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF).

C'est une grande victoire pour ceux qui s'inquiétaient de la préservation de ces stromatolites réellement exceptionnels.

Extrait de la fiche descriptive :

«Le site géologique des Stromatolites-de-la-Rivière-des-Outaouais* [...] présente un remarquable étalage de constructions stromatolitiques fossilisées. Certains auteurs qualifient cette agglomération comme l’une des plus belles au pays. Visible lorsque le niveau d’eau est bas, soit en période estivale sèche ou à l’automne, cet affleurement expose une multitude de monticules, datés de plus de 450 millions d’années, dont la plupart des sommets ont été tronqués par le passage des glaciers lors de la dernière glaciation**.

Issues de l’accumulation de cyanobactéries, les stromatolites représentent la plus ancienne forme de vie fossilisée sur la planète. Ces structures sont reconnues pour occuper les environnements marins intertidaux en milieu tropical.»

* Tel sera leur nom officiel.
**  J'avais moi aussi écrit quelque chose de semblable à l'époque. Je nuancerais aujourd'hui. La surface rocheuse que nous observons n'est probablement plus exactement celle que les glacier nous ont laissée. L'érosion, l'intervention humaine ont dû la retoucher à un certain degré.


Octobre 2012.


Mai 2010.


J'ai appris la nouvelle de la «promotion» de nos stromatolites par hasard en visitant le site du MRNF du Québec (lien plus haut). Mon dernier survol de la page des SGE remonte à plusieurs mois. L'Outaouais apparaissait encore sur la carte des SGE du Québec comme un désert sans intérêt.

Je suis d'autant plus heureux de ces développements qu'entre novembre 2010 et février 2011 j'avais collaboré à la rédaction de fiches de propositions de SGE pour l'Outaouais. La plupart de nos propositions sont maintenant affichées sous l'appellation «Sites proposés». (Étape qui précède celle de «Site à l'étude» qui mène – on l'espère – à l'inscription définitive parmi les SGE.) Ces propositions concernent la discordance du lac Beauchamp, la sablière de Cantley, la marmite des Allumettières* (ainsi nommée par votre serviteur), la mine Back-Wallingford** de Buckingham et d'autres que je préfère ne pas nommer tant que rien d'officiel ne sera annoncé à leur sujet. Comme par hasard, plusieurs de ces sites sont de ceux mis en évidence dans la page «Principaux sites» de ce blogue.

* La carte des SGE met erronément le mot marmite au pluriel.
** Et non «Black» comme il est indiqué sur la carte des SGE.

Pour ce qui est des stromatolites, par contre, je n'ai aucun mérite. À l'époque, on m'avait dit que le dossier était déjà avancé et qu'il était inutile de rédiger une proposition pour ce site. 

C'est donc un bravo dénué de tout soupçon d'auto-congratulation que je peux prononcer !




Détail de la carte des SGE, MRNF du Québec (lien plus haut).
Le site des stromatolites est en bas, à gauche.


Sites géologiques exceptionnels

Extraits du site du MRNF du Québec :

«Un site géologique exceptionnel est un terrain dont les caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques présentent un intérêt du point de vue de l'enseignement, de la recherche scientifique ou de la conservation et qui mérite d'être protégé en raison notamment d'une menace, de sa rareté ou de sa vulnérabilité.»


La rumeur selon laquelle ces stromatolites 
peuvent conduire au ciel me paraît exagérée (oct. 2012).


jeudi 1 novembre 2012

Stromatolite, stromatopore ou stromato-stroumph ?


Stromatolite(s) et/ou stromatopore(s) exposés dans la pierre d'édifices à Ottawa (calcaire ordovicien, 488-444 millions d'années). Si quelqu'un pouvait m'éclairer sur la nature de ces fossiles bizarrement exhibés, parce que, dans certaines conditions, il n'est pas facile de distinguer entre stromatotruc et stromatochose...

Merci d'avance.


Deux stromato-choses, un grand, à gauche, et un petit, à droite. Ottawa, 459, promenade Sussex. (Photo 28 janvier 2012.)


Zoom sur le «grand» ; largeur : env. 20 cm.


Gros plan du «petit».


Ottawa, rue Cumberland, près de la rue Guigues. Outre le stromato-stroumph au centre, il semble y en avoir un autre, coupé en deux, sur le côté gauche de la pierre. (Photo 25 novembre 2011.)


Gros plan ; longueur : env. 8 cm. (Photo 1er novembre 2012.)

Liens
Stromatolites
http://geo-outaouais.blogspot.ca/search/label/Stromatolites
http://geo-outaouais.blogspot.ca/2009/11/colonie-de-stromatolites-gatineau.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Stromatolithe
Stromatopores
http://www2.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s4/stromatopores.html
http://www.geoforum.fr/topic/22784-les-stromatopores-stromatoporoide-ou-stromatporoidea/


 Stromatolite du Transitway, à Ottawa (voir ce billet et suivre les liens qu'il contient). (Photo 29 octobre 2011.)