mardi 31 décembre 2013

Gatineau-Genève


Les ruines Carbide Willson, sentier 36, dans le parc de la Gatineau (photo © CCN, lien plus bas).
...


J'interromps momentanément le sommeil de ce blogue (mais il ne dormait que d'un œil).

Un article du Droit a attiré mon attention. En voici un extrait (italiques) :

Les ruines Carbide Willson dans la mire de Genève
Jonathan Blouin, Le Droit, 31 décembre 2013

Un siècle plus tard, l'inventeur Thomas «Carbide» Willson en serait probablement ravi. Les images du joyau du patrimoine industriel qu'il a fait construire dans le parc de la Gatineau, au tournant du XXe siècle, se promènent un peu partout sur la planète, après avoir fait les manchettes en Suisse.

Le quotidien francophone La Tribune de Genève a souligné le paysage pittoresque qu'offrent les ruines Carbide Willson, cette semaine, dans son palmarès des «40 plus beaux lieux oubliés du monde».

Le ruines Carbide Willson portent le numéro 31 dans la liste.

Lien vers l'article de La Tribune de Genève.

Lien vers la page de la CCN du site des ruines Carbide Wilson.

Aujourd'hui Genève, demain, le monde !...

(Objectivement, les trente-neuf autres sites ne sont pas mal du tout non plus.)
 

mardi 24 décembre 2013

Mon beau ruisseau (sur un air connu)


Noël blanc ?


Excellent moyen de se débarrasser de la neige sale des rues : la jeter sur la glace d'un ruisseau, le dégel se chargera de faire disparaître le tout.

Au moins, il ne semble pas y avoir de sel dans la neige : la glace aurait déjà fondu.

Photos : tas de neige sale sur la glace du ruisseau de la Brasserie, boul. Montclair, Gatineau (Québec), 24 déc. 2013.





Ce billet réalisé en trois minutes vingt-sept secondes n’annule pas la résolution affichée le 18 décembre dernier de mettre ce blogue en demi-sommeil (ou sur la glace ?) pour une durée indéterminée.

Hors sujet : Noël


Joyeux Noël !

Noël est la plus soviétique des fêtes contemporaines.

Marx et le père Noël : même barbe, même combat ?

Preuves de la nature intrinsèquement stalinienne de la fête de Noël :

  • Intense propagande préparatoire ;
  • Adhésion spontanée obligatoire ;
  • Caractère collectif permettant de décourager les tentatives de désertion et de repérer les éventuels réfractaires ;
  • Encouragements et admonestations des meneurs de claques ;
  • Sous le masque souriant, la même morosité générale.

Il ne manque que les campagnes de dénonciations et de rectifications des Gardes rouges de Mao.

Selon un sondage impromptu et très représentatif de l'échantillon rejoint, personne, parmi les gens interrogés, n'a déclaré aimer la fête de Noël. Le ton des réponses allait du rejet à la colère en passant par la frustration contenue.

Mais qui donc soutient ce branle-bas annuel que personne ne désire ?


samedi 21 décembre 2013

Hors sujet : vœux de saison

Joyeux frettes !


Plante verte (détail et vue générale) bravant le froid et
profitant des faiblesses du calcaire pour germer dans une paroi exposée au soleil.


Malgré le froid, malgré la neige qui nous a ensevelis, la saison de la verdure neuve n'est pas passée. De la chlorophylle bouillonnante montre le bout de son nez, ou plutôt de sa feuille, sous le manteau nivéal*, en plein milieu d'une paroi rocheuse (en calcaire ordovicien, pour être plus précis ; pour la plante, je suis moins documenté)**.

Si toute sève n’est pas gelée, vous êtes potentiellement en état d’entendre mon banal et prévisible (mais sincère) message :

Joyeuses fêtes !

* Nivéal : pour éviter la répétition du mot neige.
** Vous n'êtes pas obligés de savoir que la photo a été prise le 21 janvier 2012.

mercredi 18 décembre 2013

Blogue : pause hivernale




Samuel Oliver Tazewell, Chaudiere Falls, Lower Canada (rivière des Outaouais, Hull (Gatineau)), lithographie, 1833. Toronto public library.
Cette image de la Grande Chaudière me semble inédite, en tout cas peu diffusée. Elle prédate le développement du site, même vert. L'aspect du calcaire est plus tourmenté que sur les aquarelles de Woolford (voir les billets du 24 nov. et du 26 nov. 2013.)


Le blogue va se faire plus rare pour une période de temps, histoire de régénérer mes neurones blogueurs.

Dans le fond, je n'aurais eu qu'à espacer mes billets et personne ne se serait rendu compte de rien.

Je reste disponible pour les commentaires et questions.

(Ben non, aucun rapport entre l'image et le message.)

mercredi 11 décembre 2013

Les murs bleus de Cantley (billet à moitié cuit)


Note. – Selon un lecteur, la crocidolite décrite ici serait de l'antigorite bleue, une forme de serpentine. (Voir le commentaire dans ce billet.)

Fig. 1. Fénite de Perkins (Val-des-Monts), en Outaouais, au nord de Gatineau (Québec). Amphibole sodique bleue (arfvedsonite), feldspath potassique orangé (microcline), calcite ou dolomite blanchâtre ; le noir est du mica (phlogopite?). La pièce d'un dollar canadien, échangeable indifféremment contre quatre vingt-cinq cents ou quatre trente sous, a un diamètre de 26,5 mm.


En bref

Murs de crocidolite? dans des métasédiments à Cantley (Québec) ; province de Grenville du Bouclier canadien (1 milliard d'années).
Localisation
Chemin Ste-Élizabeth, Cantley (Québec)
45.540454,-75.744129
Rue Noémie, Cantley (Québec)
45.541882,-75.75084
31G/12
Liens (dans ce blogue)
«Intraordinaire à Cantley», 21 nov. 2013
«Miroir de faille», 14 juill. 2012
«Chelsea : dykes et brèches de calcite», 6 nov. 2012
Photos
Chemin Ste-Élzabeth : juillet 2007
Rue Noémie : nov. 2012


«Les murs bleus de Cantley». Ça pourrait être le titre d'un roman Arlequin. Plus prosaïquement, je désigne ainsi les plans recouverts de crocidolite? bleue qui recoupent des métasédiments (quartzite ou paragneiss) à Cantley, au nord de Gatineau (Québec).

La crocidolite est une amphibole sodique, justement surnommée «amiante bleue»*. Dans le cas des murs décrits ici, il pourrait s'agir d'un autre type d'amphibole et je donne cette identification sous toutes réserves. La crocidolite? du chemin Ste-Élizabeth (fig. 5-8) se défait en fibres, mais aussi en tiges ou en lames longues de plusieurs cm ayant une consistance à la fois souple et cassante. Celle de la rue Noémie (fig. 2-4) a une couleur gris-vert qui ne doit pas nous alarmer : un même minéral peut se présenter sous des variétés de différentes teintes. Le titre du billet devrait donc être «Les murs bleus (ou verts) de Cantley».

* La crocidolite est «utilisée dans l'industrie, [elle est] hautement toxique, [et] provoque le cancer du poumon et le mésothéliome (cancer de la plèvre supérieure).» (Voir Wikiki.) En pleine nature, en gros cristaux pas très volatiles, il n'y a aucun danger.

Peut-être y a-t-il un lien entre les murs et la présence de plutons de granite gneissique à proximité de chacun d'eux (voir billet du 21 nov. 2013, lien plus haut) ? Peut-être s'agit-il de croissance de cristaux sur le plan d'un miroir de faille (slickenslides ; voir billet du 14 juillet, lien plus haut) ? Dans tous les cas, on a l'impression d'une croissance minérale le long d'un plan qui pourrait bien en effet être la trace d'une faille.

Enfin, nous ne voyons que les vestiges ou la bordure d'un corps qui devait avoir une certaine épaisseur.

L'amphibole bleue, le feldspath potassique orangé (microcline) ainsi que la présence d'hématite rappellent les fénites** (voir le billet du 6 nov. 2012) observées ailleurs à Cantley et à l'est de la municipalité, à Perkins (Val-des-Monts) (Hogarth et al., 1987). Un élément important de ces fénites est l'arfvedsonite, un autre type d'amphibole sodique bleue qui se cristallise sous forme de petites aiguilles (cristaux aciculaires) parallèles ou enchevêtrées (voir fig. 1). On trouve aussi d'autres amphiboles sodiques, telle la riébeckite (dont la crocidolite est d'ailleurs la variété fibreuse) et la richtérite.

** Fénite : roche hôte modifiée par diffusion ou imprégnation (métasomatisme) suite à l'introduction d'une roche ignée alcaline ou d'une carbonatite.

Je ne suis pas minéralogiste et l'analyse chimique de mes échantillons est hors de ma portée. Les amphiboles bleues et vertes de Cantley, qu'elles soient fibreuses ou aciculaires, sont des manifestations d'un type de magmatisme rare qui se manifeste par des intrusions de fluides alcalins et de carbonatites, roches ignées composées de carbonates – minéralogiquement, c'est un peu comme du marbre fondu. Ici, nous avons non pas la roche intrusive, mais plutôt le résultat de son assimilation par les roches encaissantes (fénite). Selon toute vraisemblance, les fluides ont été canalisés par des fractures.

Fénites, carbonatites, minéraux alcalins, amphiboles aux noms imprononçables... Faute de trouver un moyen élégant de le boucler, je devrai soit renoncer à publier ce billet à moitié cuit, soit promettre de revenir sur le sujet.

Devinez quelle option j'ai prise.



Fig. 2. Rue Noémie, à Cantley (Québec) : mur de crocidolite? gris-vert. En rouge sombre : hématite.



Fig. 3. Gros plan de la fig. 2.



Fig. 4. Rue Noémie, Cantley. Le mur de crocidolite, discordant par rapport au paragneiss rubanés à gauche (au nord). L'affleurement est en marge d'un pluton de granite (monzonite quartzifère), au sud. Voir la fig. 8 du billet du 21 nov. 2013 (lien plus haut).



Fig. 5. Chemin Ste-Élizabeth (Cantley). Autre mur de crocidolite? dans (ou sur) un quartzite blanc. Le feldspath orangé semble recouper la crocidolite (voir fig. 8). L'orientation des cristaux de crocidolite est verticale, comme dans le cas de la rue Noémie.



Fig. 6. Autre vue de la fig. 5. La crocidolite est est aussi nommée amiante bleue. Le surnom semble bien s'appliquer ici. Des filons de feldspath orangé recoupent la crocidolite (voir fig. 8).



Fig 7. Gros plan de la crocidolite? du chemin Ste-Élizabeth. On dirait une sorte de plumage un peu mal en point...


Fig. 7 bis (ajout après mise en ligne). Détail de la fig. 7. Aspect effiloché et esquilleux de la crocidolite.



Fig. 8. Détail de la fig. 6. Du rouge (hématite), comme dans le cas de la fig. 2 ; le feldspath orangé recoupe la crocidolite.


Référence

Hogarth D.D., Chao G.Y., Townsend M.G., 1987 — «Potassium- and fluorine-rich amphiboles from the Gatineau area, Québec», Canadian Mineralogist, vol. 25, p. 739-753.

mercredi 4 décembre 2013

Que peut-on dire de l’état de santé du ruisseau de la Brasserie ?




Sentinelle Outaouais - Ottawa Riverkeeper publie son rapport sur la qualité la qualité de l’eau et la biodiversité du ruisseau de la Brasserie (Gatineau, Québec). Une bonne partie des données ont été obtenues lors du bioblitz de juillet 2013 tenu en collaboration avec les Amis du ruisseau de la Brasserie.

On peut télécharger le rapport (pdf) et la liste des espèces répertoriées (doc. Excel) à cette adresse :
http://fr.ottawariverkeeper.ca/news/que_peut_on_dire_de_l_tat_de_sant_du_ruisseau_de_la_brasserie/

Les résultats avaient été dévoilés de façon préliminaire lors d'une conférence de presse qui s'était tenue le 20 octobre dernier. (Voir mon billet à ce propos.)

Extraits du rapport, réalisé par Adèle Michon, directrice des opérations au Québec, Sentinelle de la rivière des Outaouais :

«L’eau provenant de la rivière des Outaouais est relativement saine à son entrée dans le ruisseau de la Brasserie, mais elle se dégrade au fur et à mesure qu’elle vient en contact avec les égouts municipaux. [...] Le grand nombre d'espèces observées [plus de 400, lors du Bioblitz de juillet 2013], dont plusieurs en situation précaire, dans un cours d’eau urbain si pollué sur une si courte période démontre un grand potentiel pour une richesse écologique exceptionnelle. [...] De façon prioritaire, l’eau du ruisseau de la Brasserie étant contaminée en grande partie due à des décharges d’eaux usées non traitées, il est essentiel que, dès maintenant, la Ville de Gatineau trouve l’origine de ces décharges et mette en place les mesures nécessaires pour y remédier rapidement (p. 11)

Pour ce qui est de l'appréciation «cours d’eau urbain si pollué», le rapport indique que les niveaux dE. coli du ruisseau atteignent 4400 UFC/100 mL. Selon Santé Canada, une eau est considérée polluée dès 400 UFC/100mL. 


Ruisseau de la Brasserie, site 4 du rapport (passage piétonnier au nord de l'autoroute 5). Avec un taux d'E. coli de 3300 UFC/100 mL, le site est l'un des plus pollués du cours d'eau : admirez, mais ne buvez pas ! (Cf. graphique de la page 10 du rapport.) Photo Henri Lessard, 22 sept. 2013.

dimanche 1 décembre 2013

Drôles de zébrures à Cantley (ajout)


Fig. 1. Vue estivale du phénomène. Quartzite et paragneiss vert «zébrés» à Cantley (Québec). Nord à gauche. Photo juillet 2007.


Résumé

Stries parallèles à la surface de lits de quartzite et de paragneiss vert (province de Grenville du Bouclier canadien ; âge : un milliard d'années)
Localisation
Rue des Chênes, près de sa jonction avec la rue du Domaine-Champêtre, Cantley, au nord de Gatineau (Québec)
45.521246,-75.76096
31G/12
Sites proches semblables à propos de quartzite et de paragneiss
«Filons à Cantley», 14 juillet 2010.
«Intraordinaire à Cantley», 21 nov. 2013


Fig. 2. La formation, vue en coupe. Quartzite blanc, paragneiss vert et granite orangé (en fait, intrusions de feldspath) rubanés. Visée vers le nord. Photo juillet 2007.


Fig. 3. Même site, quelques m au nord de la fig. 1. Les stries parallèles se retrouvent sur plusieurs plans verticaux successifs (surfaces des lits ou rubans de quartzite). Le délitement naturel de la roche n'est pas influencé par la présence des zébrures. Photo nov. 2012. (Voir aussi fig. 10.)


Fig. 4. Détail de la fig. 3. Stries d'un miroir de faille ? (cf. billet du 14 juillet 2012) ? Je ne crois pas (voir fig. 5.) Le quartzite (à gauche), vu en coupe, ne semble pas touché par phénomène.


Fig. 5. Gros plan de la fig. 4. S'agirait-il plutôt de linéations – étirement des cristaux par des contraintes tectoniques orientées ? Miroir de faille ou linéations, le phénomène se limite à l'interface entre les lits du quartzite. De plus, il ne semble y avoir aucune recristallisation des minéraux le long des lignes, aucune contrainte n'a agi au cœur de la matière. J'aurais donc tendance à écarter ces deux hypothèses.


Alors ? (C'est le début du texte que les photos et leurs légendes ne font que compléter, c'est pour ça la lettrine et les grands caractères.)

Qu'est-ce ?

Vos lumières sont les bienvenues. (Fin du texte et de l'exposé.)


Fig. 6. Détail de la fig. 2. Quartzite à gauche (ouest), interlité de bandes et de lentilles d'un paragneiss vert à droite ; le tout est un peu granitisé (orangé). Constatons à nouveau que les zébrures ne concernent que l'interface entre des lits du complexe quarztite-paragneiss et que la roche elle-même n'est pas autrement affectée. Photo juillet 2007.


Ajout après mise en ligne : photos oubliées et conclusion


Fig. 7. Autre section de l'affleurement de quartzite ; rayures obliques, en haut, à gauche. Les publisacs, pour une fois utile à quelque chose, fournissent un genre d'échelle. Photo nov. 2012.


Fig. 8. Gros plan, même endroit. Cette fois, les rayures sont des ruptures peu profondes (la même «découpe» s'observe sur la fig.3, à gauche). Le parallélisme n'est plus aussi bien conservé. La veine de feldspath orangé, en haut à gauche, semble peu ou pas autant affectées par les coupures. Photo nov. 2012.


Fig. 9. Détail de la fig. 8. Sorte de boudinage (rupture en boudins parallèles par étirement) ? Qu'est-ce qui remplissait les intertices, de la calcite ? J'ai déjà observé un paragneiss vert imprégné de calcite, tout près du site, sur le chemin Taché.


Fig. 10. Zoom sur la fig. 3.


Faute de mieux, je retiens donc l'hypothèse d'un phénomène de boudinage limité à l'interface (mince paragneiss vert) entre les rubans (lits) de quartzite.